COMITE VALMY

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L’automne du Gourou
par Descartes

samedi 3 novembre 2018, par Comité Valmy


L’automne du Gourou

Triste spectacle que celui que Mélenchon et ses amis nous offrent depuis maintenant presque une semaine. On nous avait promis une nouvelle manière de faire de la politique, on a eu droit à un vieillard vociférant, insultant et menaçant d’abord les agents publics chargés de la perquisition, ensuite les fonctionnaires chargés du contrôle des comptes électoraux, puis le reste du monde confondu dans une conspiration Macron-Justice-Médiapart. Fillon en son temps menaçait de donner une « liste des noms » des comploteurs – on attend toujours. Mélenchon, lui, traite le rapporteur de ses comptes de campagne de « dégénéré », dénonce des illégalités imaginaires et finit, lui aussi, par se présenter en victime d’un complot sous les applaudissements – ultime ironie – des députés du Rassemblement National, ceux-là même qui avaient été la cible de ses commentaires acérés lorsqu’eux-mêmes avaient eu quelques ennuis avec la justice pour des faits assez semblables à ceux aujourd’hui reprochés à la France Insoumise…

Que reproche-t-on exactement à la France Insoumise dans cette affaire ? Deux dossiers sont ouverts. Le premier concerne l’utilisation des assistants parlementaires de Jean-Luc Mélenchon au parlement européen. Le deuxième concerne les dépenses de la campagne présidentielle du même Mélenchon en 2017.

Venons-en au premier dossier, celui des attachés parlementaires. Pendant des siècles, les participants aux assemblées représentatives – Etats généraux, Parlements, Conseils et j’en passe – devaient se donner les moyens d’exercer leur mandat sur leurs propres deniers. Mais on s’est aperçu très vite qu’un tel système créait une inégalité inacceptable, au point que même en établissant une éligibilité universelle seuls les riches avaient les moyens d’exercer leur mandat. A partir de la fin du XVIIIème siècle les institutions parlementaires commencent à accorder à leurs membres des moyens d’exercer leur mandat : bureaux, moyens de communication, moyens de transport, et finalement la possibilité d’embaucher aux frais de l’institution un certain nombre de collaborateurs.

Se pose alors une question vieille comme le monde : comment contrôler que ces moyens ne soient détournés de leur finalité ? Que les bureaux, les téléphones, la poste, les cartes de circulation, le personnel embauché sont bien utilisés pour aider l’élu dans son travail parlementaire, et non pour des finalités politiques – ou privées ! – sans rapport direct avec ses fonctions ? Cette question n’a pas de réponse satisfaisante, entre autres parce que le respect de la liberté de l’élu implique que le contrôle sur ses communications, ses déplacements ou le travail qu’il confie à ses collaborateurs soit réduit au minimum.

Personnellement, j’ai toujours pensé que ce contrôle était illusoire. Il y aura bien entendu des abus, et cela est inévitable. Certains utiliseront ces moyens pour aider leur parti ou soutenir d’autres activités politiques, et cela ne me gêne pas particulièrement, puisque dans ce cas les moyens servent à faire fonctionner la démocratie, même s’ils sont détournés de leur but strictement parlementaire. D’autres utiliseront ces moyens pour arrondir leur fortune personnelle, et là c’est déjà plus gênant. Mais comment l’éviter sans tomber dans un contrôle tatillon qui in fine implique un contrôle de l’activité politique de l’élu ? Non, ces abus, c’est le prix que nous payons pour avoir une vie démocratique. Le monde est ainsi fait, autant s’y résigner.

Seulement voilà, le Parlement européen ne s’y résigne pas. Une mentalité venue du nord protestant de l’Europe règne dans l’administration du Parlement européen, qui veut que l’enceinte européenne soit exclusivement réservée aux Saints. Et quand on veut le règne des Saints, on est régulièrement déçu. Au départ, un petit groupe de politiciens européens ont vu dans cette recherche de la sainteté une opportunité de faire la peau des députés « souverainistes », particulièrement peu attachés au Parlement et donc usant régulièrement les ressources mis à leur disposition à d’autres fins. Les députés du Rassemblement National mis en cause ont choisi une stratégie de défense habile : attirer l’attention sur le fait que tous les groupes faisaient peu ou prou la même chose. Le Modem fut la première victime – cela a coûté à Bayrou son poste de ministre de la justice – et aujourd’hui c’est le tour de Mélenchon. Qui s’était fait un plaisir de dénoncer les « affaires judiciaires » des uns et des autres lors des campagnes électorales. Celui qui monte au cocotier…

