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Initiatives Climat et Energie :
lettre ouverte au premier ministre

vendredi 21 février 2020, par Comité Valmy


Une association, "Initiatives pour le Climat et l’Energie" a été créée par des militants politiques favorables à l’énergie nucléaire civile. Ses objectifs sont énoncés dans le recours qui a été formulé contre la fermeture de Fessenheim.

Initiatives Climat et Energie,

à
Monsieur Edouard Philippe, Premier Ministre
Madame Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire Monsieur Bruno Lemaire, Ministre de l’Economie et des Finances

La Couarde, le 17 février 2020
Objet : Recours gracieux contre la décision de fermer et d’arrêter deux réacteurs nucléaires

Nous avons l’honneur de vous écrire pour vous demander l’annulation et la suspension des décisions de fermeture et d’arrêt des deux réacteurs nucléaires de la centrale de Fessenheim, arrêt devant avoir lieu le 22 février de cette année, pour le premier, et en juillet pour le second.

Notre association a notamment pour objet (annexe 1 : extrait de nos statuts) de protéger l’environnement et de défendre le développement de la recherche et de l’industrie française pour ce qui concerne l’environnement et l’énergie.

La fermeture à l’initiative des Pouvoirs Publics de ces deux réacteurs a les effets suivants ! Elle augmente de manière significative le risque de développement des émissions de gaz à effet de serre de la France et en conséquence d’atteindre gravement à l’environnement par effet de substitution de la production d’électricité par une source pilotable non carbonée (la fission de l’uranium) par une source productrice de gaz à effet de serre .

Les contraintes physiques de l’équilibre entre l’offre et la demande en électricité exigent en effet de disposer d’une capacité pilotable suffisante. Les énergies intermittentes, notamment en fonction du vent et du soleil, ne peuvent pas par nature répondre à cette contribution. En arrêtant de manière volontaire un moyen pilotable décarboné, le risque est de devoir faire appel à d’autres moyens pilotables utilisant des énergies fossiles, et donc d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre. .

En complément, le logement et le transport constituent en France aujourd’hui deux domaines fortement consommateurs d’énergies fossiles, et appellent, au-delà des actions nécessaires de limitation à la source de la demande en énergie, à des sources d’énergie décarbonée. L’augmentation de la pénétration de l’électricité décarbonée dans ces domaines constitue une mesure de précaution aujourd’hui disponible en France sous réserves de continuer à pouvoir disposer sur la durée de la capacité de production d’électricité bas carbone suffisante. L’arrêt volontaire d’un outil de production d’électricité décarbonée, aujourd’hui disponible et compétitif, entrave le développement de la pénétration de l’électricité décarbonée dans les usages énergétiques pour éradiquer les énergies fossiles et va à l’encontre de cette mesure de précaution.

Cette décision est opposée aux traités signés (COP21, notamment) , engageant la France à diminuer drastiquement ses rejets de CO2, Cette décision est, de plus, contraire à la Constitution, exigeant du gouvernement de protéger les populations. Elle viole aussi les articles 5 et 6 de la Charte sur l’environnement de 2005, puisqu’elle implique le rejet de CO2 complémentaire, alors qu’en l’état des connaissances scientifiques, cela contribue à l’arrivée de catastrophes majeures. Les rejets français de CO2 contribueront à provoquer à terme une inondation gravissime de grandes régions du littoral (Cartes publiées par l’Agence Européenne de l’Environnement le 10 février 2020 ), ainsi qu’à une prolifération des événements climatiques destructeurs (ouragans, pluies, sécheresses…)

De plus :
1) L’arrêt volontaire, de la part des Pouvoirs Publics, sans moyen de substitution de compensation, de moyens de production d’électricité pilotable, induit une diminution de la marge disponible sur la sûreté du système électrique. Il peut conduire à une augmentation de risque de déséquilibre sur le système électrique, et peut constituer un initiateur d’une défaillance généralisée de l’alimentation électrique en France voire en Europe.

2) L’arrêt, à l’initiative des Pouvoirs Publics, d’un moyen de production compétitif et sans subvention, conduit à une diminution des ressources publiques, à la création d’une charge publique, et s’écarte de l’objectif d’équilibre des comptes des administrations publiques.

