COMITE VALMY

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De l’indépendance à la démocratie : une anatomie de la mondialisation néo libérale
par Alain Jejcic

dimanche 27 février 2011, par Comité Valmy


Une déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 :

"De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d’une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle".

En juin 1991, David Rockefeller reprenait à son compte cette affirmation qu’il complétait en affirmant que : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial".


A présent, une vingtaine d’années après son lancement, la mondialisation manifeste de plus en plus clairement ses effets alors que la cohérence de sa mise en œuvre demeure très largement soustraite aux yeux du public. Dans le chaos savamment orchestré – le chaos déterministe, disent les physiciens - où elle opère, il importe de mettre de l’ordre. Un livre, publié à Belgrade sous la forme de samizdat, introduit une quelque clarté dans cette problématique opaque. Dragan Filipovic, son auteur – un ancien haut responsable des services secrets yougoslaves -, distingue quatre niveaux dans la structure à l’origine de la mondialisation.

Le premier niveau est celui du « Gouvernement global » qui assume la conception et la direction des processus globaux, le deuxième est celui des Gouvernements des états les plus développés qui harmonisent et mettent en forme les directives issues du « Gouvernement global », le troisième est constitué par les organisations internationales telles que l’Otan, les Nations unies, le FMI qui sont chargées de la réalisation effective des projets globaux et enfin – le quatrième niveaux – est formé par le réseau serré des organisations non gouvernementales, le segment le plus bas de la construction, qui est chargé de faire accepter sur le terrain la mise en œuvre des projets conçus par le « Gouvernement global ».

L’ensemble est remarquablement cohérent puisque les tâches de conception, d’harmonisation, de mise en œuvre et d’explication sont bien séparées tout en étant soigneusement coordonnées ; en effet, à la base, le dollar roi règne en maître, soutenu par une idéologie dont la structure se dévoilera au fur et à mesure des développements proposés.

*Premier niveau de la domination globale : « un gouvernement mondial unique » *

Encore récemment, l’existence d’organismes supranationaux chargés de coordonner les actions des gouvernements occidentaux n’était guère prise au sérieux. En mettant en avant leur coté occulte et mystérieux, on tachait de distraire le public afin qu’il n’y prête pas attention.

Cependant, de temps à autre, quelques affaires d’espionnage où des déclarations ou publications d’individus repentis livraient au public des indications sur ces groupements informels et secrets qui, tapies dans l’ombre des salons oligarchiques, dirigent nos destinés dans leurs moindres détailles.

A présent, on connaît leur existence, on sait où et quand ils se réunissent et même on est au courant des sujets qu’ils débattent. On connaît la Trilatérale d’obédience américaine, le groupe Bilderberg lié à l’Union Européenne et le Comité 300 à dominante britannique.

Ensemble, ces groupuscules rassemblent quelques centaines d’individus autour d’un objectif commun : la mise en place d’un gouvernement mondial. Des leaders politiques occidentaux, des membres de familles régnantes européennes, des industriels, des banquiers, des propriétaires de médias y élaborent des compromis et prennent des décisions dont le poids et la porté dépassent en importance les décisions de leurs gouvernements respectifs. Comment font-ils, d’où tirent-ils leur légitimité ?

Il suffit de nommer le nom des deux personnalités à l’origine de la Trilatérale, David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski, pour savoir que c’est l’alliance de la plus considérable puissance financière du monde et du savoir dépourvu de toute assise morale qui, tout à la fois, oriente, justifie et confère le caractère impératif à leur initiatives. C’est en effet elle qui fonde la croyance des quelques centaines d’individus pour agir de la sorte ; seuls eux sont à même de connaître les besoins de l’humanité et, par voie de conséquence, de prendre les mesures qui s’imposent.

Bien que de nombreuses voix au sein de sérail se font entendre pour proclamer que le temps de la mise en place officielle du « Gouvernement mondial unique » soit venu, le fait est que les conditions de sa réalisation effective n’étant pas réunies, le GMU n’est toujours pas là.

