COMITE VALMY

Accueil du site > - L’UNION de la RESISTANCE, le CNR, son programme, NOS REFERENCES. > ORIENTATION STRATEGIQUE Résistance républicaine, patriotique et sociale - (...) > L’histoire s’accélère La révolution est -elle possible en France ? par (...)

Source : Blog Creil-avenir

L’histoire s’accélère
La révolution est -elle possible en France ?
par Jean-Paul Legrand

mardi 22 février 2011, par Comité Valmy


Selon un sondage publié par l’Humanité-Dimanche 58% des Français sont "au bord de la révolte". Le mécontentement est général, il gagne de jour en jour des milliers de gens. Les derniers chiffres du chômage montrent une explosion extrêmement inquiétante en particulier pour les privés d’emploi de longue durée. Beaucoup de citoyens sont exaspérés et prêts à manifester leur désaccord, leur refus du système, souvent déçus des dirigeants politiques et syndicaux qui ne les écoutent pas ou si peu, qui ne prennent pas en compte vraiment leur souffrance et se placent la plupart du temps dans le jeu politicien davantage préoccupées qu’ils sont par leurs postes, leurs fonctions électives. Pour les gens si la révolte peut s’enclencher, elle doit être utile et déboucher sur une vraie transformation. Des millions de citoyens cherchent l’efficacité, pas l’aventurisme ni l’impasse avec les tractations politiciennes actuelles qui sont le fort des grands partis politiques en particulier dans la perspective des élections présidentielles qui n’ont que l’objectif de donner un pouvoir démesuré à un seul homme alors que c’est le contraire qu’il faut faire : donner le pouvoir à des millions de citoyens qui connaissent la vie réelle du pays, qui le font fonctionner au quotidien.

Cette idée de donner réellement le pouvoir aux citoyens n’est absolument pas partagée par la majorité des responsables politiques parce qu’ils pensent que la plupart des citoyens en sont incapables, ou tout simplement parce qu’ils ne veulent pas partager le pouvoir et qu’ils veulent continuer à profiter du système.D’ailleurs ces mêmes responsables ont commis l’irréparable : en annulant au Congrès de Versailles le vote des citoyens contre la Constitution européenne, ils ont bafoué le suffrage universel, ils ont sali la démocratie et cela les gens ne l’oublient pas.C ’est un exemple significatif que les élections nationales ne sont respectées dans ce pays que si elles servent les intérêts des possédants. Depuis une grande partie de notre peuple a le sentiment que les élections n’apportent pas de solutions. Pour être efficaces, les citoyens ne doivent compter que sur eux-mêmes et s’unir dans la construction de liens sociaux, éducatifs, culturels et politiques qui les aident à gagner en autonomie vis à vis de tous les pouvoirs corrompus du système ou qui le soutiennent. Pour cela ils ont besoin de s’auto-organiser et de construire des espaces totalement indépendants du pouvoir et de ses relais, des lieux de réflexions et d’actions qui ne reproduisent pas les clivages politiciens mais soient de véritables bases démocratiques travaillant à préparer une nouvelle société, des lieux où chacun puisse venir sans être étiquetté, catalogué, rangé dans une catégorie. Des lieux où chacun puisse venir pour partager ses motivations, ses savoirs, et sa réflexion pour que la société devienne meilleure et vraiment humaine.

La crise pousse les consciences à mûrir dans le sens d’une volonté de transformation de la société mais pour cela les gens ont besoin de se rencontrer, de créer leurs propre moments et leurs propres espaces d’échanges où ils soient les acteurs de leur propre mouvement, les décideurs de leurs actions sans recevoir des directives, sans être sous la pression politique permanente de la propagande du pouvoir et des organisations politiques qui participent au simulacre de démocratie que sont les campagnes électorales où l’on demande aux gens de soutenir des candidats, de suivre des leaders, et rarement d’élaborer leur propositions en les confrontant à celles d’autres citoyens.

Le grand mouvement social de ces derniers mois est un début prometteur pour les prochains rassemblements. Il est resté cependant trop enfermé dans des conceptions syndicales et politiques traditionnelles même si des initiatives ont permis au mouvement de trouver en certains endroits une autonomie d’action où les citoyens ont commencé à s’auto-organiser. Les bureaucraties syndicales compromises avec le pouvoir n’ont pas aidé au développement de l’autonomie populaire, mais celle-ci est un patient travail, elle suppose de retisser des liens entre salariés et les millions d’exlus du travail et de la vie revendicative et politique : les jeunes du prolétariat des cités, les familles populaires, les millions de chômeurs qui sont la plupart du temps totalement isolés.

