COMITE VALMY

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Réflexions d’un syndicaliste de la CGT
Philippe Cordat

lundi 3 janvier 2011, par Comité Valmy

En 2010 L’élite politico-syndicale médiatique a eu très peur d’être dépassée par le mouvement social. Aujourd’hui cette élite entend tourner la page, l’essentiel serait d’attendre tranquillement l’élection de 2012. Cette voie conduit à l’impasse et aux désillusions. L’avenir sera ce que des luttes très déterminées, et le rassemblement populaire sur des revendications comme l’augmentation générale et substantielles des salaires imposeront aux princes qui nous gouvernent. Il convient donc de discuter, d’analyser concrètement qu’est ce qui a manqué pour gagner.

Réflexions d’un syndicaliste de la CGT :

Philippe CORDAT lors d’une rencontre de militants du 20 décembre 2010 à Paris

Cher(e) s camarades,

Cette rencontre de militants engagé(e)s dans le combat social, politique pour faire prévaloir l’intérêt de classe de la population salariée dans sa diversité de situation professionnelle, catégorielle n’a pas pour objectif de structurer quoi que ce soit et pas davantage de se rallier à qui que ce soit.

Pour les initiateurs de cette rencontre, nous avons choisi un cadre ouvert pour le débat réunissant des militants à titre individuel en dehors des représentations de structures syndicales, d’appareils ou de formations politiques.

Nous n’avons comme seule ambition de prendre le recul nécessaire pour permettre un échange d’expériences, de réflexions, d’idées et de propositions, pour modestement contribuer à aider tous les acteurs des luttes sociales et du combat pour les libertés et la démocratie à ce qu’ils et elles réfléchissent à la période que nous venons de traverser.

Pour préciser davantage le sens de notre démarche, il s’agit de réamorcer la mécanique des idées pour faire prévaloir le point de vue de classe de ceux qui refusent de se laisser enfermer dans la dictature de la pensée dominante et les ornières du réformisme.

D’autres syndicalistes de la CGT, se réunissent régulièrement depuis des années avec des dirigeants de la CFDT, de la FSU, de l’UNSA, du PS, du PCF, de la droite et du patronat au sein de l’association « Confrontations ».

D’autres participent à des clubs de discussions, des loges de la Franc-maçonnerie, des ateliers confessionnels, dans des réunions organisées par les formations politiques de gauche et d’extrême gauche pour discuter sur l’état du mouvement social et plus particulièrement où en est la CGT.

Ce fait n’est pas nouveau, il est connu et est révélateur de l’enjeu que représente la seule organisation syndicale de classe dans ce pays qui même affaiblie numériquement et affadie dans ses positionnements reste un sujet de brûlantes préoccupations pour les forces du Capital, de la sociale démocratie en passant par les divers groupements communistes qui existent en France et différents groupuscules d’extrême-gauche.

Pour notre part nous demeurons convaincus que l’indépendance du syndicalisme et plus particulièrement de la CGT reste un combat à l’égard du fait politique, des obédiences philosophiques, des différentes chapelles confessionnelles mais aussi du patronat et de la puissance publique.

A bien y regarder la déferlante anti-communiste qui marque le débat public dans le pays depuis plus de quarante ans a conduit de nombreux syndicalistes à faire une fixation sur « la mainmise de Moscou » sur la CGT sans ouvrir les yeux sur les pratiques du PS, de la LCR devenu NPA, des autres structures de l’extrême-gauche des réseaux maçonniques et religieux, du patronat qui s’activent dans et autour la plus importante organisation syndicale française.

Le syndicalisme de classe au pied du mur face aux défis et enjeux de société posés.

Beaucoup de gens, de commentateurs du fait social et politique s’interrogent dans le pays et sur la scène Internationale sur ce qui ce passe dans cette France des droits de l’homme et du citoyens dont le peuple semble tantôt désarmé, abattu face à la déferlante qu’il subit depuis le début des années 8O et épisodiquement atteint de poussées de colère et de révolte.

Nombreux sont les observateurs dans la presse internationale qui ont du mal à comprendre cette permanence de luttes qu’il est parfois difficile de mesurer nous-même de l’intérieur tant par l’ampleur de celles-ci que par ce qu’elles recèlent du point de vue du contenu et du caractère anti capitaliste des revendications.

L’année 2010 marque de ce point de vue une accélération et une amplification de la contestation sociale et de l’émergence d’exigences porteuses de rupture avec la logique économique dans laquelle tentent de nous enfermer le patronat, les partis politique de la droite comme de la gauche.

La brutalité des politiques d’austérité conduites dans les pays de l’Union Européenne justifiées par les gouvernements au prétexte de la crise est à l’origine d’une montée en puissance de la colère, de véritables mouvements de contestation de masse avec des manifestations qui se transforment de plus en plus en émeutes.