Deux contradictions semblent freiner le processus. La première, endogène, est plutôt de nature subjective, la deuxième, exogène, est objective. La première se nourri des oppositions internes des tenants de la globalisation ; ils ne parviennent pas à surmonter les multiples malentendus, nés, la plupart du temps, de la propension américaine à vouloir assumer seuls la conduite des affaires. La deuxième, beaucoup plus redoutable, trouve son origine dans l’état du monde tel qu’il est et dans le projet tel qu’il est conçu. Ainsi, aussi bien la Chine que la Russie, deux puissances militaires considérables, sont exclues de projet de la « gouvernance » mondiale. Alors, de deux choses l’une, soient les ambitions du projet sont revues en baisse – il n’y a plus de GMU -, soient elles sont maintenues, auquel cas c’est un projet dangereux qui, par la force des choses, conduit à la guerre.

Toutefois, malgré toutes les contradictions, la volonté des cercles oligarchiques de former un « Gouvernement mondial » demeure inébranlable. Pour l’instant, obligée de recourir à l’action politique clandestine, elle se contente d’un Gouvernement mondial informel.

*Deuxième niveau de la domination globale : les gouvernements des puissances occidentales. *

Les avis, les plans, les instructions, les ordres du « Gouvernement mondial » sont mis en œuvre sous la forme de décisions et communiqués officiels des principaux porte-paroles du Nouvel ordre mondial à savoir les gouvernements des Etats unis, des pays de l’Union Européenne et du Japon.

Le rôle dirigeant est assumé par les Etats Unis et son administration étatique dont la politique étrangère s’identifie aux objectifs du Nouvel ordre mondial. Selon nombreux observateurs, l’administration américaine agi d’ores et déjà comme le gouvernement mondial. Toutefois, des critiques se font entendre à l’intérieur des US qui n’émanent pas des seuls cercles anti mondialistes mais, comme ils ressortent à la contradiction du local et du global, sont formulés par des milieux attachés au /American way of life/. En tout état de causes, un fait est certain : les Etats Unis sont le principal soutien et réalisateur de la politique de la « dictature globale » et ses dirigeants politiques se conduisent de plus en plus comme les maîtres du monde.

Concernant l’Union Européenne, la situation est différente bien que son adhésion aux objectifs globaux soit encore plus marquée. A cet égard, il convient de se rappeler que l’Union Européenne a partie liée avec le Groupe Bilderberg et que, par conséquent, son assujettissement aux objectifs globaux est pour ainsi dire inné. La Commission européenne, bien que subordonnée à l’administration américaine, joue néanmoins un rôle important sur la scène internationale surtout lorsqu’il s’agit de questions concernant le continent européen et, au-delà, de l’Eurasie.

Comme l’Union Européenne est une communauté régionale d’états, les contradictions qui l’agitent proviennent de l’hétérogénéité de ses membres. Cependant, force est de constater que pratiquement toutes les formations politiques européennes, quelque soient leurs pays d’origines, adhèrent aux objectifs globaux alors que les populations sont de plus en plus rétives. La contradiction se niche donc au cœur même du système politique, ce qui est apparu particulièrement évident à l’occasion des référendums français et hollandais.

Nonobstant toutes les contradictions, les gouvernements des pays occidentaux se font les exécutants zélés des prescriptions du GMU. Pour ce faire, une fois leur intervention requise, ils recourent à une mécanique bien rodée. Ainsi, dans un premier temps, ils pointent un problème réel ou, le plus souvent, un problème qu’ils ont eux-mêmes imaginé pour ensuite, dans un deuxième temps, proclamer que leur sécurité ou leurs intérêts nationaux sont menacés, suite à quoi, ils en appellent à la « communauté internationale », pour exiger soit des « changements démocratiques » soit une intervention armée pour abattre « le tyran ». Alors, une intense campagne médiatique est orchestrée afin de convaincre leurs opinions publiques du bienfondé de leur conduite. Puis, à partir du moment où les sondages d’opinions montrent que leurs explications sont, peu ou prou, acceptées, ils passent à la réalisation effective des plans. Leurs interventions se déroulent au nom de la « communauté internationale » en se prévalant « des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie ». Enfin, les organisations internationales prennent le relai alors que les administrations étatiques occidentales se retirent progressivement tout en gardant la haute main sur le cours des événements.