Cette autonomie populaire suppose aussi de cesser tous les sectarismes à l’encontre des travailleurs de catégories moyennes et supérieures qui sont de plus en plus victimes de la précarisation et de l’exploitation. 3 millions de personnes dans la rue c’est loin d’être suffisant pour prétendre imposer une autre politique et ce ne sont pas les élections à elles seules qui permettront que les forces du travail dirigent le pays. L’objectif est donc un mouvement d’ampleur à plusieurs dizaines de millions de citoyens, un mouvement que les politiciens craignent comme la peste car il posera inéluctablement la question d’une démocratie totalement repensée, où chacun aura voix au chapître, et où les besoins des gens pourront s’exprimer sans qu’on leur oppose à chaque fois une fin de non recevoir sous prétexte de fatalité de la crise capitaliste. L’objectif est de débarrasser notre pays de la domination capitaliste sur la production et de la libérer afin que les forces du travail coopèrent et répondent aux besoins du pays et du peuple, afin que la France puisse établir des relations internationales nouvelles fondées sur le développement et non sur le néo-colonialisme en particulier avec l’Afrique. La France dispose d’atouts considérables avec une expérience sociale et publique unique au monde héritée de la révolution française et de la politique du Conseil national de la résistance. Ses services publics, son système de protection sociale, ses grandes réalisations industrielles et technologiques, ses créations et découvertes scientifiques, elle les doit à l’ensemble de ceux qui travaillent et qui aujourd’hui voient leurs efforts, leur travail anéantis par la soumission de notre pays aux seuls intérêts des multinationales avides de rentabiliser les dividendes capitalistes. Tout cela conduit inéluctablement à un affrontement de classe qui a commencé et porte en lui de probables explosions dans les prochains mois, les prochaines années. Après tout, on a tellement dit aux gens que les révolutions n’étaient plus possibles, que lorsqu’elles éclatent les mêmes nous disent leur "surprise". Et pourtant le feu couvait sous la cendre et la propagande officielle ici et là-bas taisait la réalité.

Or, la crise va créer les conditions objectives de l’émergence de millions de gens dans les luttes. Celles-ci ne seront vraiment transformatrices que si les citoyens conquièrent leur autonomie et se nourrissent des meilleures idées et pratiques démocratiques, que si ils refusent toutes les divisions, que si ils condamnent les jeux malsains de la "classe politique" et s’unissent comme classe porteuse de perspectives pour l’ensemble de tous ceux qui ne supportent plus le système et qui sont la très grande majorité. La conscience que la nation est également bafouée appelle à agir pour une nation non pas refermée sur elle même aux orientations nationalistes mais à un ressourcement dans la tradition révolutionnaire internationaliste, d’une France porteuse des idéaux de la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, de celle de la Commune de Paris et de la résistance. La révolution est en ce sens possible en France, elle n’est pas le désordre annoncé, elle exige l’union sans sectarisme de toutes les couches de la population qui sont victimes du capitalisme, une lutte âpre et déterminée. Dans les mouvements de masse qui vont s’exprimer contre la politique du capital, qu’elle soit conduite par un représentant de droite ou de gauche, il y aura nécessité d’ une organisation du peuple autonome : celle-ci pourrait par exemple décider de la constitution de comités populaires d’initiatives pour la transformation, qui dans les entreprises, dans les quartiers aient l’objectif de rassembler largement et d’organiser démocratiquement les citoyens avec l’exigence exprimée dans les luttes de la seule alternative qui sauvera le pays de la destruction capitaliste : la socialisation démocratique de la propriété des grands moyens de production, d’échanges et de communication, avec l’objectif d’une modification profonde de toutes les institutions afin qu’elles puissent être dirigées et controlées par les citoyens.

Dans la continuité des grandes luttes populaires d’Amérique Latine et notamment de la révolution bolivarienne du Venezuela, les révolutions dans les pays arabes ne font que commencer. Elles sont porteuses de l’exigence universelle de démocratie. D’autres révolutions pourraient éclater en Asie où la classe ouvrière a progressé de façon considérable ces dernières décennies notamment en Inde et en Chine, ce serait un séisme mondial pour le capitalisme que dans ces pays les travailleurs fondent les bases d’une organisation de la production qui devienne auto-gérée et que la propriété des moyens de production devienne totalement celle de la nation. Les révolutions en cours montrent aux peuples du monde entier que le temps du désespoir est terminé et qu’ils peuvent, qu’ils doivent passer à l’offensive si ils ne veulent pas être contraints à toujours plus de sacrifices, voire à des dictatures sanglantes, à une barbarie planétaire toujours plus terrible.

