COMITE VALMY

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Point de vue

Élections régionales en PACA :
« L’alliance LR-LREM reflète une tentation réelle
dans les rangs d’une partie de la droite »
Par Maxime Tandonnet

lundi 3 mai 2021, par Comité Valmy


Renaud Muselier et Jean Castex. NICOLAS TUCAT/AFP

Élections régionales en PACA :
« L’alliance LR-LREM reflète une tentation réelle
dans les rangs d’une partie de la droite »

FIGAROVOX/TRIBUNE - Jean Castex a retiré la liste LREM aux régionales dans la région Sud. Une alliance LR-LREM, confortant le duel Macron-Le Pen à la présidentielle, priverait les Français de toute perspective d’alternance crédible, argumente Maxime Tandonnet.


Fin observateur de la vie politique française et contributeur régulier du FigaroVox, Maxime Tandonnet, historien et essayiste, a notamment publié « André Tardieu. L’incompris » (Perrin, 2019).


Après le retrait de la liste LREM, l’hypothèse d’une liste commune LR et LREM dans la région PACA, sous l’égide de M. Muselier et avec la bénédiction du Premier ministre, reflète probablement une tentation réelle dans les rangs d’une partie de la droite. La perspective d’une telle liste commune n’est pas anodine. Elle semble préparer le terrain d’un ralliement de la droite au macronisme, son soutien à une seconde candidature de M. Macron à l’élection présidentielle de 2022 qui serait suivie d’une recomposition politique autour d’une nouvelle majorité LR et LREM.

La question qui mérite d’être posée est celle de la nature véritable d’un tel calcul : convergence fondamentale ou simple manœuvre électoraliste ?

La droite républicaine a-t-elle changé et se rallie-t-elle désormais aux fondamentaux du macronisme, par exemple à la repentance, au cœur de l’idéologie En Marche, donc au principe selon lequel la colonisation fut un « crime contre l’humanité » et à la nécessité de « déconstruire l’histoire de France » ? Est-elle désormais favorable à la « souveraineté européenne », se substituant à son discours traditionnel (bien qu’ambigu) sur l’Europe des Nations ? Soutient-elle la PMA sans père remboursée et l’interruption médicale de grossesse (IMG) jusqu’à au 9e mois de grossesse en cas de « détresse psycho sociale » ? Estime-t-elle que « l’arrivée des réfugiés est une opportunité économique », postulat qui s’est traduit par le triplement en neuf ans du nombre des demandeurs d’asile en France ? Est-elle favorable à la prolifération des éoliennes ? Cautionne-t-elle un an de politique sanitaire face au covid 19 et la suspension bureaucratique de la liberté des Français ? De l’activité des commerçants, restaurateurs, gens de la culture et du sport ? Un déficit public de 9 % et un taux d’endettement de 120 % du PIB ? Les résultats obtenus en matière d’emploi, d’industrie, de sécurité et de cohésion nationale ? Approuve-t-elle un mode d’exercice du pouvoir jupitérien fondé sur la sublimation d’un homme au prix de l’effacement de l’État et des institutions (Parlement, gouvernement, administration, collectivités territoriales) ?


La conséquence politique d’un tel alignement,
débouchant sur le soutien de LR à Macron
à la présidentielle, serait de fragmenter
en trois catégories l’électorat de droite.


Si la réponse est globalement « oui », la fusion des listes LR et LREM sera pleinement justifiée par la convergence des idées. Dès lors, ses partisans seraient bien inspirés de sortir de l’hypocrisie, d’assumer leur ralliement idéologique au macronisme et de le déclarer ouvertement dans un but de clarification. La conséquence politique d’un tel alignement, débouchant sur le soutien de LR à la candidature Macron à la présidentielle, serait de fragmenter en trois catégories l’électorat de droite : légitimistes, fidèles à la nouvelle ligne ; Lepeno-compatibles, qui iront rejoindre la grande masse de l’électorat RN et enfin, le dernier carré de « gaulois réfractaires ».

Si la réponse est essentiellement « non », cela signifie que cette fusion relève d’une manœuvre électoraliste et opportuniste de court terme. Elle ne fera alors qu’entériner une fois pour toutes la mort des convictions et du sens de l’intérêt général, conforter l’image d’une politique réduite à une logique de carrière et de courses aux mandats, aux prébendes, aux avantages matériels ou de vanités. À l’heure où 88 % des Français expriment une image négative de la politique (enquête CEVIPOF sur la confiance), une telle manœuvre ne fera qu’amplifier le dégoût, l’écœurement, l’indifférence de l’opinion envers la chose publique et l’abstentionnisme ou le vote de protestation.

Ce qui est certain, c’est que les Français n’ont jamais apprécié les manœuvres politiciennes et les stratégies d’opportunisme et de confusion. Chaque fois dans l’histoire, les situations de ce genre se sont mal terminées. Ainsi, les gouvernements de la fin de la IIIe République, à partir de 1935, (en dehors du bref intermède du cabinet de Front populaire de Léon Blum) mélangeaient allègrement et sans vergogne la droite et le centre gauche radical ou progressiste. Dès lors se trouvaient associés dans les mêmes gouvernements des Laval, Flandin, Pétain, Chautemps, Herriot, Daladier… Tout cela s’est achevé par la débâcle et la honte. Aujourd’hui, un ralliement de LR à LREM ou fusion entre les deux, telle que préfigurée par une éventuelle liste commune PACA, ouvrirait automatiquement la voie à un tandem de second tour de la présidentielle le Pen-Macron en 2022, privant les Français de toute perspective d’une alternance crédible et responsable. Elle représenterait une étape décisive du basculement de la France dans le déclin et un chaos.

Maxime Tandonnet.
2 mai 2021


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