COMITE VALMY

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L’ennemi commun des peuples

Renforcement de la présence militaire américaine
en Europe : de la libération à l’occupation
par Karine Bechet-Golovko

vendredi 5 octobre 2018, par Comité Valmy


Renforcement de la présence militaire américaine
en Europe : de la libération à l’occupation

La faiblesse objective de l’armée dans les pays européens qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ont pris l’habitude de se réfugier sous le parapluie militaire américain, notamment dans le cadre de l’OTAN, conduit à pérenniser la présence militaire des Etats-Unis sur le sol européen. De quelle souveraineté peut-on parler lorsque des pays ne sont même pas capables d’assurer leur défense nationale ? Et pendant ce temps-là, tous les prétextes sont bons pour installer plus confortablement l’armée américaine face à une mythique invasion russe. Si occupation il y a, elle est aujourd’hui américaine.

Comment peut-on parler d’une défense réelle des pays européens lorsqu’il est de mauvais goût de parler même de "défense". Illustration au sujet de ce nouveau projet : le Fonds européen de défense :


« Une étape historique (…) sur un sujet dont il y a quelque temps encore, personne au sein de l’Europe ne voulait entendre parler », selon l’eurodéputée Françoise Grossetête. Le 13 juin dernier, la Commission européenne a présenté son futur budget pluriannuel pour la période 2021-2027. Et l’exécutif européen de présenter ses priorités en matière de défense, un domaine auquel les 27 devraient consacrer quelque 20 milliards d’euros, dont 13 milliards pour un inédit « Fonds européen de défense ». Celui-ci aurait vocation à cofinancer des projets transnationaux dans l’industrie de la défense.


« Il ne s’agit pas de dépenser plus pour la défense, a déclaré à cette occasion Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Sécurité, mais d’inciter à la coopération et donc aux économies d’échelle ».

Tout commençait tellement bien : renforcer la défense en Europe, ou plutôt enfin commencer à s’en occuper. Mais non, l’on nous rassure immédiatement, il ne s’agit pas de cela - il faut cofinancer des "projets de recherche collaboratives" dans le domaine des hautes technologiques. On aurait pu avoir peur, comment ça l’UE aurait la mauvaise idée de vouloir s’autonomiser de l’OTAN ? Quelle idée idiote !

D’ailleurs, en surfant sur la vague de la soi-disant agression russe qui arrive (regardez bien, vous verrez des petits hommes verts avancer), les Etats-Unis en profitent pour renforcer leur présence militaire en Europe en général et en Europe de l’Est en particulier. Abandonnant partiellement la présence permanente, pour une rotation sur leurs domaines, afin de mieux maîtriser l’espace. Comme il n’y a pas d’ennemis réels contre lequel il faut lutter, c’est suffisant pour organiser des exercices avec les locaux, former les armées locales - comme en Ukraine par exemple, où 250 soldats de la Garde nationale d’Oklahoma forment les soldats ukrainiens, ceux qui ensuite vont dans le Donbass. En voyant les tirs concentrés sur les ouvrages civils, l’on se demande ce qui leur est appris. D’un autre côté, en voyant Rakka en Syrie après le passage de l’armée US ... La Pologne se prépare à construire un Fort Trump, alors qu’il y a déjà plus de 3500 soldats américains en place. La pression politique est en place.

L’on compte, selon les données de Département de la Défense US reprises ici, hors zones de combats, près de 65 000 soldats américains en Europe :

Pourtant, l’on ne s’arrête pas là, des prévisions sont faites pour construire de nouveaux logements pour les militaires, des bâtiments administratifs, des centres d’entraînements, etc pour un montant - affiché - de 248 millions $. Sans compter les dépenses prises en charge par les pays, où l’armée américaine se base. La Pologne est prête à dépenser 2 milliards $ par exemple.

Comme la seule présence dont l’Europe doive encore se délivrer est justement celle des Etats-Unis, afin d’instaurer des rapports plus équilibrés, nous sommes finalement passés de la "grande libération" de 45, d’où l’histoire tente désespérément de gommer l’URSS, à l’occupation qui s’est depuis développée .

Karine Bechet-Golovko
jeudi 4 octobre 2018

Russie politics


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