Les supporters, au plan syndical, de la constitution européenne, du constat et des solutions partagées entre partenaires raisonnés et raisonnables voient leur stratégie profondément perturbée.

Pour ceux qui en doutaient encore la lutte de classe est bien un fait durable tant que le Capitalisme existera.

Depuis mars les grèves et manifestations se sont succédées en Italie, en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Irlande, en grande Bretagne, en Allemagne en Suède en Pologne, en Islande faisant surgir à la fois un rejet de plus en plus affirmé du Capitalisme, de l’Union Européenne et le refus des peuples de payer l’addition des responsables de la crise du système capitaliste.

En même temps nous ne pouvons ignorer le fait que dans l’ensemble des pays qui composent l’Union Européenne les idées extrémistes racistes xénophobes et les replis nationalistes dangereux pour les peuples, pour les progressistes, pour les libertés et la démocratie s’exacerbent.

En France nous venons de vivre une période de dix mois de mobilisations sur les retraites comme aucune génération n’en a vécu depuis quarante ans du point de vue de l’ampleur des manifestations dans la plupart des villes de France excepter en région Ile-de-France.

Sur le niveau des mobilisations en Ile de France, il ne s’agit pas de porter un jugement mais de bien apprécier au regard du nombre de syndiqués et de salariés l’état des mobilisations sociales.

Les transformations économiques liées aux restructurations industrielles depuis 1968, les bouleversements intervenus dans la composition du salariat conjuguées au recul des idées de classe, à l’affaiblissement syndicale et politique dans cette région parisienne devenue Ile de France n’ont pas été apprécié dans tout le mouvement ouvrier à la hauteur du poids que représente cette région.

Ce défaut ou refus d’analyse n’a pas permis de travailler les idées en rapport avec tout ce qui s’est transformé dans le paysage politique, syndical, le tissu des entreprises, les concentrations de populations dans toute cette région.

Cette analyse mérite d’ailleurs d’être poussée pour toutes les régions ou des disparités dans les mobilisations existent entre les départements, les professions.

Les difficultés rencontrées du point de vue de l’ancrage revendicatif dans les entreprises renvoient à la problématique de la qualité de vie syndicale et à l’état des forces organisées, à la responsabilité des directions des structures de la CGT et à leurs dirigeants pour aller aider à l’élévation du niveau syndicale et de l’activité.

Malgré les manques, les difficultés constatées nous avons été acteurs et témoins d’une période exceptionnelle au niveau de la mobilisation syndicale, des luttes, du débat politique, de la confrontation des idées avec :

-Des manifestations monstres plus importantes dans de nombreuses villes qu’au printemps 68,

- Des manifestations interprofessionnelles, unitaires qui ont rassemblé des salariés en activité de tous les secteurs et de toutes les catégories avec des retraités des chômeurs au côté des étudiants et lycéens à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales de salariés,

- Le retour à une pratique de consultation et d’échanges en direct avec les salariés sur les lieux du travail,

- Des manifestations dans lesquelles les femmes ont pris une place marquante avec les lycéens qui sont très certainement à l’origine d’une évolution significative dans le contenu des mots d’ordre, des slogans et du contenu des revendications.

Le niveau atteint par les discriminations dont les femmes sont victimes sur les salaires avec un écart de 17% par rapport aux hommes et 40% pour les pensions, les discriminations qu’elles subissent pour les qualifications, l’accès à la formation sont très certainement un facteur essentiel de cette implication a souligné et à prendre en compte pour la période dans laquelle nous entrons.

L’absence de perspective pour l’avenir chez les plus jeunes qui voient leurs frères et sœurs dans la galère très souvent leurs parents et grand parents dans la souffrance au travail, dans la vie quand ils et elles ne sont pas tout simplement sur le carreau n’est pas à dissocié de cette prise de conscience et dont il est nécessaire d’apprécier les potentialités qu’elle recèle pour les combats qu’il nous faut mener.

Des manifestations qui ont permis que les salariés se retrouvent, tissent de nouvelles solidarités, retrouvent confiance en eux et dans leur capacité à se rassembler dans cette France que de nombreux acteurs du patronat et des forces politiques de la droite comme de la gauche nous ont présentée comme celle des gagneurs, du règne du chacun pour soi et de l’individualisme.

Dans cette France dominée par la puissance des transnationales, des grand groupes, cette France dirigée par des affairistes représentant non plus la noblesse du sang mais celle de la haute finance, les manifestations ont rassemblé plus de quatre millions de manifestants sur les journées les plus fortes de fin septembre à début novembre.

Onze journées de grèves et de manifestations ont rythmé depuis Mars 2010 cette bataille des retraites qui pour la première fois depuis les premières réformes des années 8O s’est attaquée à l’ensemble des bénéficiaires des régimes de retraites.

