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Globalisation : Le vaccin contre le Covid
s’invite dans la dégradation des relations franco-russes - par Karine Bechet-Golovko

vendredi 27 novembre 2020, par Comité Valmy


Globalisation : Le vaccin contre le Covid
s’invite dans la dégradation des relations franco-russes

Une nouvelle "fuite" ciblée de la conversation entre les Présidents français et russe vient de tomber dans la presse française, sur un sujet Ô combien sensible pour la Russie : la production du fameux vaccin contre le Covid. Selon les médias français, le Président Poutine aurait demandé à Macron l’aide de l’Institut Pasteur pour produire le vaccin russe. Publier les conversations entre des Chefs d’Etat est en soi une violation du protocole, la confidentialité doit garantir la liberté du ton. Mais, malgré les contestations sur le fond, il semblerait que, selon les paroles mêmes du Président russe en octobre, lors d’un des nombreux "Forums" progressistes à la mode, la Russie ne puisse fabriquer en grande quantité le vaccin - faute d’un support industriel suffisant. C’est bien l’une des conséquences du mythe d’un monde post-industriel, que de concevoir un vaccin "national", dont la production doit être "globalisée". En attendant, la Russie regrette que certaines forces en France mettent tant d’efforts à dégrader les relations entre les deux pays. La question restant de savoir, si les fuites sont la cause ou la conséquence de cette dégradation des relations ...

Le journal Challenges a sorti un article, qui a fait réagir en Russie. Il faut dire que non seulement les médias français ont violé les règles de la confidentialité des conversations entre les Chefs d’Etat, mais en plus, sur le fond, ils ont touché là où ça fait mal : la Russie, l’un des premiers pays dans la course au vaccin (et à son marché), ne serait pas capable de le produire en grande quantité, faut de puissance industrielle - nous sommes à l’ère du tout-numérique, c’est l’avenir, pourquoi s’embêter avec les industries ? Et Poutine aurait demandé de l’aide à Macron, pour renforcer la coopération avec l’Institut Pasteur dans ce but. Ce qui fait les gorges chaudes de la presse française. Demander de l’aide pour fabriquer le vaccin, alors que la France et Russie, formellement, ne sont pas du même côté de la globalisation, il fallait oser. Et au cas où la Russie aurait un doute, ou l’aurait oublié, la leçon lui est intimée violemment.


"C’est une demande pour le moins baroque qu’a formulée Vladimir Poutine à Emmanuel Macron le 7 novembre dernier. A l’issue d’un entretien téléphonique entre les deux hommes durant lequel ont été abordés plusieurs dossiers internationaux dont le conflit au Haut-Karabagh, le président russe a proposé à son homologue que "les organisations russes concernées et l’Institut Pasteur" coopèrent pour produire un vaccin contre le Covid-19. Cette information a été relayée dans la foulée par le Kremlin, tandis que l’Élysée n’a fait aucune mention de la teneur des échanges entre les deux hommes sur son site internet. De source diplomatique, le chef de l’État s’est montré évasif, se contentant de répondre qu’il faudrait discuter de ce point avec le monde de la recherche. "Depuis plusieurs semaines, les Russes nous demandent si nous voulons travailler avec eux, précise un diplomate français. En réalité, cela traduit leur principale faiblesse : ils n’ont pas de capacités de production"."


Il faut ici différencier deux aspects : la fuite d’une part, et le fond d’autre part.

En matière de fuite, c’est déjà la deuxième. A ce niveau, ce n’est plus une erreur, mais une stratégie politique visant à discréditer la Russie en général et son Président en particulier, en insistant sur les faiblesses, quitte à les sortir de leur contexte pour renforcer l’effet produit. Le fait que les milieux diplomatiques russes, soulignant l’intensification des échanges entre les deux Présidents, souvent à l’initiative de la France, je cite, ne puissent "croire que les partenaires français aient transmis aux médias le sténogramme de la conversation entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron. Ils n’ont pas pu faire ça.", est inquiétant si ce n’est pas une formule de politesse. La croyance relève du raisonnement magique, et l’on prie les yeux fermés. Il serait plus prudent de garder les yeux ouverts : les relations entre la France et la Russie ne peuvent être sincèrement bonnes, tout comme les relations entre Macron et Poutine, à moins qu’ils ne soient dans le même camp idéologique. Si la Russie et son Président n’envisagent pas une soumission politique à la globalisation, les intérêts de la France et de la Russie ne peuvent que diverger. En ce sens, pour la Russie, est souhaitable que les relations entre les deux Présidents soient certes constructives, mais non pas amicales. Tout cela a déjà été vécu combien de fois ...

Sur le fond, en revanche, la situation est quand même cocasse. Car si la Russie déclare que les paroles du Président Poutine ont été dévoyées, qu’il n’a pas demandé l’aide, mais proposé une collaboration renforcée avec l’Institut Pasteur, ce n’est qu’un jeu de mots et sur le fond, c’est bien le problème du manque de capacité de production qui se pose. En octobre, lors du Forum "La Russie appelle", le Président Poutine avait déjà déclaré ouvertement que la production massive du vaccin contre le Covid posait un problème, car il manquait un support industriel le permettant. C’est là que la réalité se confronte au mythe du monde post-industriel, dans lequel soi-disant, nous vivons, un monde qui n’a plus besoin des industries, c’est le passé, et qui doit se concentrer exclusivement sur le numérique et les hautes technologies, au lieu de chercher un équilibre. Du coup, un pays comme la Russie, totalement lancé dans le tout-numérique, peut concevoir un vaccin, mais est incapable de le produire, la force de recherche peut être nationale, mais la réalisation sera globalisée. Puisque la désindustrialisation des pays occidentaux permet de les rendre de plus en plus dépendant des mécanismes de globalisation.

Karine Bechet-Golovko
jeudi 26 novembre 2020

Russie politics


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