COMITE VALMY

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Face à la crise sans précédent des Gilets Jaunes,
Macron tente la démultiplication des petits pains
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 13 décembre 2018, par Comité Valmy


Face à la crise sans précédent des Gilets Jaunes,
Macron tente la démultiplication des petits pains

Après quatre semaines de contestations sociales sans précédent dans le pays, le Président sort de son silence non pas pour apporter une réponse à l’angoisse des Français, mais pour tenter de calmer à court terme la situation. Pour cela, il fait à moindre frais, en reprenant des mesures déjà budgétées et en transférant une partie vers le privé, sans oublier de dédire ses ministres au passage. Tout cela sans aucune réflexion de fond, aucune vision stratégique, pourtant il a pris le temps. Du vide managérial.

Macron s’est prononcé hier soir devant les Français, qui attendaient cela depuis le début de la crise des Gilets Jaunes. Il est dommage qu’il ait commencé par critiquer la colère populaire, par lancer des piques à l’opposition qui ferait du récupérage, qu’il lance des phrases creuses sur la violence et l’ordre républicain, quand la police n’est pas équipée correctement et que les heures supplémentaires n’ont pas été payées en intégralité. Qu’il n’y a aucune tentative de restaurer justement l’ordre républicain, qui est réellement en danger, dans "les territoires perdus de la République". Que les provocateurs ont pu passer les étrangers barrages dans les manifestations des Gilets Jaunes. Mais cette mise en scène était fondamentale à Macron, afin de ne pas donner l’impression de céder à la rue. De céder au peuple.

Plusieurs mesures techniques et ciblées ont été avancées, voir ici cet article du Monde sur le sujet. Si le coût envisagé de ces mesures est important, entre 10 et 15 milliards selon les sources, l’on ne sait toujours pas comment elles seront financées, la dette de la France représente 97% du PIB et aucune politique de dépenses publiques n’est mise en oeuvre.

Par ailleurs, ces mesures furent contestées dès leur annonce. Tout d’abord, en ce qui concerne la mythique hausse de 100 euros du SMIC. Elle se fera par la hausse de la prime d’activité, dont la nouveauté laisse à désirer, puisque comme l’a confirmé l’Elysée à France Info, sur les 100 euros, seuls 20 euros ont réellement été ajouté, le reste était déjà prévu. L’annonce a simplement été regroupée. Ce qui a été dénoncé par l’opposition.

L’idée de la défiscalisation des heures supplémentaires, rappelons que hier Macron a déjeuné avec Sarkozy, est aussi une fausse idée neuve :

La remise en cause de la hausse de la CSG pour les retraités ayant un revenu inférieur à 2000 euros par mois est une bonne nouvelle, mais pourquoi ce plafond n’est-il pas appliqué aux actifs, donc à la classe moyenne qui doit continuer à être vidée, et aucune indexation des pensions n’est prévue ? L’opposition qui soit disant récupère le mouvement selon Macron, est évidemment critique devant l’absence de vision systémique.

La mesure la plus exotique est celle demandant aux entreprises d’accorder une prime de fin d’année, afin de mettre de l’eau sur le feu social, primes qui ne seront pas fiscalisées. Autrement dit, Macron demande aux entreprises d’éteindre l’incendie que sa politique a allumé.

Dans l’ensemble, Macron n’a pas convaincu, ce que la presse souligne :

Et les sondages, quoi que variés selon l’orientation du média, ne prennent pas le risque d’annoncer un soutien populaire :

Il reste pour le soutenir, à par son mouvement, les juppéistes et certaines journalistes :

Rien n’a été fait pour répondre à la question de l’immigration, à part annoncer un débat le jour où la France s’engage dans le Pacte de Marrakech qui pose un principe de migration. Rien n’a été fait pour repenser la politique fiscale qui frappe la pierre et allège la finance. Rien n’a été pensé pour les classes moyennes. Autrement dit, le cap idéologique est maintenu.

L’Acte 5 est maintenu.

PS : Ironie du sort. Alors que la presse française tente de rendre la Russie responsable de l’ampleur prise par le mouvement des Gilets Jaunes, c’est bien là que l’on retrouve les premiers mots de soutien en faveur de Macron, de la part du président du comité des relations internationales de la Chambre haute du Parlement. Macron aurait eu raison de prendre une pause, pour proposer exactement ce dont les Français ont besoin et a su résoudre la crise. Il est vrai que les sirènes du globalisme continuent à faire des émules - et des ravages en Russie et que le culte managérial se porte à merveille. Les leçons n’ont manifestement pas été tirées.

Karine Bechet-Golovko
mardi 11 décembre 2018

Russie politics


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