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Quand Sentsov soutient les néonazis d’Azov contre le processus de paix en Ukraine : le début d’une carrière politique ? - par Karine Bechet-Golovko

mercredi 30 octobre 2019, par Comité Valmy


Quand Sentsov soutient les néonazis d’Azov
contre le processus de paix en Ukraine :
le début d’une carrière politique ?

L’on se souvient de la rencontre organisée à Strasbourg au Conseil de l’Europe entre Macron et le réalisateur Sentsov, pris sur le fait et condamné pour terrorisme en Russie, qui a été échangé avec d’autres détenus contre des prisonniers politiques Ukrainiens. Ce même "grand réalisateur" - selon les médias occidentaux - vient, non pas d’annoncer un fantastique projet de film, mais simplement de déclarer avoir honte de Zelensky, lorsque celui-ci s’est confronté aux nationalistes d’Azov qui refusent le cessez-le-feu et être fiers de ces néonazis qui défendraient l’Ukraine. En tout cas, l’Ukraine de Sentsov et des néonazis. Les contours d’un nouveau projet politique prennent jour.

Sentsov a bénéficié d’un soutien total en Europe, sans aucun esprit critique. Le Parlement européen lui avait conféré le prix Sakharov ( voir notre texte ici), légitimant ainsi le recours aux moyens terroristes, qui n’ont rien à voir avec la liberté d’expression. Les médias se sont totalement engagés aussi allant jusqu’au Fake pour sensibiliser l’opinion publique ( voir notre texte ici), faisant de Sentsov un condamné aux travaux forcés (Cayenne n’existe plus non plus en Russie), victime de ses idées et non pas en raison d’actes terroristes. Ces mêmes médias passant totalement sous silence les déclarations d’un vétéran de l’opération armée ukrainienne dans le Donbass lors d’une conférence de l’OSCE reconnaissant lui avoir fourni les moyens techniques ( voir notre texte ici).

Pour le monde occidental, c’est bien une victime "du régime de Poutine" qui a été libérée en la personne de Sentsov. Comme l’écrit la presse française, "c’était un réalisateur prometteur" jusqu’à ce que son "engagement politique lors du soulèvement pro-européen du Maïdan" ne le conduise dans les prisons russes "suite à un procès stalinien" pour terrorisme.

La présentation est convenue, le Bien d’un côté, soutenu par "le monde libre", le Mal de l’autre côté, celui de la Russie. C’est pourquoi Macron a évidemment rencontré Sentsov au Conseil de l’Europe, lui réaffirmant tout le soutien du "monde libre" en sa personne. Au-delà du ridicule présomptueux de la chose, l’on notera que le journaliste ukrainien Vychinsky, lui réellement condamné en Ukraine en raison des publications et non pas pour des actes terroristes, n’a pas été convié après son échange au grand raout démocratique du Conseil de l’Europe et n’a pas pu recevoir le soutien du "monde libre", en la personne ou non de Macron. Mais peu importe, il paraît que préparer des attentats cela s’appelle de la "rébellion créative" - lorsque ces attentats sont dirigés contre la Russie :

Et les accrédités du "monde libre", je ne sais pas s’il s’agit de fanatisme ou d’idiotie, sont en pleine pâmoison : ils peuvent enfin se rassasier de leur "héros créatif", qui leur a été rendu en pleine possession de ses moyens. Décidément, le "FSB" n’est plus ce qu’il était ...

Manifestement, ce "monde libre" et Macron ont un don particulier pour choisir leur clan. Zelensky s’embourbe dans le conflit du Donbass, les bataillons extrémistes (amis de Sentsov) refusent de rendre les armes et de mettre fin au conflit ( voir notre texte), organisant parallèlement des mouvements de foule dans le pays. Assez courageusement, il faut le reconnaître, il décide de se rendre sur place pour voir ce qui se passe.

La conversation fut menée "à la Zelensky", mais en substance  : arrête de me prendre pour un imbécile, je suis le Président, je ne suis pas venu négocier quoi que ce soit avec toi, rends les armes un point c’est tout.

Les radicaux en Ukraine ont mal pris la chose, qui pourtant s’inscrit totalement dans le cadre des accords défunts de Minsk. Cette démarche devrait donc être soutenue par le "monde libre" et toutes ses composantes, ses amis, ses soutiens et ses protégés. Puisque tous sont dans le clan du Bien.

Or, l’un des protégés vedettes, le réalisateur Sentsov, rappelez-vous, "prometteur", mis dans les geôles poutiniennes suite à un "procès stalinien" (ce qui veut dire "monté de toutes pièces"), vient justement de contredire ses défenseurs aveugles et de rendre raison à ses juges (manifestement pas staliniens) :

Ainsi, après avoir visionné la vidéo de Zelensky demandant aux groupes armés de déposer les armes, il déclare avoir honte de ce Président et être fier des bataillons (néonazis). Il veut simplement les remercier, grâce à eux les Ukrainiens ont encore leur pays.

Si Sentsov a une position "pro-européenne", c’est manifestement celle de l’Europe des années 30 ...

Il semblerait que ces déclarations n’aillent pas tout à fait dans le sens d’une "victime" d’un procès monté. Il maintient et reconnaît ses positions et réitère son soutien aux groupes armés néonazis combattant dans le Donbass. Etrangement, la presse occidentale ne reprend pas ces déclarations. Il est vrai qu’elles n’entrent pas dans la configuration du monde bisounours. Quoi qu’il en soit, le projet politique "Sentsov" est plein de perspectives ...

Karine Bechet-Golovko
lundi 28 octobre 2019


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