COMITE VALMY

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Vingt-neuf ans après sa liquidation... refondation du Parti communiste du Mexique sur une démarche rassembleuse mais en partant d’une auto-critique des illusions unitaires

jeudi 23 décembre 2010, par Comité Valmy


En 1981, une décennie avant la vague de liquidations qui toucha notamment les pays d’Europe de l’Est ainsi que l’Italie, la direction du Parti communiste mexicain (PCM) liquidait son propre parti créant un précédent historique dans le mouvement communiste international.

Réduits à la désorganisation et à l’impuissance pendant près de treize ans, une poignée de militants communistes reprend le flambeau du PCM en 1996, en fondant le « Parti des communistes ». Le IVème congrès de ce parti de novembre 2010 fut en fait un congrès fondateur car il fut décidé de récupérer officiellement le nom historique ainsi que ce qu’il représente, et donc de renommer le parti recréé en 1994 : « Parti communiste du Mexique ».

Le congrès fondateur de 2010 est avant tout l’occasion de préciser de définir les bases idéologiques et la tradition historique dans lesquelles se reconnaît le Parti communiste, quelle est la raison d’être d’un Parti communiste au Mexique et enfin de réaliser une auto-critique sérieuse de la ligne du Parti avant 1981 et même après 1996. Telle est la longue analyse développée dans leur document de congrès ici synthétisé :

Le double héritage du Parti communiste du Mexique : le marxisme-léninisme et la révolution zapatiste

En toute logique, le Parti communiste du Mexique reconnaît le marxisme-léninisme comme doctrine du Parti. L’éclatement de la crise capitaliste au Mexique ainsi que dans le monde prouvent la validité de la conception de l’histoire défendue par Marx et Engels et la vacuité des théories de la fin de l’histoire défendues après 1991 jusque dans le camp communiste.

Adhérant au matérialisme historique, pour les communistes mexicains, le moteur de l’histoire est bien la lutte de classes, qui oppose capital et travail dans le mode de production capitaliste.

Toutefois, si la classe ouvrière est bien la seule classe révolutionnaire, sa seule lutte économique ne la porte qu’au syndicalisme réformiste et seule une organisation politique apportant de l’extérieur la « conscience de classe » permet de transformer cette conscience trade-unioniste en conscience de classe révolutionnaire. Reprenant l’héritage de Lénine, les communistes mexicains justifient ainsi la raison d’être du Parti communiste comme parti de la classe ouvrière et parti révolutionnaire.

Dans l’héritage historique dont se revendique le Parti communiste du Mexique, les fondateurs du mouvement communiste international côtoient par ailleurs les révolutionnaires de 1910 : Emiliano Zapata et Pancho Villa, même si les communistes mexicains critiquent de manière implacable la reprise en main par la bourgeoisie mexicaine des idéaux libérateurs et socialisants de la révolution de 1910.

La raison d’être d’un Parti communiste au Mexique contre la dissolution dans la « gauche » réformiste politique et syndicale

Car l’essentiel de l’analyse que fait le Parti de l’état du mouvement communiste aujourd’hui au Mexique, et au-delà de l’explication de l’impuissance du mouvement de classe et révolutionnaire au Mexique depuis plusieurs décennies, repose sur une auto-critique serrée des erreurs du Parti avant 1981 et même après sa refondation en 1996.

Pour les communistes mexicains, une des raisons de long-terme expliquant la liquidation de 1981 serait l’influence diffuse du « browderisme », condamné en paroles mais pénétrant dans la pratique, dans le parti.

Earl Browder, dirigeant du Parti communiste des Etats-unis (CPUSA) avant-guerre, avait professé après 1945 des idées réformistes et liquidatrices qui lui valurent l’exclusion du CPUSA en 1946. Sa dérive l’emmena par la suite à collaborer à la chasse aux sorcières McCarthyste avant de rechercher par la suite la convergence avec différents groupes trotskystes.

Pour les communistes mexicains, le « browderisme » aboutit à la progression dans le parti d’une ligne syndicale et politique erronée :

sur le plan de la ligne syndicale, une analyse erronée de l’État bourgeois surgi de la révolution de 1910 comme un État « au-dessus des classes » a conduit à une ligne syndicale et politique erronée substituant petit à petit la collaboration de classe à la lutte de classes. C’est ce qu’on appelle au Mexique, « le charrisme », c’est-à-dire la collusion entre dirigeants de l’Etat au service de la bourgeoisie et directions syndicales.

sur le plan de la ligne politique, le renoncement à toute action politique communiste autonome « pour l’exercer principalement à travers des fronts, partis-fronts, pluralistes ». Ce qui cantonna les communistes à un rôle de caution de gauche du régime issu de la Révolution : « les communistes ne remplissaient plus qu’un rôle de clubs d’idées, renonçant à disputer l’hégémonie dans le processus de lutte ».

Voilà les fondements historiques à la liquidation du PCM en 1981, au nom de la création d’un grand parti de la gauche, formant en fait l’aile-gauche du « petit » parti de gauche du Parti socialiste unifié du Mexique qui lui-même se fondra dans un insignifiant courant du social-démocrate Parti de la révolution démocratique en 1989.

En finir avec le chant des sirènes de la « gauche unie » pour une ligne de rassemblement populaire

Cet abandon du communisme qui a débouché logiquement sur la soumission à la social-démocratie a emmené en 1994, un certain nombre de militants ouvriers et révolutionnaires décide de « reposer la nécessité de l’existence du Parti communiste comme tâche principale. »

Avec esprit, les communistes décidèrent alors de répondre au dilemme d’Hamlet ’Être ou ne pas être’ par : « les communistes du Mexique furent, sont et seront communistes, les constructeurs du parti communiste, organisateurs patients et persévérants du renversement du capitalisme et impulseurs de la révolution socialiste. »

Le choix courageux de la reconstruction n’a pas exempté le Parti d’erreurs dans sa ligne politique. Principale erreur, selon les dirigeants communistes,une conception erronée de l’unité, une obsession de l’ « unité de la gauche socialiste », l’unité pour l’unité, qui a pu obnubiler les dirigeants communistes mexicains pendant les dernières années. Or, pour les dirigeants communistes, cette conception de l’unité oubliait que la base devait être la construction du parti de type nouveau et de son « unité idéologique, politique et organique ».

Toutefois, cette auto-critique de cette idée erronée de l’unité politicienne n’efface pas la nécessité d’avoir une politique de rassemblement populaire : « de lutter, faire converger dans un vaste mouvement anti-capitaliste, anti-impérialiste et anti-monopoliste ».

Le document de ce congrès fondateur du Parti communiste du Mexique finit sur une note combative justifiant la récupération du nom historique du Parti :

« Parti Communiste du Mexique, comme l’enseignait Lénine, pour nous débarrasser du vieux linge. Parti communiste du Mexique, nom qui comprend l’histoire et l’avenir.

Parti communiste du Mexique, parti du socialisme scientifique, parti de lutte du prolétariat, des damnés de la terre, de la légion des morts de faim.

« Prolétaires de tous pays, unissez-vous ! »


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