COMITE VALMY

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LE FRONT DES CATHÉDRALES
Jean-Pierre Daumard

mercredi 17 avril 2019, par Comité Valmy


LE FRONT DES CATHÉDRALES

L’expression est de Georges Bernanos.

Bernanos qui écrivait : « La France est le pays des cathédrales, des saints, des héros et des fous. »

La cathédrale des cathédrales en France, Notre-Dame de Paris, proie des flammes s’est effondrée, le 15 avril 2019.

Elle s’est effondrée le mardi de la semaine de Pâques.

Il devait y avoir, le 21mai 2019 à Notre –Dame de Paris une « veillée de prière pour la vie », le 19 avril, il devait y avoir un chemin de Croix sur le parvis de Notre-Dame.
Et puis, d’avril à mai, était programmée toute une série de conférences sur Georges Bernanos, écrivain chrétien, « théologien de la sainteté », auteur du « Journal d’un curé de campagne » pour qui « Tout est grâce ». Le 29 avril devait commencer un cycle de conférences de Mgr Chauvet sur Georges Bernanos « prophète de notre temps. »
Je note cela simplement, car je ne suis guère croyant, encore moins pratiquant et il y a beau temps que j’ai enregistré comme un état de fait la déconstruction du Christianisme, mais je le note, comme un indice. Peut-être un signe.

Car il s’agit de Georges Bernanos, précisément.
Georges Bernanos que je préférerai toujours à Drieu la Rochelle, s’il s’agit de parler du cœur même de ce qui fait la France, distincte, quoi qu’on en dise et qu’on y fasse, du mythe d’une « Europa » soumise à l’ordre allemand, ordre nazi naguère et qu’on appelle aujourd’hui « ordo-libéral ».

Georges Bernanos qui, le 22 août 1940, c’est ce que je lisais hier, 15 avril 2019, hasard providentiel, quelques heures avant d’apprendre que Notre-Dame de Paris était la proie des flammes, Georges Bernanos qui écrivit un article intitulé Le front des cathédrales dans lequel il comparait le front de la ligne Maginot, enfoncé, au front des cathédrales, Chartres ou Notre-Dame de Paris, au « front des cathédrales » dont il se félicitait que celui-ci au moins, contrairement à celui-là, avait « tenu bon ».

Faut-il croire qu’hier lui aussi, finalement, s’est définitivement effondré ?

Georges Bernanos développait ainsi :
« Le front des cathédrales est celui du peuple français, je veux dire de cette part encore si grande de notre peuple qui réagit naturellement, selon sa nature, et par des mouvements spontanés, que les jeunes réalistes qualifient dédaigneusement d’ »entraînements sentimentaux », mais qui sont réellement des réflexes héréditaires, formés au cours des siècles, et d’une humanité mille fois plus précieuse que les complexes artificiels dont s’enorgueillissent si comiquement de pauvres petits jeunes gens sans fraîcheur, macérés dans toutes les essences intellectuelles ou spirituelles à la mode, comme des cornichons dans du vinaigre. »

Cette réaction naturelle du peuple français, dans ses « mouvements spontanés … qui sont réellement des réflexes héréditaires », je l’ai vue dans le mouvement des « gilets jaunes », lesquels, plus que d’être vaincus, refusaient eux aussi l’humiliation. C’est en cela qu’ils se montrent « fils des cathédrales » (Bernanos)

Ce n’est pas la première fois que la France est atteinte en son cœur par une destruction de cathédrale. On se souvient que le 6 août 1914, la cathédrale de Reims, cœur historique de la France dans sa tradition royale et chrétienne, est délibérément bombardée par l’armée allemande. « Une horrible main l’a écorchée vive » écrit alors Albert Londres. Toute la France s’en émeut et pas seulement la France catholique. Barrès bien sûr mais aussi Anatole France et Proust.

Comme on le voit alors sur une carte postale de l’époque, devant la cathédrale en flammes, Jeanne d’Arc et Guillaume II, en posture de confrontation.

De quelle confrontation s’agirait-il aujourd’hui, s’agissant de Notre-Dame de Paris en flammes ? Quel signe sans signature s’agirait-il d’y voir ? Et quelles postures choisira-t-on de prendre dans toutes les tentatives d’interprétation – y compris les plus folles – qu’on ne manquera pas d’essayer pour déchiffrer l’énigme du désastre ?

Il faut en tout cas, c’est une certitude, relier ce mouvement profond des gilets jaunes à ce signe ou cet avertissement que représente Notre-Dame de Paris en flammes.

Signe et avertissement à Macron peut-être, pour commencer.

Macron, le 26 juin 2018, a offert au Pape une édition rare du Journal d’un curé de campagne de Bernanos traduit en italien, mais Macron, comme à son habitude, agit à contresens de ce qu’il veut faire croire et s’empresse d’avaliser, avec la morgue et l’impudence qui le caractérisent, l’effondrement de tous les fronts à commencer par celui de la conscience nationale livrant le pays et son peuple aux Pharisiens de toutes sortes.

Les flammes de Notre-Dame à Paris, comme un retour de flamme en quelque sorte à quoi il lui faudrait pouvoir se brûler , comme à une épreuve de vérité, une ordalie médiévale.

Jean-Pierre Daumard
16 avril 2019


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