COMITE VALMY

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traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

2008 : Le retour de l’Etat-nation par George Friedman

on Stratfor.com (Geopolitical Intelligence Report), 27 octobre 2008

lundi 1er décembre 2008, par Comité Valmy

L’un des thèmes essentiels des analyses du Comité Valmy depuis plus de quinze ans est précisément et contrairement au dogme euro-atlantiste qui prétend fonder le programme commun maastrichtien de l’UMPS, la réalité moderne de la nation, dont l’évolution de la situation internationale prouve qu’elle n’est aucunement historiquement dépassée. Nous affirmons également que l’intervention de l’Etat-nation est une nécessité flagrante, de même que pour notre pays, le cadre de la République, une, indivisible, laïque et sociale. Celà explique que tout en étant internationalistes, nous sommes patriotes. Nous publions pour information, cette analyse de G Friedman qui est intéressante, tout en précisant que cela n’implique pas que nous en approuvions l’ensemble de sa teneur.CB

En 1989, le système mondial avait basculé, l’Union soviétique s’étant retirée d’Europe orientale et ayant entamé son processus de désintégration, qui culmina avec son effondrement. En 2001, le système a basculé à nouveau, quand l’organisation Al-Qaeda attaqué des cibles aux Etats-Unis, le 11 septembre, déclenchant un conflit qui donna le ‘la’ au système international jusqu’en été 2008. Quant au basculement de l’année 2008, il est double, et il tourne autour de deux dates : le 7 août, et le 11 octobre…

Le 7 août, l’armée géorgienne attaquait ‘sa’ région séparatiste d’Ossétie du Sud. Le 8, les troupes russes répliquaient, en envahissant la Géorgie [Russian troops responded by invading Georgia ]. La réponse occidentale, quant à elle, fut essentiellement d’ordre rhétorique. Durant le week-end du 11 octobre, les pays du G-7 se réunirent, à Washington, afin de planifier une réponse conjointe à la crise financière mondiale [joint response to the global financial crisis ]. Plutôt que la définition d’un plan conjoint, la décision – par défaut – consista en ce que chaque pays agirait de manière à sauver son propre système financier, au moyen d’une série de lignes directrices décidées, en gros (mais pas dans le détail), d’un commun accord.

Les événements du 7 août et du 11 octobre ne sont liés entre eux que par leurs seules conséquences. Les uns et les autres ont démontré la faiblesse des institutions internationales, et ils ont confirmé la primauté de l’Etat-nation, ou, plus précisément, de la nation et de l’Etat (une nation étant un groupe de personnes ayant en partage une ethnicité et un Etat étant une entité gouvernant un territoire donné. Une nation-Etat – notion au fondement de l’ordre international contemporain – est ce qui résulte de la superposition d’une nation et d’un Etat). Ensemble, les deux événements ont représenté des défis qui dépassaient de très loin la prégnance des guerres en Irak et en Afghanistan.

Le conflit en Géorgie

En (et par) elle-même, l’attaque de la Russie contre la Géorgie [Russia’s attack on Georgia] ne revêtait aucune signification d’ampleur mondiale. La Géorgie est, en effet, un petit pays du Caucase, et son sort, en fin de compte, ne saurait affecter la marche du monde. Mais la Géorgie était alignée sur les Etats-Unis et sur l’Europe, et elle était considérée par certains comme un pays candidat à l’intégration dans l’Otan. Aussi, ce qu’il y avait d’important, dans l’offensive russe, c’est le simple fait qu’elle se soit produite, et que l’Occident n’ait pas répliqué, sinon en rhétorique verbale…

Une partie du problème, c’était que les pays qui auraient pu intervenir afin de soutenir la Géorgie étaient dépourvus de la capacité de le faire. Les Américains étaient empêtrés dans le monde musulman, et les Européens avaient laissé s’atrophier leurs forces armées. Mais même si la puissance militaire avait été disponible, il est clair que l’Otan, en tant qu’expression militaire de l’alliance occidentale, était incapable d’une quelconque action unifiée [incapable of any unified action]. Il n’existait pas la moindre compréhension unique de ce qu’étaient les obligations de l’Otan, et, plus grave, aucune compréhension collective de ce qu’aurait bien pu être une stratégie unifiée…

