COMITE VALMY

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France, Italie, Allemagne et les autres…
Général Henri ROURE

lundi 18 février 2019, par Comité Valmy


France, Italie, Allemagne et les autres…

Il se passe de curieuses choses dans cette Europe que le président français actuel voudrait de plus en plus fédérale. Ma réflexion de simple observateur met deux évènements en perspective. Le premier étant cette implication de Luigi Di Maio, vice-premier ministre italien, dans le soutien, sur le terrain, aux Gilets jaunes ; le second étant le traité d’Aix-la-Chapelle exprimant cette volonté acharnée d’abandon de souveraineté au travers d’une soumission à l’Allemagne, et ne concernant que les deux seuls pays signataires…

Si j’ai bien compris les principes de cette organisation internationale, il s’agit d’avancer vers une intégration de tous les États constituant l’UE, en supprimant les frontières et en offrant aux citoyens de chaque pays les mêmes droits dans n’importe quel autre pays de la dite union. Bref, de créer une citoyenneté unique. Ainsi, il me semble qu’un Italien peut déjà voter, en France, pour les élections locales ou européennes, à condition, bien sûr, d’y séjourner et d’avoir au moins 18 ans. Le Droit européen accorde à tous les citoyens des 27 pays, si nous mettons à part le Royaume-Uni, des droits identiques. Monsieur Di Maio, en venant en France auprès de Gilets jaunes, n’a fait que s’inspirer de ce désir de fusion et de cette volonté manifeste du président actuel, de voir régresser les nations, souhaitée avec constance par Bruxelles. L’autre vice-premier ministre italien Mattéo Salvini, en critiquant l’attitude de la France sur des sujets communs, comme l’émigration et en qualifiant le chef de l’État français de « très mauvais président », n’a fait, après tout, que son métier d’homme politique européen et, je dirai même, son devoir d’opposant à une vision de la politique parisienne d’aujourd’hui, à l’égard de l’Union. Il la considère dangereuse. C’est bien son droit de le dire. Il y a peu, le gouvernement espagnol ne s’est pas formalisé quand monsieur Valls, ancien premier ministre français, a annoncé sa candidature à la mairie de Barcelone et son ingérence, de fait, dans la politique de l’Espagne. Il est vrai que, dans le cas d’espèce, la doxa européiste trouvait un bel argument et que la France officielle n’a en rien critiqué cette trahison. Aussi que le gouvernement français en vienne à rappeler son ambassadeur à Rome, me laisse pantois. En diplomatie cette façon de faire demeure exceptionnelle. Dans la gravité des mesures, elle précède la rupture des relations diplomatiques. Si une querelle interne entre deux pays fondateurs du Marché Commun ne peut pas être résolue entre-eux ni par Bruxelles, je suis amené à constater que l’Europe n’est pas prête à l’unité. J’ajouterais que cette crise est d’autant plus navrante, si nous mettons de côté le Léviathan européen, que l’Italie est, pour la France, la nation soeur et que la proximité intellectuelle et culturelle entre Français et Italiens est évidente. Les hommes politiques italiens, si nous acceptons d’aller au delà des mots, n’ont fait qu’exprimer du dépit de voir la France s’enferrer dans une politique qui fait la part belle à l’Allemagne.