Le deuxième dossier pose finalement le même problème de contrôle des ressources qui financent la vie démocratique, même si au fond il s’agit de quelque chose de très différent. Là encore, le système est construit pour rétablir une forme d’égalité : il a été décidé que tout candidat qui ferait plus d’un certain pourcentage des voix – qui varie selon l’élection – verra ses dépenses de campagne remboursées en deçà d’un certain plafond, lui aussi variable. Le problème est donc le même : dans la mesure où on laisse le candidat libre d’organiser la campagne comme il l’entend, comment vérifier que les dépenses remboursées ont un rapport direct avec la campagne et ne sont pas détournées à d’autres fins ?

Là encore, un certain niveau de détournement est inévitable, car le contrôle est pratiquement impossible si la chose est bien organisée entre gens de confiance (1). Et comme dans le premier cas, si ce détournement se fait au bénéfice de l’activité politique du candidat ou de son parti, ce n’est pas trop grave puisque l’argent sert finalement à ce qui était sa finalité première, c’est-à-dire à animer la vie démocratique. Mais les détournements peuvent avoir aussi un objet moins respectable, celui d’enrichir le candidat et ses amis.

Dans les deux dossiers, il y a donc une double composante. Il y a la question de la réalité des faits. Et puis, il y a la question éthique entre le cas où les moyens sont détournés de leur destination légale – le fonctionnement parlementaire, le financement d’une campagne – pour financer des activités qui sont constitutives de la vie démocratique, et le cas beaucoup plus sordide où il s’agit de les détourner vers une utilisation privée.

Mais revenons aux affaires de Mélenchon. Dans l’affaire des assistants parlementaires, je n’ai personnellement pas de doute que les faits sont réels. Et je tire cette conviction d’une constatation issue de la simple expérience : tout le monde le fait, tout simplement parce que c’est inévitable. Imagine-t-on un homme politique établissant une « muraille de Chine » entre ses activités politiques comme chef de parti et ses activités politiques comme député ? Lorsqu’il demande à son attaché parlementaire de lui faire un dossier sur les politiques d’immigration en Europe, par exemple, est-il imaginable qu’il s’interdise de l’utiliser pour étoffer son argumentation dans un débat de politique nationale au prétexte qu’il a été payé par l’argent européen ? Bien sûr que non. Seuls ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement politique peuvent imaginer que ce type de séparation est possible. L’assistant parlementaire d’un leader national, d’un chef de parti contribue toujours peu ou prou à l’activité politique au sens large de son employeur.

Dans l’affaire du financement de la campagne électorale, c’est plus compliqué. Là encore, la logique du « tout le monde le fait » me conduirait à penser qu’il y a quelque chose. Mais ce qui justifie à mon avis le signalement au procureur de la République qui a valu au rapporteur l’accusation de « dégénéré » est la structure particulièrement opaque choisie par Mélenchon et les siens pour gérer la campagne. En effet, une campagne nécessite du personnel à plein temps. Ce personnel est généralement embauché par le candidat, et sa rémunération est donc visible par les contrôleurs. Ainsi, nous savons que Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît Hamon ont déboursé respectivement 2,4, 1,7 et 1,3 million d’euros à ce titre respectivement. Mélenchon a payé des salaires pour un montant de… 8000 €. Comment ce miracle a pu être accompli ? Et bien, dans le cas de Mélenchon, la campagne a été « sous-traitée » à un certain nombre d’organismes tenus par des proches du candidat, qui ont elles-mêmes embauché du personnel et facturé à la campagne des prestations. De ce fait, le montant exact des rémunérations et les conditions attachées échappent au contrôle de la CNCCFP, qui ne voit que les frais de prestation. Or, s’il y a une norme assez précise pour juger si une rémunération est ou non excessive, c’est beaucoup plus difficile de juger du vrai coût d’une prestation. Ce qui laisse une large marge pour surfacturer celle-ci.