Il n’y avait pas une tension seulement entre les Etats-Unis et l’Europe, mais aussi entre les pays européens eux-mêmes. Cela apparut particulièrement prononcé dans la vision de la situation qu’avait l’Allemagne, par rapport à celle des Etats-Unis et de nombre d’autres pays. Très peu de temps après la fin de la guerre russo-géorgienne, les Allemands firent savoir clairement qu’ils étaient opposés à toute extension de l’Otan à la Géorgie et à l’Ukraine. Une raison majeure de cette opposition étant la très forte dépendance de l’Allemagne par rapport au gaz naturel russe, ce qui signifie que Berlin ne peut pas s’offrir le luxe de s’aliéner Moscou. Mais il y avait aussi une raison, plus profonde encore : l’Allemagne avait été sur le front, lors de la première Guerre froide, et elle n’avait aucune envie de ne serait-ce que participer à une seconde guerre froide…

L’éventail des réponses européennes à la Russie a été fascinant. Les Britanniques étaient livides. Les Français étaient livides, eux aussi, mais ils tenaient à jouer un rôle de médiation. Les Allemands étaient cauteleux, et la chancelière Angela Merkel s’est rendue à Saint-Pétersbourg [Chancellor Angela Merkel traveled to St. Petersburg], afin d’y tenir une conférence de presse conjointe avec le président russe Dmitri Medvedef, alignant l’Allemagne sur la Russie – à toutes fins utiles – dans les questions géorgienne et ukrainienne…

L’unique et principal effet de l’attaque russe contre la Géorgie fut qu’elle montra clairement à quel point l’Otan est divisé – et aussi, à quel point elle est faible -, de manière générale, et les Européens, en particulier. Eussent-ils été unis qu’ils n’eussent guère été en mesure de faire mieux… Mais ils auraient, à tout le moins, évité ce défi qu’a représenté leur extrême fragmentation. L’Otan ne peut fonctionner que dès lors qu’il existe un consensus, or cette guerre a révélé à quel point l’Otan était éloigné de tout consensus… On ne peut pas dire que l’Otan se serait effondrée, à la suite de la Géorgie. Non : l’Otan est toujours là, et les responsables officiels de l’Otan tiennent des réunions et des conférences de presse. Mais l’alliance est exempte à la fois de projet commun et de ressources, excepté dans quelques domaines très spécifiques et extrêmement limités. Certains Européens agissent, via l’Otan, en Afghanistan, par exemple, mais il ne s’agit pas de la majorité, et ces pays n’agissent pas d’une manière décisive…

La guerre russo-géorgienne a soulevé de profondes questions quant à l’avenir de l’alliance militaire multilatérale (qu’est l’Otan). Chaque pays membre a consulté ses propres intérêts nationaux, et a conduit sa propre politique étrangère. Dès lors, la coupure entre les Européens et les Américains est garantie sur facture, mais la division entre Européens est tout aussi profonde. Si l’on ne pouvait pas dire que l’Otan fonctionnait effectivement, on ne savait pas non plus très bien, après le 8 août, en quel sens les Européens existaient effectivement, sinon en tant qu’Etat-nations individuels.

La crise financière mondiale

Ce qui avait été démontré en termes politico-militaires par la guerre de Géorgie, le fut, ensuite, en termes économiques, par la crise financière. L’ensemble du système multinational créé après la Seconde guerre mondiale s’est effondré, durant cette crise – ou, plus précisément, la crise a largement dépassé leurs prévisions et leurs ressources. Aucun des systèmes financiers n’a été en mesure de faire face, et beaucoup se sont effondrés. Le 11 octobre, il était devenu évident que le G-7 était en mesure de coopérer [the G-7 could cooperate] mais pas au travers d’une action unifiée. Le 12, lors de la tenue de leur sommet eurozone par les Européens, il devint évident qu’ils agiraient, en tant que nations, individuellement.