En effet, d’un autre côté il y a cette politique française à l’égard de l’Allemagne qui s’affranchit de l’existence de 25 autres membres de l’UE. Il y a un étonnant germano-tropisme de la part de nos gouvernants. Nos hauts responsables donnent le sentiment de faire, à l’égard de ce voisin, un complexe, les amenant à considérer que les suites de la seconde guerre mondiale devraient être effacées. Ils donnent surtout l’impression de vouloir tout faire pour que l’Allemagne oublie que la France s’était trouvée du côté des vainqueurs après avoir été battue, envahie et occupée par l’armée allemande. La position internationale de la France leur apparaît indue, résultat de la simple bonne volonté de ses alliés. Ils récusent la volonté gaullienne et n’ont retenu que la part sombre de l’histoire de notre pays. N’oublions pas cette phrase lourde de sens du maréchal Wilhelm Keitel, lorsqu’il est entré dans la salle lors de la signature de la capitulation allemande le 8 mai 45 : « Quoi ? Les Français aussi ! ». Le traité d’Aix-la-Chapelle confirme cette opinion. La France pourrait donner beaucoup de ses atouts sans que l’Allemagne concède un iota de ce qui fait sa nature et sa force. Pourtant, la demande de partage de la dissuasion nucléaire et du siège permanent au conseil de sécurité, formulée par des hauts responsables berlinois, preuve manifeste et outrageante de la suffisance de nos voisins, est autrement plus choquante que les phrases acides de Mattéo Salvini. Mais le gouvernement français ne s’en est pas formalisé. Il s’en est d’autant moins ému que le traité d’Aix-la-Chapelle stipule que la diplomatie française et la diplomatie allemande oeuvreront de concert pour que l’Allemagne - il n’est pas dit comment - accède au conseil de sécurité en tant que membre permanent. Quant à la dissuasion nucléaire, outil exemplaire de la souveraineté nationale, pourquoi ne pas la partager ? Avec l’Allemagne nous devrions cependant nous méfier du mot « collaboration ».

Ce traité était inutile. Il ne préserve pas la paix en Europe comme pouvait le faire le traité de l’Élysée de 1963 signé par de Gaulle et Adenauer. Cette paix est établie par la démocratie et seules des menaces extérieures au continent pourraient la fragiliser. Il ne peut que servir l’Allemagne qui contrôle l’économie et la monnaie européenne, en prévoyant une zone économique franco-allemande, dotée de règles communes et une harmonisation du droit des affaires entre les deux pays. Surtout il laisse à l’écart 25 pays, dont certains pourraient être des partenaires, bien plus honnêtes, de la France. L’Allemagne domine l’Europe. Lui offrir davantage de puissance peut la conduire à l’hégémonie et procède d’un manque de clairvoyance ou de beaucoup de naïveté de la part de nos gouvernants.

Nous savons, sans oser le clamer, que tous les postes importants des institutions européennes sont occupés par des Allemands. Les secrétaires généraux du Parlement de Strasbourg sont, eux aussi, allemands de même que celui de la Commission. Les présidents de la Cour des comptes, de la Banque européenne d’investissement et le directeur général du Mécanisme de stabilité, sont allemands. Au Parlement européen, quatre présidents de groupe sur huit sont allemands. Il suffit de lire der Spiegel ou la Frankfurter Algemeine Zeitung (mais tout le monde n’est pas germaniste) pour voir se multiplier les déclarations orgueilleuses de personnalités politiques d’outre-Rhin. Airbus n’a presque plus rien de français et ce qui n’a pas été absorbé d’Alsthom par General Electric a failli être dévoré par Siemens, sans une intervention, pour une fois utile, de la Commission, au grand regret, malgré tout, de M. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances. Certaines de nos entreprises d’armement sont en difficulté parce que, dans leur produit, se trouvent des composants d’origine allemande et que Berlin interdit toute exportation dans une direction particulière, ainsi en est-il du missile air-air METEOR que la France ne peut pas vendre à l’Arabie Saoudite…L’Allemagne aurait-elle osé agir ainsi il y a dix ans ? Je pourrais multiplier les exemples.

Nous avons ailleurs en Europe de véritables amis. Ils nous adressent des signaux forts. Pourtant, nous les délaissons au profit d’une fausse amitié. Il est grand temps que notre pays change ses orientations et que nos dirigeants relisent l’histoire de France dans sa totalité et non pas seulement dans ses aspects négatifs.. La connaître et s’en inspirer est essentiel pour qui veut la diriger .

Henri ROURE


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