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Fracturation des sous-sols, version rock ’n roll
GASBUGGY, la bombe A dans le gaz de schistes

samedi 16 juillet 2011, par Comité Valmy


La fracturation des sous-sols pour extraire des schistes les gaz ou les huiles est présentée en 2011 comme un aboutissement récent de la meilleure technologie de l’industrie pétrolière. En réalité, rien de nouveau sous le soleil : dès 1967, la méthode était employée au Nouveau Mexique.

Intéressant retour d’expérience

Seule différence, en 1967, ni benzène, ni nano-particules, ni solutions chimiques sous-pression pour faire fortune en empoisonnant les nappes phréatiques, mais une bombe atomique. Cette expérience des docteurs FOLAMOUR de l’époque était présentée comme un recyclage pacifique de l’arsenal nucléaire américain.

Voici un article extrait du numéro 995 de Paris-Match du 4 mai 1968 qui permet d’apprécier la maîtrise de la propagande, qui permettait, déjà à l’époque, d’utiliser les techniques les plus dangereuses pour les populations en présentant l’affaire comme une œuvre de bienfaisance.

Ensuite, l’article du Connecticut Post [1], révèle, sur la base de documents officiels déclassifiés, que si l’opération a parfaitement réussi à extraire le gaz, celui-ci était si chargé en particules radioactives qu’il était impropre à la vente. Le gaz fut donc brûlé dans des torchères, dispersant ainsi les particules toxiques dans l’atmosphère, lesquelles particules retombaient ensuite sur les citoyens américains et les cultures sous forme de pluies d’eau lourde.

Persuadés par la propagande que l’opération avait parfaitement réussi, ces citoyens américains ignoraient tout de ce fiasco et ne prenaient aucune précaution pour leur santé.

Non, rien a changé. Sauf que ce genre de pratiques irresponsables ont lieu maintenant en France [2].

Comme au Nouveau Mexique en 1967, la version gouvernementale française consiste à rassurer les populations sur le thème que la France aurait renoncé à l’extraction des gaz de schistes par fracturation... sauf exceptions, notamment des "expérimentations"... qui consisteraient, précisément, à fracturer la roches, juste pour voir. En réalité, en Ile de France, en Beauce, en Brie, du Sud-ouest au Sud-est, des permis ont bien été accordé [3]. Évidemment, si du gaz où de l’huile jaillissaient à l’occasion d’une de ces "expériences", il faudra bien les exploiter. Et comme dans les années soixante aux USA, on remettra à plus tard l’évaluation des conséquences pour l’environnement et les populations. Après les pluies d’eau lourde américaines, les vapeurs de benzène au robinet d’eau potable en France sont désormais très probables.

Jean-Louis Borloo a été parfait dans son rôle de ministre trop incompétent pour ne pas réaliser qu’en laissant les mains libres aux dignes héritiers des Docteurs Folamour précités, il bradait les sous-sols et mettait en péril la santé des français, dans le seul but de faire la fortune de la société U.S. Toreador, pilotée par Julien BALKANY [4], demi-frère de Patrick BALKANY, grand ami de Nicolas Sarkozy.

Le masque est tombé quand a été rendu public que Maître Salat-Baroux, [5] avocat de Toreador devenait son directeur de campagne.

L’empoisonnement des nappes phréatiques et des buveurs d’eau n’aura pas été perdu pour tout le monde.


Paris-Match n°995 du 4 mai 1968


Une bombe A pour arracher les trésors du sol

Première expérience au Nouveau-Mexique. Résultats dans un an. (ndlr : en 1969) Enjeu : des milliards en pétrole.

Un derrick au milieu d’une clairière de la forêt Carson, au nord-ouest du Nouveau-Mexique. Venant de Farmington, 40 km à l’ouest, la route traverse des plateaux désertiques parsemés de maigres buissons. La roche rouge est sculptée par l’érosion depuis des millions d’années. Peu à peu, les arbres apparaissent. Dans la montagne, à 2000 m, un site boisé de pins : le lieu choisi pour l’explosion.

- Les préparatifs de l’opération « Gasbuggy » (Charrette à gaz) vont commencer. C’est la première étape du programme « Plowshare » (Soc de charrue), un projet qui peut révolutionner l’économie mondiale, en multipliant les ressources de gaz naturel et de pétrole. Pour la première fois, le gouvernement américain prête ses bombes nucléaires à l’industrie. Mission de la « El Paso Natural Gas Company » ; fracturer par l’explosion atomique les roches souterraines qui enferment le gaz dans leurs pores.

L’engin est un modèle ultra secret : même les ingénieurs de la <• El Paso » ne le verront pas. Les éléments arrivent sous la protection d’une garde formidable. Dix savants de Berkeley effectuent l’assemblage à 100 m du derrick, dans une cabane rouge en bois.