3) L’arrêt demandé par les Pouvoirs Publics d’une usine de production compétitive crée une source de perte de savoir faire industriel dans l’exploitation nucléaire et conduit à augmenter le risque de dépendance de la France dans ce domaine. Les nouveaux besoins de compétences requis pour la déconstruction, qui est déjà déployée en France pour les réacteurs dits de première génération,, ne compenseront pas la perte de compétences dans l’exploitation.

4) l’installation massive, à grande échelle, et industrialisée des systèmes éoliens et solaires, conduit à une emprise foncière excessive, à la destruction de nos paysages, à l’intérieur des terres, sur les côtes et sur les espaces marins face au littoral, avec un risque d’affranchissement de toute norme architecturale habituelle, notamment en site classé, la destruction de la compétence industrielle fondamentale, car les réacteurs fermés ne devront pas être remplacés, et le personnel les mettant en œuvre non remplacés.

5) Les sources intermittentes (éolien et solaire) font appel à des technologies importées essentiellement pour leurs équipements. Elles ont un impact négatif en conséquence sur la balance commerciale de la France et crée de nouvelles dépendances industrielles. Elles induisent une charge supplémentaire sur le contribuable et sur le consommateur d’électricité.

Cette fermeture n’a aucune nécessité technique de sûreté nucléaire selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Elle va à l’encontre du principe de précaution. Elle sera accompagnée d’une charge complémentaire pour le contribuable et pour le consommateur d’énergie. Elle crée de nouvelles dépendances pour la France. . hausse massive du prix de l’électricité, au détriment des particuliers, des entreprises et de l’État, et donc d’investissement utile à la communauté nationale et à son développement industriel , culturel, et scientifique, en particulier.

C’est donc pour ces raisons que nous vous demandons suspension, annulation et retrait de ces décisions de fermeture, en premier lieu celle de la fermeture du premier réacteur le 22 février prochain. Nous demandons aussi suspension, annulation, arrêt, des décisions de fermeture à l’initiative des Pouvoirs Publics de tout autre réacteur nucléaire, hors question de sûreté nucléaire...
Nous vous demandons aussi de bien vouloir nous communiquer la décision principale qui a été prise pour la fermeture de ces deux réacteurs, ainsi que les motivations techniques, scientifiques, économiques, et juridiques qui les ont fondées.

Veuillez recevoir, Madame et Messieurs les Ministres, l’assurance de notre plus haute considération.

Annexe 1 :Statuts de notre association, extrait, article 2 :

Article 2 : Objet

Cette association a pour objet :

a) de recueillir les informations concernant les questions relatives au climat et à l’énergie, notamment celles liées à l’impact sur l’environnement de la production et de la consommation d’énergie, en particulier électrique, ainsi qu’aux questions sociales, économiques et industrielles et enjeux qui leur sont associés. Par exemple : cartographie des parties prenantes, consommation des industries de l’information (10 % de la consommation électrique dans le monde, en très forte croissance), partage des données de production et de consommation d’énergie, accès au logement et aux transports pour le plus grand nombre, urbanisme, aménagement du territoire, agriculture, défense, interdépendance géopolitique, pouvoir d’achat, financement des investissements de production, de transport et de stockage d’énergie sur le long terme, prise en compte des innovations technologiques,…

b) d’analyser et de synthétiser ces informations et données, en ce qui concerne notamment les facteurs de dépendance de la France et des Français

c) de diffuser à l’extérieur (population, médias, élus, administration...) le résultat des travaux de l’association

d) de protéger l’environnement, notamment l’environnement atmosphérique global (climat, ressources), local (qualité de l’air, espace foncier), esthétique (paysages et patrimoines), dans une perspective de court et de long terme, et sans limite de considération

e) de défendre et de promouvoir le développement et l’indépendance de la recherche et de l’industrie françaises dans les sujets précédents

f) de participer aux débats publics nationaux et internationaux concernant ces sujets

g) d’agir en justice dans toute affaire qui participe de ces débats publics nationaux et internationaux

Ces actions se font dans le cadre d’un constat partagé joint en annexe de ces statuts

Annexe2 : Considérations sur l’actuelle « transition écologique »

Des gouvernements successifs ont engagé la France dans les deux projets suivants :