Comme dans le cas de l’après-guerre géorgienne, les développements les plus importants de l’après-11 octobre se produisirent en Europe. L’Union européenne est avant tout un arrangement voué à gérer l’économie européenne. Sa bureaucratie, basée à Bruxelles, a accru son autorité et son efficacité, tout au long de la décennie écoulée. Le problème, avec l’Union européenne, c’est qu’il s’agissait d’une institution prévue pour gérer la prospérité. Une fois confrontée à une sérieuse adversité, toutefois, cette institution a été gelée, remettant le pouvoir aux Etats membres.

Prenons le cas de la Banque Centrale Européenne (BCE), une institution créée afin de gérer l’euro. Sa première obligation – et sa seule autorité réelle – consiste à travailler à limiter l’inflation. Mais la limitation de l’inflation, c’est un problème qui doit être traité tandis que les économies, par ailleurs fonctionnent bien. Or, la crise financière est précisément un de ces cas où le système européen ne fonctionne pas bien [the European system is malfunctioning]. La BCE n’a pas été créée afin de s’occuper de ce genre de choses. Elle s’est arrangée, avec l’accord de gouvernements de pays membres, afin de faire tout ce que les autres banques centrales faisaient. Pour être plus précis, c’est une banque centrale, mais sans ministre des Finances, avec lequel elle pourrait travailler. Contrairement aux autres banques centrales, dont l’autorité coïncide avec celle des nations au service desquelles elles sont, la BCE est au service de pays aux intérêts multiples pays, dotés chacun de son propre ministère des Finances. Par nature, son pouvoir est donc limité.

En fin de compte, ce n’est pas l’entité « Europe » qui détient le pouvoir, mais bien plutôt les pays membres pris individuellement. Ce n’est pas Bruxelles qui mettait en musique les décisions prises à Strasbourg ; les centres de pouvoir (au pluriel) étaient à Paris, à Londres, à Rome, à Berlin et dans les autres capitales de l’Europe et du monde. Le pouvoir incombait aux Etats qui gouvernaient des nations. Ou, pour être plus précis, les deux crises jumelles ont mis en évidence le fait que le pouvoir n’avait jamais quitté ces capitales historiques.

Dans l’intervalle entre les événements de Géorgie et la crise financière, ce que nous vîmes fut l’effondrement de certaines entités multinationales. Le phénomène fut particulièrement marqué en Europe, dans une large mesure en raison du fait que les Européens étaient les plus investis dans le multilatéralisme et parce qu’ils étaient dans le collimateur de l’une et de l’autre de ces deux crises. La renaissance russe [The Russian resurgence] es a affectés tout particulièrement, et les retombées de la crise financière américaine les a frappés le plus durement. Ils ont eu à improviser plus que quiconque, étant des tenants du multilatéralisme, mais imparfaitement développés, pour rester poli. Dans un certains sens, les Européens ont été un véritable laboratoire du croisement improbable entre le multilatéralisme et la crise.

Mais en fin de compte, cela n’était pas un problème euro-européen. Ce à quoi nous avons assisté, c’est à un phénomène planétaire, dans lequel les pays individuels ont dû se débattre, aux prises avec les effets de la crise financière et de l’intervention russe. Depuis la chute de l’Union soviétique, il y a une tendance à voir le monde en termes d’institutions mondiales, de l’Onu jusqu’à l’OIT [Organisation internationale du travail]. Or, durant l’été 2008, aucune desdites institutions n’a fonctionné. Les seules choses qui ont effectivement fonctionné, ce furent les institutions nationales.

Depuis 2001, la supposition a été que des formations infranationales, comme al Qaeda, définiraient à l’avenir l’environnement politico-militaire. Dans le jargon du Département américain de la Défense, la supposition prévalant était que les conflits peer-to-peer [entre adversaires, en gros, de même force] n’étaient plus un problème, et que tout tournait autour des petits groupes terroristes. L’été 2008 a démontré que, même si le terrorisme perpétré par des groupes infranationaux est loin d’être un phénomène négligeable, la dynamique des Etats-nations n’était pas à la veille de devenir archaïque.