*Troisième niveau de la domination globale : les organisations internationales*

La mise en place effective du Nouvel ordre mondial est entièrement du ressort des organisations internationales telles que l’OTAN dans le domaine militaire, le FMI dans le domaine financier et l’ONU dans le domaine politique. Leur caractère intrinsèquement international les autorise à présenter leurs actions comme relevant du bien commun alors qu’elles dépendent financièrement des gouvernements occidentaux et qu’idéologiquement elles leurs sont consubstantielles. Elles ont pour mission, suivant les projets globaux du moment, de provoquer des crises, de les canaliser pour en aiguiser les contradictions, puis, d’organiser l’intervention directe afin de résoudre les problèmes qu’elles ont elles mêmes crée. Cela faisant, elles profitent de l’occasion pour s’installer durablement dans la région et exercer le contrôle de la politique locale en accord avec les besoins des commanditaires occidentaux.

L’OTAN, le bras armé du nouvel ordre mondial, constitue la seule formation militaire globale ; ce fait même indique la place qu’elle tient dans la réalisation des objectifs des grandes puissances occidentales. Lorsqu’on considère cette organisation, il faut bien avoir présent à l’esprit qu’il n’en va pas uniquement d’un extraordinaire arsenal militaire mais aussi d’un ensemble de services de renseignement et de sécurité parfaitement coordonnés complété par des moyens logistiques de tout ordres. Il s’agit donc d’un dispositif militaire face auquel les petits pays moyennement développés se retrouvent complètement démunis.

A ce jour, les interventions de l’OTAN ont suivi des scénarios divers donnant lieu à des engagements d’intensités variées. Ainsi, par exemple, lors de la phase initiale du démembrement des pays socialistes de l’Europe de l’est, l’OTAN a joué un rôle secondaire en se limitant aux seules menaces adressées aux armées locales pour qu’elles n’interviennent pas dans les changements en cours. C’est lors de la crise yougoslave que l’OTAN, pour la première fois, apparaît pleinement comme une force militaire d’agression.

A tous les stades de la crise l’OTAN est là ; qu’il s’agisse des préliminaires avec des actions subversives accomplies par des unités spéciales, qu’il s’agisse des provocations directes afin de provoquer l’escalade du conflit bosniaque, qu’il s’agisse de la province septentrionale serbe, le Kosovo, où l’intervention des services secrets a préparé l’intervention militaire en 1999 et, enfin, l’occupation d’une partie du territoire yougoslave. Comme la réaction de l’opinion publique mondiale n’a guère été à la hauteur de l’événement, les grandes puissances occidentales en ont conclus que désormais il ne fallait plus perdre de temps pour des finasseries politiques avec des régimes récalcitrants. Ainsi, dès le mois d’octobre 2001, l’Afghanistan était envahi par des troupes de l’OTAN sous prétexte de chasser les Talibans qu’ils avaient eux mêmes mis au pouvoir quelques temps auparavant.

Et, moins de deux ans plus tard, en 2003, c’était au tour de l’Irak d’être la cible d’une intervention militaire de l’OTAN. En ce début 2011, l’Afghanistan et l’Irak sont toujours occupés. Si on ajoute à ces deux pays la Bosnie et le Kosovo, où des forces internationales continuent à être stationnées, se dessine devant nous une situation internationale inédite en tous points inquiétante. Elle nous indique la place qu’occupe désormais la force militaire dans la stratégie des puissances occidentales ; par son caractère multinational l’OTAN n’est pas au service d’une politique particulière mais sert des objectifs globaux qui dépassent largement les conflits inter étatiques classiques. Nous n’en sommes donc plus à la fameuse « politique par d’autre moyens », puisque la force militaire a pénétré en profondeur la politique. Les deux ne sont plus discernables ; la militarisation de la politique internationale fait que la guerre soit devenue pour ainsi dire un état permanent.