Or, la surfacturation d’une prestation – dont on sait qu’elle sera remboursée rubis sur l’ongle par l’Etat – est l’une des techniques pour récupérer de l’argent sur le dos du remboursement public des campagnes électorales. Si vous vendez au candidat à 500 une prestation qui vous coûte 100, le candidat sera remboursé de 500 et vous, vous gardez les 400 restants. Le candidat peut même accepter la transaction en échange de la moitié des gains… en liquide (2) !

Ce qui rend l’affaire encore plus suspecte, c’est que dans certains cas le donneur d’ordre et le bénéficiaire de la commande étaient une seule et même personne. Ainsi, Sophia Chikirou est en même temps la responsable de la communication de la campagne – et à ce titre commande les prestations – et gérante de Mediascop, la structure qui exécute les prestations et les facture. On imagine aisément comment les prix des prestations étaient négociés…

Mais ce qui me fait penser qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume, c’est la violence de la réaction de Jean-Luc Mélenchon. Car soyons sérieux : on ne peut pas dire qu’en France une perquisition dans le siège d’une organisation politique soit chose rare, ou qu’elle ait un effet très signalé sur l’opinion. Avant la France Insoumise, le Modem, LR, le FN et même le PCF ont eu à subir la même avanie. Mélenchon aurait parfaitement pu se tenir à un discours digne sur le thème « nous n’avons rien à cacher, la justice rétablira la vérité ». Le problème, c’est que la France Insoumise a beaucoup de choses à cacher, et notamment de sales affaires d’argent, et que le Gourou n’a pas forcément intérêt à ce que la vérité soit établie. On dit souvent que rien ne caractérise mieux une organisation politique que la manière dont l’argent y est collecté et géré, et c’est tout à fait vrai. Ceux qui ont suivi la campagne de Mélenchon ont bien noté quelques bizarreries de gestion, et surtout l’opacité totale qui préside aux décisions d’ordre financier. Ils ont aussi remarqué la présence dans l’entourage de Mélenchon d’un certain nombre de personnages pour qui la France Insoumise était non seulement une cause, mais aussi et surtout un gagne-pain. Il y a ceux qui font vivre la France Insoumise, et ceux qui en vivent. Je dois dire que pour moi, habitué aux campagnes électorales ou des militants prenaient sur leurs congés et se dépensaient sans compter leur temps ou leur argent personnel, découvrir qu’on pouvait se faire rémunérer royalement pour faire campagne a été une nouveauté. Surtout lorsque la rémunération passe par des montages complexes avec de la sous-traitance à tous les niveaux et la multiplication d’associations, d’entreprises et – comble des combles – d’auto-entrepreneurs tournant autour de la caisse. La logique de concentration du pouvoir dans les mains du gourou favorise d’ailleurs l’apparition de personnalités comme Sophia Chikirou, qui deviennent intouchables du fait de leur proximité – pas nécessairement idéologique (3) – avec le Chef. Les sombres affaires du « Média », dans lesquels Sophia Chikirou, après s’être faite virer pour gestion désastreuse, réclame des sommes importantes par voie d’huissier est une parfaite illustration de l’étrange mélange entre militantisme et sens des affaires qu’on trouve à la tête de la France Insoumise. Mais on aurait tort de se concentrer sur le cas Chikirou en oubliant le reste : elle n’est pas la seule, loin de là, à avoir bénéficié de la manne.

La violence de la réaction de Mélenchon renvoie aussi au fonctionnement sectaire de la France Insoumise. Pour le dire schématiquement, Mélenchon a perdu l’habitude d’être contredit ou critiqué par des gens qu’il respecte. La France Insoumise fonctionne sur le mode binaire qui caractérise les sectes : il y a le « dehors », toujours menaçant et grouillant de complots contre le groupe, rempli de personnes qui sont soit des imbéciles, soit des salauds (ou des « dégénérés ») – avec une exception pour les gens qu’on essaye d’attirer dans le groupe. Et puis il y a le « dedans », ou tout le monde est tout naturellement d’accord avec le gourou, et il ne peut en être autrement puisque celui qui critique le gourou est ipso facto mis « dehors ». Pas besoin dans le « dedans » de structures, de votes, de motions, de débat démocratique. A quoi bon, puisque tout le monde est d’accord, et que débat et vote ne servent qu’à créer des divisions artificielles, comme Mélenchon a pu le théoriser plusieurs fois. Et puis, pourquoi avoir une commission de contrôle financier, comme cela existe dans d’autres partis, puisque le gourou et tous ceux qui l’entourent sont parfaitement honnêtes…