L’importance de l’Etat

Clairement, le monde a pivoté, s’orientant vers l’Etat-nation en tant qu’acteur premier, loin des groupes transnationaux et infranationaux. La crise financière [The financial crisis] pourrait être résolue en monétisant les avoirs nets des entreprises afin de corriger les déséquilibres financiers. La seule institution en mesure de faire cela était l’Etat, qui pouvait utiliser son pouvoir souverain et sa crédibilité, fondée sur sa capacité à taxer l’économie, dans le but valider le système financier.

Dans le monde entier, c’est exactement ce que les Etats ont fait. Ils l’ont fait d’une façon tout ce qu’il y a de plus national. Beaucoup de pays européens l’ont fait avant tout afin de garantir les prêts interbancaires, nationalisant tout simplement, ce faisant, le cœur du système financier. Si des Etats garantissent des prêts, le risque financier décline, jusqu’à tendre vers zéro. Dans ce cas, le rationnement de l’argent, à travers les mécanismes du marché, s’effondre. L’Etat doit prendre ce rationnement à sa charge. Cela accroît massivement son pouvoir – et cela soulève des questions quant à la manière dont les Européens pourraient sortir de cette nouvelle situation.

Les Américains ont adopté une approche différente [The Americans took a different approach], moins centrée sur le réagencement des équilibres comptables des institutions financières en y investissant lourdement. Ce fut une approche plus indirecte, et moins efficace à court terme, mais les Américains étaient davantage intéressés que les Européens à tenter de créer des mécanismes qui permissent à l’Etat de se retirer ses billes du contrôle du système financier.

Mais il y a plus important : la manière dont le pouvoir d’Etat a resurgi, durant l’été et l’automne 2008. L’équilibre des pouvoirs entre le business et l’Etat, toujours dynamique, a subi une modification profonde, le pouvoir de l’Etat explosant et celui du business se contractant. Le pouvoir n’était pas entre les mains de Lehman Brothers, ni entre celles de la Barclays. Non : il était entre les mains de Washington et de Londres. Au même moment, le pouvoir de la nation a monté en flèche, tandis que l’importance des organisations multilatérales et des groupes infranationaux déclinait. L’Etat-nation rugissait à nouveau à la vie, après avoir semblé s’abîmer dans l’insignifiance…

L’année 1989 n’avait pas tout-à-fait mis un terme à la guerre froide, mais elle avait créé un monde qui, en quelque sorte, la contournait. L’année 2001 n’avait pas mis un terme au monde de l’après-guerre froide, mais elle l’avait surchargé d’une dynamique additionnelle et écrasante : celle de la guerre états-uno-jihadiste. L’année 2008 n’a pas mis un terme à la guerre états-uno-jihadiste [end the U.S.-jihadist war], mais elle l’a surchargée de questions bien plus immédiates et urgentes. La crise financière, bien entendu, fut l’une d’entre elles. L’avenir de la puissance russe en fut une autre. Nous devons insister sur le fait que l’importance de la puissance russe réside en ceci : dès lors que la Russie domine le centre du continent eurasiatique, a force fait intrusion en Europe. La Russie, unie avec le reste de l’Europe, est une force mondiale écrasante. Une Europe résistant à la Russie définit l’ensemble du système mondial. Une Russie fragmentée ouvre la porte à d’autres problèmes géopolitiques. Une Russie unie et puissante monopolise la scène mondiale.

Par conséquent, l’année 2008 a connu deux événements fondamentaux. Tout d’abord, et c’est sans doute le plus important, elle a assisté à la résurrection de l’Etat-nation et à un glissement de l’équilibre global entre l’Etat et le monde du business. Ensuite, cette année a redéfini le système géopolitique mondial, ouvrant la porte à une résurgence de la puissance russe resurgence of Russian power] et révélant la fragmentation sous-jacente de l’Europe et les faiblesses de l’Otan.