Plus de quatre millions de manifestants qui à tour de rôle ont participé aux grèves, aux arrêts de travail, se sont rendu sur les piquets de grèves, sont allés à la rencontre de celles et ceux qui n’étaient pas encore dans l’action.

Au total c’est sans doute plus du double qui ont pris part aux actions alternant entre participation à l’action sur le temps de travail soit en grève pour participer aux manifestations, soit sur des congés en RTT, soit en participant souvent en famille les samedi aux manifs.

Beaucoup ont constaté que les salariés essayaient de perdre le moins de salaire possible dans les actions du fait des situations personnelles et familiales entraînant un roulement dans la participation aux actions.

D’une manifestation à l’autre sur les mêmes entreprises et services les populations ont changé constamment ce phénomène plus facilement observable dans les petites villes de province a été souligné dans de nombreuses UL et UD de la CGT mais aussi par le pouvoir qui a mis d’important moyens de renseignements en place dans les manifestations.

Sans exagérer le niveau d’implication c’est très certainement près de huit millions de femmes et d’hommes qui se sont investis dans cette bataille pour défendre ce bien commun qu’est notre système de retraites sur vingt-quatre millions d’emplois et quatorze de retraités.

Certes nous n’avons pas atteint le nombre de grévistes de 1968 dernière référence des luttes sociales victorieuses en France, mais il faut apprécier lucidement l’ampleur de cette mobilisation au regard de tous les bouleversements intervenus au cours des quarante dernières années.

Parmi ceux-ci le tronçonnage organisé des grandes entreprises pour échappées à la présence de syndicats, d’institutions représentatives des salariés, les politique de précarisation du travail lié aux privatisations qui conduisent à une dualité de situations entre les salariés.

Dans certains services comme dans la santé, la poste, les territoriaux il y a parfois plus de salariés de droit privé que de fonctionnaires.

Sur les sites des grand groupes qui se centrent sur leur cœur de métier, les salariés de entreprises prestataires de services relevant d’une profusion de conventions collective voir d’aucune cohabitent, souvent en plus grand nombre que les salariés relevant du groupe donneur d’ordre.

Ces exemples pourraient être multiplié à tous les secteurs et professions avec au final un paysage social marqué par la précarisation du travail, le recul des droits sociaux, l’affaiblissement du paysage syndicale, de la force de la CGT et en prime un éparpillement du syndicalisme et une accentuation de la division syndicale dans les entreprises que nous ne pouvons pas ignorer.

Cette période de luttes a mis en relief l’état réel du mouvement ouvrier au plan organisationnel, au plan idéologique, sa capacité à entraîner les salariés, son encrage sur les lieux du travail et la permanence de dualité entre deux conceptions du syndicalisme l’une emprunte par le réformisme, l’autre par le courant révolutionnaire.

Elle a également montré l’état idéologique dans lequel se trouvent le salariat et le peuple et la situation de souffrance et d’insécurité sociale dans laquelle il se trouve, générant repli sur soi, peur, tentative permanente de recherche de boucs émissaires pour trouver des responsables de ce mal vivre.

Dans ce mouvement contradictoire des idées et des comportements nous avons assisté non pas comme spectateurs qui préconisent des remèdes aux autres ou comme donneurs de leçons mais bien comme acteurs lucides sur les enjeux et l’état des rapports de forces à un formidable bon en avant des idées progressistes.

Pour la première fois depuis plus de trente ans nous avons vécu comme acteurs et témoins, un retour de l’envie collective de se retrouver pour manifester ensemble, une volonté nouvelle d’en découdre avec le pouvoir en place et dans quelques cas avec le patronat.

Pour la première fois cette véritable dynamique de masse qui s’est exprimée dans les rues a rencontré un soutien dans l’opinion publique comme aucune autre bataille y compris celle pour la Sécu pourtant très populaire en 1987 n’en avait reçue.

Soixante-dix pour cent des résidents sur le territoire Français qui déclarent partager l’opposition à la réforme Woerth, Fillon, Sarkozy, Parisot, et soutenir les actions qui s’y opposent, même en 1995 ou les mobilisations pour les régimes spéciaux avaient été larges et s’étaient prolongées d’octobre à décembre nous n’avions pas rencontré autant de soutien dans l’opinion publique.

Pour autant nous n’avons pas gagné la bataille des idées même si les idées de classe ont progressé le salariat et le peuple reste tiraillés entre fatalité, moindre mal et replis.

De septembre à novembre à nouveau nous avons assisté aux mêmes phénomènes qu’en 1995, qu’en 2003 et 2009 pour ne prendre que les plus significatifs :

- Un mécontentement qui s’est cristallisé en opposition à la réforme du patronat et du gouvernement sur les retraites mais impossible de lui faire trouver un élargissement et un enracinement dans la durée sur les lieux du travail à partir des revendications.

