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Source : www.liberte.-algerie.com

Algérie : Chantage à l’insécurité
Par : Saïd Chekri

samedi 12 février 2011, par Comité Valmy


Ce n’est pas faute d’avoir tenté le diable que Moubarak a fini par lâcher prise, lui qui pensait pouvoir compter sur l’importance géostratégique de l’égypte pour se maintenir au pouvoir. D’où la vacuité de ce double chantage à l’insécurité et à l’islamisme que le pouvoir et ses relais ont brandi à Alger, cette semaine plus que jamais.

à la promesse d’une levée de l’état d’urgence, a immédiatement succédé l’interdiction de la marche pacifique prévue aujourd’hui à Alger, à l’appel de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD). Une interdiction qui vaut aussi, ce qui ne manque pas d’éloquence, pour la manifestation prévue le même jour à Oran, une ville qui va donc connaître pareille situation pour la première fois, contrairement à la capitale qui, elle, est inaccessible à l’expression populaire libre et autonome depuis si longtemps déjà.

Contrairement à ceux qui avaient cru en cette “option pour l’ouverture”, d’autres, plus nombreux et plus avertis, avaient vu, derrière ces mesures, le souci du régime d’assurer sa survie, au moyen d’une démarche purement tactique impliquant quelques concessions de forme, de nature à “disqualifier” les revendications démocratiques de l’opposition, et du coup, toute cette contestation portée et animée notamment par la jeunesse. Du moins pour un temps,… en attendant de pouvoir ressortir le bâton lorsque se dissipera cette odeur de jasmin qui embaume le monde arabe et étouffe ses dirigeants. Cette opinion, plutôt sceptique, était donc fondée. Mais son ton critique apparaît aujourd’hui en deçà de la dangerosité des intentions du chef de l’état. Abdelaziz Bouteflika est assurément animé par le souci de sauver son régime plutôt que par une volonté de changement. Oui, il est enclin à anticiper sur les évènements pour ne pas avoir à les subir comme Ben Ali, le 14 janvier, ou Moubarak, hier. Mais c’est pour mieux contrer ou freiner le cours de l’Histoire et c’est là tout le danger que comporte cet entêtement à défier un processus en marche que ni lui ni aucun autre régime arabe ne peuvent arrêter. Ce n’est pas faute d’avoir tenté le diable que Moubarak a fini par lâcher prise, lui qui pensait pouvoir compter sur l’importance géostratégique de l’égypte pour se maintenir au pouvoir. D’où la vacuité de ce double chantage à l’insécurité et à l’islamisme que le pouvoir et ses relais ont brandi à Alger, cette semaine plus que jamais.

L’interdiction de la manifestation puis l’énorme déploiement de l’armada policière à la veille de la manifestation d’aujourd’hui à Alger participent bien à ce chantage : toute demande de liberté ou de justice sociale est de nature à provoquer un climat de désordre et d’insécurité dans le pays. Et, parce que ce quadrillage policier de la capitale rappelle la déferlante islamiste d’il y a 20 ans, il alimente aussi cette menace : toute ouverture politique va conduire inévitablement à un raz-de-marée islamiste.

Ainsi, les Algériens sont sommés de choisir entre leur liberté et leur sécurité. Pareille sommation, déjà essayée par Ben Ali puis par Moubarak, ne peut tenir lieu de projet politique. La réponse de ceux qui adhèrent à la dynamique de changement résume bien, quant à elle, l’alternative : il n’y a pas de sécurité sans liberté.


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