La plus importante manifestation de ce phénomène est l’Europe. Face à la puissance russe, il n’y a pas de position européenne unifiée. Face à la crise financière, les Européens se coordonnent entre eux, mais ils n’agissent pas de manière unie. Après l’été 2008, il n’est plus de mise de parler de l’Europe en tant qu’unique entité, ni de l’Otan en tant qu’alliance en état de fonctionner pleinement, ni d’un monde dans lequel l’Etat-nation serait obsolète. De fait, c’est le contraire : l’Etat-nation s’est avéré la seule institution en état de marche…

C’est là quelque chose de bien plus important que l’une et l’autre des questions immédiates que nous avons évoquées. Le sort de la Géorgie n’a que des conséquences mineures, pour le monde. La crise financière entrera dans l’histoire, y rejoignant les actions Brady, le Resolution Trust Corp. et le rachat de la New York City, en tant que bizarrerie de l’histoire. Ce qui restera, c’est un nouveau système international [a new international system] dans lequel la question russe – immédiatement suivie, par ordre d’importance, par la question allemande [followed by the German question] – est, une fois encore, au centre de tout, et dans lequel les Etats agissent avec confiance afin de modeler l’environnement économique et des affaires, pour le pire, ou pour le meilleur.

Le monde est aujourd’hui très différent de ce qu’il était au printemps 2008. Ou, pour être plus précis, c’est un endroit bien plus traditionnel que beaucoup se plaisaient à l’imaginer. C’est un monde de nations oeuvrant chacune à son propre intérêt, et collaborant entre quand cela leur convient, uniquement. Ces intérêts sont d’ordres économique, politique et militaire, et ils sont tous constitutifs d’un unique tissu. On n’en a pas fini avec l’illusion du multilatéralisme, on n’a pas encore pu la piquer comme un vieux chien malade – d’ailleurs, elle ne mourra jamais –, mais, à coup sûr, on l’a mise au lit.

Nous vivons un nouveau monde, que nous pouvons d’ores et déjà très facilement reconnaître, au premier coup d’œil, dans l’ensemble du panorama de l’Histoire.

[Cette analyse peut être forwardée ou republiée sur votre site ouèbe, pour peu que vous la créditiez à www.stratfor.com].

1 Message

  • 2008 : Le retour de l’Etat-nation par George Friedman

    9 novembre 2008 19:41, par skeptimail

    L’essentiel des arguments utilisés par les européanistes a été d’assurer l’idée qu’une Europe fédérée empêcherait le retour aux guerres qui l’avaient déchirée dans le récent passé. Rien ne prouve que le délabrement entrainé par le système actuel ne finira pas d’ opposer entre elles les nations les moins puissantes à celles qui de dominantes deviendraient dominatrices comme cela en prends le chemin. Une sorte de guerre civile inter européenne.

    Tous les ingrédients sont réunis pour qu’aux guerre dynastiques d’antan, de conquêtes territoriales ou idéologiques, se substituent des conflits sociaux, économiques tout aussi destructeurs

    La force de la nation américain est celle de la langue unique, majoritaire, même si d’autres langues y vivent très bien comme le faisaient les langues régionales en France ou ailleurs. L’état nation c’est aussi et surtout la langue, et par conséquence tout ce qui en découle. Les grandes nation n’échappent pas à cette vérité quitte dans le cas de la Russie de se désengager de nations riveraines de langage différent sans cependant en accepter la soumission à des concurrents dangereux pour elle. Dans le cas de la Chine à l’inverse c’est la conquête de nation riveraines rapidement sinisées et intégrées de force dans la nation chinoise.

    Le peuples ne veulent pas que soit éradiqué tout ce qui constitue leur originalité et l’expression de leur indépendance c’est à dire la patrie. Par contre les peuples n’ont plus aucune envie de se massacrer férocement comme ce fut la cas autrefois. Cela est bien plus puissant comme facteur de paix qu’une administration centralisée, technocratique entre les mains de fonctionnaires irresponsables imposant ses ukases à des nations incorporées dans un magma de 27 nations et langues différentes.

    Il est extravagant de constater qu’en France ceux la mêmes qui ont poussé à cette centralisation sont ceux la mêmes qui ont poussé à la décentralisation dans nos régions qui pèseraient isolèment fort peu face à un Pouvoir centralisé et apatride.

