COMITE VALMY

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Lagarde, candidate à la zizanie
par Georges Sarre

jeudi 26 mai 2011, par Comité Valmy


Christine Lagarde vient d’annoncer sa candidature au poste de directrice générale du FMI, après la démission de Dominique Strauss-Kahn. Georges Sarre, ancien ministre et conseiller de Paris, s’interroge sur le véritable sens de cette succession.

Aujourd’hui, les relents de l’ « affaire DSK » ont accouché d’un bruit plus discret qui ne manquera pas de retentir : la candidature de Christine Lagarde, ministre UMP de l’Economie et des Finances, à la direction générale du FMI. Les médias internationaux, qui la présentent d’ailleurs comme une des « favorites », semblent avoir oublié d’interroger le véritable sens de cette succession.

S’agit il d’une succession à la négation de la souveraineté des Etats ? L’on comprend bien que, dans un contexte national de course à la candidature présidentielle, certains lorgnent vers cet « au-delà des nations » fièrement symbolisé dans les attributions du Fonds Monétaire International ; organisme supranational dont les plans d’ajustement structurels ont notamment participé, en 2010, à une forte baisse du pouvoir d’achat des grecs, dans le cadre d’une politique de rigueur. Cette candidature officieuse nous pose une nouvelle fois la question : au nom de quels intérêts gouverne-t-on en tant que patron du FMI ? Au nom de l’intérêt général des français, de la défense de leurs services publics, de leur pouvoir d’achat, de leur emploi ? L’exemple de Dominique Strauss Kahn aura au moins servi à montrer la secondarité des peuples dans l’équation néo libérale d’une institution au service de la finance globalisée : souvenons nous de la doctrine non interventionniste et dérégulatrice prônée par l’ex directeur général du FMI, soutenant la baisse des traitements des fonctionnaires grecs comme réponse à la crise économique et financière de notre voisin européen, à un moment où la crise du capitalisme transnational démontrait la nécessité d’une intervention musclée de la puissance publique dans l’économie.

Peut on encore parler d’une candidature française ? « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir » disait François Mitterrand. Aujourd’hui Christine Lagarde envisage de s’expatrier à Washington et d’y envisager un avenir de régionalisation des nations, de morcellement des 187 pays membres en aires économiques. L’on attendrait davantage d’un ministre de l’Economie et des Finances qu’il candidate à une politique ferme de lutte contre les délocalisations et les fermetures d’entreprise, de lutte contre un euro surévalué, boulet au pied de notre croissance et de la compétitivité de l’industrie française. Le salut d’une France dont l’industrie est prise en étau entre les pays à bas coûts salariaux et un yuan sous évalué d’une part et les Etats-Unis qui ont tiré la carte du dollar faible, se trouve t il dans la fuite d’un ministre qui, impuissant pour sa nation, préfère la renier à Washington ? Phénomène étrange que cette nouvelle « fuite des cerveaux » français provoquée par les aspirations à la direction générale du FMI : ce « drain brain » des élites françaises à la tête d’un organisme supranational (rappelons que le directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce depuis 2005 est Pascal Lamy) dessine les mouvements d’un ballet très moderne, celui des élites mondialisées, qui, déterritorialisées, sans racines, glissent habilement, nouveaux hauts fonctionnaires de la gouvernance de la mondialisation…

La candidature de Mme Lagarde en effet pose bien des questions, et semble épaissir un brouillard de plus en plus généralisé : un brouillard idéologique. Que penser de l’adoubement de Christine Lagarde aux plus hautes fonctions du FMI par Martine Aubry ? Dimanche dernier sur France-2, la première secrétaire du PS trouvait que la nomination de la ministre de l’Economie à Washington « serait une très bonne chose pour notre pays et pour l’Europe ». Que répondre aux élucubrations d’une socialiste, potentielle candidate, pour sa part, aux primaires du PS et a fortiori à l’élection présidentielle de 2012 ? Quelle sera, en effet, la réponse des électeurs aux socialistes lors du prochain scrutin, quand ils sauront le soutien apporté par la première secrétaire à un ministre des plus libéraux, ayant récemment prôné la suppression de l’ISF ? Le Parti Socialiste, déjà divisé par ses nombreux courants, semble dessiner d’en haut sa future division dans les urnes. Ou alors est-ce une perspective politique que la fille de Jacques Delors trace en filigranes, voulant par son soutien à la ministre UMP, accentuer la tendance néo-libérale du PS actuel ?

Cette candidature de la zizanie n’a pas finit de faire parler d’elle et du marasme français, en perpétuelle tension avec les aspirations mondialisées des différents acteurs de sa vie politique. En effet, la question « quel avenir pour Lagarde » ne répond pas à la question « quel avenir pour la France » : le vieux continent piétine…

Mercredi 25 Mai 2011

Georges Sarre

Source : http://www.marianne2.fr


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