Cependant, la menace d’une intervention militaire avec l’occupation à la clef n’est pas le seul défi auquel sont confrontés les états indépendants. Ceux qui, possédant des équipements militaires capables d’opposer à l’OTAN une résistance qui lui fait craindre des pertes importantes ou dont l’étendue territoriale n’est guère propice à une occupation militaire permanente, sont l’objet d’un traitement spécifique. En effet, les stratèges occidentaux ont élaboré des solutions alternatives, voire complémentaires à l’option strictement militaire. Partant du constat que les oppositions entre les états avaient profondément changé – compte tenu de la tension qui désormais obère les relations internationales -, ils conçurent que les conflits ne prendraient plus forcément la voie d’une confrontation militaire mais manifesteraient leur violence y compris dans le domaine économique (embargo commercial, liste de produits interdits à l’exportation, ouverture de la production nationale à la concurrence internationale etc). C’est en prenant acte de cette réalité nouvelle que fonctionne désormais l’autre grande organisation au service du Nouvel ordre mondial : le Front Monétaire International.

Le FMI, grande puissance supranationale dont l’emprise s’étend aux autres grandes institutions financières (Banque Mondiale, Banque Européenne, etc), applique à sa façon les plans de la « dictature globale » ; ses conséquences politiques dépassent souvent les résultats obtenus par des interventions militaires. En effet, dans le monde globalisé par les traités de commerce multilatéraux, les flux financiers imposent leur logique. Plus aucun état, aussi puissant et riche soit-il, n’échappe aux contraintes du marché financier ; la plupart dépendent des crédits que leur délivrent les institutions financières internationales. Aussi, c’est là qu’intervient la nouveauté : les attributions de crédits sont assorties de conditions politiques draconiennes. Ainsi, les états n’ont guère de solution, soit ils acceptent les crédits en appliquant les réformes sociales et économiques préconisées par le FMI, soit ils refusent et sont dès lors soumis à des sanctions aux conséquences catastrophiques. De toutes façons, le résultat final n’est guère différent : dans le deux cas le pays en question est plongé dans une crise économique suivie d’une crise sociale et politique ouvrant au pouvoir global la possibilité d’en prendre directement le contrôle.

Si l’OTAN est l’agent de la militarisation de la politique internationale on peut dire que le FMI est l’agent de la politisation des échanges économiques internationaux. Les deux forment la paire tant vont-ils bien ensemble. Lors d’un embargo décrété par la « Communauté internationale » ou d’une transition vers la « démocratie » sous conduite du FMI, l’OTAN est là qui veille au grain, de même, lors des préliminaires aux engagements militaires de l’OTAN, c’est le FMI qui assure la couverture du volet économique des préparatifs.

L’ONU est la troisième organisation internationale au service du Nouvel ordre mondial, son rôle est de légaliser les activités des deux autres, citées précédemment, au regard de la règle internationale. Fondée en 1945 dans le but d’assurer la paix dans le monde, elle est aujourd’hui un facteur clef de la mise en œuvre de la « dictature globale ». Comment en est-on arrivé là ? Très simplement, en instaurant sa dépendance financière vis-à-vis du capital occidental avec, de manière collatérale, la corruption de ses responsables. Des affaires mettant en cause plusieurs secrétaires généraux font pressentir l’étendue de ce mal dont on a pourtant bien du mal à mesurer les effets. Toujours est-il qu’asservie à la stratégie des grandes puissances occidentales, l’ONU participe à tous le niveaux de la mise en œuvre effective de leur politique. C’est au nom de l’ONU que l’OTAN envoie des missions humanitaires pour palier aux effets des crises dont elle est à l’origine, c’est également au nom de l’ONU qu’elle occupe des pays par l’intermédiaire de contingents de casques bleus. A présent, l’ONU est discréditée. Pour la majorité des nations qu’elle représente, du moins nominativement, elle est inutile si ce n’est carrément nuisible.

