COMITE VALMY

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Hongrie / UE :
que reste-t-il des "valeurs européennes" ?
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 14 septembre 2018, par Comité Valmy


Hongrie / UE :
que reste-t-il des "valeurs européennes" ?

Le conflit entre la Hongrie et l’UE n’est pas un conflit conjoncturel, qui peut être réglé avec quelques assouplissements. De toute manière, la Hongrie a déjà adopté, conformément aux exigences européennes, un nombre significatif d’amendements à ses réformes sur les médias, à ses réformes institutionnelles, etc. Le conflit est plus profond, il est essentiel : il vient de l’incompatibilité entre les Etats nations européens de culture historiquement judéo-chrétienne et l’essence globaliste antiétatique de l’UE, devenue une sorte d’"Union des Républiques Néolibérales Européennes", enfant de la défunte URSS.

La procédure de l’article 7 du Traité sur l’Union européenne a été lancé contre la Hongrie, après avoir déja été lancé, mais plus prudemment, contre la Pologne en raison de sa réforme judiciaire qui modifie le mode de nomination des magistrats et d’attribution des affaires.

Autrement dit, si un tiers des Etats européens estiment qu’un Etat membre viole les valeurs européennes indiquées à l’article 2 TUE, la procédure de l’article 7 peut être lancée et le Conseil européen pourra statuer. Cet article 2 stipule :


L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes.

Des recommandations sont formulées, pour mettre fin à ce que les organes de l’UE estiment des violations systémiques aux valeurs européennes, notion beaucoup plus floue et élastique que celle, juridique, des normes européennes. Si l’Etat visé en tient compte, la procédure s’arrête là.

En ce qui concerne la Hongrie, diverses recommandations lui avaient été adressées suite aux réformes initiées depuis 2010 et la victoire électorale d’Orban. Le Parlement hongrois en a tenu compte. Ainsi en2013, les réformes institutionnelles furent modifiées en tenant compte des exigences formulées par la Commission européenne, qui menaçait sinon de lancer une procédure de sanction. En ce sens, les compétences de la Cour constitutionnelle et de la Banque centrale furent rétablies, les partis politiques pouvaient mener campagne dans les médias publics et privés, l’Etat ne pourra pas lever de nouveaux impôts en cas d’obligation financière insurmontable (il vaut mieux être dépendant du FMI certainement ...), la réforme judiciaire a été neutralisée, etc.

En ce qui concerne la réforme des médias, des modifications ont été également apportées, qui avaient entraîné alors l’approbation des instances européennes. Au départ, la Hongrie a demandé l’enregistrement des médias, leur a imposé l’obligation d’une information équilibrée (quelle horreur !), a créé une instance de contrôle qui peut obliger les médias à corriger les fausses informations, finalement elle a instauré une lutte contre les fakes et a obligé les médias à limiter la propagande, bref à tenir compte de l’éthique. Ce qui est très mal passé en Occident, toute la presse et les ONG se sont braqués contre cette réforme. Sous la pression des instances européennes, la Hongrie a annulé la disposition imposant aux blogueurs l’objectivité (ce ne sont pas des médias, c’est logique), les médias étrangers ne sont plus soumis à amende en cas de violation de la législation hongroise sur l’édition (en quoi cela permet-il de garantir l’état de droit ? je ne sais pas ...), etc. Reste cette instance de contrôle, dont l’existence, comme le reconnaissent les organes européens, ne contrevient pas à la législation européenne. Mais il dérange en soi, car il est composé majoritairement de membres appartenant non pas à l’opposition, mais à la majorité politique. Or, l’opposition à Orban est soutenue par l’UE. Finalement, ce n’est pas le contrôle possible de la presse qui pose problème, c’est de l’avoir perdu - ce contrôle :


le titre (Origo) passait pour un des plus fiables du pays. Mais en mars, il a violemment attaqué l’Université d’Europe centrale (CEU) créée en 1991 à Budapest par le milliardaire George Soros, une bête noire de M. Orban, l’accusant de "fraude" dans l’attribution de diplômes. (...) depuis l’arrivée d’un nouveau rédacteur en chef l’an passé, il multiplie les attaques contre l’opposition, les migrants et les ONG, dans la droite ligne de M. Orban, un dirigeant souverainiste régulièrement épinglé pour ses penchants autoritaires et xénophobes.
L’on appréciera en revanche l’objectivité des journalistes du Point dans cet article précité.

