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Billet d’humeur : ne parlez pas des Gilets Jaunes,
ce n’est pas déontologique - sauf pour les critiquer
par Karine Bechet-Golovko

mardi 18 juin 2019, par Comité Valmy


Billet d’humeur : ne parlez pas des Gilets Jaunes,
ce n’est pas déontologique - sauf pour les critiquer

Un jeune technicien du son a perdu son emploi, car il a osé parler au ministre de l’Intérieur des Gilets Jaunes victimes des violences policières. Il paraît que ce n’est pas déontologique. Aurait-il également été viré s’il avait félicité Castaner pour sa gestion des manifestations ? Non, nous pouvons en être sûrs. Les dérives totalitaires, avec le soutien actif d’une partie de la population, rappellent les heures sombres de la République.

A l’occasion du rassemblement des grands voiliers à Rouen, Castaner est venu soutenir les policiers réunis pour sécuriser l’Armada. A cette occasion, un jeune technicien du son lui demande s’il a une pensée pour les Gilets Jaunes victimes des violences policières en ces termes :


le jeune homme raconte sa version de l’incident : "j’ai pris mon courage à deux mains pour l’interpeller et lui parler, je lui ai dit « une pensée pour nos éborgnés ». Suite à cet échange, ses RG personnels ont relevé mon identité, mes intentions et presque toute ma vie..."

Alors qu’aucune agressivité n’a été perçue par les témoins de la scène, que Castaner lui a répondu, de bonne guerre, s’il avait une pensée pour les CRS, l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Le dirigeant de l’entreprise, Pascal Bovin, qui employait en sous-traitance le jeune homme, a tiré les conclusions qu’il "convenait" de la situation et a immédiatement montré patte blanche :


"Il y a eu une vexation des organisateurs qui ont demandé à nous rencontrer. Mais dès que j’ai appris cette histoire, tout de suite j’ai dit qu’on ne pouvait pas continuer à collaborer avec un sous-traitant qui n’a pas de réserve vis-à-vis de la société pour laquelle il travaille. Ce qui me gêne, c’est que mon entreprise a été mise en porte-à-faux et que ce technicien n’a pas respecté son droit de réserve", poursuit Pascal Bovin.

Bref, les temps changent, l’on ne fusille plus sur la place publique en mesure de dissuasion, mais l’on peut virer, d’autant plus facilement que le culte de l’autoentrepreneur et la soi-disant indépendance que cela donne, enlèvent toute garantie sociale.

Ce que l’on apprécie particulièrement est l’attitude de P. Bovin qui ne comprend absolument pas ce qui lui est, éthiquement, reproché. Lui-même se cachant derrière une pseudo déontologie d’entreprise :


« Il y a une déontologie à avoir dans mon entreprise. On ne mélange pas le travail avec la politique ou la religion. J’aurais fait pareil si ça avait été un acte raciste. »

Il insiste même, aucune pression - de la part du ministère. Il n’y a eu qu’un ’interrogatoire des policiers, une convocation des organisateurs, etc. Aucune pression.

Juste une question : si le jeune technicien avait félicité Castaner, y aurait-il eu mélange entre le travail et la politique et cela aurait-il porté atteinte à la déontologie de l’entreprise ? Non, il n’y a mélange répréhensible, que lorsqu’il y a critique . Retenez la leçon.

Et la situation est d’autant plus tendue, qu’aucun responsable, que ce soit Castaner ou Macron, ne peut mettre un pied dehors sans se faire siffler.

Karine Bechet-Golovko
lundi 17 juin 2019

Russie politics


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