    Il est en effet nécessaire que les états nations retrouvent la maitrise de leur destin de façon à adapter éventuellement à leur réalité les suggestion que peuvent émettre les autres nations.

    Par ailleurs après avoir pillé nos meilleures entreprises (Gemplus etc.) les américains ont "fourgué" à nos crétins de banquiers un énorme paquet de "valeurs" pourries pratiquement invendables maintenant. C’est encore le bon peuple qui paiera ! Tous les gens moyennement informés et raisonnables savaient depuis plus de deux ans que inexorablement la bulle éclaterait .

    Pour favoriser les activités et les profits d’un capitalisme insatiable le système américain a organisé la surconsommation et l’endettement des gens sur des bases financières absurdes : taux variables pour l’emprunt initial, emprunts supplémentaires basées sur des plus values spéculatives sans fondement toujours à taux variables.

    Des millions d’ américains garrottés par un endettement ahurissant sont maintenant dans une situation précaire, parfois misérable. Souhaitons que la nouvelle Administration parvienne à résoudre ce problème dans un délai raisonnable.

    Nos ineffables "experts"nous orientaient encore récemment vers ce type de pratiques non seulement immorales mais à terme catastrophiques pour les gogos abusés par de fallacieux arguments d’un marketing cynique.

    Il est temps que les responsables à tous les niveaux de décision retrouvent la notion de ce qui est équitable et non celui du profit à tous prix.

    Parlez de cela aux braves gens qui ont acheté en toute confiance des logements qui sont non seulement invendables mais pas louables parce que construits hors de toute zone d’activité. Il s’agit tout simplement d’abus de confiance, les pragmatiques vous diront qu’ils auraient dû mieux étudier leur dossier mais en fait les différents acteurs : notaires, banquiers, sociétés immobilières avaient une obligation de résultats en vendant des réalités et non du virtuel. Il devient évident que les fripons peuvent en France abuser de la confiance des gens et les escroquer puisque c’est eux les malins (vice devenu qualité), il ne manque pas de tapis pour nettoyer leurs semelles.

    La spéculation strictement financière actuellement pratiquée grâce à l’électronique est basée davantage sur la réactivité immédiate et instinctive des fameux "traders" dont l’épaisseur intellectuelle est des plus ténus se basant sur des analyses instantanées de l’apparence mais pas du fond. Cela est absolument contraire au principe de précaution qui devrait aussi prévaloir en matière de finance. C’est aussi faire fi des intérêts de ceux qui pensaient que les banques étaient sérieuse alors qu’elles sont pour certaines devenues des sortes de casino.

    Par ailleurs il serait indispensable que les emprunts soient tous enregistrés dans un fichier BDF qui consulté pour chaque emprunt ne délivrerait pas d’autorisation au delà de 30 % des revenus déclarés réels.

    Cela éviterait le sur endettement et ce qui s’ensuit. Bien entendu cela ne résoudrait pas les problème et injustices sociales qui minent notre société et que l’état-nation devrait permettre de mieux résoudre en s’affran- chissant des principes économiques typiquement anglo-saxon que Bruxelles tente de nous imposer.

    Nous pourrions peut être en retrouvant l’état-nation France éviter d’entendre le maöiste recyclé qui dirige la commission de Bruxelles réclamer l’augmentation des tarifs d’électricité en France pour les aligner "en toute justice" sur ceux de nos voisins qui n’ont pas voulu investir comme nous l’avons fait. Il parait bien normal que les français puissent profiter prioritairement de leurs engagements financiers en espérant que nos gouvernants ne parviendront pas à vendre l’affaire (très juteuse) au privé.

    Peut être pourrions nous faire ressortir aux allemands qu’ils ont une responsabilité énorme dans le crash financier de l’ A380 faute d’avoir respecté les procédures prévues à la conception. Que au lieu de concevoir un TGV concurrent du notre ils auraient pu contribuer à en faire un plus grand succès.

    L’ Europe se fera par des coopérations économiques non par la suppression des nations.

    Pour le moment nous sommes en panne plus par l’adoption du traité de Lisbonne, le refus de la justice sociale et sa destruction programmée.


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