COMITE VALMY

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David Desgouilles :
Et si la seule victoire de Nicolas Hulot
était en réalité celle de... Philippe de Villiers ?
Par Etienne Campion

mercredi 29 août 2018, par Comité Valmy


Et si la seule victoire de Nicolas Hulot
était en réalité celle de... Philippe de Villiers ?

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Nicolas Hulot a démissionné du gouvernement ce mardi 28 août. Cet évènement ne pouvait qu’advenir tant la politique libérale d’Emmanuel Macron est contradictoire avec l’écologie, analyse David Desgouilles.

David Desgouilles est membre de la rédaction de Causeur. Il a publié Le bruit de la douche, une uchronie qui imagine le destin de DSK sans l’affaire du Sofitel (éd. Michalon, juin 2015), et Dérapage (éd. du Rocher, 2017).

FIGAROVOX.- Ce mardi 28 août, Nicolas Hulot a démissionné du gouvernement après plus d’un an passé au ministère de l’écologie. Que vous inspire cet évènement au regard du parcours de l’ancien ministre ?

David DESGOUILLES.- Avant d’accepter la proposition d’Emmanuel Macron, Nicolas Hulot avait refusé d’entrer dans d’autres gouvernements, alors que d’autres présidents avaient tenté de le convaincre. Il faut croire que la capacité de séduction du Président élu en mai 2017 avait fait merveille. Quatorze mois après, il explique qu’il a décidé « d’arrêter de se mentir à lui-même ». Nicolas Hulot bénéficie d’une cote de popularité incomparable avec ses collègues du gouvernement en particulier et la classe politique en général. Mais - la question se pose d’autant plus aujourd’hui - était-il véritablement un homme politique ?

Ce ne sont pas des couleuvres
que Nicolas Hulot a dû absorber mais des anacondas.

Nicolas Hulot a-t-il amélioré la situation de l’écologie en France ?

Il suffit d’écouter l’entretien qu’il a accordé à France Inter ce matin. Lui-même ne se glorifie pas d’un bon bilan, même s’il explique que la France n’est pas la moins bien placée sur ce thème en Europe et dans la communauté internationale.

On pourrait lui attribuer la décision d’arrêter le projet de Notre-Dame-Des-Landes, mais il n’est même pas certain qu’il ait eu le premier rôle dans cette décision. L’influence de Philippe de Villiers n’a-t-elle pas été plus décisive que celle du ministre dans l’arbitrage du président de la République ? Si c’est le cas, on ne lui devrait pas la plus grande décision écologique de ce gouvernement. Ce ne sont pas des couleuvres que Nicolas Hulot a dû absorber mais des anacondas. Mais que croyait-il ? Le libéralisme d’Emmanuel Macron, sa dilection pour les traités de libre-échange, s’accommodent mal d’une grande politique écologique. Tout était dans la campagne présidentielle du président de la République. Nicolas Hulot aurait sans doute dû mieux suivre cette dernière.

Cet évènement fragilise-t-il le gouvernement et Emmanuel Macron ?

Si le Président n’est plus Jupiter, et qu’il n’est
plus l’homme du « en même temps » (en l’occurrence,
libéral et écologiste), que va-t-il lui rester ?

Après avoir - ô combien - fragilisé sa posture jupitérienne avec l’affaire Benalla, voilà Emmanuel Macron privé de sa caution écologique. Dans son gouvernement, en fait, ne persiste plus qu’un pôle fort, celui de Bercy, avec deux ministres issus de la droite. Dans le contexte des annonces d’Édouard Philippe ce week-end, la démission de Nicolas Hulot tombe donc très mal. La puissance de Bercy s’était d’ailleurs également manifestée lorsque le député LREM Patrick Vignal avait proposé un moratoire sur les extensions de zones commerciales périphériques (ce qui n’est pas non plus sans lien avec la cause environnementale).

Si le Président n’est plus Jupiter, et qu’il n’est plus l’homme du « en même temps » (en l’occurrence, libéral et écologiste), que va-t-il lui rester ? Cette succession de revers dans la présidence Macron depuis le début de l’été rappelle cette vieille antienne

28 août 2018
Etienne Campion


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