Nous nous sommes heurtés aux mêmes obstacles que nous avions rencontrés en 95 et 2003 une incapacité collective à faire le lien entre les salaires et les retraites, entre les salaires et l’emploi, les salaires et les qualifications apportant à nouveau la preuve que le contenu de la formation syndicale depuis une très longue période a contribué à enfermer le raisonnement.

- Nous avons la grande majorité des salariés qui rejette cette régression mais qui est incapable de mettre des mots sur cette contestation de masse et aspiration à vivre autre chose, et des syndicalistes de la CGT qui ne parviennent pas à mesurer que nous sommes dans une bataille qui porte sur des enjeux de société posés sur le long terme.

Nous sommes depuis le début de 2009 au cœur d’une bataille en France mais aussi dans d’autres pays d’Europe qui oppose le camp du Travail à celui du Capital avec le problème que l’on arrive pas à la qualifiée globalement dans le salariat et le peuple.

Au-delà des approches différentes et divergentes qui peuvent s’exprimer sur la posture des dirigeants des organisations syndicales impliquées dans ces mobilisations, de la stratégie choisie, celles et ceux qui ont poussé dans les entreprises et services, dans les localités et départements pour consulter les salariés, leur proposer de se battre sur les lieux de travail sur les revendications en plaçant le salaire au centre à quelques exceptions près ont été mis en échec.

Alors posons-nous la question pourquoi après des semaines de mobilisations de manifestations de cette ampleur, nous ne sommes pas parvenus à faire caler le patronat sur les salaires et les revendications ?

Pourquoi cette persistance d’incompréhensions déjà parmi les syndicalistes sur le lien salaire protection sanitaire et sociale ?

Pourquoi nous ne sommes pas parvenus à faire reculer le gouvernement pourtant en grande difficulté avec les affaires impliquant le ministre Woerth en charge de la réforme des retraites, le Chef de l’Etat sur le premier étage de leur projet de destruction de notre système solidaire de protection sanitaire et social, issu du CNR… ?

Les partisans de tous les camps de la réforme ont soigneusement pris soins d’enfermer l’opinion publique dans le piège de la démographie pour justifier du bienfondé de cette réforme.

Ils nous ont affirmé la main sur le cœur que le problème des retraites ne serait ni de Droite ni de Gauche qu’il serait un problème mathématique...

Dès le départ de leur campagne idéologique sur le dossier retraites, ils ont tenté d’enfermer l’opinion publique sur la situation de déficit (comme pour la Sécu) impliquant une réforme dont tous les partenaires sociaux en ressentaient l’urgence et la nécessité.

Cette stratégie du diagnostic et du constat partagé devrait d’ailleurs faire réfléchir chacun(e) sur le rôle du COR mis en place par Lionel Jospin et sur toute la philosophie portée à droite comme à gauche pour promotionner le dialogue social mais surtout pas la négociation collective.

Nous avons également assisté à toute une bataille idéologique entre réforme juste et réforme injuste enfermant l’opinion publique dans l’idée qu’il était obligatoire de réformer et donc d’accepter des concessions pour les salariés.

La culpabilisation a été poussée au maximum pour nous convaincre que nous laisserions aux jeunes générations une dette colossale qui obligerait à éteindre demain le système si demain la réforme ne passait pas !

Elle a conduit à mettre en exergue le basculement démographique entre les actifs et les retraités qui ferait que mécaniquement il deviendrait impossible d’assurer le financement des retraites.

Rare sont ceux qui ont refusé d’entrer dans cette logique idéologique mortifère y compris dans la CGT.

Globalement tous ceux qui se sont investis dans cette bataille des retraites n’ont pas appeler les salariés et plus largement le peuple à se battre pour conforter le système des retraites pour ce qu’il est et dans ce qu’il porte de subversif pour le système capitaliste dans lequel nous demeurons enfermé, ils ont relayé consciemment ou inconsciemment les arguments du camp d’en face.

Soit ils se sont cantonnés au refus de la réforme, soit ils ont plaidé pour une autre réforme confortant les réformateurs dans la nécessité qu’il était urgent de procéder à une réforme des retraites.

Rares sont les dirigeant syndicaux et dirigeants de la gauche et de l’extrême-gauche qui ont défendu le système solidaire des retraites pour ce qu’il représente pour sortir du capitalisme.

Combien ont défendu le bonheur que représente ce passage de la vie de salarié placé sous le lien de subordination à un employeur à celui du salaire continué débarrassé de cette tutelle mais qui permet aux retraités de travailler pour l’intérêt général comme ils et elles le souhaitent ?

Pourquoi ne mettons-nous pas en valeur cette période de la vie à laquelle la grande majorité des salariés harassés par cette organisation du travail aspirent ?

