COMITE VALMY

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Source : MediaBeNews

La France en Côte d’Ivoire : la démocratie au canon

mercredi 6 avril 2011, par Comité Valmy

Aprés les bombardements d’Abidjan par Sarkozy, combien de Français pacifiques pourront-ils rester en Côte d’Ivoire ? Son comportement peut dans ce domaine, rappeller les conséqueces de la politique de l’OAS en Algérie . Fleurus



C’est au canon que les Français de l’Opération Licorne, dont les effectifs avaient été renforcés pour l’occasion, et les forces onusiennes dotés d’hélicoptères de combat ont voulu appliquer les règles du jeu démocratique, imposer le vainqueur d’un scrutin contesté et, in fine, « protéger » les populations civiles d’Abidjan.

Outre les dépôts de munitions et les camps militaires (qui abritaient aussi des familles) des immeubles d’habitation ont été pris sous un feu intense tandis que des bandes de pillards écumaient la ville.

L’obstination de Laurent Gbagbo, qui refusait de reconnaître sa défaite électorale et dénonçait des irrégularités au bénéfice de son rival, a été payée au plus haut prix par ses compatriotes.

Prenant de court une Union africaine divisée sinon tétanisée, interprétant très largement le mandat onusien, au point de susciter les questions de la Russie, l’intervention militaire française, qui a emporté la décision sur le terrain, risque de se traduire par un lourd bilan humain, des milliers de morts et de blessés, un pays traumatisé.

Peut-on espérer que ces frappes, qui n’avaient rien de chirurgical, réussissent à guérir le malade ? Rien n’est moins sûr : présenté comme le « vainqueur reconnu par la communauté internationale », Alassane Ouattara aura plus de mal que jamais à se défaire de son image de « candidat de l’étranger » et surtout, à moins d’un miracle, la violence pourrait continuer à s’étendre comme un feu de brousse.

Si l’on peut craindre des représailles de partisans de Gbagbo à l’encontre de gens du Nord, alliés supposés de son rival, on constate aussi que les troupes hétéroclites du vainqueur se sont livrées à des exactions et des tueries. Quant aux 12.000 Français qui vivent en Côte d’Ivoire et n’ont pas tous été rassemblés à Port Bouët ou évacués, ne risquent-ils pas de faire les frais de cette opération dont on n’a pas encore évalué les répercussions psychologiques sur l’opinion africaine ?

À Dakar, M. Sarkozy avait osé affirmer que l’Afrique n’était pas encore entrée dans l’Histoire. Lui, il s’y est taillé sa place, mais il ne sait pas encore dans quelle rubrique…

COLETTE BRAECKMAN


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