COMITE VALMY

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Au fil des jours et des lectures n°80

DICTATEURS IMPUNIS
AMIN DADA, DUVALIER, BEN ALI…
Par Comaguer

20 Janvier 2011

jeudi 20 janvier 2011, par Comité Valmy


La quasi simultanéité de la fuite du dictateur tunisien et du retour de Bébé Doc en Haïti a obligé à porter un regard amer sur l’impunité des dictateurs.

Que l’Arabie Saoudite, cette richissime théocratie protégée par la puissance militaire dominatrice et violente ait accueilli Ben Ali comme elle avait en son temps accueilli le sanguinaire Amin Dada est tristement à l’image du sinistre ordre impérial. Le richissime dictateur tunisien a trouvé dans cette terre d’exil les banques gorgées de pétrodollars où il a pu déposer sereinement son trésor de guerre , cette guerre qu’il a mené contre son propre peuple avec les félicitations du jury impérialiste attribuées par le directeur général du FMI en personne, ce qui dit assez clairement que Ben Ali ne touchait qu’une commission sur les profits généraux de l’impérialisme en Tunisie en échange de son encadrement musclé du prolétariat et du peuple tunisien en général.

Le retour de Bébédoc en Haïti trois jours après le départ de Ben Ali conduit à se poser la question d’une sorte de prescription politique des crimes des dictateurs.

Jean Claude Duvalier n’a été ni poursuivi ni condamné pour les crimes qu’il a commis. Il a donc pu considérer que le temps suffirait à les faire oublier et qu’il pouvait se permettre de venir à nouveau s’ingérer dans la vie politique haïtienne en favorisant l’installation au pouvoir d’un de ses admirateurs et héritiers. Ni l’ONU, ni le Vice-roi Bill Clinton ni la République française qui l’a laissé vaquer à ses affaires n’ont jugé utile de s’opposer au retour de l’assassin sur les lieux du crime. Belle démonstration de complicité !

Nul doute que le peuple tunisien révolté ne tire les enseignements de cet épisode. L’éloignement ne doit pas faire obstacle à la nécessité de punir le dictateur coupable et tout doit être fait pour qu’il ne soit pas remplacé au pouvoir par un quelconque tonton macoute à la mode tunisienne et qu’il n’entretienne pas l’illusion de revenir un jour sur la terre de ses crimes, hypothèse que seule la différence d’âge entre Jean Claude Duvalier et Ben Ali permet de considérer comme très improbable. Mais « l’opération Duvalier » présente pour ceux qui l’ont conçu une difficulté réelle.

A la différence de la Tunisie dont à l’échelle de l’histoire la décolonisation (1956) est beaucoup plus récente que celle d’Haïti (1804) Haïti a pu élire librement un Président qui est toujours vivant : Jean Bertrand Aristide. Chassé de son pays par un coup d’état co-organisé par la France et les Etats-Unis, Jean Bertrand Aristide a trouvé refuge en Afrique du Sud. N’ayant pas démissionné, n’étant accusé de rien, il est toujours citoyen haïtien empêché d’exercer son mandat électif par les puissances néocoloniales et leurs complices duvaliéristes.

Jean Bertrand Aristide , dont les partisans se sont vus refuser le droit de se présenter à des élections présidentielles tellement peu présentables que les tuteurs de la république haïtienne ne savent comment organiser une nouvelle mascarade, vient de rappeler dans le communiqué qui suit ( traduction COMAGUER) qu’il était prêt à tout moment à revenir dans son pays.


19 Janvier 2011

Je voudrais remercier le gouvernement et le peuple de l’Afrique du sud pour l’hospitalité historique [……..] qu’elle a accordée à ma famille et à moi-même.

Depuis mon arrivée forcée voici six ans et demi dans le continent-mère, le peuple d’Haïti n’a jamais arrêté de réclamer mon retour à Haïti.

En dépit des énormes difficultés auxquelles il fait face à la suite du tremblement de terre mortel du 12 janvier 2010, sa détermination à me faire revenir a augmenté.

En ce qui me concerne je suis prêt. De nouveau je déclare être prêt à partir aujourd’hui, demain, à tout moment. Le but est très clair : contribuer à servir mes sœurs et frères haïtiens en tant que citoyen simple dans le domaine de l’éducation.

