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RapSit-USA2020 : la Cour a la pétoche
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dimanche 20 décembre 2020, par Comité Valmy


RapSit-USA2020 : la Cour a la pétoche

Parmi les suites de la décision de SCOTUS (la Cour Suprême des États-Unis) décidant de ne rien entendre, donc de ne rien décider concernant la plainte du Texas contre quatre autres États à propos de l’élection présidentielle, il y a cette polémique à propos ds conditions dans lesquelles l’affaire a été traitée. En gros, il s’agit de la mise en cause principalement du président de la Cour, le Juge Roberts, faisant pression sur ses collègues pour que la Cour s’en lave les mains, de crainte que le simple examen de la plainte ne déclenche des manifestations et des émeutes démocrates et gauchistes contre la Cour. Le cas est étonnant de petitesse et de banalité médiocre, puisqu’il se situe au niveau d’une trouille ‘humaine, trop humaine’ pour une si haute et si noble institution. Par contre, c’est la logique même puisque nous sommes au cœur d’une tragédie-bouffe d’une belle dimension cosmique... Cela vaut donc la peine de s’y arrêter, et éventuellement de méditer sur les avatars de la métahistoire.

Le colonel Lang nous résume l’affaire et surtout ses sentiments extrêmement méprisants et furieux à ce propos, sur son site, le 18 décembre 2020 :

«  Les connaisseurs chuchotent et chuchotent à propos d’un manque de volonté et de fermeté de SCOTUS dans l’affaire du procès constitutionnel du Texas contre plusieurs États pour manquement à l’égalité des droits des Texans et des citoyens de six autres États dans le processus électoral.
 » Selon les oreilles indiscrètes dans les couloirs du SCOTUS, des cris ont été entendus lors du débat entre les juges sur la question de savoir s’il fallait ou non entendre l’affaire ; du jamais vu dans le club le plus exclusif du monde. Aversions et mépris mutuels sont soigneusement dissimulés au sein de ce cercle enchanté.
 » À cette occasion, Roberts [président de la Cour] et les progressistes ont fait cause commune pour empêcher toute plaidoirie dans cette affaire, en s’opposant à Thomas et à Alito. Kavanaugh et Barrett auraient été admonestés par Roberts pour qu’ils s’abstiennent d’argumenter en raison de leur manque d’expérience. Avec Kavanaugh, cela était facile. C’est un homme brisé, déchiré et mortellement blessé psychologiquement [à cause de ses auditions de confirmation au Sénat].
 » 1. Roberts a en fait dit (ou crié) qu’il craignait les cohortes gauchistes dans les rues si le tribunal examinait l’affaire.
 » 2. Cela établit un contexte pour les décisions de SCOTUS dans lequel la peur de la foule décidera plutôt que le concept de la Constitution qui est ce pacte des 50 États, ce pacte créé par les ratifications des États et qui ne peut être modifié que par la ratification des changements par les États.
 » 3. En d’autres termes, SCOTUS n’est plus un honnête courtier et un arbitre entre les États.
 » 4. Que reste-t-il alors ? La force majeure ?
 »

En fait, il s’agit d’un peu plus que des “chuchotements”. L’affaire a provoqué, chose assez inédite sinon tout à fait inédite, une intervention du porte-parole, un officier des relations publiques de SCOTUS, pour affirmer que les Supremes ne débattaient plus que par téléphone et téléconférence depuis le mois de mars et les mesures de confinement. Car tout se noue autour de cette interrogation fondamentale : se sont-ils réunis physiquement, dans une pièce de l’auguste palais de la Cour Suprême, pour discuter de cette affaire, justement en raison de son importance qui les faisait pour une fois dans ce cas se défausser de la vertu du confinement ? Par esprit de dissidence, ou de ‘transgression’ comme l’on dit aujourd’hui, nous serions prêts à le croire, et même à le penser tant la présence physique nous paraît nécessaire et indispensable, effectivement, dans un cas de cette importance ; et tant cette crise ressemble effectivement à une tragédie-bouffe où de multiples grains de poussière des médiocrités humaines ne cessent de gripper la Grande Machine du DeepState.