1) diminution des émissions de gaz à effet de serre et de l’ »empreinte carbone » (conséquence des accords de Paris , « COP21 »
2) diminution de la production d’énergie d’origine nucléaire par fermeture de réacteurs nucléaires (centrale de Fessenheim en premier lieu, puis, arrêt programmé de 14 réacteurs vers 2035)
Pour atteindre simultanément les objectifs 1 et 2, il n’y a actuellement que deux solutions : a) soit une diminution importante de la production et de la consommation d’énergie en France, induisant un abaissement important du niveau de vie (transport, industries, chauffage, etc) b) soit un développement massif des énergies dites « renouvelables » (éolien, solaire, hydroélectrique, etc) pour compenser l’arrêt définitif des réacteurs nucléaires non remplacés par des centrales à énergie carbonée

La solution a) ne pourrait être atteinte que par une augmentation importante du prix de l’énergie et/ou un régime politique autoritaire imposant à la population un abaissement du niveau de vie, pouvant conduire à des crises sociales, politiques, et sanitaires majeures ; La solution b, si elle peut fournir des sources d’énergie d’appoint, est impraticable à grande échelle pour les raisons suivantes :

i) il est impossible de trouver sur notre territoire d’autres ressources hydroélectriques.
ii) les énergies éoliennes et solaires sont, par nature, intermittentes (et impraticables dans certains territoires)
iii) pour compenser l’arrêt d’un réacteur nucléaire de 1GW, il faut 500 éoliennes de 2MW, dont la durée est de 20 ans (voire 10 ou 15 ans en mer), et dont l’édification nécessite des ressources importantes (béton, acier, composites, terres rares…). De plus où les placer car les nuisances qu’elles créent (paysage, infrasons…) pourraient induire des révoltes des populations riveraines.
Iv) les énergies solaires sont impraticables dans des régions peu ensoleillées et nécessitent un entretien méticuleux
v) à l’heure actuelle nous ne disposons pas de moyens de stocker de l’énergie, stockage qui pourrait compenser l’intermittence, et les énergies éoliennes et solaires nécessiteraient une extension majeure du réseau de distribution, étant donné leur dispersion sur le territoire, décorrélée avec les zones de consommation.

Ainsi les projets 1 et 2 sont contradictoires, et pas seulement pour la France, mais pour d’autres pays :

1) l’Allemagne a choisi de fermer sa production d’énergie nucléaire en compensant par des énergies carbonées et émet 400 g de CO2 par kwh, alors que la France n’en émet actuellement que 80g par kwh.
2) L’Australie a choisi de n’utiliser quasi exclusivement que des énergies carbonées, et émet 920 g de CO2 par kwh
3) la Chine et les USA ont lancé des programmes importants de centrales nucléaires.

Annexe3 :quelques données chiffrées

( référence : « un vent de folie, l’éolien en France, mensonge ou arnaque ? », Bernard Durand, éditions « les unpertinents ») .

Un réacteur de 980 GW électrique consomme environ 2 millions de tonnes de pétrole par an, et rejette donc environ 5 millions de tonnes de CO2 par an. Il produit environ 1,2 tonnes de produits de fission par an, soit en verre 120 litres environ. Ceci correspond à la consommation d’une population d’un million d’habitants, tout compris (industrie, domestique, transport…)

Une éolienne (qui durera 15 à 20 ans) par MW nominal nécessite 400 m³ de béton, 130 tonnes d’acier. Pour 1GW de puissance moyenne, il faudrait 1000 MW éoliens, soit 400 000 tonnes de béton, 130 000 tonnes d’acier, alors que la construction d’un réacteur qui durera 60 voire 80 ans consommera 500 000 tonnes de béton, 50000 tonnes d’acier. Cette éolienne produit par MW installé 3,4 fois moins d’électricité que le nucléaire La surface occupée pour ces 1000 éoliennes correspond à des centaines de kilomètres carrés, alors qu’une centrale nucléaire de deux réacteurs occupe un à 2 kilomètres carrés.

De plus il faut prévoir les réseaux de distribution surdimensionnés pour l’éolien, et les centrales de substitution, ou de stockage (inexistante techniquement)

Jacques Maillard, Président
Bernard Gaveau, Secrétaire Général


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