COMITE VALMY

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10 Juillet 1940
NBH pour un bloc historique nouveau

dimanche 2 août 2020, par Comité Valmy


J. Duclos et M. Thorez

10 Juillet 1940

A l’occasion de l’anniversaire de l’ Appel de Duclos et Thorez le 10 juillet 1940 NBH propose à ses lecteurs deux ouvrages qui permettent d’appréhender cette période, ses difficultés, sa complexité, avec une vision d’historiens. Loin de l’anti-communisme bas de plafond mais aussi de l’hagiographie stérile, Serge Wolikow et Roger Bourderon nous offrent des pages remarquables de finesse et de vérité sur le contexte historique de cet événement et plus largement sur le positionnement des communistes durant la période 1939-1940. Positionnements devrions-nous dire tant les circonstances politiques, diplomatiques, militaires, nationales et internationales déterminent des analyses et des propositions différentes parfois divergentes et parfois convergentes.

Ainsi Serge Wolikow dans L’Internationale Communiste, le Komintern ou le rêve déchu du parti mondial de la révolution (Les Editions de l’atelier) montre combien les situations nationales très différentes se heurtent à la volonté d’une position uniforme que la direction soviétique et du Komintern tentent de faire prendre aux différentes sections de l’Internationale. Ainsi les Partis britannique, belge, italien, allemand connaissent des débats et parfois des affrontements du fait des pluralités objectives de situation. En France aussi le PCF est traversé de courants divergents. Marty, Cachin, Thorez ou Tréan n’ont pas la même lecture ni de la situation, ni même de l’orientation de l’IC. D’autant que le Parti français était victime d’une répression violente, que l’information circulait mal ou avec retard, que la désorganisation, ne faisaient que rajouter aux questions stratégiques.

Roger Bourderon dans La négociation. Été 1940 : crise au PCF (Editions Syllepse) montre également la difficile articulation entre l’élaboration d’une politique nationale et l’appartenance à l’Internationale, elle-même soumise à la direction soviétique. Sans rien cacher du changement stratégique imposé par l’IC, Roger Bourderon montre que la culture communiste forgée depuis les années 1930 imprègne les positions au-delà des divergences et dessinent les perspectives qui permettront aux communistes de jouer le rôle central qui fut le leur dans la Résistance.

Ainsi dans un autre de ses ouvrages Le PCF à l’épreuve de la guerre, 1940-1943, De la guerre impérialiste à la lutte armée, (Editions Syllepse) compare-t-il les appels de Tillon et de Duclos-Thorez :

"Dans l’appel Thorez-Duclos, le fascisme et l’occupant ne sont qu’en fond de tableau, comme la guerre impérialiste, présente mais pas directement évoquée. La dénonciation du fascisme est omniprésente dans la brochure de Tillon, comme celle de la guerre impérialiste. De fait, ces deux textes attestent d’une culture politique commune, avec une analyse de classe identique des origines de la guerre voulue par les impérialistes, une approbation sans réserve de l’attitude de l’Union soviétique et du Parti communiste, une perspective politique excluant la participation à la guerre et conditionnant la libération nationale à la libération sociale. Simplement, Tillon s’exprime dans la foulée du retour aux références antifascistes caractéristiques des publications de juin 1940 […]. L’appel Thorez-Duclos paraît alors que les négociations pour la reparution de l’Humanité sont toujours en cours - aussi, s’agissant de l’occupant, il est nettement en retrait sur la circulaire de l’Internationale du 22 juin. Mais sur le fond, les deux textes se rejoignent par leurs analyses et leurs propos sur la libération nationale demeurent incantatoires, car enfermés dans la lutte des classes et le renversement du capitalisme et refusant toute insertion dans la guerre. Chacun à leur manière, les textes de Tillon et de Thorez illustrent les impasses de la politique communiste de l’été 1940.

Ces textes, qui n’ont été connus à l’époque que par un petit nombre de militants – fort peu nombreux en cet été 1940 où le parti est exsangue – ne constituent pas des appels à la résistance au sens que le mot prendra. Encore ne faut-il pas les caricaturer : dans leurs limites évidentes, leurs contradictions, leur absence de perspective crédible, ils expriment un refus de la situation née de la défaite et de l’occupation et un rejet absolu de Vichy, dans un vocabulaire familier aux communistes depuis les années 1930. Ils incitent d’autre part à l’organisation et à l’action, en fonction là aussi de critères familiers aux militants, à commencer par l’intervention sur le lieu de travail. Au fil des semaines, ces éléments seront dominants pour ceux qui découvriront l’existence de ces textes". Le lecture de ces deux grands historiens du Parti communiste nous montre que l’histoire peut faire mal mais qu’elle est le seul moyen de comprendre les événements passés pour y puiser l’intelligence de notre temps.

NBH
13 juillet 1940


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