COMITE VALMY

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χρόνια πολλά ! Joyeux anniversaire Mikis
par Antoine Manessis.

lundi 3 août 2020, par Comité Valmy


Mikis Théodorakis

χρόνια πολλά ! Joyeux anniversaire

Mikis Théodorakis a eu 95 ans le 29 juillet dernier.

Le plus grand compositeur grec du XXe siècle et l’un des plus grands du monde est né le 29 juillet 1925 sur l’île de Chios. Sa vie se confond avec celle du peuple grec. Une lutte longue, dure, âpre, souvent sanglante pour "le pain et les roses", l’indépendance de la patrie et l’émancipation des ouvriers, des paysans, du peuple hellène.

Chez lui la lutte s’exprime par ses engagements militants et sa création artistique.

Son oeuvre musicale est immense, universellement reconnue et d’une grande diversité (Opéras, cantates, symphonies, oratorios, chansons populaires...). Les textes dont s’inspire la musique de Théodorakis sont, entre autres, des poèmes de Pablo Neruda, Lorca ou Yanis Ritsos. L’actualité et les combats des Grecs lui inspirent aussi une grande partie de ses œuvres. Ses chants deviennent des hymnes de lutte qui saluent les héros et martyrs du peuple grec. Mais aussi la vie, l’amour, la Grèce.

Mikis s’engage très jeune dans la vie de la cité. Il est partisan de l’ELAS (armée populaire de libération nationale) et de l’EAM (front de libération nationale). Il devient alors communiste. Il est arrêté et torturé par l’occupant. Battu à mort dans une manif par la police il est cru mort et envoyé à la morgue....Lorsque Churchill et les monarcho-fascistes grecs provoquent et gagnent la guerre civile, Théodorakis est de nouveau arrêté et déporté au camp de Makronissos. Le régime de terreur (il est torturé sans cesse et deux fois enterré vivant) qui y règne marque à vie l’artiste et le citoyen. Dans les années 1950 il entame la renaissance de la musique grecque et suscite une révolution culturelle dans sa patrie dont les conséquences persistent toujours.

Le coup d’Etat fasciste et le régime des Colonels, téléguidés par la CIA, amène Théodoarkis dans la clandestinité (sa musique est interdite) puis de nouveau en prison et enfin il est déporté au camp de concentration d’Oropo. Finalement il est exilé sous la pression internationale (exigent sa libération : Dimitri Chostakovitch, Léonard Bernstein, Arthur Miller et Harry Belafonte...entre autres).

Mikis rentre en Grèce à la chute de la Junte et continue son oeuvre mais aussi ses activités politiques de citoyen. Contre le fascisme, contre l’anticommunisme qui amalgame le régime soviétique et le fascisme, pour la Palestine, contre la guerre de l’OTAN contre la Serbie, contre le bradage des intérêts nationaux en Macédoine et contre l’étranglement social et humain du peuple grec par la sinistre Troïka (UE, BCE, FMI). Theodorakis a composé plus de mille mélodies. Ses œuvres appartiennent maintenant au patrimoine culturel, non seulement de la Grèce, mais du monde.

​​​​​​​Encore récemment les droites en Grèce et même en France (Juppé, Copé...) ont tenté de l’accuser d’antisémitisme (c’est devenu une saloperie "classique" pour déconsidérer une personnalité de gauche) et en on profité pour accuser JL Mélenchon d’entretenir des "relations sulfureuses avec des personnalités antisémites, comme le compositeur grec Mikis Theodorakis" (Juppé, un condamné pour prise illégale d’interets !...) . Il riposte :

" Je suis Grec et fier de l’être, car nous sommes le seul peuple en Europe qui, pendant l’occupation allemande (1941-1944), non seulement n’a pas exercé de poursuites contre les juifs mais, au contraire, les a aidés à vivre et à survivre avec tous les moyens dont nous disposions. À l’époque, j’étais moi-même partisan de l’Armée populaire de libération et je me souviens que nous avions pris sous notre protection de nombreuses familles de juifs grecs, que nous nous sommes souvent battus contre les SS pour les sauver et beaucoup d’entre nous l’ont payé de leur vie […] Donc, me qualifier de raciste et d’antisémite n’est pas une simple calomnie, mais l’expression de la pire bassesse morale, issue le plus souvent de cercles proches d’organisations et d’individus opérant dans la mouvance du néonazisme et auxquels la crise a permis de relever la tête pour nous menacer et – incroyable, mais vrai – nous accuser, eux, d’antisémitisme en utilisant un arsenal de mensonges et de déclarations insidieuses !"

Alors χρόνια πολλά, excellent anniversaire, Mikis ! Ké sta ekato (et à cent ans) comme on dit en Grèce.

Antoine Manessis
31 Juillet 2020

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