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RÉFLEXIONS SUR LA CRISE ET SA SORTIE
par José Evrard, député de la Nation

samedi 30 mai 2020, par Comité Valmy


RÉFLEXIONS SUR LA CRISE ET SA SORTIE

La stratégie de la peur

À la peur de la fin lointaine et virtuelle de la planète, pour cause de réchauffement, ou dérèglement, climatique, s’est substituée, quand l’épidémie s’est installée, à une peur de la mort bien réelle et immédiate pour ceux atteints par le coronavirus ou covid-19. Il n’y avait aucun remède sauf à trouver un vaccin dont il ne faudrait pas envisager la réalisation avant 2 ans. Il n’y avait pas d’alternative, pour reprendre la formule de Margaret Thatcher. Lorsque le 16 mars, le président Macron déclarait l’état de guerre, les soldats des hôpitaux faisaient part de leur dénuement réel, rendant crédible, au plus grand nombre, ce qu’ils exprimaient en grève des urgences depuis plus d’un an. L’hôpital public était bien malade de la cure d’austérité que les pouvoirs lui imposaient depuis longtemps. Austérité décidée par l’Union européenne qui considère que les dépenses de santé, les dépenses sociales en général, doivent revenir en grande part aux individus et au marché. La Sécurité sociale n’est pas compatible avec le libéralisme de l’Union européenne. Tandis que les morts s’empilaient, la peur montait d’un cran chez nos concitoyens les plus fragiles qui se demandaient quel sort allait leur être réservé. L’internement à domicile de la population restait la seule solution, c’est ce qui sera mis en place dans des conditions de légalité plus que douteuses le 23 mars.

La peur recule

Cependant, un caillou était apparu précédemment le 17 mars. Un professeur de médecine de Marseille, connu internationalement, faisait part de la méthode de soins qu’il avait engagée et qui donnait de bons résultats. Sa méthode faisait, le même jour que la promulgation de la loi d’urgence, l’objet d’un débat national non officialisé. Des chefs de service, pour l’essentiel provenant de l’AP-HP, éreintent la méthode du professeur Raoult avec des arguments de deux ordres : il n’a pas été fait de tests randomisés prouvant la validité des résultats annoncés par le professeur Raoult et d’autre part le médicament utilisé est dangereux et n’a pas d’AMM, autorisation de mise sur le marché. Les réponses sont évidentes pour les gens normaux : en guerre, on a peu de temps pour faire des tests et le médicament est utilisé par des centaines de millions de gens depuis qu’il existe. Il y a désormais le professeur Raoult et ses opposants. Deux clans inconciliables dont un sortira gagnant. C’est l’homme seul en apparence, qui l’emporte par ses résultats et par le soutien de l’opinion qui ne fera que grossir. Fin de partie. Sur le plan de la propagande. Les premiers à monter en ligne, Karine Lacombe, Gilbert Deray, Jean François Delflessy … vont abandonner, les seconds ne resteront pas trop longtemps. Il a fallu régulièrement alimenter le cheptel. Il n’empêche, que, manœuvrant dans l’ombre dans un premier temps, le ministère de la Santé se découvre pour soutenir la fronde anti-Raoult avec un entêtement inouï. Ce qui au premier abord est incompréhensible compte tenu du rôle d’un ministère, mais qui l’est moins lorsqu’on met l’argent en perspective. Ce sont des milliards qui peuvent être gagnés si un médicament est trouvé qui arrête l’épidémie. Dans cette hypothèse, le ministère de la Santé est sous la coupe d’individus prêts à tout pour obtenir des gains. Il faudrait connaître les portefeuilles d’actions des titulaires de la cabale et leurs rapports éventuels avec les paradis fiscaux (n’oublions pas Cahuzac, il est médecin, vénal, mais médecin). E. Macron lorsqu’il se rend à Marseille pour rencontrer le professeur Raoult laisse entendre qu’il le soutient. En réalité, il participe de la cabale. Ce comportement d’E. Macron se répète souvent. Il n’hésite pas à affronter l’adversaire. Certes, il a pipé les dés, mais il descend dans l’arène (Chef d’état-major, Gilets Jaunes, grand débat, personnel hospitalier…). Au vu des derniers résultats, le procédé va tomber.

