COMITE VALMY

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Les communistes, la nation et l’internationalisme
Jean Lévy (février 2011)

jeudi 17 décembre 2015, par Comité Valmy


Dans le débat permanent, qui se poursuit au sein du mouvement ouvrier, le lien ou l’opposition entre les concepts de nation et d’internationalisme, sont récurrents. Il y a un siècle, Jean Jaurès, dans une formule fameuse en établit les rapports étroits. Depuis lors la polémique n’a pas cessé.

Pour nombre de camarades, évoquer « la nation », déployer le drapeau tricolore, c’est sombrer dans l’idéologie bourgeoise, c’est trahir la notion de classe, c’est se placer dans le camp de l’ennemi. Or, quand il s’agit d’assumer la solidarité avec des peuples en lutte pour leur indépendance, ces mêmes camarades défendent bec et ongles le droit de ces peuples à combattre pour leur « libération nationale » et brandissent hardiment leur drapeau, qu’il ait été vietnamien, cubain, ou algérien, hier, ou palestinien aujourd’hui.

Seul, le drapeau français fait exception…

Or, l’indépendance de notre pays n’est-elle pas aliénée de par son intégration forcée dans l’Union européenne ? Les hommes liges de celle-ci se font gloire d’avoir limité la souveraineté de la France et multiplient leurs efforts pour poursuivre plus avant dans cette voie. Leur horizon, c’est l’abandon complet de l’indépendance nationale de chacun des Etats qui composent l’UE, au profit du grand capital européen. Celui-ci a pour perspective la suppression pure et simple des lois et dispositions nationales, acquises par la lutte de chaque peuple. Elles protégent encore trop les travailleurs aux yeux des oligarchies financières et des politiciens à leur service. Les législations sociales sont autant d’obstacles à supprimer, telles les frontières des Etats au sein de l’Europe.

Dans la mesure où cette analyse est partagée, chacun devrait en tirer la conclusion que la reconquête des droits sociaux, et mieux encore la lutte pour une autre société, vont de pair avec le combat pour recouvrer la pleine souveraineté de chaque nation.

Si Cuba, le Venezuela, la Bolivie, peuvent suivre aujourd’hui une voie de développement propre aux intérêts de chacun de leur peuple, c’est que ceux-ci ont rompu les liens d’aliénation avec l’impérialisme US, c’est qu’ils ont d’abord reconquis leur souveraineté.

Pour eux comme pour nous, la libération sociale est inséparable de la libération nationale.

Jean LEVY
1er février 2011

Faut-il rappeler, à ce sujet, ce que notait Georges Dimitrov, dans son journal, le 12 mai 1941, un mois avant l’agression nazie contre l’Union soviétique, donc propos non de circonstance :

« Il faut développer l’idée d’un mariage entre un nationalisme sain et bien compris et l’internationalisme prolétarien. Celui-ci doit reposer sur ce nationalisme dans les divers pays (…) entre le nationalisme bien compris et l’internationalisme prolétarien, il n’y a pas et ne peut y avoir de contradiction. Le cosmopolitisme sans patrie, refusant tout sentiment national et l’idée de patrie, n’a rien à voir avec l’internationalisme prolétarien ».

Domenico Losurdo : « Staline, histoire et critique d’une légende noire » (page 34)

Editions aden


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