COMITE VALMY

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Fin de régime ?
Par Henri ROURE

mercredi 21 novembre 2018, par Comité Valmy


Fin de régime ?

Dans cette révolte populaire des gilets jaunes, le gouvernement du président actuel peut difficile-ment faire autre chose que se figer sur ses positions. Il n’a certes pas l’art et la manière de dire et de faire, mais lui pas plus que ses prédécesseurs ne dispose d’une réelle marge de manoeuvre. En fait, après une lente dérive, notre pays arrive à une situation de crise majeure. Nous ne sommes plus indépendants et ce ne sont pas les décisions parisiennes qu’il faut contester mais le pouvoir supranational de Bruxelles. Ce qui est contestable dans le pouvoir français actuel, c’est de ne pas l’avouer. Il en paiera les conséquences. La France est dans l’obligation de respecter des règles budgétaires draconiennes. En tant que membre de l’Union Européenne, la France s’est engagée comme les autres pays signataires du traité de Maastricht (1992) à respecter un certain nombre de critères économiques et financiers dont un niveau de déficit public annuel qui ne doit pas dépasser 3 % du PIB à la fin du précédent exercice budgétaire. Ces critères ont été renforcés par le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), qui fixe des obligations, notamment de maintenir la dette publique à un seuil inférieur à 60% du PIB, sauf circonstances « exceptionnelles ou temporaires ». Or la dette de la France atteint 99% du PIB…

De 2007 à 2017, la France ne respectait aucun de ces critères. Aussi a-t-elle fait l’objet d’une procédure de déficit excessif dont elle est sortie en juin 2018, la Commission Européenne estimant que le déficit serait inférieur à 3 % pendant trois années consécutives de 2017 à 2020. Ce résultat a été obtenu au prix d’efforts que les Français ont subi et qui les mènent aujourd’hui à revêtir ce fameux gilet jaune.

C’est une évidence, ces critères corsètent notre économie. Ils empêchent les autorités politiques de jouer sur les déficits pour encourager les investissements ou aider des secteurs en difficulté. Par ailleurs, nous savons qu’une monnaie est le reflet d’une économie. Or l’euro n’est pas notre mon-naie. Il s’agit d’une monnaie liée à l’économie la plus forte de l’UE. Elle correspond sans doute à l’économie allemande, dont nous savons les performances, mais pas à l’économie française qui a du mal à exporter.

Cette monnaie, dont le taux est décidé à Francfort-sur-le-Main par la Banque Centrale Européenne, où curieusement se trouve aussi le siège de la Bundesbank, ne variera sûrement pas en fonction des besoins de notre économie nationale. La BCE étant statutairement placée au dessus des États, est conçue comme irréformable et incontrôlable. Elle n’est soumise à aucun contrepoids politique. Elle ne suit et encourage que l’économie la plus puissante…

Pourtant des économies prospères connaissent des dettes notables. Le Japon affiche la dette pu-blique la plus importante du monde avec près de 250% de son PIB, ce qui n’inquiète nullement les pouvoirs publics de ce pays. Aux États-Unis la dette publique s’élève à 22 000 milliards de dollars, soit plus de 120 % du PIB. Elle augmente sans cesse et personne n’imagine qu’elle puisse diminuer et que le gouvernement cherche à la maîtriser. L’Italie est à 130%, le Royaume-Uni est sensiblement dans les mêmes proportions que la France mais dispose de la pleine maîtrise de sa monnaie…Seule l’Allemagne, comme par hasard, respecte le taux de 60%.

Dans un tel contexte, les dirigeants actuels ne peuvent que se raidir. Il leur faut trouver les voies et moyens de maintenir la France dans ce corset. Ils n’ont pas d’autre solution que de diminuer les dépenses, d’augmenter les différents prélèvements qui pèsent sur les ménages, de jeter aux orties l’égalité des Français devant le Service Public au nom des économies d’échelle, de vendre les en-treprises nationales… Bref de ponctionner partout pour récupérer des sous !

Le pire dans cette situation c’est que l’objectif poursuivi n’est que gestionnaire. Il ne peut pas, d’ailleurs, en être autrement quand on regarde la formation du personnel qui nous gouverne. Il s’agit de tout le contraire d’une politique d’incitation à la consommation et à la production natio-nale…Cela passerait par des allègements fiscaux réels et des protections douanières reposant sur des normes édictées au plan national, comme le font la Chine ou les États-Unis et bien d’autres pays.

Alors que va t-il se passer ?

Le gouvernement actuel va continuer à jongler en prenant ici et en donnant un peu ailleurs de telle manière que le bilan soit un prélèvement supplémentaire sur les ménages. Il n’osera jamais dire : « Halte à l’UE. Revoyons les traités, nous ne pouvons pas continuer comme ça ! ». Pour cela il faudrait un chef, un patriote à la tête du pays…

De l’autre côté, les Français vont continuer à subir, jusqu’à ce que le carton jaune vire au rouge.

Henri ROURE
Officier-général en 2ème section, issu des Troupes de marine.


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