Si le rôle de l’OTAN, du FMI et de l’ONU est essentiel pour la réalisation des objectifs du GMU, il n’est pas moins vrai que, pour répondre aux impératifs de la « gouvernance » globale, celles-ci sont contraintes de modifier leurs feuilles de route d’origine. Les glissements opérés sont importants puisqu’ils dessinent une nouvelle donne internationale. La militarisation de la politique qu’introduit l’OTAN, la politisation des échanges commerciaux que met en œuvre le FMI et la corruption et la vénalité qui soutend l’action de l’ONU en sont les principales caractéristiques. Toutefois, les milieux dirigeants occidentaux ne se contentent pas uniquement de dévoyer, de corrompre, les organisations internationales déjà en place ; ils innovent en créant des organisations qui n’existaient pas jusqu’alors. Leur principale invention : les Organisations Non Gouvernementales.

*Quatrième niveau de la domination globale : les organisations non gouvernementales.*

La mission fondamentale des ONG est de dissimiler la nature foncière des événements auxquels ont affaire les populations des pays victimes de la « gouvernance globale ». L’essence de leur activité est subsumée par l’épithète « non gouvernementale ». En effet, dotées de cet attribut, elles disposent, par avance, du monopole de l’impartialité politique. Elles apparaissent donc formellement apolitiques et, en tant que telles, ont accès à tout. Leurs interventions portent l‘empreinte humanitaire et pacifiste et, comme de plus, elles font montre d’attention pour les problèmes des populations locales, elles sont toujours bien accueillies. Les populations et les états des pays, où elles déploient leurs activités, les considèrent favorablement. Elles leur apparaissent, du moins au début, comme devoir contribuer à résoudre les problèmes sociaux auxquels ils sont confrontés. Lorsqu’on découvre le contexte politique de leurs interventions, il est souvent trop tard car elles font déjà partie du paysage politique et social du pays.

La plupart du temps les ONG interviennent sous patronage de l’ONU. Leurs actions sont ainsi légalisées par la plus haute instance politique internationale. Dans l’Agenda pour la paix – document officiel préparé par le secrétaire général de l’ONU de l’époque, Boutros Ghali, formalisant l’adhésion de l’ONU aux objectifs du GMU dès 1992 - il est dit que le maintien de la paix désormais requérait « l’attention et les efforts concertés des États – qui demeuraient la pierre angulaire de l’édifice – des organisations régionales et non gouvernementales et du système des Nations Unies dans son ensemble ». Placées ainsi au premier plan des intervenants potentiels par l’ONU, les organisations non gouvernementales sont de facto accréditées auprès des « Nations dans son ensemble ». Leur présence ne saurait être discutée et encore moins refusée par les états membres, les pays du monde entier se doivent de les acceuillir.

La deuxième voie de légalisation des activités des ONG passe par les fondations. Dissimulées derrières des idéaux humanitaires, sociaux voire même scientifiques, celles-ci sont souvent liées à des personnalités de premier plan à l’instar de Ford, Fulbright ou Soros. Les ONG bénéficiant de leurs soutiens sont de ce fait bien reçues même si les relations avec le gouvernement local passent par un intermédiaire le plus souvent notoirement corrompu. Contrairement aux « humanitaires » agissant sous le label onusien pour proposer des réponses à des questions posées par l’actualité, les activités des personnels appartenant aux fondations sont conçues à plus long terme, elles suivent des stratégies bien élaborées où l’éducation des futures cadres du pays prend une place importante. Si les « humanitaires » sont présents partout, l’implantation des fondations obéit à des impératifs rigoureux où la stratégie globale apparaît en filigrane.

Concernant la question du couplage des activités des ONG avec les autres niveaux de la « gouvernance » mondiale il convient de retenir les deux points suivants :

Premièrement, les fondateurs et les financiers des ONG les plus connues, en particulier des fondations, figurent au sommet de la hiérarchie sociale occidentale. A vrai dire, ils appartiennent, pour la plupart d’entre eux, au petit groupe oligarchique qui prétend devenir le GMU.

Deuxièmement, les ONG sont obligatoirement partie prenantes tout au long du processus d’intervention dans un pays donné, elles collaborent directement avec les organisations internationales, à savoir l’OTAN, le FMI et l’ONU, dont elles assurent sur le terrain les services de renseignements, de subversion et de propagande. Le plus bas étage de la structure de la domination globale, les ONG sont tout à la fois la principale innovation organisationnelle que le GMU a imaginé pour réaliser ses ambitions et sa marque déposée : la privatisation des affaires publiques. Ainsi, si à la base de la « gouvernance globale » les ONG occupent une position clef, elles en expriment également le parti pris fondamental, en un mot sa philosophie.