Le retour est indispensable, aussi, pour des raisons médicales : Il est fortement recommandé que je ne passe pas le prochain hiver en Afrique du Sud parce que dans les 6 années j’ai subi 6 opérations des yeux. Les chirurgiens sont excellents et très qualifiés, mais la douleur insupportable éprouvée en hiver doit être évitée afin de réduire tout risque complications supplémentaires et de cécité.

Ainsi, à tout à ceux qui me demandent de revenir au pays, je réitère ma volonté de partir aujourd’hui, demain, à tout moment. Espérons que Les gouvernements haïtiens et sud-africains entreront en contact pour faire que cela soit possible dans les prochains jours.

Unis au peuple et aux personnes haïtiennes, ma famille et moi exprimons de nouveau notre gratitude sincère envers le gouvernement et le peuple de l’Afrique du Sud.

Jean-Bertrand Aristide


Il n’en est empêché que par l’administration haïtienne (ou ce qui en tient lieu : l’ONU, Clinton …) selon laquelle il n’a plus ses papiers en règle (voir à ce sujet sa très longue interview - - http://www.haitilibre.com/article-1672-haiti-aristide-selection-mais-pas-d-elections-interview-exclusive.html ) alors que Duvalier les a comme l’indique la dépêche qui suit http://www.haitilibre.com/article-2151-haiti-politique-le-gouvernement-haitien-refuse-de-renouveler-le-passeport-d-aristide.html

Haïti - Politique : Le gouvernement haïtien refuse de renouveler le passeport d’Aristide

18/01/2011 17:03:49 Renversé en Février 2004, l’ancien Président haïtien Jean-Bertrand Aristide, a toujours accusé les États-Unis d’être à l’origine de son enlèvement. Après un cours séjour en Jamaïque, il avait finalement trouvé l’exil en Afrique du Sud, ou il vit depuis, avec sa famille sur les collines de Johannesburg.

L’avocat Brian Concannon, directeur de l’Institut américain pour la Justice et la Démocratie en Haïti, qui suit la situation juridique de l’ancien président, a déclaré que l’ancien Président Aristide avait tenté de renouveler son passeport pour revenir en Haïti, mais que les autorités haïtiennes s’opposent au renouvellement de ce document. « Aristide est dans son droit de retourner dans son pays [...] la deuxième chose que je sais, c’est qu’il est en Afrique du Sud sans passeport pour revenir » a précisé l’avocat.

Deux poids, deux mesures, le passeport diplomatique de Jean-Claude Duvalier a été renouvelé par le gouvernement haïtien sans opposition en 2005...

Cette précision n’est évidemment pas relayée par les médias dominants qui se contentent d’évoquer le souhait de retour d’Aristide.

L’opération DUVALIER pourrait donc s’avérer être une énorme gaffe politique.


Emissions radio de COMAGUER sur RADIO GALERE

88.4 Mhz région marseillaise

Chaque mardi de 15H à 16H Rediffusion Jeudi de 11h à 12h

ou sur http://www.radiogalere.org

1 Message

  • DICTATEURS IMPUNIS
    AMIN DADA, DUVALIER, BEN ALI…
    Par Comaguer

    21 janvier 2011 21:06, par MARAT EL MOKRANI

    Quelques remarques concernant "bébé Doc",lorsque georges Habbache est venu se faire soigner en France Phillippe Tesson s’éleva d’une maniére vehemente contre cet accueil du révolutionnaire Palestinien,un contradicteur qui lui faisait remarquer qu’on avait reçu "bébé Doc" en France(c’est laurent Fabius qui avait accordé l’autorisation nécéssaire pour un séjour qui ne devait pas exeder une semaine !),phillippe Tesson pas géné répondit que "Bébé Doc" n’avait pas commis de crimes en France ,les victimes haitiennes ne pesaient donc pas lourd !Pour ce qui est de Ben Ali l"Europe" en 23 ans de dictature et de torture n’a pas trouvé de Tunisien digne du prix Sakharov !elle est vraiment belle "l’Europe "Démocratique".

    VIVE LA REPUBLIQUE VIVE LA FRANCE VIVE LES PEUPLES TUNISIEN ET ALGERIEN


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