Car finalement, le problème est bien là : la ligne politique suivie par la Hongrie, s’appuyant sur un consensus populaire, dérange, car elle n’est pas conforme aux dogmes européens. Et les dogmes, par définition, ça ne se discute pas. Il faut dire qu’Orban cumule les crimes de lèse-majesté européenne. Il a osé fermer cette soi-disant université européenne, financée par Soros, formatant les esprits aux mouvements à la mode : pro-migrants, LGBT, gender etc. ( voir notre texte ici). Ce que N. Farage a parfaitement souligné, en défense de Orban, devant le Parlement européen :

En plus de cela, il faut dire qu’Orban s’oppose frontalement à plusieurs éléments fondateurs du système géopolitique atlantiste dans lequel nous vivons. Par exemple, sur l’Ukraine, il demande officiellement à l’OTAN de changer sa politique face à l’Ukraine, celle-ci étant incapable de sérieusement réformer le pays. Il entretient, en plus, de très bonnes relations avec la Russie, ce qui déplaît au plus haut point, comme cet éloquent article de RFI l’illustre, dans toute la perfection de l’éthique journalistique européenne : Orban serait le cheval de Troie de Poutine dans l’UE. Rien de moins que ça, selon la toute petite minorité écologique, largement médiatisée pourtant.

Mais le pire, ce que l’UE ne peut lui pardonner, est sa politique souverainiste en matière d’immigration. Les migrants n’existent pas, il y a soit de l’immigration légale, soit des immigrés clandestins, qui sont illégaux et donc contre lesquels l’Etat est obligé de protéger sa population. Le critère est simple : ils sont illégaux lorsqu’ils franchissent illégalement les frontières. Dès le début de cette vague massive d’immigration qui s’est déversée sur l’Europe, justifiée par la presse et les politiques bobos, Orban a qualifié ces mouvements d’envahisseurs et a tout fait pour préserver son pays ( voir notre texte ici). Ce petit rappel avant d’écouter le discours d’Orban au Parlement européen :

Dans ce discours, Orban fait plusieurs déclarations particulièrement intéressante. Tout d’abord, il rappelle que l’Europe occidentale se comporte un peu comme un enfant gâté, qui a hérité de la démocratie presque malgré elle, n’a jamais eu à se battre pour elle et maintenant se permet de condamner ceux qui se sont battus pour ces "valeurs occidentales" (d’un autre temps), contre le système soviétique. D’une certaine manière, l’UE devient le digne descendant de l’URSS et l’histoire se répète, avec un système sclérosé, aux valeurs surannées, qui se radicalise et se rigidifie autour de dogmes imposés par une minorité .

Et l’un des principaux combats est celui de la culture chrétienne de l’Europe, remise en cause par l’immigration illégale de masse que l’UE avec son dogme no borders et sa politique de surprotection des minorités remet en cause. Ici, l’opposition avec l’UE est frontale, ne peut être dépassée.

Mais comme l’UE ne peut attaquer directement en accusant la Hongrie de vouloir indûment protéger ses origines chrétiennes et son Etat nation, quand d’autres pays tentent d’inciter l’apprentissage de l’arabe à la maternelle, elle se cache derrière un rapport, qui n’est pas basé sur une analyse factuelle (aucune délégation européenne ne s’est déplacée en Hongrie, à quoi bon voir ce que pense la population, cela n’intéresse personne à Bruxelles) et qui en plus est truffé d’erreurs matérielles, que la Hongrie a corrigées et diffusées auprès des parlementaires. Par ailleurs, ce rapport ne tient absolument pas compte des compromis faits par la Hongrie, qui, comme nous l’avions écrit plus haut, a largement modifié ses réformes en tenant compte des recommandations européennes. Bref, c’est un rapport à charge, sans fondement matériel, permettant de justifier ce qui doit être démontré. A quoi bon les compromis finalement, s’interroge Orban, si de toute manière ce n’est jamais suffisant.

Car ce qui est caché par l’UE est que le compromis n’est qu’une façade, l’UE ne fait pas de compromis, l’Etat sous couvert de "dialogue" doit adapter sa législation intérieure en fonction des choix politiques européens. Et l’UE a décidé d’une politique "no borders", "pro-migrants", les questions d’intérêt national sont ici totalement déplacée.

Le conflit risque de se crisper, car Orban et la Hongrie ne sont pas prêts de céder. Il rappelle que chaque Etat membre a le droit de déterminer comment vivre dans son pays. Les Hongrois ont décidé que la Hongrie ne sera pas un pays d’immigration et la Hongrie ne cèdera pas au chantage ; elle défendra ses frontières et ses droits, même contre l’UE .

L’UE est finalement en train de créer sa dissidence. Aux côtés d’Orban l’on retrouve Salvini à la pointe des "mauvais régimes", la Pologne a la chance d’être antirusse mais dérange, l’Autriche a des sursauts déplacés. Bref, le bateau prend l’eau, certains peuples se réveillent.

PS : Rappelons que Macron a démis de ses fonctions l’ambassadeur de France en Hongrie, ses notes diplomatiques ne dépeignaient pas le tyran qu’il est de bon ton de décrier. Maintenant, le minsitre des affaires étrangères français a pu se féliciter que cette procédure de l’article 7 soit engagée. La France de Macron a fait le choix de l’UE contre les peuples, contre l’histoire chrétienne de nos pays, que font les Français ?

Karine Bechet-Golovko
jeudi 13 septembre 2018

Russie politics


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