Pourquoi nous ne rappelons pas à tous ce que serait la vie dans cette société sans les quatorze millions de retraités qui chaque jour travaillent payés dans le cadre de leur salaire continué en retraite dans les associations, les collectivités locales, dans leurs familles… ?

Evoquer cette réalité n’évacue pas le fait que de plus en plus de retraités du fait du montant des salaires et de que cela entrainent pour le niveau des retraites et pensions, sont contraints de reprendre un travail pour survivre à l’âge du passage en retraite.

Mais il est incontestable que plus de la moitié d’entre eux participent au fonctionnement de la société et à son développement avec bonheur.

Alors que des milliers de manifestants reprenaient sur leurs pancartes et banderoles le slogan de l’affiche des jeunes de la CGT « Cette société là on en veut pas », nous sommes restés dans la justification de réponses aux arguments sur la démographie qui comme l’écrit Bernard Friot dans son livre l’enjeu des retraites « c’est comme si Laurence Parisot aurait prédit en 1900 :

Un Français sur trois travaille aujourd’hui pour l’agriculture. Or il n’y en aura plus qu’un sur trente en 2000, donc la famine en France est inévitable ».

Globalement nous nous sommes enlisés dans une argumentation qui n’ouvre pas une perspective politique et syndicale dynamique, crédible et porteuse d’espoir qui peut unir bien au-delà de plates-formes décidées entre les organisations syndicales au niveau national dont le contenu ne peut être que le produit de compromis.

Pourquoi ne disons-nous pas tout simplement au lieu de limiter notre discours à défendre la répartition et l’âge de départ à 6O ans, attaquons le capitalisme en montrant que les marchés des capitaux ne sont pas un mal nécessaire mais bien un mal inutile dont nous pouvons nous passer.

Très peu de salariés y compris de syndicalistes connaissent comment cela fonctionne pour les retraites.

Pourquoi ne menons nous pas campagne de manière très offensive auprès de salariés et de la jeunesse sur le fait que ce sont les salaires d’aujourd’hui qui paient les retraites d’aujourd’hui ?

Pourquoi ne relançons nous pas le débat public sur la réduction du temps de travail au niveau hebdomadaire et de la vie en montrant ce que le patronat a pu voler aux salariés par l’augmentation de gains de productivité depuis le passage aux 39 heures ?

La preuve est faite avec la sécu, les retraites, le régime d’indemnisation du chômage, la formation professionnelle, le logement social et les activités sociales que la cotisation sociale peut remplacer les marchés de la spéculation.

Depuis la mise en place de la sécurité sociale, des retraites dans cette France décimée par l’occupation, anéantie économiquement parlant, le peuple a fait l’expérience positive depuis plus d’un demi-siècle qu’il est possible de s’extraire du système capitaliste.

Actuellement sur 2000 milliards de richesses produites dans le PIB 1200 vont aux salaires et aux cotisations sociales, 800 aux profits.

Pourquoi d’ailleurs ne menons nous pas campagne pour expliquer que le financement des retraites et de la sécu repose sur les richesses produites et que celles-ci augmentent chaque année en moyenne de 1,6% et qu’elles doublent tous les quarante ans ?

Chaque année c’est 400 milliards d’euros pour les retraites qui échappent à la logique marchande sans que le Capital, les banques, les assurances et les fonds de pensions n’interviennent.

Chaque année c’est 260 milliards d’euros prélevé sur le Capital qui permettent de couvrir une grande partie des dépenses de santé.

Pourquoi nous sommes nous laissés enfermés entre d’un côté FO figée sur la contestation de la réforme pour fractionner la mobilisation mais prêt à discuter d’une autre réforme, de l’autre la CFDT contrainte après la « dérouillée » de 2003 de manœuvrer mais prête à discuter sur une réforme aménagée à la marge autour des questions de la pénibilité, des poly pensionnés, et de l’égalité entre les hommes et les femmes.

SUD qui n’a cessé dès que la mobilisation s’est amplifié de cultiver la sur enchère autour du retrait de la réforme avec comme seul objectif de gagner la grève générale et taper sur la CGT.

Ce mot d’ordre de la grève repris par les formations Trotskistes dont nombre de leurs militants n’ont pas été longtemps dans la grève a été mis en avant pour évacuer la perspective d’actions dans les entreprises sur les revendications.

Il faut d’ailleurs noté que tous ceux qui ont clamé grève générale ont cherché à transporter l’agitation hors des lieus du travail comme en 2003.

Ne perdons pas de vue :

- Que la CFDT malgré des débats animés à son congrès confédéral qui s’est tenu en juin à tours, à opter pour les retraites par capitalisation, mais durant tous ces mois de bataille unitaire, des débats au couteau se sont ravivés dont il est vraisemblable qu’ils vont se poursuivre avec de nouvelles secousses à l’interne.

- Que cette fois au plan idéologique dans le camp réformiste ce n’est pas la CFDT qui a fait le plus gros du travail pour venir en soutien au patronat et au gouvernement mais le parti Socialiste.

