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Source : blog canempechepasnicolas

Libye : quand « sonne la Martine » pour l’intervention militaire.
Jean Lévy

vendredi 18 mars 2011, par Comité Valmy


DERNIERE MINUTE :

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté cette nuit le feu vert à l’intervention militaire en Libye, par 15 voix POUR et 5 abstentions (Russie, Chine, Allemagne, Inde et Brésil).

La voie est ainsi ouverte à des frappes aériennes sur le sol libyen, Etat reconnu par l’ONU.

La France officielle, de Sarkozy au PS, en passant par les Verts et le Front de Gauche, soutient cette politique de guerre impérialiste !

Il semble incompréhensible que la Chine populaire et la Russie, jusqu’ici hostiles à toute intervention en Libye, n’aient pas voté contre la résolution franco-britannique, en faisant jouer leur droit de veto Cette attitude passive va pouvoir permettre un jour aux Occidentaux d’utiliser ce vote contre les gouvernements de Pékin et de Moscou, par exemple au Tibet ou aux Etats frontières de la Géorgie.

Nous poursuivrons notre combat contre la nouvelle guerre impérialiste qui va se déclencher en territoire africain, et contre tous ceux, qui, en France, lui ont donné leur aval.

L’article ci-dessous, et celui intitulé "Les bons arabes", publiés par "canempechepasnicolas" mettent à mal les arguments "humanitaires" avancés par les partisans de la guerre.

(article écrit jeudi soir 17 mars)

La meute des va-t-en guerre, qui prône l’intervention militaire en Libye, compte entre autres* en son sein, autour de Sarkozy, BHL, Le Monde, Bernard Guetta et France Inter.

« canempechepasnicolas » a rappelé, ces derniers jours, leurs propos guerriers, leurs appels à l’intervention militaire au-delà de la Méditerranée. Ils accentuent encore leur pression médiatique alors que le Conseil de Sécurité doit se réunir ce jeudi.

A ce chœur vibrant, s’est joint aujourd’hui Martine Aubry, et en son nom, le Parti socialiste tout entier.

Il faut citer les termes employés par la première secrétaire du PS :

"J’ai honte pour l’Europe, j’ai honte pour les organisations internationales. On a été infoutus d’être au rendez-vous d’un peuple qui est martyrisé et qui le sera encore plus par l’incapacité des puissants de ce monde à se mettre d’accord"

« Aujourd’hui, la communauté internationale est dans l’incapacité, le manque de courage".

La maire de Lille a rappelé que le PS avait demandé "dès le 27 février une zone d’exclusion aérienne" au dessus de la Libye pour empêcher les bombardements menés par le régime du colonel Kadhafi contre l’opposition.

Elle a dressé un parallèle avec la passivité de la communauté internationale lors de la guerre civile en Espagne.

"Le monde entier avait dit que ce qui s’était passé avec Franco était inacceptable, on a laissé faire, on fait la même chose aujourd’hui", a-t-elle déploré.

Martine Aubry passe les bornes. Elle a la mémoire courte : c’est bien un gouvernement socialiste, qui en 1936, a décrété la « non-intervention » en Espagne. Et il n’y a pas de parallèle à établir entre le gouvernement légal de l’Espagne républicaine, issu des urnes, et les « insurgés » de Libye. Les généraux franquistes, aidés par des divisions de l’Italie fasciste et par la Légion Condor nazie, étaient les agresseurs.

Face à cette intervention étrangère, la France n’a même pas respecté ses contrats : le gouvernement Léon Blum a refusé de livrer les armes commandées à notre pays, par l’Espagne du « Fronte popular ». Jamais, il n’avait été question d’intervenir militairement outre-Pyrénées. Les communistes étaient alors les seuls à crier : « Des avions, des canons pour l’Espagne »

Pas des soldats, pas des aviateurs français.

