COMITE VALMY

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Lettre - pétition

Libye : non à la guerre, non à l’atlantisme suicidaire de la France

mercredi 6 juillet 2011, par Comité Valmy


Oui à L’HARMATTAN DE LA PAIX ! Non à celui de la guerre !

Assistants à la réunion témoignages et débats organisée à Paris le mercredi 29 juin 2011 par MSPL (association française pour l’amitié et le développement des échanges pacifiques entre les peuples européens et libyen), et à celle des éditions L’Harmattan regroupant des milliers d’écrivains du monde entier, qui ont appelé à l’arrêt immédiat des bombardements de la Libye par l’OTAN, nous citoyens épris de paix et de justice avons l’honneur d’être les premiers signataires de cette :

Lettre/Pétition

A l’attention des présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée Nationale Conformément à l’article 35 de la constitution française, les élus de la nation, au Sénat comme au Parlement, se pencheront dans les jours qui viennent sur la continuité ou l’arrêt des actions de guerre menées au nom de la France contre la Libye. Car, c’est de cela dont il s’agit en réalité et non point de protection des populations civiles, comme le martèle la propagande sous le haut commandement de Bernard-Henri Lévy. Ces opérations de guerre coûtent à la France 1 millions d’euros par jour !

Tout semble indiquer que contrairement aux élus US, les nôtres sont sollicités par les va-t-en-guerre, même si personne ne pense que le conflit libyen ne peut être résolu ainsi.

Mesdames et Messieurs les élus de la nation :

Nous tenons à vous alerter sur le sort des populations civiles en Libye, qui subissent les bombardements de l’OTAN et particulièrement de l’aviation française.

Au 1er juin, le nombre de civils morts sous les bombes était d’environ 800 et le nombre de blessés graves dépassait les 4000. Depuis, les bombardements nocturnes se poursuivent. A ce premier bilan, il faut ajouter la situation dramatique de centaines de milliers de réfugiés de toutes nationalités fuyant les bombardements sur les villes, y compris celles n’ayant connues aucun affrontement comme Syrte ou Sebha. Des civils noirs (Libyens ou ressortissantsde divers pays africains) quittent le territoire parce qu’ils sont massacrés par les insurgés qui les assimilent tous à des « mercenaires ».

De multiples bâtiments publics sans intérêts militaires, des immeubles et des villas privées, des éléments de l’infrastructure industrielle ou culturelle sont détruits. Il convient également de relever les tirs ciblés visant des personnalités civiles et leur famille, comme celui qui a tué l’un des fils de M.Kadhafi et trois de ses petits enfants. Ces bombardements et ces tirs relèvent, selon les Conventions de Genève et du protocole de 1977 ainsi que du Traité de Rome et de la Cour Pénale Internationale, des crimes de guerre et des crimes contre l’Humanité.

Ces bombardements n’ont aucunement fait évoluer la situation. Le conflit s’enlise, sans perspective de solution militaire, sauf nouvelle résolution du Conseil de Sécurité autorisant l’intervention terrestre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. L’Europe est particulièrement impliquée bien que de nombreux liens aient été tissés avec la Libye dans une période récente.

Les résolutions 1970 du 26 février 2011 et 1973 du 17 mars 2011 ont été adoptées dans la précipitation à l’initiative de la France (précipitation dénoncée notamment par l’Inde) sur la base d’informations médiatiques (Al Jazeera) non vérifiées.

L’application de ces résolutions par la France (malgré les réserves de notre Ministre de la Défense ) constitue une violation ouverte de la légalité internationale et du mandat délivré par le Conseil de Sécurité.

Alors que la résolution 1970 décidait, à peine 8 jours après le début de l’insurrection armée de Bengazi, des sanctions sur la base des données fournies par un seul des belligérants, la résolution 1973 qui n’avait décidé « au nom de la protection des populations civiles que l’interdiction de l’espace aérien aux avions libyens », a été interprétée par la France comme l’autorisation d’une intervention armée, consistant à neutraliser l’armée libyenne et à laisser faire les insurgés.

