COMITE VALMY

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« L’alibi » de la Libye
Otan en emporte le vent des sables…
Jean Lévy

dimanche 27 février 2011, par Comité Valmy


Les médias, en parfait mimétisme avec les dirigeants de l’Union européenne et ceux des Etats-Unis, ont revêtu leur battle-dress, chaussé leurs rangers et ajusté leurs casques :

Ils annoncent comme envisageable, une intervention militaire européenne en Libye, sous couvert « des Nations Unies ». Cette opération pourrait prendre la forme du contrôle aérien du ciel libyen par l’Otan, pour « protéger la population des menaces » du colonel Kadhafi.

Cette perspective correspond elle à une réalité sur le terrain ?

Toutes les informations, que l’on nous donne, font état de l’isolement du colonel Kadhafi dans « son bunker » à Tripoli. Une partie de la capitale serait même, nous dit-on, aux mains des insurgés. Et le reste du pays serait « libéré ».

A quoi rime, dans ces conditions, l’opération militaire envisagée ?

Il est vrai que l’authenticité des nouvelles prête à caution.

Le Monde s’en fait l’écho : dans un long article intitulé « A Benghazi, les Libyen retrouvent la parole après avoir durement gagné leur liberté », le quotidien du soir, daté du 26 février, est contraint de mettre lui-même un bémol à ses affirmations. Ainsi, Cécile Hennion, citant les propos d’un témoin qui décrit : « l’une des résidences secrètes du colonel Kadhafi ou l’un de ses fils », ajoute : « rien ne permet d’étayer (son) affirmation… ».

Et la conversation se poursuit avec un autre témoin : « Quand bien même, ce ne serait pas la vérité, commente un distingué professeur, ce ne serait pas si grave ».

On mesure ainsi le sérieux des nouvelles distillées aux Français.

Alors, pourquoi tout ce tintamarre autour de Kadhafi, et de la nécessité de châtier ce « criminel », alors que l’on juge tout à fait naturel le fait que les comparses des truands-dictateurs, Ben Ali et Moubarak, restent en place en Tunisie et en Egypte ?

Pourtant, du temps où ceux-ci étaient de « très bons amis de la France », où ils torturaient, à qui mieux-mieux, les opposants, les massacrant au besoin, l’élite européenne (des politiques aux médias), n’y voyait alors pas de quoi fouetter un chat.

Ils ne les menaçaient point du Tribunal Pénal International.

« Les affaires sont les affaires », comme on dit. Vérité d’hier et d’aujourd’hui, au Burkina Faso (voir l’article sur notre blog) comme au Gabon, de « bons tyrans » sont toujours en place.

Ce qui est en jeu aujourd’hui en Libye, comme ailleurs dans les autres pays d’Afrique du Nord, ce sont les sources de profit du capital. Le Premier ministre d’Espagne, va s’en faire l’intermédiaire complaisant, en se rendant à Tunis.

Selon Sylvie Kauffmann dans Le Monde, Jose Zapatero va « proposer un plan Marshall du secteur privé en faisant appel aux grandes entreprises privées mondiales » dans une époque qui se situe « à la fin du post-colonialisme et au début de la mondialisation ».

Mais n’est-ce pas la même chose ?

Cependant s’ajoute en Libye, la volonté des grandes sociétés US de s’approprier la totalité des ressources énergétiques du pays, monopole jusqu’ici contesté par les Chinois. La bienveillance accordée par Kadhafi à la puissance asiatique faisait de l’ombre à Exxon et autres compagnies américaines. Washington veut imposer, à son avantage, un nouveau partage des richesses de l’Afrique. Les Etats-Unis tentent de manipuler les soulèvements populaires de Tunisie, d’Egypte, et de Libye, en accord avec les bourgeoisies locales, pour maintenir et accentuer leur présence prédatrice. Au nom, bien sûr, de la « démocratie »…

Faudrait-il encore que les peuples frustrés l’entendent de cette oreille.

Ce qui n’est pas, semble-il-le cas au Caire, à Tunis ou à Sanaa.


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