Mais surtout – et c’est là le symptôme le plus caractéristique du comportement sectaire – les gens du « dedans » sont appelés à se couper du « dehors ». Parce que toutes les critiques, les reproches, les faits gênants venant du « dehors » sont nécessairement le fruit d’un Grand Complot et donc disqualifiés par définition. Si le rapporteur de la CNCCFP a fait un signalement, ce n’est certainement pas parce qu’il fait son boulot, mais parce qu’il y a vingt ans il officiait au cabinet de Louis Mexandeau, avec qui Mélenchon entretenait des rapports difficiles. Si le parquet perquisitionne, ce n’est pas parce qu’il fait son travail, mais parce qu’il a reçu l’ordre d’Emmanuel Macron lui-même transmis par Nicole Beloubet pour occulter le fiasco du remaniement. Et ainsi de suite. Ce mode de pensée, qu’on retrouve dans toutes les sectes, permet de couper les adeptes de l’extérieur, de les isoler et de s’assurer que le seul message qui parvient à eux est celui que le gourou approuve.

D’où aussi la violence de Mélenchon : il faut prévenir tout de suite la propagation du feu, s’assurer que les adeptes ne prêtent pas l’oreille aux informations venues du « dehors ». Plus haut, je disais qu’il aurait pu tenir un discours du « je n’ai rien à cacher, la justice rétablira la vérité ». A la lumière du raisonnement que j’ai exposé, vous comprenez pourquoi ce langage était impossible. Le tenir, c’est admettre que le discours venu du « dehors » peuvent éventuellement « rétablir la vérité ». Or, il n’est pas question pour Mélenchon de prendre une telle posture. Son intérêt, c’est de soutenir que le discours du « dehors » est forcément mensonger, que seul le discours du « dedans » – c’est-à-dire le sien – peut « rétablir la vérité ». La Justice peut enquêter sur les autres organisations politiques, cela est juste et normal. Mais dès lors qu’elle enquête sur la France Insoumise, cela devient inacceptable parce que la France Insoumise est, pour son gourou, au-dessus de tout contrôle extérieur, tout comme son leader est sacré et intouchable.

Au-delà de la composante personnelle, la violence de Mélenchon tient aussi à un positionnement politique. Il a très bien compris que la Secte ne peut rester unie, que les débats internes ne peuvent être étouffés qu’en ayant un « diable de confort » dont la présence permet à tous les adeptes de communier dans une haine commune. Aujourd’hui, ce « diable de confort » n’est plus Marine Le Pen, qui n’apparaît plus comme étant aux portes du pouvoir ni même comme ayant une influence significative sur le débat public. C’est donc Macron qui en prend la place. Le scrutin européen devient donc « un référendum anti-Macron » – comme en 2012 l’élection présidentielle était un « référendum anti-le Pen ». On est toujours dans la même logique du « front contre front » avec rien au milieu. Mais pour mettre en place cette logique, il faut pouvoir attribuer tous les malheurs de la France – et tout particulièrement ceux de la France Insoumise – au Grand Komplot macronien. C’est ce que Mélenchon a essayé de faire dans ce dossier.

Seulement, il est allé trop loin. La logique du « seul contre tous » doit être maniée avec précaution si l’on ne veut pas se retrouver effectivement tout seul. La violence de sa réaction a fait que le reste de la gauche radicale a pris ses distances. L’invocation de la sacralité du corps mélenchonien et sa prétention à incarner la République à lui tout seul peut encore fonctionner à l’intérieur de la Secte, mais vu du dehors cela paraît ridicule. Chercher à empêcher une perquisition par la force, insulter un policier ou un procureur, traiter un rapporteur de « dégénéré » peut être amusant – et encore – chez un militant gauchiste étudiant, mais ne sied pas vraiment à un homme qui a passé la soixantaine et qui prétend aux plus hautes fonctions. La falsification des faits finit, elle aussi, par vous rattraper (4). Non, une perquisition ne peut se faire sur simple ordre du ministre de la justice – même si le parquet est soumis aux instructions du garde des sceaux, une perquisition sans l’accord de la personne perquisitionnée doit être autorisée par le juge de la détention et des libertés, qui est un magistrat du siège et donc indépendant. Non, on ne peut prétendre que Sophie Chikirou, responsable communication de la campagne de Mélenchon, n’était pas « donneuse d’ordres » au prétexte que « c’est Jean-Luc Mélenchon qui décidait des orientations politiques » comme le prétend Manuel Bompard. Et c’est se foutre du monde que de prétendre que cette affaire est organisée par Macron pour occulter les ratés de son gouvernement, alors qu’on fait tout ce qu’il faut pour qu’elle provoque le plus grand bruit médiatique possible.