A 1 200 mètres

Le plafond de la cabane est enlevé. Une grue soulève la bombe : un cylindre, longueur 3.60 m, diamètre 44 cm. L’engin est transporté au-dessus du puits. Il est descendu dans un tube d’acier de 46 cm de diamètre, Jusqu’à la profondeur de 1 200 m. Le puits est ensuite rempli de sable et de ciment. Seuls les bouts de câbles du détonateur dépassent.

On n’attend plus que le « go » final. L’enjeu est fantastique. Les U.S.A. ont été le pays des grands gisements de gaz et de pétrole. Mais ils ont été mal exploités. Le pétrole se trouve normalement à l’état moléculaire dans la roche et suinte peu à peu. Si on veut l’extraire trop brutalement, la roche se comporte comme un être vivant. Les premiers prospecteurs n’ont pas laissé aux gisements le temps de « récupérer » et ils n’ont ainsi retiré que le quart des ressources. Certains bassins ont cessé de produire. D’autres - les schistes bitumineux - constituant de gigantesques réserves, n’ont jamais pu être exploités ; on ne savait quelle technique employer.

« Gasbuggy » peut apporter la solution. Une bombe de 26000 tonnes de T.N.T. - plus qu’Hiroshima - doit ouvrir en un dixième de seconde une cavité de 450 m de diamètre au sein de la roche. Quand elle se refroidira, son plafond va s’écrouler et former une cheminée haute de 100 m. Tout autour, dans un rayon de 130 m, la roche sera fendillée, et la perméabilité rétablie.

« El Paso » n’aura plus qu’à forer pour exploiter le gisement en espérant qu’il n’y aura pas trop de radio-activité.

La région est évacuée

Le jour « J », 10 décembre 1968. Les services de sécurité évacuent toute la région. Au poste de contrôle, à 3 km, 35 savants et ingénieurs commencent le compte à rebours.

- 4, 3, 2, 1... Le directeur des opérations appuie sur un bouton. La bombe explose en un millionième de seconde. Mais, à l’extérieur, rien ne révèle cette révolution technique. Rien qu’un léger sursaut du sol au-dessus du puits, et un signal sur l’écran TV. Puis on perçoit une faible secousse. C’est tout. L’attente commence. Nuit et jour, sismographes et compteurs Geiger essaient de déchiffrer les mystérieux phénomènes qui se passent à 1 200 m de profondeur. La cavité et la cheminée se sont-elles formées comme on le pensait ? Le gaz est-il libéré ?

Et si oui, est-il contaminé ?

Une nouvelle page

Avril 1968. La Commission de l’énergie atomique rompt enfin le silence. Les résultats définitifs ne seront connus que dans plusieurs mois. Mais les instruments ont permis de formuler les premières conclusions : « Gasbuggy » a bien formé la cavité et la cheminée. D’autre part, il y a moins de radio-activité qu’on ne le craignait. Et une nouvelle page s’ouvre dans l’histoire de l’énergie.

- Le gaz naturel, cela représentait aux U.S.A. 289 trillions de pieds cubes : le tiers de l’énergie des États-Unis. Tout est changé. « Gasbuggy » double ces chiffres. Et si le succès est complet, l’opération « Bronco », dans un an, va tenter de libérer l’huile de schiste, la plus grande réserve du monde, inexploitable aujourd’hui. Les chiffres sont à peine concevables : le seul bassin du Colorado contient quatre fois les réserves américaines actuelles. L’huile de schiste des U.S.A. et du Canada représente cinq fois les réserves mondiales connues.

La confirmation du succès signifiera le véritable commencement d’une autre ère : l’utilisation pacifique des bombes.


Connecticut Post, Publié le dimanche 1er mai 2011


1967 L’explosion a secoué Farmington par ses racines

1967 explosion rocked Farmington to its roots KURT Madar, Le Daily Times

- Bennie Armenta se souvient clairement de l’explosion nucléaire qui a secoué Farmington par ses racines, de bas en haut.

Parce qu’il devait le faire, il a aidé à se mettre en place la plate-forme qui a foré le trou 4222 pieds où la bombe a explosé.

« Je n’ai pas pensé par deux fois au rayonnement, à l’époque," a déclaré Armenta, qui y est retourné pour retirer l’équipement de forage après l’explosion. "Ces jours-ci avec tout ce qui se passe, je serais probablement un peu plus inquiet."