*Un exemple de mise en oeuvre des quatre niveaux de la domination globale : le nouvel ordre mondial. *

A partir de ce qu’il vient d’être dit on peut imaginer un cas d’espèce montrant la manière d’agir des agents de la domination globale. L’histoire récente nos fourni de nombreux exemples, on y retient certains éléments caractéristiques pour décrire les étapes suivantes :

a) L’oligarchie globale donne des indications concernât la région et le pays où il convient d’intervenir. Le terrain est aussitôt investi par une ONG dissimulée derrière une mission de santé publique, culturelle ou scientifique dans le cadre d’une collaboration internationale.

b) Seule ou avec l’aide des services de renseignements de l’OTAN, l’ONG localise un problème susceptible d’être taxé comme une crise ou bien, après quelques manipulations, se transformé en une véritable crise. Les pays sous-développés ou moyennement développés abondent de ce genre de problèmes, l’affaire se résume en fait à donner une détermination idoine au problème choisi : incident inter ethnique, répression policière d’un meeting de protestation, irrégularités lors d’un scrutin électoral, règlement de compte entre bandes rivales de narcotrafiquants, expulsion de journalistes occidentaux etc. Bien que les exemples mentionnés dans leurs essences ressortent à la problématique politique interne du pays considéré, l’ONG dans sa volonté de bien faire se manifeste au nom des « doits de l’homme » et des « libertés démocratiques » et en appelle à la « communauté internationale » afin que quelque chose soit entrepris. Ses accusations sont exclusivement dirigées contre les autorités locales.

c) Après une courte mais intense campagne de propagande sur le thème retenu en mobilisant des dizaines d’autres ONG de part le monde, c’est au tour de l’administration américaine à Washington de monter sur le devant de la scène. Le problème interne d’un pays jusqu’alors peu connu devient un acte mettant en danger « les intérêts et la sécurité nationale américaine ». Le problème est soumis à l’appréciation des institutions internationales.

d) L’ONU lance des appels « à la paix « et recommande « la retenue » en ne prenant aucune mesure concrète pour résoudre le problème ; le temps que le FMI installe l’embargo économique et que l’OTAN accumule des forces militaires dans la région. Pendant ce temps, les ONG s’efforcent d’aggraver la situation en propageant des nouvelles alarmantes, la plupart du temps mensongères, mais obtenus auprès d’informateurs « sur place ».

e) La campagne médiatique se concentre rapidement sur un événement fictif, déployé au gré d’une mise en scène qu’orchestre une ONG dument accréditée. On s’attend à ce que la brutalité de la scène suscite un vaste mouvement de réprobation dans l’opinion publique mondial. Le Gouvernement américain demande qu’on agisse, l’ONU envoie des émissaires auprès des responsables politiques du pays concerné pour qu’ils se retirent afin d’éviter la guerre et sauvegarder la paix. Au cas où ils s’exécutent, l’OTAN, sous la bannière de l’ONU, occupe le pays pour « stabiliser la situation ». Dans le cas contraire, l’armada de l’OTAN agresse le pays sans autre forme de procès alors que, dans l’interval, le Conseil de Sécurité déclare que l’intervention est légitime.

f) Les ONG s’engagent en grand nombre afin d’aider et accélérer le « processus démocratique ». Parmi leurs sympathisants locaux, elles choisissent un marginal, souvent un ancien boursier du gouvernement américain, qu’elles mettent au pouvoir. Elles l’entourent de conseillers issus de leurs rangs qui l’incitent à mener une politique de soumission totale à la domination globale. Le pays est occupé par l’OTAN et le FMI l’ouvre aux investisseurs occidentaux qui s’emparent de ses ressources. Les populations locales se muent en citoyens de seconde zone – ils viennent de faire connaissance avec la démocratie.


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