Les circonstances sont en train de mûrir aussi en France pour aller vers un tel mouvement d’émancipation. A la faveur des prochaines luttes de masse, les idées d’organisation pour une véritable émancipation pourront grandir dans la réalité prenant appui sur les premières initiatives citoyennes des luttes de l’automne dernier. Les idées révolutionnaires encore bien minoritaires se concrétiseront par l’action et deviendrontt des forces transformatrices que si elles sont soumises à la critique et à la pratique des gens qui aspirent à changer la société. Le mouvement social et populaire en France recèle de très nombreux militants prêts à s’engager dans ce combat, des militants associatifs, syndicaux et politiques qui sont de plus en plus convaincus de cet indispensable besoin de rompre avec des pratiques désuètes, totalement dépassées que la gauche syndicale et politique continue de défendre mais qui ont mené à chaque fois aux échecs de ces dernières années.

J’entendais début janvier un élu de gauche me dire que Ben Ali serait indétronable et qu’il "mâterait le peuple". Je lui ai répondu que son appréciation n’était pas réaliste, qu’au contraire j’étais convaincu qu’on allait vers un changement profond . La réalité m’a donné raison. Depuis plusieurs mois j’ai expliqué que nous entrions dans une nouvelle ère, celle de la contradiction fondamentale entre une élévation de la productivité mondialisée jamais atteinte par l’Humanité et le système capitaliste qui étouffe les forces productives qui ne demandent qu’à se libérer de l’exploitation.

Ces facteurs fondamentaux de la réalité contemporaine ne resteront plus dans l’ombre et vont gagner des millions de consciences,en cela l’idée de la révolution mondiale a commencé à gagner sur notre globe des millions d’hommes et de femmes qui travaillent déjà dans leur propre pays à ce que la démocratie devienne le pivot des rassemblements transformateurs, le XXIème siècle sera celui de l’émergence de tous les peuples du monde exigeant leurs droits humains et démocratiques confrontés à l’impossibilité du capitalisme d’y répondre et donc à l’explosion de révolutions inéluctables. Agissons pour que l’intelligence humaine soit au service de la coopération et de l’émancipation des hommes et des femmes de cette planète, agissons pour que les peuples fraternisent et rejettent la concurrence criminelle du capitalisme. Un monde nouveau peut naître, l’occasion historique se présente pour que nous agissions afin qu’il en soit ainsi.

Jean-Paul Legrand

1 Message

  • Très bien. Qu’attendons-nous pour prendre l’initiative ? La loi n’interdit pas encore les débats publics et si le sondage mentionné au début de l’article signifie vraiment quelque chose, il est grand temps d’en organiser. La loi n’interdit pas encore les initiatives solidaires et si les premiers concernés sont effectivement ceux qui sont privés d’emploi et de lien social, il est aussi grand temps de créer des structures où ils puissent à la fois trouver du soutien, se retrouver pour débattre et commencer à s’organiser pour défendre leurs intérêts. Rien de tout cela ne requiert beaucoup d’énergie ni de moyens. Il n’y a aucun besoin d’attendre une très hypothétique levée en masse, ni même d’être nombreux pour engager des mouvements, il faut juste que les gens y voient un intérêt et s’il y a véritablement une demande, il est temps d’apporter une offre.

    La question demeure de savoir s’il y a vraiment une demande et si quelqu’un est disposé à la satisfaire. A cet égard, il convient de ne pas omettre un facteur déterminant dans tout processus révolutionnaire, quel que soient le sens et la profondeur que l’on donne à ce mot : l’idéologie dominante. La France est très profondément gangrénée par l’idéologie petite bourgeoise, très réactive à la peur et aux sentiments de frustration mais définitivement hostile à la remise en cause de ses valeurs. Cette idéologie, dont il conviendrait par ailleurs de déterminer l’origine profonde, fait historiquement le lit du fascisme, notamment en période de crise. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’est pas l’apanage de la classe moyenne mais touche l’ensemble l’ensemble du système de pensée et des repères en cours dans notre société, elle est strictement parlant aliénante et elle a pour effet un éternel retour à une morale de l’oppression et à l’exploitation. Il existe une profonde tendance à attendre l’homme, le mouvement ou le moment providentiel et celle-ci est le véritable obstacle à l’initiative révolutionnaire. Il ne s’agit pas de retrouver un monde perdu mais de créer les conditions pour un monde nouveau. Seulement, la liberté fait peur et sa conquête requiert comme préalable nécessaire l’abolition intégrale des anciens systèmes de pensée et de tout ce qui va avec. Nombreux sont ceux qui souhaitent bénéficier à nouveau des maigres droits dont ils avaient coutume de bénéficier, beaucoup moins nombreux sont ceux qui voient la nécessité d’un changement proprement radical qui ne peut être le fruit que de leur propre volonté et pour lequel il faut prendre des risques.

    Révolution n’est pas synonyme de prise de pouvoir. Il n’y a pas de révolution sans changement d’idéologie, ni de changement d’idéologie sans changement de culture. Voilà pourquoi le débat est nécessaire.

    AdSL


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette