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Pour le Hezbollah, les développements régionaux
vont dans le sens de ses options
par Scarlett HADDAD | OLJ

vendredi 11 janvier 2019, par Comité Valmy


De gauche à droite, les portraits de l’ayatollah Khamenei, du président syrien Bachar el-Assad et du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah. Photo d’archives/Reuters

Pour le Hezbollah, les développements régionaux
vont dans le sens de ses options

Deux mois après le début des nouvelles sanctions américaines sur l’Iran, rien ne semble indiquer que des troubles internes menacent la stabilité de ce pays. En dépit des analyses et des pronostics de certains instituts de recherche américains, la situation dans le pays reste stable et le régime ne semble pas ébranlé par la crise économique et encore moins par les incidents sécuritaires. Au contraire, il semble multiplier les victoires sur le terrain, soit directement, soit grâce à ses alliances, notamment en Syrie et en Irak. Selon une source proche du Hezbollah, ce parti qui suit de près les développements en Iran se sent donc désormais soulagé. C’est vrai que les responsables du parti n’ont jamais exprimé publiquement la moindre crainte quant à la possibilité que les nouvelles sanctions américaines puissent avoir un impact sérieux sur le régime de la République islamique, mais une certaine angoisse transparaissait malgré tout dans leur attitude et leurs propos. Désormais, deux mois après l’imposition des nouvelles sanctions (qui avaient été qualifiées par le président américain de « jamais imposées auparavant » ), l’Iran continue de bénéficier d’une certaine stabilité monétaire et économique qui montre la solidité du régime et l’ampleur de l’appui populaire dont il bénéficie, en dépit des critiques formulées et de certaines protestations populaires. D’ailleurs, le président iranien a pris plusieurs décisions pour juguler l’éventuelle grogne populaire, en limogeant notamment des responsables. Selon la source précitée, le régime aurait donc surmonté le cap des sanctions et c’est le président américain qui serait en train de se rétracter en multipliant les exceptions et les exemptions.

Toujours concernant le dossier iranien, l’annonce du retrait américain de Syrie est perçue par le Hezbollah, selon la source précitée, comme une victoire de l’axe dit de la résistance face au projet des Américains et de leurs alliés.

Dans son approche de la situation régionale actuelle, la source proche du Hezbollah considère que les menaces du président américain Donald Trump ont fait long feu et en retirant ses troupes de Syrie, ce dernier ne fait que reconnaître indirectement la fin de son projet. De plus, cette démarche s’inscrit dans son plan initial de retrait progressif de la région, qui est en fait un constat d’échec. Même si dans la foulée de la décision du retrait de Syrie, M. Trump s’est empressé d’annoncer le maintien de ses troupes en Irak, plus proche de l’Iran et donc plus en mesure de déranger ce pays, la source proche du Hezbollah estime que cela ne signifie nullement que le président américain compte attaquer l’Iran à partir du territoire irakien, mais plutôt qu’il voudrait conserver une carte de pression sur le régime iranien à partir de l’Irak, sachant que pour la première fois depuis « l’invasion américaine de l’Irak » (2003), l’influence iranienne sur le pouvoir à Bagdad est plus importante que celle des États-Unis.

Selon la source proche du Hezbollah, en dépit des menaces et du ton élevé des déclarations américaines à l’égard de l’Iran, lors du sommet de Helsinki entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump, en juillet 2018, ce dernier s’est contenté de fixer deux lignes rouges à l’Iran en Syrie. Il a demandé que la Syrie ne soit pas une base pour les missiles iraniens sophistiqués et qu’elle n’abrite pas une base maritime iranienne sur la Méditerranée. En même temps, il a demandé au président russe de tenir compte de la sécurité d’Israël, qui est aussi une ligne rouge pour les États-Unis. Mais ces demandes montrent en fait implicitement que les grandes décisions au Moyen-Orient ne sont plus prises seulement par les États-Unis et par les Israéliens, mais aussi par la Russie, l’Iran et même la Turquie.

Sur le plan médiatique, les Américains ont continué à multiplier les déclarations contradictoires, appelant tantôt au changement du régime iranien et tantôt au dialogue. Mais selon la source proche du Hezbollah, en réalité, l’administration américaine a plutôt planifié de nouer un dialogue avec le régime iranien, mais à ses conditions, c’est-à-dire lorsque celui-ci sera en position de faiblesse. Depuis le début du mandat de Donald Trump, elle a utilisé tous les moyens dont elle dispose pour cela, mais elle a échoué, l’Iran refusant de dialoguer sous la pression et continuant à enregistrer des victoires sur le terrain.

Au sujet de la Syrie, un élément nouveau est apparu récemment. Il s’agit de la nouvelle politique de réintégrer ce pays au sein de la Ligue arabe et des ouvertures dans sa direction effectuées par plusieurs gouvernements arabes. Toutes ces mesures ne semblent pas inquiéter le Hezbollah. Selon la source précitée, les gouvernements arabes se sont brusquement réveillés et se sont souvenus que la Syrie est un pays arabe et qu’il serait bon de la ramener dans le giron de la Ligue, pour l’éloigner de l’influence iranienne. Mais le régime syrien sait parfaitement qui s’est tenu à ses côtés pendant les années de crise et qui a, au contraire, cherché à l’affaiblir, voire à le renverser. De plus, entre l’Iran et la Syrie, il y a un pacte de défense commune qui n’est pas remis en question. Finalement, toujours selon la source proche du Hezbollah, quelles que soient les justifications et les explications avancées par les régimes arabes pour préparer le terrain au retour de la Syrie au sein de la Ligue, elles ne cachent pas le fait essentiel, c’est que le régime syrien a remporté la bataille contre tous, avec l’aide de ses alliés, l’Iran et la Russie en tête. Pour toutes ces raisons, le Hezbollah affirme ne pas avoir d’inquiétude pour les développements régionaux qui évoluent, selon lui, dans le sens de ses options. Et cela ne peut qu’avoir au final des répercussions sur les dossiers internes.

Scarlett HADDAD
4 janvier 2019


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