Car, en effet, tout vient de là, de cette présence physique ou pas. Les “chuchotements” dont il est question chez Lang, sont en fait des paroles bien audibles et largement diffusées, du fait d’un Grand Électeur du Texas qui a été informé par une fuite venue d’un employé de SCOTUS, et qui l’a répétée d’une façon bien audible sur une chaîne de télévision qui filmait la réunion du Collège Électoral. Le Grand Électeur texan est donc un monsieur Matt Patrick, selon le Fact Chek qu’en donne WND :

«  Plus tard vendredi [18 décelmbre] un responsable de l’information de la Cour Suprême a déclaré que les juges organisent des conférences par téléphone depuis le mois de mars.  » Tandis que les caméras de C-SPAN filmaient la cérémonie du vote du Collège électoral lundi, Patrick [un des Grands Electeurs] a cité un “rapport” qu’il a lu “en direct” d’un “membre actuel du personnel de l’un des juges de la Cour suprême”.  » Le rapport indique que les neuf juges sont allés dans une salle fermée pour discuter des affaires, et lorsque l’affaire du Texas a été évoquée, le membre du personnel [qui se trouvait dans une pièce adjacente] a déclaré, selon les mots de Patrick, qu’il “a entendu des cris venus de la réunion, avec le Juge Roberts appuyé par les Juges progressistes affirmant que cette affaire [de la plainte du Texas] ne devait pas être considérée”.  » Patrick a déclaré que Roberts avait réagi à l’intervention des juges Alito et Thomas citant le précédent Bush vs Gore lors de blocage de l’élection présidentielle en criant : “Je me fiche de cette affaire qui est une vraie merde, et à l’époque, il n’y avait pas d’émeutes dans les rues”.  » “Donc ce qu’il disait, c’est qu’il avait peur de ce qui se passerait si la Cour faisait ce qu’elle devait faire” a déclaré Patrick. “Je suis désolé, mais c’est de la lâcheté morale.”  » Il a dit que le rôle de la Cour Suprême est d’être “notre dernière ligne de défense entre le bien et le mal, et ils n’ont pas fait leur devoir.” »

Tout cela a donc l’air très médiocre si l’on s’en tient aux faits, mais prend une dimension colossale si l’on considère toute l’affaire. Cela constitue un coup de plus subi par la Cour Suprême qui est en train de perdre les dernières poussières qui lui restaient de sa légitimité et de son autorité, et donc un avatar de plus sur cette longue pente sans aucun frein de l’effondrement du système de l’américanisme.

Il est étonnant de voir avec quelle grâce, quelle science de l’enchaînement, s’accumulent, même dans les évènements les plus futiles, les causes de l’aggravation de la dynamique crisique aux USA... A la fin, les respectent-ils ou pas, les règles du confinement ? Si oui, ils sont bien légers de trancher de telles questions par téléconférence, ou même un simple coup de fil type-SMS après tout ; si non, ils ont certainement dû procéder comme ce Patrick le dit, sous la houlette tremblante du bruits des foules en fureur du Supremes des suprêmes, alias-Juge Roberts. On se doute que le dernier cas nous semble le bon, simplement parce qu’aux USA, aujourd’hui, le pire est toujours assuré. Le spectacle de la corruption générale, notamment des caractères, qui pèse de tout son poids sur ce pays, se déroule comme une bouée de sauvetage lancée dans le vide et qu’on tient par une corde à partir d’un JSF en patrouille et en perte de vitesse...

D’ailleurs, des commentateurs aussi modérés qu’un Robert Bridge, pourtant assez réticent et réservé sur la campagne de contestation de Trump, juge aujourd’hui qu’une réélection de Trump est toujours possible... Et l’on découvre toujours dans tweeters des messages de cette sorte (du député Jordan) :

« Cela fait plus de six semaines depuis le jour des élections du 3 novembre, et nous ne savons toujours pas qui a gagné dans la 22ème District de New York.
 » Maintenant, ils nous disent que nous ne le saurons peut-être qu’après Noël !
 » Ceci, après qu’ils aient trouvé la semaine dernière 12 votes qui traînaient dans un tiroir de bureau de comté.
 »

le 19 décembre 2020


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