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Source : Al Manar

Syrie : Vendredi saint dans le sang : 10 tués selon Damas, 80 selon les rebelles

samedi 23 avril 2011, par Comité Valmy


Plusieurs attaques armées ou à coup de pierres ont été perpétrées vendredi contre des bâtiments officiels ou des positions militaires syriennes, en particulier dans les provinces de Deraa, de Damas et de Homs a rapporté l’agence de presse Sana.

Alors que l’agence AFP parlait de 80 tués en Syrie dans les rassemblements de vendredi.

Selon Sana, citant une source militaire proche du commandement de l’armée syrienne, des bandes en voitures et à motos, dont des éléments armés, ont tué 8 personnes et blessé des dizaines d’autres lorsqu’ils ont pris d’assaut des bâtiments officiels de la direction de la région d’Ezreh, situé au cœur de cette ville, appartenant à la province de Deraa.

« D’abord, les groupes d’hommes motorisés sont arrivés sur les lieux qu’ils ont attaqués en jetant des pierres, puis certains d’entre eux ont ouvert le feu, alors les militaires de l’armée ont riposté. En prenant la fuite, des hommes encagoulés à bord d’une voiture ont ouvert le feu et des échanges de tirs ont eu lieu, tuant 8 personnes et blessant une vingtaine d’autres, parmi les rebelles et les militaires », précise cette source.

Toujours dans la province de Deraa, des hommes à motos se sont dirigés vers un point de contrôle militaire situé entre les deux localités Mliha et Harak, armés de couteaux, de gourdins, de bouteilles remplies d’essence, et d’autres d’un liquide rouge.

Concernant le liquide rouge retrouvé dans certaines bouteilles, il avéré être selon les forces armées du sang qui devait servir dans les photos montées. Alors que les bouteilles d’essence devaient servir à provoquer des incendies.

De plus, ajoute Sana, ils transportaient sur eux « des portables munis de cartes SIM non syriens et de caméras digitales contenant de petites séquences d’images montées sur des actes de violence ».

Par ailleurs, deux officiers de la police ont été abattus et 11 autres ont été blessés dans deux attentats distincts : l’un d’entre eux a été abattu dans la région de Maadhamiyya, proche de Damas, tandis que le second a été tué à Homs.

Véhicule de pompiers et bus brûlés

Toujours selon l’agence de presse syrienne Sana, des bandes armées ont attaqué un véhicules des pompiers dans le quartier de Jobar de la capitale, blessant plusieurs pompiers dont certains gravement et détruisant les véhicules.

Les équipes des pompiers s’étaient rendus à Jobar pour éteindre un incendie qui s’est déclaré dans une pompe à essence, lorsqu’ils ont été victimes d’une agression à coups de pierres de la part d’un groupe de protestataires. Certains d’entre eux ont par la suite attaqué à coups de gourdins le véhicule avant de l’incendier, alors que certains éléments armés sont intervenus ouvrant le feu contre les trois pompiers qui se trouvaient à son bord. Deux d’entre eux sont dans un état grave.

« L’attaque contre nous montre que ces rassemblements ne sont nullement pacifiques, pourtant les policiers étaient très loin, et nous n’avons vu aucun d’entre eux », assure l’un d’entre eux.

Dans le quartier de Tichrine, proche de la capitale, ce sont des bus de transport public qui ont été pris d’assaut et incendiés par « des bandes de saboteurs ».

Dans la région de Talbissa, proche de la ville de Homs, des « saboteurs » ont coupé les rues au sein de la ville, en brûlant des pneus et en saccageant des propriétés publiques et privées.

Sachant que l’agence syrienne a évoqué dans les détails les différents rassemblements qui ont eu lieu dans différentes régions et villes syrienne, assurant qu’elles étaient limitées de par la participation.

L’AFP : une autre version

Du côté de certains militants syriens, la version rapportée par l’AFP est différente. 80 personnes auraient été tuées durant les manifestations de vendredi, dont 18 à Ezreh et 17 dans plusieurs quartiers de Damas, selon Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne des droits de l’Homme.

Alors que le Comité des martyrs de la Révolution du 15 mars, un groupe de militants formé pour recenser les victimes du mouvement de contestation, a publié une liste nominative de 82 personnes tuées par les tirs des forces de sécurité, dont des enfants et personnes âgées, selon un communiqué parvenu à l’AFP.

Dans cette version , il n’est nullement question de militaires tués ou blessés, évoquéspar l’agence syrienne, avec des photos à l’appui sur leurs obsèques.

AlJazira accusée de partialité et de désinformation

Par ailleurs, les critiques fusent sur la couverture de la chaîne qatarie AlJazira des évènements syriens. Elle est accusée de favoriser la version des rebelles, et de court-circuiter les déclarations des intervenants syriens lorsqu’ils en viennent à défendre les positions proches des autorités syriennes.

Ce fut le cas par exemple avec un intervenant syrien de la ville de Lattaquiyyé, Akssam Naïssa, qui a été interrompu lorsqu’il a mis l’accent sur la popularité du président syrien Bachar ElAssad et les espoirs chez les manifestants pour qu’il rejoigne leurs revendications à mi-chemin.

Ce fut aussi le cas d’un professeur d’université qui voulait signaler que les manifestants syriens ne représentent pas tout le peuple syrien. Il ne put continuer son intervention.

À cet égard, Sana a accusé AlJazira de fomenter des incidents sur la Syrie, en relayant des faits racontés par de soi-disant témoins. Elle rapporte le cas d’un dentiste de la ville de Homs, Mohammad Abdel Rahmane, qui sur l’antenne de la chaîne a déclaré avoir été témoin d’accrochages entre des manifestants et des forces de l’ordre à Homs.

Or quelques minutes plus tard, le vrai dentiste Mohammad Abdel Rahman a contacté par téléphone la chaîne satellitaire syrienne, niant avoir accordé une quelconque intervention et affirmant que quelqu’un a utilisé son nom pour faire un faux témoignage sur la chaîne AlJazira.

"L’un de mes amis m’a appelé me disant que mon nom a figuré sur la chaîne AlJazira en tant que témoin oculaire. J’étais surpris parce que je n’avais jamais appelé cette chaîne au téléphone", a assuré Dr Abdel Rahman.

Les doutes sur la couverture d’AlJazira se trouveront soutenues par la démission toute récente de l’un de ses animateurs politiques les plus célèbres, le directeur de son bureau à Beyrouth Ghassane Ben Jeddo.


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