COMITE VALMY

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Réforme territoriale :
LES DEGATS DE LA COURSE AU GIGANTISME
Robert Clavijo

mardi 8 mars 2011, par Comité Valmy


La Révolution française a inventé une organisation territoriale qui, loin d’être un mille-feuilles, ne comprenait que 3 niveaux : en bas 36.000 communes. A mi-hauteur une centaine de départements. Au sommet l’Etat français. Cette organisation simple et rationnelle a fonctionné pendant deux siècles à la satisfaction générale. Mais l’intégration de la France dans l’Union européenne et l’intégration progressive de l’Europe dans le marché mondial ont déclenché une désastreuse course au gigantisme :

LES FAITS

Même les communes géantes (Montpellier, Toulouse, Marseille) sont jugées trop petites. On les dissout dans des agglomérations englobant plusieurs dizaines de communes. Puis ces agglos, trop petites elles aussi, sont incitées à fusionner entre elles. L’agglo Béziers-Méditerranée fusionnera-t-elle avec l’agglo piscéno-agathoise ? Montpellier agglomération englobera-t-elle bientôt Nîmes et Sète ? Aucune capitale ne s’estime assez grande. La commission Balladur veut un « grrrand Paris » qui absorberait les 3 départements voisins. Pas moins.

Le département est prié de disparaître au profit de la région. Mais comme nos régions ne sont pas assez grandes, on leur demande de fusionner entre elles pour atteindre la taille exigée par l’euromondialisation. Le Languedoc-Roussillon fait désormais partie de la « Communauté de travail des Pyrénées », une « eurorégion » qui comprend 3 régions françaises, 4 régions espagnoles et la principauté d’Andorre. Bien entendu la France est trop petite.

Elle doit disparaître au profit de l’Union européenne qui à son tour s’élargit continuellement. L’U.E. veut absorber la Turquie, puis Israël, puis le Maghreb avec lequel a été conclue une première étape d’intégration dite « Union pour la Méditerranée ». A moins que l’extension ne se fasse d’abord vers l’Amérique du Nord avec laquelle se négocie une intégration euroatlantique. On ne voit aucune limite à cette folle course au gigantisme.

LES CONSEQUENCES PREVISIBLES

La première conséquence est la mort de la démocratie dite de « proximité » qui est la seule démocratie possible. Il n’existe pas de démocratie d’éloignement. Dans une petite commune tout citoyen peut rencontrer et donc influencer son maire. Mais seuls des notables, des privilégiés, peuvent rencontrer le président de l’agglo Béziers Méditerranée. Tout citoyen connaît son député au parlement français. Mais qui connaît son député au parlement européen ?

Et comment le peuple pourrait-il mandater, contrôler ou seulement influencer des « députés » inconnus avec lesquels il n’a aucun contact ? Quand les élus ne sont plus sous contrôle populaire, ils passent sous l’influence des milieux d’affaires. Les grandes entreprises ont toutes un bureau et une délégation permanente à Bruxelles où leur lobbying auprès des institutions européennes est quotidien.

Les grandes entreprises qui vendent aux mairies travaux publics, équipements et services n’aiment pas les petites communes pauvres et préfèrent les grandes collectivités à gros budgets avec lesquelles peuvent être conclus de gros marchés juteux. Quand les 343 communes de l’Hérault auront disparu au profit de 2 agglos géantes (celle de Montpellier et celle de Béziers) le big business n’aura qu’un très petit nombre d’ élus à approcher, à courtiser, à persuader ou à corrompre pour pomper l’argent des contribuables et faire privatiser les derniers services publics.

Les citoyens électeurs affectionnent leur commune, l’autonomie communale et la démocratie participative pour laquelle les communes petites et moyennes sont le meilleur cadre. C’est pourquoi on se garde bien de consulter les citoyens par référendum sur la course au gigantisme qui se fait sans eux et contre eux. Non seulement on ne les consulte pas mais la loi donne aux préfets (pas aux élus) le pouvoir de dessiner la future carte territoriale. Peut-on aller plus loin dans l’enterrement de toute démocratie ?

CONCLUSION

Si les maires sont les seuls élus populaires, c’est parce que ce sont des élus de proximité. Placés sous contrôle citoyen direct, ils peuvent difficilement contrecarrer la volonté des citoyens. C’est pourquoi communes et Mairies sont des foyers de résistance aux politiques ultra-libérales antidémocratiques et antisociales décidées à Bruxelles et relayées par Paris. Malheureusement on voit bien peu d’élus s’opposer à la mort des communes et à l’élargissement des agglos. En acceptant de dissoudre leurs communes dans des structures de plus en plus gigantesques, centralisées et technocratiques, en acceptant d’enterrer la démocratie de proximité, les élus locaux sont-ils conscients qu’ils s’assoient sur les aspirations citoyennes et qu’ils scient la branche sur laquelle est assise leur popularité ?

3 Messages de forum

  • Bienheureuse de constater que je ne suis pas la seule à penser ce que vous avez écrit. Mais je ne crois pas que ce système d’agglomération et de région va durer longtemps. Ils seront surpris de voir qu’ils ont eux-mêmes organiser leur chute
  • Je partage cette analyse mais je mettrais quand même un bémol sur la démocratie communale. Les maires font aussi du clientélisme au détriment de l’intérêt général et beaucoup d’entre eux se comportent en petits roitelets. Dans les mairies, les décisions sont parfois prises par un petit nombre d’élus, les conseillers étant priés de suivre sous peine de perdre leur délégation ou d’être rangés dans le rang des opposants. Ceci dit, il faut se battre pour un statut de l’élu qui permette une formation à la gestion communale pour qu’une "élite" ne s’empare pas des affaires sous prétexte de complexité. On peut aussi se poser des questions sur les pouvoirs ( légaux) du maires vis à vis de ceux des conseillers ainsi que sur l’obstination de certains élus à s’accrocher au fauteuil de maire pendant des décennies. Si la démocratie communale reste aussi à réformer, il n’en reste pas moins que les élus municipaux sont proches des concitoyens et la caisse de résonance de leurs préoccupations et votre article est tout à fait pertinent. Ce sont les derniers foyers de résistance dont l’UE veut se débarrasser.

    Pierrette Pasquini

    • Bonjour, Pas d’accord avec Pierrette, un Maire n’est pas et ne doit pas être un chef d’entreprise mais un représentant politique de la population de la commune. Exemple, si une décision est prise en matière d’urbanisme, autre que celle qui consiste à détruire systématiquement l’espace agricole et à transformer les routes en rue. Le maire après délibérations démocratiques et choix définitif met ses services au travail, ils sont payés pour cela. Cette litanie sur les professionnels de la politique, nous sommes les seules capables, votez et circulez rien à faire dans nos papiers n’est pas fondée, la preuve ils ne font que des .......... le citoyen de base ferait beaucoup mieux. Ce mépris du citoyen est à l’origine de l’abstention et permet le totalitarisme de Bruxelles. M.Roland.

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