C’est le PS qui dans toutes les manifestations a été présent pour diffuser sa propagande intitulée : Pour une réforme juste, efficace et durable.

La retraite universelle personnalisée et avançant une série de propositions qui au-delà de la retraite à la carte promotionne l’emploi des séniors assortie d’un dispositif d’incitation à travailler plus longtemps pour ceux qui le souhaitent avec passage à une durée de cotisations à 41,5années de cotisations. En bref une différence de l’ordre de l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les propositions du PS et celle de l’UMP.

Il n’est donc pas surprenant compte tenus de la faiblesse des grèves dans les entreprises sur les revendications et des positionnements des dirigeants socialistes et de la droite d’avoir si peu entendu Laurence Parisot du MEDEF dans cette période !

M esurons également :

- Que la CFTC et la CGC ont été prises dans des contradictions terribles du fait de la difficulté de la CFDT à sortir de l’action comme elle l’avait fait en 2003.

- Que la FSU affaiblie depuis la bataille des retraites de 2003 et toujours tiraillée à l’interne par les courants qu’elle a reproduit de son héritage de la FEN a peiné a mobilisé dans l’Education Nationale et à porter un message revendicatif clair et offensif.

Dans la CGT, la stratégie du syndicalisme rassemblé définie confédérale ment à la fin des années 199O à nourrie plus de discussions que sur le contenu des revendications au point que de nombreux militants ne se sont même pas aperçus que nous sommes passé de la revendication de la retraite à 75% du salaire brut à 75% du net.

Les débats à l’interne ont plus porté sur la forme que sur le fond, le plus souvent cristallisés sur les parcours des manifestations et le rythme des actions plutôt que sur le ciment revendicatif qui permet le rassemblement des salariés et l’impulsion à donner par les directions syndicales à la dynamique de mobilisation.

Notons que d’importants débats ont été poussés dans la CGT sur les formes de luttes portés notamment par les militants du NPA, de LO et du POI (avec semble-t-il pour les derniers moins de vigueur que dans les périodes antérieur) promotionnant la grève générale et la radicalisation de l’action comme but en soi et non pas comme levier et moyen pour gagner.

Cette conception nous renvoi au travail d’explication à conduire sur la démarche et conception des luttes revendicatives et cela d’autant plus que nous sommes face à un gouvernement et un patronat qui ont décidé de criminaliser l’action collective, de poursuivre devant les tribunaux les syndicalistes, sanctionner les grévistes et plus généralement tous ceux qui s’opposent à leurs projets.

Développer une conception révolutionnaire du syndicalisme ne peut conduire à faire n’importe quoi dans n’importe quelle condition et avec n’importe qui !

Aller de l’avant suppose de tenir compte de l’état réel des rapports des forces, d’organiser les luttes, d’unir les salariés dans le syndicat de les associer à toutes les décisions et de les responsabiliser.

L’action syndicale de classe doit se concevoir avec l’objectif de toujours rassembler et non de diviser et d’opposer celles et ceux qui relève de la même classe.

Elle implique d’élever le débat d’idées donc d’avoir le courage de prendre position mais avec la détermination de rassembler pour développer le rapport de force.

Après la période de luttes de 2009, les dix mois que nous venons de vivre nous éclaire un peu plus sur la nature des idées qui s’entrechoquent.

La mosaïque de positionnements et de propositions portés par les syndicats, les UL, les UD, les régions et fédérations de la CGT qui à bien y regarder marque bien plus que des nuances, traduit des différences sur le fond tant sur la connaissance du système lui-même que sur le contenu des propositions.

Ces différences ne font jamais l’objet de débat puisque depuis déjà fort longtemps on ne débat plus des idées ce qui permet d’obscurcir la lisibilité sur qui fait quoi et qui décide de quoi dans l’organisation.

Il nous faut aussi apprécier que dans les autres organisations syndicales il y a aussi beaucoup de débats y compris dans le camp réformiste. Des syndicalistes d’autres organisations s’interrogent et discutent autour des idées que nous avançons et cela en pleine période d’une recomposition syndicale qui est déjà en marche.

Dans cette bataille ce qu’il faut bien apprécier dans le pourquoi nous ne sommes pas parvenu à ouvrir une véritable perspective de rassemblement pour conquérir autre chose ce n’est pas par défaut de stratégie, manque d’impulsion mais par la nature des objectifs et revendications avancées et par une vision rétrécie au cadrage national.

Le niveau des connaissances des syndicalistes sur les retraites, sur le comment elles sont financées et gérer, quelle a été la nature des différentes réformes et objectifs poursuivis n’a pas facilité la mise en mouvement malgré des efforts pour corriger cette absence de connaissance et de maîtrise par des journées d’étude.

