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Et si Trump nous protégeait de l’Otan ?
Par Antoine Colonna - Valeurs actuelles.

jeudi 12 juillet 2018, par Comité Valmy


Donald Trump. Photo © POLARIS/SIPA

Et si Trump nous protégeait de l’Otan ?

Analyse. Les 11 et 12 juillet, l’organisation du traité de l’Atlantique nord se réunit à Bruxelles, en présence du président américain Donald Trump. Un sommet qui promet d’être houleux. Mais l’Otan est-il vraiment utile à la sécurité de l’Europe ou est-ce désormais le contraire ?

La rencontre a été préparée de longue date et les positions de Washington sont extrêmement claires. Le président Trump a non seulement expliqué que les dépenses de ses alliés étaient insuffisantes (moins de 2 % du PIB), mais surtout que le contribuable américain n’était pas là pour payer pour la sécurité collective du continent, via l’Otan, héritage obsolète de la Guerre froide.

Cela d’autant plus que l’Allemagne affiche une santé économique insolente et que le déficit commercial avec les Etats-Unis est particulièrement important. Donald Trump a rappelé tout cela dans une série de lettres envoyées depuis quelques jours aux chefs d’Etats des pays membres tout en rajoutant quelques provocations pour enfoncer le clou, comme le 28 juin où il lançait : « Parfois, nos pires ennemis sont nos soi-disant amis et alliés. »

L’Otan, elle veut continuer d’exister et profite de cette pression pour augmenter les budgets, multiplier les exercices, se doter de deux nouveaux QG flambants neufs en Belgique, entamer des négociations d’adhésion avec la Macédoine, etc. Beaucoup de gesticulations, de postures même, tant tout le monde semble avoir peur de perdre l’indispensable protection des Etats-Unis.

Mais protection contre quoi et contre qui ? L’Otan aurait pu jouer, en effet, un rôle dans la protection des frontières de l’Union européenne contre les dernières vagues migratoires tant l’opération Frontex n’a pas montré beaucoup d’efficacité. L’Otan aurait pu empêcher la Syrie de s’écrouler face à Daech. Mais la réalité est hélas fort différente.

En participant en 2011, avec la France et le Royaume-Uni, a détruire le régime de Mouammar Kadhafi, l’Otan a fait sauter l’un des verrous principaux de l’Afrique lors de l’opération « Unified Protector ». De la même façon, il aura fallu un accord entre l’Union européenne et la Turquie, également membre de l’Otan, pour bloquer cet autre point de passage qui a permis d’injecter en Europe plus d’un million d’immigrés supplémentaires en moins d’un an.

L’Organisation a perdu là deux vraies et consécutives occasions de se rendre utile à la sécurité collective des Européens. Au lieu de cela, elle reste le rouage central d’un mécanisme politico-industriel qui force les Européens à acheter des matériels élaborés outre-Atlantique comme les Polonais qui ont préféré, encore l’année dernière, les hélicoptères américains à ceux proposés par la France.

Pour continuer d’exister, l’Otan alimente toujours la peur de la menace russe (dont le PIB actuel se situe entre ceux de l’Espagne et l’Italie et qui rêve en réalité de baisser considérablement ses dépenses militaires). L’exercice « Trident Juncture » prévu à la rentrée en Norvège s’annonce déjà comme le plus important depuis la chute du Mur de Berlin. Une peur qui fonctionne dans les pays baltes et en Pologne pour des raisons historiques compréhensibles, mais qui frôle le ridicule en France et en Grande-Bretagne, deux puissances nucléaires. Si tant est que l’on adhère à l’idée baroque que Poutine veuille lancer ses chars dans les grandes plaines de l’ouest européen…

Dès lors, si Donald Trump, trop gourmand, n’arrivait pas à faire cracher au bassinet les membres de l’alliance à hauteur des fameux 2 % de leur PIB d’ici 2024, dans ce qui apparaît aujourd’hui comme un racket en uniforme, quelles seraient les conséquences ?

Une explosion de l’Otan par une sortie des Etats-Unis ? Le retrait militaire des Etats-Unis de notre continent et dès lors celui des missiles Iskander russes de l’enclave de Kaliningrad dans un mouvement de désescalade militaire et politique bienvenu ?

Cela signerait surtout le retour d’une politique nationale de défense pour relancer les filières d’élites de l’économie française, dans le cadre de coopérations renforcées avec nos partenaires internationaux et au premier rang desquels nos partenaires

Antoine Colonna
Mercredi 11 juillet


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