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La mémoire courte de l’ex-candidat républicain à la Maison Blanche
par Manlio Dinucci

lundi 25 avril 2011, par Comité Valmy


Le sénateur républicain John McCain, ex-candidat de la droite républicaine aux dernières élections présidentielles aux Usa, est allé en mission à Bengazi, d’où il a demandé que Washington reconnaisse le Conseil national de transition comme gouvernement légitime de la Libye, en l’aidant à renverser Kadhafi. Mémoire courte. Parce qu’il y a à peine vingt mois, le 14 août 2009, ce même McCain rencontrait à Tripoli Muhamar Kadhafi, en lui faisant des louanges pour « son rôle d’artisan de la paix en Afrique ».

La délégation conduite par McCain comprenait trois autres sénateurs ; celle de Libye était composée de Muhamar Kadhafi, de son fils Moutassim (qui, en habit de conseiller pour la sécurité nationale, avait rencontré en avril à Washington la secrétaire d’Etat Hillary Clinton) et trois hauts fonctionnaires. Du côté étasunien, on définissait la Libye comme « un important allié dans la guerre contre le terrorisme », en soulignant qu’ « avoir un ennemi commun renforce l’amitiés ». Du côté libyen, on demandait à Washington « des garanties de sécurité », en échange du renoncement par Tripoli à fabriquer des armes de destruction de masse. Muhamar Kadhafi même « exprimait son désir de voir fleurir de telles relations ». McCain lui répondait que, pour preuve de leur renforcement, « des officiers libyens étaient entraînés dans les commandements et dans les académies militaires étasuniennes ».

Vingt mois plus tard seulement, le sénateur McCain rencontre à Bengazi Mustapha Abdu Jalil et d’autres ex-notables du gouvernement libyen, qui essaient à présent de renverser Kadhafi. Mais quelque chose en tous cas n’a pas changé : l’objectif véritable de McCain.

Parce que le sénateur est l’homme de confiance des grandes compagnies pétrolières étasuniennes : ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips et d’autres. Pour sa seule campagne électorale, elles lui ont fait des « donations » de millions de dollars. En échange McCain a soutenu au Sénat la nécessité d’intensifier les forages offshore et de réduire les taxes des compagnies pétrolières, en leur faisant ainsi gagner des dizaines de milliards de dollars. Grâce aux financements de Chevron intégrés par les financements d’Etat, s’est constitué l’International Republican Institute, dont McCain est président, engagé à « promouvoir la démocratie » : en réalité à ouvrir la voie aux compagnies étasuniennes dans les pays riches en pétrole. Jusqu’ici surtout en Irak, dont il a été un des principaux fauteurs de l’invasion de 2003. Même histoire et même mise en jeu aujourd’hui en Libye.

Edition de dimanche 24 avril de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


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