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Attentat de Vienne :
pourquoi les islamistes terrorisent l’Autriche
par Alexandre Lemoine

mardi 10 novembre 2020, par Comité Valmy


Attentat de Vienne :
pourquoi les islamistes terrorisent l’Autriche

L’attentat sanglant de Vienne perpétré par des islamistes a fait 5 victimes. Cette tragédie est une première pour l’Autriche, mais on ne peut pas dire qu’elle était inattendue. Bien que le pays mène une politique migratoire relativement sévère, elle est loin d’être efficace. Des signaux d’alarme avaient déjà retenti plusieurs fois. Et dès que le gouvernement autrichien a lâché prise, l’inévitable s’est produit.

Le 2 novembre 2020 entrera dans l’histoire de l’Autriche comme l’un des jours les plus sinistres dans son histoire contemporaine. Des inconnus ont perpétré un massacre près d’une synagogue en plein centre de Vienne. Cinq personnes ont été tuées dans la fusillade. Un terroriste a été abattu. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un Albanais adepte de Daech. Cinq ou six terroristes présumés auraient pu s’enfuir. A présent, ils sont recherchés non seulement par la police autrichienne, mais également par les pays voisins.

Il s’agit du premier attentat sanglant avec une trace islamiste notoire dans l’histoire de l’Autriche. Cependant, tous ces derniers jours, la situation était loin d’être calme. Ainsi, le 29 octobre, un groupe de 50 Turcs a vandalisé l’église Saint-Antoine de Padoue. Elle se situe dans le quartier de Wien-Favoriten où vivent de nombreux migrants de Turquie et d’autres pays. Etant donné que le chancelier Sebastian Kurz a exprimé son plein soutien à la France dans les récents événements, cette évolution de la situation est parfaitement logique.

Mais elle était également logique d’un point de vue de la spécificité autrichienne. Selon les statistiques, près de 7% de la population sont musulmans. En 2006 déjà, le ministère autrichien de l’Intérieur a publié un rapport stipulant que 45% des musulmans locaux avaient été reconnus comme incapables de s’intégrer dans la société locale. Les quartiers de Vienne Rudolfsheim et Favoriten, où la part des migrants dépasse la moyenne de la ville, se sont transformés en foyers de criminalité et de chômage.

Par ailleurs, les autorités autrichiennes n’ont pas pu surveiller correctement les camps de réfugiés à côté de la troisième grande ville du pays, Linz. En 2009 et en 2014, ils ont provoqué des échauffourées dans ses rues. Le contrôle des mosquées laisse également à désirer, on en compte près de 250. Pendant des années, elles étaient financées par l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe.

La sonnette d’alarme a retenti en 2014. Toute l’Europe a été bouleversée par l’histoire de deux élèves d’origine bosniaque de Vienne. Elles se sont enfuies en Syrie pour rejoindre Daech. En comprenant à qui elles avaient affaire, elles ont tenté de rentrer à la maison, mais elles ont été tuées. Au total, 130 citoyens autrichiens ont combattu dans les rangs de Daech, nombre d’entre eux étaient rentrés dans le pays et attendaient le bon moment pour faire parler d’eux.

Les principaux problèmes ont commencé en 2016 quand l’Autriche a accueilli une immense vague de réfugiés. La nuit de Noël de Salzburg s’était transformée en "nuit de viols", à l’instar des événements qui se sont produits à la même époque en Allemagne à Cologne. Les conséquences de la crise migratoire ont pu être maîtrisées seulement un an plus tard. Enfin, fin 2018, un groupe d’islamistes a attaqué un monastère de Vienne en passant à tabac cinq moines. En voyant ces événements, il est clair que l’attentat de Vienne était une question de temps.

En même temps, il est tout à fait logique que l’Autriche soit confrontée à la grande terreur plus tard que les autres pays d’Europe. Les autorités autrichiennes prenaient des mesures pour empêcher ces tragédies. Par exemple, pendant des années ils menaient une politique tacite de répartition de migrants. Cela a évité l’apparition à Vienne d’immenses ghettos de migrants comme à Paris ou à Stockholm.