Reste à savoir quelle sera la réaction des militants de la France Insoumise. Il paraît que ça rue dans les brancards. Ce week-end, un « collectif des insoumis démocrates », dont le projet est de démocratiser et institutionnaliser la France Insoumise tient son assemblée inaugurale. L’automne du gourou risque d’être chaud.

le 21 octobre 2018

"pro rege saepe, pro patria semper"
Descartes

***

(1) Ayant été plusieurs fois dans ma vie mandataire financier d’un candidat, je peux vous assurer que je sais de quoi je parle. Un exemple classique de détournement indétectable est le suivant : imaginons une circonscription A ou votre parti fait 20%, alors que dans les circonscriptions B, C et D il ne fait pas les 5% nécessaires pour se voir rembourser les dépenses de campagne. En bonne logique, votre candidat en A pourra imprimer 100.000 tracts et affiches – tous remboursés. Alors que les candidats dans B, C et D devront payer de leurs propres deniers – ou de ceux de leur parti – les affiches et les tracts. Mais pas de panique, tout à une solution. Au lieu de commander officiellement 100.000 tracts, le candidat en A commandera 400.000 à un imprimeur « ami » et réglera la facture pour ce montant. Les candidats de B, C et D commanderont à leur tour 5.000 tracts et affiches chacun. L’imprimeur fabriquera 100.000 affiches et tracts pour la circonscription A, mais aussi 100.000 pour chacune des autres circonscriptions.

Une telle manipulation est indétectable : dans les livres de l’imprimeur il y aura la commande pour 400.000 tracts et affiches, il y aura le paiement correspondant, et il aura commandé le papier et l’encre correspondant. Tout est donc en ordre. Le fait qu’il ait livré à A seulement 100.000 à la place des 400.000 ne laisse aucune trace, pas plus que les livraisons en excès aux autres candidats. Et puis comment compter à posteriori le nombre d’affiches effectivement collées, le nombre de tracts effectivement distribués ?

(2) Là encore, j’ai vu de mes yeux vu…

(3) Les rapports intimes entre Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou, que tout le monde fait semblant de découvrir aujourd’hui, était un secret de polichinelle depuis le début de la campagne, au point que certains adeptes de la Secte l’appelaient « la Chikirou » ou « Madame de Pompadour ». Mélenchon a tort de dire que sa vie privée ne concerne personne. Lorsqu’on exerce un pouvoir purement personnel, il n’y a plus de vie privée. Diriez-vous que les rapports entre Louis XV et Madame de Pompadour ne concernaient qu’eux-mêmes ? Pourtant, ils affectaient la vie de l’ensemble des Français…

Dans cette affaire, Mélenchon souffre de l’absence totale de contre-pouvoirs dans la France Insoumise. Il n’y a personne pour arrêter son char, ni même pour lui dire « tu fais une connerie ». Le despotisme éclairé est une excellente méthode de gouvernement aussi longtemps que le despote reste « éclairé ». Lorsqu’il commence à perdre la boule ou le contact avec la réalité, c’est un désastre.

(4) Un exemple amusant : sur son site, Mélenchon répond aux « mensonges de France Info » sur le financement de la campagne électorale. L’une de ses « réponses » consiste à contester le chiffre des commandes à la société Mediascop de Sophie Chikirou, qui selon France Info seraient de 1,1 M€ soit 11% du coût total de la campagne. Mélenchon retranche la TVA de cette prestation, pour aboutir au chiffre de 900.000 €, et conclut qu’elle représente donc 6% et non 11% du total. Seulement voilà : si on compte « hors taxes » les commandes à Mediascop, alors il faut compter aussi « hors taxes » le total des dépenses… et la part de Mediascop dans le total de la campagne reste donc constante…


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