C’est donc sans aucun mandat que la France poursuit ce qui n’est en droit qu’une agression contraire à la Charte des NU et violant la résolution 1973, elle même obsolète désormais, car il s’agit d’éliminer M.Kadhafi, ses proches et de liquider le régime libyen, de détruire un Etat membre de l’ONU.

Les Autorités françaises, les seules dans le monde, sont allées les premières reconnaître le

Conseil de Transition de Bengazi dont deux dirigeants sont d’ex-ministres du gouvernement de Tripoli alors qu’ils avaient été mis en cause dans l’affaire des « infirmières bulgares ». Il convient de rappeler que la tradition diplomatique française est de reconnaître les Etats et non des insurgés.

Le rapport du centre International d’Etudes sur les tensions et du Centre Français de Recherche sur le renseignement (Paris mai 2011), lisible sur le net, rédigé à l’issue d’une enquête en Libye même, menée avec la participation d’ Yves Bonnet, ancien directeur de la DST est édifiant.

L’échec de l’opération militaire est patent et l’avenir de la Libye est plus que jamais « incertain » s’il s’appuie sur les insurgés de Bengazi. A moins d’être disposé à poursuivre le massacre des populations civiles et d’être persuadé que la démocratie est un produit d’import-export, malgré les actes de barbarie totale (visibles sur le net) et revendiqués par les insurgés eux-mêmes, dont font partie des intégristes combattus par ailleurs, le temps de la négociation et du cessez le feu est arrivé, non pour des raisons de coût mais pour les plus élémentaires raisons humanitaires et par exigence de légalité.

Les Autorités de Tripoli, soutenues par 2150 Tribus réunies les 5 et 6 mai, proposent :

- Le cessez le feu immédiat

- Le dialogue entre les parties libyennes, sans la participation de M.

Kadhafi

- Des élections sous observation internationale et une réforme

constitutionnelle à l’issue d’une courte période de transition.

Par delà les enjeux stratégiques maritimes ou énergétiques (pétrole et gaz) de cette guerre, des ambitions du Qatar, des complicités de l’armée tunisienne et de l’armée française pour faire passer des convois de matériel militaire dans le Sud, le peuple libyen a droit à la vie et à la souveraineté.

Quelle que soit l’issue de la guerre menée par la France, le résultat final, si elle se prolonge, sera un profond recul de son prestige ainsi que celui de l’Europe dans le Monde Arabe et dans toute l’Afrique comme en témoignent les positions de l’Union Africaine. N’oubliez pas que ce capital prestige, la France le doit à Charles de Gaulle jusqu’à Jacques Chirac, qui a osé dire Non à l’invasion de l’Irak en 2003.

L’échec des autres engagements de la France ne semble pas avoir servi de leçon. L’insurrection armée du 17 février n’a rien à voir avec les mouvements populaires des autres pays arabes. L’amalgame peut-être involontaire fait par les médias ne correspond pas à la réalité. Pour protéger les populations civiles, la recherche d’une solution politique s’impose de toute urgence.

Nous espérons que vous saurez, Mesdames, Messieurs les élus de la nation prendre en considération notre appel, qui, au-delà de nos inquiétudes pour le peuple libyen transmet également les aspirations des 2150 chefs de tribus libyennes.

Paris, le 29 juin 2011

Premières signatures :

Samir Amin, écrivain

Robert charvin, Président d’université

Sliman Doggui, médecin-neurologue

Sadek Sellam, écrivain

Denis Pryen, éditeur (L’Harmattan)

Drweski Bruno

Asselmeyer Jean

Ginette Hess Skandrani

Henric Fabrice

Lilo Miango

Pierre Yannick

David Gazunki

Ajout à cette première liste :

Claude Beaulieu, président du Comité Valmy

Pour signer contactez nous au Tel 0033612539913

msplibyen@gmail.com

MSPL (association française pour l’amitié et le développement des échanges pacifiques entre les peuples européens et libyen)


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