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Conférence de presse de Lavrov :
la Russie, facteur de stabilité face à l’atlantisme
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 17 janvier 2019, par Comité Valmy


Conférence de presse de Lavrov :
la Russie, facteur de stabilité face à l’atlantisme

Si le retour sur la scène internationale de la Russie s’est fait dans les années 2014-2015, lorsqu’elle s’est reconnue le droit non seulement d’avoir des intérêts stratégiques, mais aussi de les défendre, face aux poussées impérialistes des Etats-Unis, elle est aujourd’hui devenue un facteur de stabilisation, de limitation de l’hégémonie américaine. Même si les forces ne sont pas égales et le combat très loin d’être gagné. Retour sur la conférence de presse du ministre russe des Affaires étrangère, Sergueï Lavrov.

En écoutant la conférence de presse du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, l’on a l’agréable sensation de renouer avec la diplomatie classique de hautes voltiges, celle qui faisait partie des traditions européennes ... avant. A l’époque où l’Europe avait une culture politique profonde et complexe, celle d’ailleurs dont Lavrov appelle de ses voeux le retour.

Pour une présentation détaillée de la conférence de presse en français, voir ici sur RT France.

D’une manière générale, cette année 2018 ancre le retour de la Russie sur la scène internationale, son intervention ou son soutien étant devenu nécessaire dans tous les grands dossiers. C’est d’ailleurs ce renforcement qui explique l’aggravation parallèle et proportionnelle des tensions entre le clan atlantiste et la Russie, l’hégémonie ne se partage pas. Toute remise en cause fragilise le globalisme, qui par définition, doit être global. L’on voit donc continuer l’intervention atlantiste dans le monde . Et ce, de différentes manières.

La question linguistique est une arme utilisée contre la Russie, pour fractionner le monde russe. Si la situation est bien connue en Ukraine, dont la constitutionnalité des réformes scolaires et linguistiques a même été remise en cause par la Commission de Venise, ce combat est également très sensible dans les pays baltes et notamment en Estonie, où l’intégration linguistique forcée veut être réalisée par des écoles mixtes estonnienne/russe d’enseignement uniquement en estonien. La langue n’est pas une question anodine, elle va pour beaucoup déterminer l’appartenance culturelle, déterminer finalement le lien à la nation. Le monde russe, c’est la nation russe au-delà des frontières étatiques . Si les Etats ont tout intérêt en général à n’avoir qu’une langue étatique, afin de protéger la consolidation de la société, cette démarche devient dangereuse si l’on ne tient pas compte des situations ethniques et historiques propres à chaque société. Dans ces cas, les modèles belge ou suisse semblent plus appropriés aux réalités socio-historiques.

La remise en cause des règles internationales est également une arme de choix pour déstabiliser les relations internationales et rebattre les cartes. Que ce soit dans les Balkans, où les leaders atlantistes incitent les forces politiques en jeu à contourner la résolution de l’ONU sur la procédure de dénomination de la Macédoine, posant la question de la légitimité de la décision prise. La Russie ici, comme ailleurs, appelle surtout à revenir dans le cadre du droit international. Mais Lavrov souligne également l’intervention américaine en Amérique du Sud, perpétuant ainsi la bonne vieille tradition de déstabilisation des régimes jugés non suffisamment favorables aux intérêts américains. De son côté, le nouveau Président brésilien a déclaré vouloir continuer l’intégration dans les BRICS.

En Ukraine, la situation continue à se radicaliser. Comme le rappelle Lavrov, lors de sa campagne électorale, Poroshenko déclarait alors vouloir être le candidat de la paix, finalement, il ne parle que de guerre. Et le combat est mené à l’intérieur de son pays, contre son propre peuple, contre la presse. Le pouvoir s’éloignant de plus en plus des engagements pris à l’international, s’éloignant des obligations posées à l’Etat par sa propre constitution. En ce sens, imaginer un échange du journaliste Vychinsky, arrêté pour ses opinions et dont la parodie de procès n’en finit pas, ne permettrait pas de régler le problème systémique de la liberté d’expression en Ukraine. Bien au contraire, cela pourrait inciter ce régime à continuer en ce sens.

D’une manière générale, Lavrov s’est prononcé, que ce soit pour la Syrie, pour les Balkans, à respecter autant que possible les frontières des Etats, afin de ne pas déstabiliser la situation encore plus qu’elle ne l’est. Cette question des frontières est également présente dans les relations avec le Japon, même si elle a été mise de manière plus que contestable à l’ordre du jour. Il est important ici de ne pas confondre les causes et les conséquences : ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de traité de paix entre le Japon et la Russie, que, comme le souligne le ministre des Affaires étrangères, le Japon ne soutient pas la Russie sur la scène internationale (adopte des sanctions, ne vote pas particulièrement en faveur des résolutions russes à l’ONU), mais bien parce qu’il existe un différend, devenu politique, entre le Japon - sous gouvernance américaine - et la Russie qu’il ne peut y avoir aujourd’hui de traité de paix entre ces deux pays.

Pour plus de détails sur ces questions et quelques autres, je vous propose de regarder mon intervention pour RT France :

Karine Bechet-Golovko
mercredi 16 janvier 2019

Russie politics


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