Armenta avait 18 ans quand le gouvernement fédéral a effectué l’essai souterrain atomiques à environ 55 miles à l’est de Farmington, à Carson National Forest, le 10 décembre 1967. La détonation a fait partie des essais atomiques du président Dwight D. Eisenhower utilisés pour la campagne de paix.q

Sous le nom de code « Gasbuggy", est une partie de l’opération "soc de charrue". Le but de ce test nucléaire de 29 kilotonnes était de voir si l’explosion d’une "petite" bombe nucléaire pourrait stimuler la libération du gaz naturel difficile à extraire, car piégé dans les gisements de schiste en profondeur en dessous de la forêt.

les campagnes "Atomes pour la Paix" et "Ploughshare Opération" ont promu l’idée que des explosions nucléaires pourraient être utilisées pour des projets pacifiques, comme les mines, la construction de canaux et de barrages.

Vingt-sept explosions nucléaires ont été effectués en vertu du programme, tous dans le Sud-Ouest, avant qu’il ne soit interrompu en raison des préoccupations de rayonnement.

L’empoisonnement par les radiations n’est que récemment à la connaissance du public, après le tremblement de terre et les catastrophes du tsunami au Japon qui a sérieusement endommagé une centrale nucléaire. Comme le monde tout vu, se soucier de la propagation de la contamination radioactive ramène à une vieille question.

Qu’est-il arrivé à Farmington près de 44 ans après, en matière d’irradiation ?

La réponse n’est pas simple.

Cependant, les experts chargé de surveiller le site disent que Farmington n’ai jamais vu une augmentation des niveaux de rayonnement à partir Gasbuggy, et que toute contamination qui s’est produite est localisée sur le site.

L’explosion a eu les résidents du comté de San Juan au moment Armenta si préoccupé rappelle que ses parents se soucier d’une réaction en chaîne de métro ou Navajo Dam éclatement.

« Les gens craignent que la bombe brise le barrage, qu’il lâche, ou des sortes de gerçures de la terre", a déclaré Armenta, désormais âgé de 61 ans. « Je me souviens des gens qui parlent au sujet du ressenti du tremblement de terre, à Bloomfield."

Il y avait aussi des préoccupations au sujet du rayonnement et de la contamination des eaux souterraines par le gaz naturel extrait du puits à proximité, dont cinq étaient à moins d’un mile de la détonation.

Une simple plaque marque l’endroit où le forage de 18 pouces de diamètre a été creusé à Carson National Forest pour prévenir que des fouilles dans la région est non seulement interdites, mais dangereuses.

Les inquiétudes concernant la contamination de rayonnement ne sont pas seulement les craintes du public, selon les dossiers déclassifiés du Département de l’énergie. Une préoccupation majeure pour les scientifiques du gouvernement était que tout le gaz naturel extrait par des moyens atomiques serait trop contaminée par des matières radioactives à être vendus dans le commerce.

Ce souci s’est avéré vrai : les dossiers du Département à l’Énergie (DOE) montrent que le gaz a été contaminé. En réponse, les quelques 300 millions de pieds cubes de gaz produit par le puits ont fini par être brûlé.

Le torchage n’est cependant pas considéré comme une méthode de nettoyage efficace. Les responsables du Bureau de la gestion juridique du DOE, qui a surveillé le site Gasbuggy depuis 2007, dit que si le torchage brûle bien tout le gaz, il n’élimine pas les particules radioactives.

Le résultat a sans doute pu être "l’eau lourde" - radioactive - disséminée dans la haute atmosphère, puis, retombée sous forme de pluie en fonction des vents soufflant sur le site de Gasbuggy, ce qui rend difficile de savoir combien de contamination a été libérée par la détonation.

Le site lui-même n’aurait jamais montré des signes de radiations dangereuses, selon l’Agence de protection de l’environnement.

Personne ne sait où le rayonnement et la contamination du torchage du gaz pourraient avoir disparu, et les experts disent que maintenant plusieurs des isotopes radioactifs en cause auraient ventilées et feraient partie des niveaux de rayonnement du Nouveau-Mexique en général.

Les documents de l’EPA, qui a surveillé le site à partir de 1972 à 2007, montrent que, avec des tests annuels d’eau souterraine à proximité du site et des échantillons de sol ont été prises en 1978, 1986, 2000 et 2002.

Les fonctionnaires déclarent que le site est toujours resté bien en dessous des niveaux de danger.

Une des raisons, selon des documents, est que d’un processus d’assainissement vaste expédition qui comprenait les sols contaminés aux sites d’élimination et de remblayage du forage initial avec du matériel contaminé a réussi à réduire toute contamination de surface sur le site.

L’assainissement de surface final, qui a abouti à la suppression de 5562 mètres cubes de sol contaminé, a été achevé en 2004.