Martine Aubry, et avec elle le Parti socialiste**, violente l’histoire pour entraîner l’opinion progressiste dans le camp belliciste, au nom, soit disant de « grands principes ». Pourtant, le PS ne les jamais évoqués, le 11 septembre 1973, alors que l’armée insurgée, traître à Salvador Allende, bombardait la palais présidentiel à Santiago du Chili et que commençait le long martyr du peuple chilien.

Qui parlait alors du « droit d’ingérence humanitaire », de sanctions contre Pinochet et sa clique ? Pas Washington, bien sûr, étant le commanditaire de l’opération, ni François Mitterrand, devenu président huit ans plus tard, ni certes, le Parti socialiste.

Nous mesurons ainsi l’ampleur de la campagne pour l’intervention militaire de la France, de l’Europe, de l’Otan et des Nations Unies.

Les heures qui viennent seront décisives.

Il faut que les Français réagissent et ne tombent pas dans le piège « humanitaire », que de Nicolas Sarkozy à Martine Aubry, la classe politique leur tend.

Et dimanche, il faudra s’en rappeler, et ne pas voter pour des fauteurs de guerreNOTES :

*Citons des extraits de l’appel :

Oui, il faut intervenir en Libye et vite !

paru dans Le Monde :

« Les insurgés, qui ont crié "Vive la France !" et "Vive l’Europe !" à l’annonce de la reconnaissance du Conseil national libyen par le président Sarkozy et le Parlement européen, sont maintenant désespérés. Ils sont peu armés, peu entraînés, très vulnérables à l’artillerie lourde déployée par Kadhafi. »

« Au nom de quoi lançons-nous ce SOS ? Au nom de la mémoire. Lorsque l’aviation nazie et les fascistes espagnols bombardèrent les habitants de Guernica le 26 avril 1937, le monde civilisé laissa faire. Picasso peignit cette horreur, il ne fut compris que huit ans plus tard. Aujourd’hui encore, les massacreurs ont un temps d’avance sur l’opinion mondiale. »

« Nous ne savons pas quelle est la meilleure manière d’intervenir, celle qui serait la plus efficace, la moins risquée pour nos soldats et les populations civiles. Personne ne demande ni ne souhaite de débarquement d’armées occidentales en Libye. Faut-il bombarder des pistes d’atterrissage, des systèmes de radars ? Prendre le contrôle du ciel libyen ? Détruire la flotte aérienne par des frappes ciblées ? Brouiller ses systèmes de communication ? Nous ne savons qu’une chose : il faut intervenir vite »

« Il faut obtenir de toute urgence une réunion du Conseil de sécurité pour qu’il donne mandat à une intervention. Mais qu’il ne serve pas une fois de plus d’alibi à notre inaction face au crime. »

« Il n’appartient pas aux gouvernements russe et chinois de nous contraindre à laisser massacrer la démocratie libyenne. C’est maintenant, tout de suite, qu’il faut agir. Maintenant, tout de suite, qu’il faut en finir avec le bourreau. »

Nicole Bacharan, historienne ;

Etienne Beaulieu, chercheur ;

Jane Birkin, artiste ;

Pascal Bruckner, écrivain ;

Daniel Cohn-Bendit, député européen ;

Frédéric Encel, géopolitologue ;

Raphaël Enthoven, philosophe ;

André Glucksmann, philosophe ;

Romain Goupil, cinéaste ;

Nicole Guedj, ancienne ministre ;

Gilles Hertzog, éditeur ;

Bernard Kouchner, ancien ministre ;

Claude Lanzmann, écrivain ;

Bernard-Henri Lévy, philosophe,membre du conseil de surveillance du "Monde" ;

Olivier Rolin, écrivain ;

Olivier Rubinstein, éditeur ;

Antoine Sfeir, journaliste ;

Dominique Simonnet, écrivain ;

Collectif

Article paru dans l’édition du Monde du 17.03.11

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-Libye : quand « sonne la Martine » pour l’intervention militaire, par Jean LEVY-NaN.html/


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