Si nous avons tous constaté que pour la première fois depuis très longtemps huit organisations syndicales appelaient les salariés à agir ensemble, il perdure un monde entre les discussions interprofessionnelles unitaires au plan National, dans les professions et les Départements avec le comportement des autres syndicats dans les entreprises !

Un monde entre notre approche, nos revendications et ce que proposent les autres organisations syndicales.

Nous n’avons pas réussi à trancher la question de la stratégie à pousser pour contraindre le patronat à lâcher prise.

La raison d’être du syndicalisme de classe ce n’est pas de bloquer l’économie tous les jours pour conquérir le progrès social mais alors comment gagner quand on a fait le tour de toutes les formes d’actions si on ne frappe pas le capital à la caisse ?

Pour cela il n’y a pas d’autre voix que de proposer aux salariés de décider de débrayer, faire grève pour contraindre patronat et gouvernement à répondre aux revendications.

L’unité d’action qui n’a rien à voir avec les intersyndicales, elle reste un objectif pour unir les salariés dans l’action, elle n’est pas un but en soi.

L’expérience nous montre qu’il ne suffit pas de discuter de plates-formes au plan national ou local si au plus près des lieus de travail la dynamique unitaire pour les revendications alliant le local au National ne suit pas.

Le patronat a tiré les enseignements du combat syndical et politique.

Nous n’avons sans doute pas suffisamment mesuré la portée de la refondation sociale du début des années 2000 du MEDEF et des stratégies développées dans les entreprises et les groupes.

Ils ont travaillé sur l’image de l’entreprise, nous sommes passé des patrons aux employeurs devenus depuis des entrepreneurs, ils ont mené campagne avec le concours de la droite et du PS pour restaurer l’image des entreprises et de ceux qui les dirigent.

Ils se sont dotés de moyens pour combattre les salariés, conquérir les lieus de décisions leur permettant d’obtenir de nouveaux moyens pour restaurer les profits.

Des mercenaires les représentent à la Sécu, dans les conseils des prud’hommes, dans les Ceser, à « Pôle-emploi »… mais ce sont les patrons qui sont arrivés dans les fauteuils des conseils municipaux, des conseils généraux, dans les communautés d’agglo et de communes au nom de leur compétence au plan économique… !

Tout a été mis en place pour développer l’association capital-travail dans le cadre de la promotion du dialogue social, du diagnostic, du constat et des solutions partagées.

L’entreprise est présentée comme un modèle, ses dirigeants comme ceux grâce à qui la société entière est redevable !

Cette bataille idéologique de grande envergure relayée jusque dans l’école a permis de faire écran sur leur responsabilité dans la crise, l’exploitation de la main d’œuvre salariée !

Ils ont réussi à faire dévier les raisonnements sur des notions pourtant fondamentales :

- du travail nous sommes passé à la notion d’emploi et d’employabilité,

- du salaire à rémunération,

- de la qualification à compétence,

- l’économique est devenu le prima de tout,

- la charité a été supplantée à la solidarité,

- le dialogue social efface progressivement la négociation collective qui est devenue aux yeux de nombreux salariés synonyme de régression assurée,

Pour être compris nous ont dit certains syndicalistes nous avons glissé progressivement dans une argumentation lissée qui peut être à notre corps défendant mais qui dans les faits cultive plus le dialogue que la conflictualité !

Nous nous sommes progressivement laissé entraîner sur le vocabulaire des autres sans réfléchir au sens précis et à la portée des mots et des formules.

Nous avons oublié que :

- l’essentiel du temps des directions de ressources humaines est consacré à la manipulation des élus et mandatés pour qu’ils soient les relais auprès des salariés des objectifs et stratégies des entreprises.

- chaque discussion entre les acteurs sociaux est préparée avec minutie par le camp d’en face et à tous les niveaux.

Eux ont une stratégie et n’improvisent rien !

Les nouvelles méthodes de management ont pour objectif premier d’accroître la productivité en faisant la chasse aux temps mort en prenant possession des cerveaux des salariés pour qu’ils ne pensent plus que dans le cadre mis en place par les entreprises mais également d’empêcher l’échange entre les salariés sur les lieux du travail.

Si nous avions réellement pris la mesure des stratégies auxquelles nous nous confrontons pourquoi n’avons-nous pas changé de braquet ?

Il est urgent de repartir du bulletin de salaire.

Pourquoi ne défendons nous pas avec audace et détermination la nécessité d’augmenter les cotisations des patrons et d’augmenter les salaires pour élever le niveau des recettes de la protection sanitaire et sociale ?

Pourquoi n’expliquons nous pas publiquement que c’est depuis 1978 date qui a marqué l’arrêt de l’augmentation des cotisations patronales soit dit en passant produite par le travail des salariés que le décalage entre les recettes et les dépenses s’est amorcé.