« J’ai été là-bas, depuis quand ils faisaient des essais", a déclaré Armenta. "Ils ont eu ce trou ouvert et un tas de gars en costumes blancs y allaient déconner."

Héritant de la gestion du site, le manager Jalena Dayvault prétend que le niveau des tests sur le site avant et après l’explosion aurait été étendu.

"Nous avons pris une approche très conservatrice », a déclaré Dayvault. « Nous voulions tout surveiller et jusqu’ici nous n’avons rien trouvé. A cause de cela, nous avons réduit les tests à un tous les cinq ans."

"Gestion Legacy a commencé à tester le gaz naturel provenant des puits à proximité, ceux qui sont encore en fonctionnement", dit Dayvault.

« Il y a encore de la production de gaz par ici », dit-elle. "Mais jusqu’ici, il n’y a eu aucune contamination trouvée au plus proche des puits."

Information à partir du Daily Times

Reproduction libre avec ce lien : Decapactu : GASBUGGY, la bombe A dans le gaz de schistes


Épilogue :

Après les retombées de l’explosion, quand les conséquences sur la santé des habitants du Nouveau Mexique devinrent trop visibles, d’étranges lueurs et d’étranges rumeurs apparurent. Peu à peu, toutes réflexions sérieuses sur les impacts sur la santé et l’environnement se trouvèrent discréditées par assimilation à ces rumeurs fabriquées. Ainsi, Norio Hayakawa, qui avait longuement enquêté sur la Zone 51, dans les années 90, et fini par écarter toute hypothèse sur des recherches avancées concernant des technologies aliènes, concluait qu’il y a d’autres manières d’expliquer les rapports d’Ovnis et les mutilations de bétail : “Il n’y a aucune preuve qu’une base existe près de Dulce.“ Mais la région connait de sérieux problèmes environnementaux et de santé publique : “On m’a raconté par exemple que, dans les années 70, le gouvernement aurait mené des opérations dans la région : des expériences sur les maladies bovines, sur l’anthrax et d’autres substances, dans le cadre de recherches sur la guerre biologique.”

D’autres sources ont informé Hayakawa que des produits chimiques avaient été déversés illégalement dans les environs. “Cette rumeur pouvait aussi servir à couvrir des fuites de radiations, à la suite du test nucléaire souterrain de 1967, auquel on avait procédé dans le cadre du Project Gasbuggy, à 22 miles au sud-ouest de Dulce.

La Commission à l’Énergie Atomique avait lancé le Programme Plowshare en 1957, pour tester l’utilisation civile des explosifs nucléaires afin de construire des ports, des digues, ou des canaux. Il était aussi question de s’en servir pour stimuler la production de pétrole et de gaz naturel, comme une alternative aux détonations classiques. Le premier test de cette technique, codé sous le nom de Project Gasbuggy, avait eu lieu le 10 décembre 1967 à une profondeur de 1.300m sous le San Juan Basin, avec une charge nucléaire de 26 kilotonnes placée dans un puits hermétiquement scellé.

“Nous devons vérifier s’il est exact que le taux de cancer est anormalement élevé dans cette région, et s’il y a des problèmes de fertilité chez certaines femmes.” Si certaines de ces allégations se confirmaient, Hayakawa est alors d’avis que “le gouvernement pourrait avoir voulu faire diversion et intentionnellement propagé ces rumeurs d’activités aliènes : une agence serait bien capable d’avoir monté quelques faux incidents de type Ovnis, en utilisant des méthodes sophistiquées telle que l’usage de projecteurs holographiques.”

Pour Hayakawa, la propagation de la rumeur ferait partie des programmes de PSYOPS (Psychological Operations) qu’utilisent les militaires : “Le fait de mêler des histoires d’Ovnis porte à sourire et entretient le ridicule pour détourner l’attention et décourager une étude sérieuse des problèmes locaux.”

Notes

[1] -Traduit en fin d’article, version originale ici

[2] -La carte des gaz de schiste en France

[3] -Exemple : Gaz de schiste : un permis qui inquiète à Beaumont-de-Lomagne

[4] -Julien Balkany dirige un fonds d’investissements américain, Nanes Balkany Partners, et fut de janvier 2009 à mars 2011 le vice-président du conseil d’administration de la société pétrolière Toreador Resources. Il a été Nominé en juin 2010 pour le trophée des meilleurs jeunes gestionnaires de hedge funds aux États-Unis dans le cadre des « Institutional Investor’s Hedge Fund Rising Star »

[5] -Me Salat-Baroux, ancien secrétaire général de l’Elysée, est le défenseur de la société de Julien Balkany, Toréador, qui souhaite explorer les sous-sols franciliens pour y extraire les très controversées huiles de schiste.


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