COMITE VALMY

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Côte d’Ivoire : après les massacres à Duékoué, la France va-t-elle continuer de soutenir un "criminel de guerre" ?
par Jean LEVY

lundi 4 avril 2011, par Comité Valmy


Massacres de masse en Côte d’Ivoire,

dans le zones conquises par les forces d’Alassane Ouattara

La France va-t-elle continuer

de soutenir un "criminel de guerre" ?

par Jean LEVY

Ainsi, au moins 800 personnes auraient été tuées mardi dernier dans des violences intercommunautaires à Duékoué, première ville de l’ouest ivoirien à tomber aux mains des forces pro-Ouattara, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Caritas a de son côté fait état de plus de 1.000 morts.

Des membres de l’organisation caritative catholique, a expliqué son porte-parole Patrick Nicholson, se sont rendus mercredi à Duékoué.

Ils ont vu dans le quartier du Carrefour de très nombreux cadavres de victimes tuées par balles et mutilées à coups de machette, et évaluent à "plus de 1.000" le nombre de morts, notamment parmi des populations déplacées ayant fui les combats.

D’après lui, les violences dans ce quartier tenu par les pro-Ouattara ont eu lieu du 27 au 29 mars.

Ces actes, qualifiés de "crimes de guerre", perpétrés par les soldats d’Alassane Ouattara, "désigné" président par les Etats-Unis, la France et le FMI, commencent à inquiéter les Occidentaux et les médias à leur botte.

En effet, comment continuer à présenter le "président reconnu par la communauté internationale", comme le champion du Droit et de la Démocratie, alors que ses troupes se livrent à une "épuration ethnique", dénoncée par les organisations caritatives ?

Les dénégations formulées par le "poulain" de la France et des USA, quant à la responsabilité de ses "Forces" dites " républicaines" dans ces massacres, ne sont guère crédibles : les tueries ont eu lieu APRES leur conquête de Duékoué et son occupation par les troupes de Ouattara.

La gêne des Occidentaux ne vient pas tellement de l’horreur des dits massacres (ils ont eux-mêmes un très lourd bilan en la matière, du temps de la colonisation comme dans le cadre de la "Françafrique").

C’est la crainte que les "exactions" du président qu’ils ont mis sur orbite, ne soulèvent une vague d’indignation du nord au sud de l’Afrique, compromettant ainsi le soutien d’Etats, jusqu’ici, complaisants.

Et comment expliquer aujourd’hui, que la politique de la France et celle des Etats-Unis ont pour seul objectif l’instauration d’un ordre démocratique sur le continent africain, alors qu’ils "couvrent" les massacres perpétrés sous l’égide du président qu’ils ont reconnu ?

Certes, les intérêts en jeu, la volonté de s’approprier les richesses de la Côte d’Ivoire, l’exploitation juteuse du cacao, en particulier, le souci de maintenir des bases militaires dans le pays, peuvent conduire Nicolas Sarkozy à soutenir encore plus directement Alassane Ouattara, militairement parlant.

L’occupation de l’aéroport d’Abidjan par les forces françaises ne constitue-t-elle pas un acte de guerre à l’encontre d’un Etat étranger ?

Sous couvert de "protéger" les 12.000 ressortissants français, les soldats de l’Opération "Licorne", récemment renforcés, ne vont-ils pas s’engager directement aux côtés des "Forces Républicaines", celles-ci ayant "raté" la prise d’Abidjan samedi dernier ?

Mais gare aux retours de bâton !

L’opinion publique française, pilonnée idéologiquement par les médias, peut se réveiller et s’interroger, non seulement sur les objectifs de la France en Côte d’Ivoire, mais également sur ceux de la France et de l’Otan en Libye.

NB : Il faut savoir que les élections qui, selon la France, les Etats-Unis et le FMI, ont porté "démocratiquement" au pouvoir Alassane Ouattara, se sont déroulées dans la moitié nord du pays, sous le contrôle des Forces militaires rebelles de Guillaume Soro *, ralliées à Ouatarra.

Or, les accords signés stipulaient que ces forces auraient dû, préalablement au scrutin, être totalement désarmées.

Laurent Bagbo a cédé sur ce point capital aux Occidentaux, pour prouver sa volonté d’aller coûte que coûte aux élections.

Or, le vote sous "protection armée" au Nord, a, massivement et frauduleusement, permis à Ouatarra de "l’emporter" sur ce territoire.

Cette erreur, Laurent Bagbo, l’a payée très cher, et quand la Cour suprême de Côte d’Ivoire a annulé ces élections aux résultats contestés, la "communauté internationale" a crié "au viol de la démocratie". Sans attendre, cette communauté a reconnu leur "homme" comme le président légitime, refusant jusqu’au recomptage des bulletins.

Nicolas Sarkozy s’est porté en pointe dans la reconnaissance du "mal élu", anticipant sur un geste identique en Libye, en faveur des opposants à Kadhafi

* Guillaume Soro était le secrétaire général des Forces nouvelles, le mouvement rebelle. Il est aujourd’hui le secrétaire général du MPCI (Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire). Les forces, dont il est le représentant politique, contrôlaient 48 % du pays de 2002 à 2007 à la suite de la guerre civile, l’opposant à Laurent Bagbo.

Guillaume Soro, est devenu le chef du gouvernement de Laurent Bagbo, à l’issue des accords de paix, du 4 mars 2007 signés à Ouagadougou (Burkina Faso) avec ce même Laurent Gbagbo.

Guillaume Soro donne sa démission, en décembre 2010, après les élections. Il est alors « reconduit » à son poste, cette fois, par Alassane Ouattara....


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