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Crise en Biélorussie :
la Commission européenne renforce son ingérence
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 19 novembre 2020, par Comité Valmy


Crise en Biélorussie :
la Commission européenne renforce son ingérence

Alors que les médias occidentaux sont particulièrement discrets sur le sujet, la Commission européenne aurait décidé de financer à hauteur de 24 millions d’euros la société civile biélorusse "pro-démocratie" et "l’indépendance" des médias et blogueurs, afin de favoriser sur le mode ukrainien le démembrement de l’Etat biélorusse en attaquant les régions. En Novlangue, les "pro-démocrates" sont les pro-globalistes, donc anti-Biélorussie et l’indépendance est exclusivement réduite à la soumission à l’idéologie dominante. C’est ce que l’on appelle de l’ingérence. C’est aussi ce que l’on appelle la préparation d’un renversement de pouvoir de l’extérieur par des mercenaires - puisque la professionnalisation et la rémunération des intervenants sont prévues pour 5 ans. Le combat s’installe dans la durée face à la résistance de la Biélorussie, il change de forme.

Selon un article publié sur RT en russe, la Commission européenne prévoit de financer les activistes, les manifestants et les médias ainsi que les blogueurs, les étudiants et les jeunes spécialistes en Biélorussie à hauteur de 24 millions d’euros. Il est vrai que jusqu’à présent, tous les mouvements de foule n’ont mené à rien et même la victime sacrificielle attribuée aux forces de l’ordre biélorusse n’y change rien. Le rapport au temps change, l’ingérence doit s’installer dans la durée. Pour cela il faut former des professionnels et les rémunérer.

Le programme-cadre permettant cette ingérence ouverte de l’Union européenne s’intitule "EU4 Belarus : solidarité avec le peuple du Belarus", qui prévoit des mesures spéciales en Biélorussie. Selon ce document, la chute de l’économie a permis de lancer après les élections un profond mouvement social inédit dans le pays. Il faut quand même souligner que les réformes réalisées ces dernières années sous injonction du FMI ont préparé le terrain. Au-delà des élections présidentielles, dont l’UE ne reconnaît pas les résultats, ce document précise que les deux autres sources de déstabilisation économique sont le problème du pétrole avec la Russie et la crise du Covid, qui rappelons-le, n’a pas fait l’objet en Biélorussie, comme en Suède, de mesures liberticides. Bref, le pacte économique permettant la stabilité sociale a été ébréché et les forces globalistes veulent s’engouffrer dans l’un des derniers pays qui s’occupe encore de son industrie nationale.

L’UE, comme le souligne le document (en possession de RT), a déjà fourni une "aide" à la société civile et aux médias "indépendants", mais comme le mouvement dure, un projet à long terme de 5 ans de financement est envisagé et il sera réalisé à travers des appels d’offres. Le but officiel est de faire comprendre à la population, qu’elle va être soutenue dans le temps dans son combat contre Loukacheko et la Biélorussie. Et donc favoriser ce combat.

La stratégie mise en place ici rappelle l’Ukraine, avec quelques adaptations locales. En Biélorussie également, l’UE joue la carte de la décentralisation du conflit, afin de mettre les parties du territoire en conflit avec le pouvoir étatique central et démembrer l’Etat biélorusse. Pour cela il faut des professionnels de la manifestation et les professionnels, ça se paie. C’est justement ce qui est indiqué noir sur blanc en prévoyant :

"Le financement des citoyens et des organisations locales de la société civile, des groupes sociaux, des activistes des droits de l’homme, qui veulent continuer leur travail dans le cadre des mouvements de contestation et/ou continuer à apporter une aide et des services au public visé par eux"

RT précise par ailleurs qu’il est également prévu dans le document d’apporter une aide psychologique, juridique et médicales aux "victimes de la répression". Autrement dit, les personnes qui veulent professionnellement se battre contre la Biélorussie seront psychologiquement formées et défendues en cas de problèmes.

Et comme nous vivons dans la société de l’information et que les réseaux sociaux, comme nous l’avons vu avec Nexta, jouent un rôle fondamental dans l’organisation des mouvements de contestations, l’UE est également prête à financer les médias, blogueurs et autres qui s’en occuperont dans les régions.

Comme dans toute action de combat frontal, peu importe qu’elle soit militaire, diplomatique, politique, etc., il faut un bon prétexte pour ouvertement piétiner la souveraineté d’un Etat et s’ingérer dans ses affaires internes, au point de financer rien de moins qu’un coup d’Etat. L’excuse démocratique comme en Ukraine est ici aussi réchauffée. Et évidemment, selon ce document, tout est fait dans l’intérêt du peuple biélorusse, en tout cas de ceux qui sortent dans la rue, car la majorité paisible n’est manifestement pas digne d’être considérée par l’UE comme partie intégrante de ce peuple biélorusse.

L’on appréciera le silence des médias main stream, qui ne veulent pas gacher la belle image de la révolte populaire spontanée contre le fameux tyran par des considérations financières aussi basses ... Parce que professionaliser la contestation, c’est préparer un coup d’Etat de l’extérieur avec des hommes de mains payés et formés pour cela. Ce qui est beaucoup moins joli.

Karine Bechet-Golovko
jeudi 19 novembre 2020

Russie politics


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