COMITE VALMY

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Julien Aubert :
« Pas de souveraineté sans vision »
Par Emmanuel Galiero

mardi 1er décembre 2020, par Comité Valmy


Julien Aubert, député LR du Vaucluse, conseiller régional de Région Sud, président d’Oser la France. François BOUCHON/Le Figaro

Julien Aubert : « Pas de souveraineté sans vision »

ENTRETIEN - Le président d’Oser la France publie un livre noir sur un thème qu’il voit au cœur de la présidentielle.

Julien Aubert est député LR du Vaucluse.

LE FIGARO. - Vous dévoilez au Figaro un livre noir sur la souveraineté française. Pourquoi voyez-vous ce sujet comme le thème majeur de la prochaine élection présidentielle ?

Julien AUBERT. -Tout simplement parce que les Français constatent que notre pays est en déclin depuis des années et que le politique est inefficace. La réponse à cette efficacité est notre capacité à prendre des décisions en toute indépendance pour corriger la situation. Si vous accédez au pouvoir avec un simple programme électoral sans avoir mesuré l’ampleur du problème, vous risquez de vous retrouver en comptable politique de nombreuses décisions prises ailleurs. Avec cette photographie des souverainetés françaises, nous voulons réhabiliter le débat sur l’autonomie de la France dans un univers de plus en plus compliqué.

Après avoir analysé le sujet à travers neuf thèmes, quels enseignements retenez-vous ?

Avec un résultat de 8,9 sur 20, l’élève « France » se situe sous la moyenne. Elle est forte dans certaines matières mais elle ne les travaille pas et elle commence à multiplier les impasses. Notre tableau montre que la France s’en tire relativement bien là où tout n’est pas encore saccagé, comme le militaire ou l’alimentaire. Mais il existe aussi d’autres secteurs où nous sommes en train de décrocher, où la France se retrouve à la traîne alors qu’elle ne devrait pas l’être. Quand on voit notre potentiel, par exemple en matière de santé ou d’agriculture, nous avons sans doute une certaine capacité à nous remettre en selle. Le redressement de notre faiblesse sera probablement long sur le numérique mais ici le tableau est moins sombre que je ne l’imaginais. En revanche, je suis frappé par le fait que le pays de Pasteur soit incapable de produire certains médicaments. On a beaucoup parlé des masques mais quand vous constatez que les quatre médicaments les plus vendus en France sont produits à l’étranger, vous mesurez notre grande et lamentable vulnérabilité…

Lors de sa dernière allocution, le président de la République a parlé de souveraineté et de relocalisation. Est-il souverainiste ?

Emmanuel Macron est un caméléon. Il a été social au moment des « gilets jaunes », quasiment chevènementiste avec la crise sanitaire, fédéraliste lors de son discours d’Athènes… En réalité, il est l’anti-souverain. Il a une envie de pouvoir, d’action et de politique mais il appuie cette volonté sur une absence de convictions en la matière. Il essaye de récupérer le sujet mais la souveraineté est à l’opposé de sa vision du monde. Il est donc perpétuellement dans une contradiction. Quand il nous parle d’un retour de la souveraineté, il poursuit la politique entamée dans les années 1980, notamment lorsqu’il propose de confier les barrages électriques d’EDF à des étrangers, alors que cet atout constitue le cœur de notre réseau. C’est une manière de faire croire que plus l’État est réduit, plus la concurrence et le libéralisme sont grands. Mais on ne peut pas parler de souveraineté industrielle sans vision.


Affaiblir la citoyenneté nationale, fragiliser le concept de nation comme facteur d’unité d’une population aboutit soit à des tribus, soit à l’anarchie Julien Aubert


Pourquoi considérez-vous Philippe Séguin comme un précurseur ?

Au moment du débat sur Maastricht en 1992, Philippe Séguin avait mis le doigt sur une question essentielle. Au-delà de la question de la monnaie européenne, il rappelait que la nation était indissociable de la démocratie. Affaiblir la citoyenneté nationale, fragiliser le concept de nation comme facteur d’unité d’une population aboutit soit à des tribus, soit à l’anarchie. Séguin avait simplement décrit le monde d’après et souligné les risques d’une technocratie européenne. Depuis, on n’a jamais autant parlé de communautés ethniques, de races et de religions.

D’autres politiques se sont emparés du sujet. Quel jugement portez-vous sur leur approche ?

Le Rassemblement national (RN) n’est pas le seul à l’avoir abordé. Certains en ont parlé à droite, mais aussi à gauche. Le Printemps républicain, La Gauche souveraine, les chevènementistes… Du côté du RN ou de l’Union populaire républicaine (UPR), on a tendance à confondre la souveraineté avec l’autarcie ou l’isolement. C’était d’ailleurs tout le débat de la dernière présidentielle autour du Frexit. Sortir de l’euro n’était pas la bonne manière de traiter le sujet. La responsabilité politique n’est pas d’accentuer les failles mais de trouver des solutions. Il faut traiter la souveraineté sans la diaboliser.

Selon vous, comment les Français appréhendent-ils cette question aujourd’hui ?

Ils me semblent mûrs pour la souveraineté. En réalité, ils n’attendent que ça. Mais soit on attaque la question de manière sérieuse, sans la caricaturer, soit on assistera à son retour par un tremblement de terre populiste, animé par une volonté de dégager tous les responsables de l’inaction. La souveraineté sera le grand défi des deux prochaines années.

Vous avez un conseil pour les candidats de la droite en 2022 ?

N’en restez pas aux mots. Soyez bien décidés, cette fois-ci, à renverser la table. Faire des diagnostics en se lamentant ne suffira pas. Il faut être prêt à assumer le rétablissement du fonctionnement de nos institutions. Le combat pour la souveraineté sera impossible sans courage politique. Face à la mère des questions, comme le disait Malraux le 4 septembre 1958, je soutiendrai celui qui permettra à la France de redevenir la France.

30 novembre 2020

Parution du livret noir d’Oser la France sur la souveraineté de la France


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