Les Autrichiens ont également eu relativement de la chance avec la composition de migrants. Les Turcs, les musulmans bosniaques ou les Albanais ne peuvent pas être considérés comme des adeptes de l’islam "pur". Nombre d’entre eux s’intégraient dans la société autrichienne, apprenait à parler allemand couramment.

A noter également la politique du chancelier en place Sebastian Kurz. A son initiative, en 2015, l’Autriche a adopté une loi interdisant le financement étranger de mosquées et forçant les imams à passer des examens nationaux. Tous les sermons de vendredi devaient être prononcés uniquement en allemand désormais. Ensuite, l’allemand est devenu la seule langue admissible dans les maternelles, les autorités ont fermé de nombreuses maternelles "islamiques". Le port d’une tenue dissimulant le visage a été interdit dans les établissements publics.

Sebastian Kurz adoptait une position assez dure en termes de politique migratoire. Il ne se gênait pas pour critiquer son homologue allemande Angela Merkel pour son incapacité de contrôler tous les réfugiés. En septembre dernier, le chancelier a absolument refusé d’accueillir un groupe de migrants depuis un camp sur l’île grecque de Lesbos, malgré les demandes insistantes de Berlin.

Ce comportement du chancelier Kurz s’explique également par les sentiments au sein de la société autrichienne. Ainsi, en 2008 déjà, les partis d’extrême-droite ont obtenu 29% aux législatives, et 31% cinq ans plus tard. A la présidentielle en pleine crise migratoire de 2016, le candidat du Parti de la liberté d’extrême-droite Norbert Hofer a failli être élu. Les électeurs autrichiens avaient ainsi envoyé un signal très clair que le problème de migrants était très grave.

En 2017, Sebastian Kurz et son Parti populaire ont réussi à s’imposer seulement en reprenant la moitié du programme du Parti de la liberté. Et il a constitué la coalition dirigeante avec ce dernier. Et tant que ce gouvernement de droite se trouvait au pouvoir, l’Autriche continuait de serrer les boulons. Sur fond d’autres pays européens où les incidents similaires à Vienne se produisaient bien plus souvent, l’Autriche semblait être un îlot de bien-être.

Cependant, le président Alexander van der Bellen, l’Allemagne et l’UE n’appréciaient pas une telle coalition. Ils ont réussi à la faire tomber, et après les élections de 2019 les Verts sont devenus un partenaire du parti de Sebastian Kurz – le parti le plus loyal envers les migrants. La musulmane bosniaque Alma Zadic est devenue ministre de la Justice de l’Autriche. Il est devenu difficile de prendre des mesures supplémentaires pour durcir la politique migratoire. L’Etat a relâché prise, et les conséquences ne se sont pas faites attendre.

Les attentats récents de Vienne ont montré que les mesures autrichiennes, qualifiées de sévères sur fond d’autres pays d’Europe occidentale, étaient en réalité des demi-mesures. En dépit de l’absence de grands ghettos de migrants, une communauté qui vit dans un monde complètement parallèle et n’a rien à faire des lois autrichiennes a tout de même fait son apparition.

En tant que membre de l’UE, l’Autriche ne pouvait pas mener une politique de déportation massive de ceux qui refusaient de vivre en conformité avec les lois et les règles européennes. Qui plus est, elle ne pouvait pas priver de citoyenneté les personnes nées dans le pays qui se considéraient davantage comme des Pakistanais ou des Yéménites. Et même si les imams prononçaient les sermons en allemand, dans les sous-sols et les souterrains se poursuivait le recrutement d’islamistes radicaux.

Ce n’est pas un hasard si pendant des années l’Autriche évitait de grands attentats avec une trace islamiste notoire. Cependant, il paraît logique que toutes les mesures des autorités n’aient pas préservé le pays contre la tragédie. Tout comme il est logique que la prise relâchée par les autorités du pays ait immédiatement engendré des problèmes. Ce fut le cas de la France sous François Hollande, en Belgique et en Suède, en Allemagne et en Espagne. Maintenant, c’est arrivé en Autriche.

Alexandre Lemoine
9 novembre 2020


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