Qui a expliqué le pillage salarial organisé par le patronat avec le concours de tous les gouvernements depuis le début des années 8O ?

Rien que pour 2009 cela représente 200 milliards d’euros détournés des salaires au profit du Capital. Cumulés depuis trente ans, mesurons ce que le patronat, les groupes ont volé aux salariés avec la complicité des gouvernements depuis le début des années 80… !

Qui a exigé que cesse immédiatement toutes les exonérations de cotisations sociales consenties aux entreprises ?

Qui mène campagne pour que toutes les réformes qui se sont attaquées aux retraites soient abrogées ?

Serait-ce gênant et pour qui de remettre en cause la philosophie libérale qui à prévalue dans les attaques portées par Rocard, Jospin à la protection sociale ?

Est-ce la perspective d’échéances électorales qui poserait problème à notre autonomie de positionnement ?

Nous ne pouvons pas passer sous silence le fait que ce sont les gouvernements de Droite comme de Gauche qui ont permis au patronat et particulièrement aux groupes de bénéficier de ces exonérations de cotisations sociales cumulées aux exonérations fiscales et aux aides publiques.

Dans une période où de nombreux acteurs y compris au sein de la CGT essaient de nous convaincre qu’il faudrait passer à autre chose qu’à l’action pour nous en remettre à la présidentielle il est plus qu’indispensable de livrer notre réflexion à partir de l’histoire, de nos revendications pour prolonger la bataille engagée.

Pour rappel les patrons ne paient pas de cotisations pour les retraites sur les salaires inférieur à 1,6 fois le SMIC c’est encore la démonstration que tout a été pensé et organisé pour qu’ils tirent les salaires à la baisse.

Là encore mesurons le réel 12% des habitants vivent dans la précarité.

15 millions risquent d’entrer dans la spirale de l’endettement chaque mois à 5O euros près.

Des millions de salariés actifs se retrouvent dans les populations pauvres ou sans domicile.

7millions de retraités sur 14 survivent avec des retraites de misère.

Quand certains nous expliquent dans le PCF et la CGT après avoir réclamés un référendum sur les retraites qu’il faut taxer le Capital, la vraie question n’est-elle pas plus tôt de s’en débarrasser par l’augmentation des salaires et de la cotisation sociale ?

Travailler à la modulation des cotisations patronales selon le nombre de salariés en fonction de la production comme nous y invite des camarades non seulement ne permet pas de s’attaquer aux causes fondamentales de l’insuffisance de recettes mais en plus gomme le fait que les machines qui ont été produites l’ont été parce qu’il y a des salariés qui les ont produites et qu’ils ont cotisé.

Ce raisonnement conduit de fait à enfermer la réflexion des salariés sur tout et pour tous au niveau de l’entreprise ou du service ce qui ne permet pas de raisonner dans le cadre de la solidarité Nationale bâtie par le CNR et financer par le salaire.

Comme la France est le pays d’Europe qui a subit le plus de restructurations, qu’il détient le record en nombre de moyennes et petites entreprises qui soit dit en passant sont toutes dépendantes de la domination des grand groupes, il devient donc inaccessible pour le plus grand nombre d’accéder à l’idée qu’il est possible de faire payer le Capital.

Cette philosophie participe à celle avancée par le PS qui propose de moduler les cotisations des patrons qui emploient des séniors, cela participe à conforter la logique d’exonérations et d’abaissement de la part consacré aux salaires dans le PIB.

Chacun(e) le voit bien : combien de salariés, de jeunes nous répondent lorsque nous expliquons qu’il faut lutter pour augmenter les salaires « oui vous avez raison ce serait juste mais ce n’est pas possible ».

Derrière ces réponses il y à l’écran de fumée de la mondialisation, du discours sur la compétitivité, la concurrence, et la situation de l’entreprise ou de la profession vécue comme à part.

La responsabilité du syndicalisme de classe va être déterminante dans la nouvelle phase d’affrontement qui s’ouvre à condition que nous ayons la volonté de repositionner les débats avec les salariés sur la question centrale du salaire comme élément structurant pour le développement du travail et des qualifications, du financement de la protection sanitaire et sociale, des services publics.

A condition que nous ayons la détermination d’expliquer aux militants dans un premier temps qu’il est impératif d’ouvrir les yeux sur la société de ne pas rester enfermé dans son entreprise ou sa profession.

La visée révolutionnaire du combat syndical, politique pour transformer cette société qui opprime le peuple impose non pas de commémorer le CNR et son programme mais bien de prolonger ses ambitions pour obtenir de nouvelles conquêtes.

Les questions sont nombreuses mais ne perdons pas de vue que les hommes et les femmes marchent avec leurs têtes et que si nous ne menons pas la bataille des idées, ce sont les idées d’accompagnement, de renoncement qui peuvent continuer à dominer dans la pensée collective.

Philippe Cordat


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