La peur change de camp

Le professeur Didier Raoult qui a annoncé la fin de l’épidémie du coronavirus s’est de nouveau vu vilipendé par ses « confrères » mis en place par l’exécutif dans les médias pour continuer à ratiociner sur le rebond ou la deuxième vague de l’épidémie afin de maintenir la population sous pression. Derrière le soi-disant débat de spécialistes, il y a les cadavres. Arrive le moment où devra être fait le bilan de l’efficacité des uns et des autres. Le ministère de la Santé, les agences régionales, l’AP-HP devront rendre des comptes. La mortalité fut moins forte à Marseille qu’à Paris. Le pouvoir le sait. Déjà les plaintes se multiplient auprès des tribunaux. Un gendarme attaque sa hiérarchie pour ne pas l’avoir protégé pendant son service. Il y en aura forcément d’autres. Cette histoire n’est pas près de finir. Pour tous ceux qui sont impliqués, l’avenir n’est pas radieux. Ceux qui se sont refusés à utiliser la chloroquine devront expliquer leurs résultats désastreux et la raison. L’exécutif, conseillé par les plus mauvais experts qu’il s’est lui-même choisis, devra lui aussi expliquer les raisons de son choix. L’exécutif fera part de son constat d’avoir été mal conseillé pour faire porter le chapeau aux médecins. Médecins soutenus par l’ordre dans la mesure où celui-ci a menacé de radiation ceux qui préconisaient la chloroquine. Il faudra néanmoins s’interroger sur la profession et son organisation. Il n’est pas illégitime de se demander si nous n’avons pas dans les postes clés de ce ministère et de la corporation des individus chez lesquels l’argent a pris une telle dimension qu’ils sont prêts à outrepasser la règle commune et le serment d’Hippocrate.

Quelles propositions avancer ?

Remanier de fond en comble le ministère de la Santé, c’est-à-dire alléger la bureaucratie. Définir qui fait quoi et publier un organigramme clair et compréhensible, permettant de comprendre son action et ses liens avec les hôpitaux. Supprimer les Agences Régionales de Santé, qui sont des écrans entre le ministère et les hôpitaux. La suppression des ARS est une mesure de salubrité publique au vu de leurs actions durant l’épidémie. Revoir la Gestion des hôpitaux qui devront être dirigés par un médecin et qui devront associer le personnel aux grandes décisions ainsi que la population par l’intermédiaire de leurs élus. Leur bureaucratie sera forcément allégée par la fin des ARS qui ont forcément multiplié leurs correspondants dans les hôpitaux. Il serait peut-être judicieux de demander de dissoudre l’ordre des médecins, créature de Vichy, et, sinon agent militant de tous les coups tordus contre les soins des Français, au moins soutien de cette politique. Il n’est pas inenvisageable de quitter l’OMS comme l’a fait le président TRUMP, car il semble se vérifier que c’est aussi un siège de la corruption des laboratoires. Le financement de l’OMS par Bill Gates ne joue pas en faveur de l’institution.

La sortie de crise

Le pays sort très affaibli de la crise du coronavirus. « La France plus touchée que les autres » titre le figaro du 14 mai. Des entreprises sont restées plus d’un mois sans activité et sans facturation. Celles qui disposent de trésorerie tiendront le coup, mais beaucoup vont sombrer. Si on considère l’épidémie comme une guerre perdue, il faut considérer la fin de celle-ci comme une délivrance. Il faut nous retrousser les manches (la CGT porte le chapeau de la fermeture de Sandouville, alors que c’est l’application du droit du travail et de la décision des juges). En tout cas, le pouvoir ne souhaite pas être responsable de la non-mise en production d’une usine et de Renault dans la turbulence en particulier. Il faut partir du principe qu’il y a un coup de collier à mettre sur deux ou 3 mois pour rattraper le temps perdu. La bonne position serait d’être favorable aux heures supplémentaires à trois conditions : 1 – Les heures supplémentaires sont ouvertes aux volontaires 2 – Leur mise en place implique leur rémunération qui doit se faire selon le barème connu et utilisé avant la mise en place des 35 heures. À savoir de 35 à 48 h : 25% en plus ; de 48 à 52 : 50 % de majoration et au-delà jusqu’à 60 heures : paiement du double. 3 – Défiscalisation des heures supplémentaires pour les salariés.

L’exécutif veut relancer la consommation, voilà un bon moyen. À la libération, Maurice Thorez, un leader politique issu du Pas de Calais, avait demandé aux travailleurs volontaires de retrousser leurs manches, ce qu’ils ont fait pour redresser le pays. Il faut faire la même chose, et tenir compte de ce qui s’est passé ensuite. Pas de chèques en blanc pour les heures supplémentaires sauf à ces conditions.

José Evrard
député du Pas-de-Calais
le 22 mai 2020


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