COMITE VALMY

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Bernard Houdin, conseiller du président Gbagbo - À propos des exactions en Côte d’Ivoire :
"Soit Ouattara est un menteur, soit il est disqualifié pour gouverner"

dimanche 14 août 2011, par Comité Valmy


Info d’Abidjan a interviewé Bernard Houdin, conseiller du Président Laurent Gbagbo. Morceaux choisis.

Le Pr. Mamadou Koulibaly​ soutient que le Président Laurent Gbagbo avait perdu les élections.

« Quand j’ai rencontré le Pr M Koulibaly, le 7 juin à Accra, il ne m’a, à aucun moment, soutenu cela. Tout le monde sait que le Président Gbagbo avait gagné effectivement l’élection du 28 novembre. Un seul chiffre l’atteste : le taux de participation du 2ème tour, officiellement annoncé par la CEI à 70,84 % le lundi 29 novembre, confirmé par un communiqué de l’ONUCI et, brutalement, « augmenté » à 82 % dans la « proclamation » du président de la CEI du 2 décembre 2010, dans les conditions que l’on sait.

Pendant une longue période, l’on a eu l’impression d’un véritable amateurisme dans la coordination des activités...

Dans le cas des avocats du Président, pour la ligne officielle, il n’y a jamais eu de discordance. (...) Le 26 mai dernier, Me Lucie Bourthoumieux était à Korhogo. Dans un mandat ECRIT le Président a renouvelé sa confiance à Me Odehouri, sa Conseillère Spéciale pour les Affaires Juridiques, afin de coordonner l’action des avocats qu’il a lui-même choisi, en particulier Mes Dumas, Vergès, Ceccaldi et Bourthoumieux, auxquels Me Odehouri a, en tant que de besoin, la latitude d’adjoindre d’autres confrères. (...) La feuille de route du Président était déjà claire le 11 avril quand il a déclaré, à l’hôtel du Golf : « la crise militaire est terminée, il faut régler la partie civile de cette crise pour que le pays reprenne ». (...)

Expliquez nous le rôle exact du ministre Koné Katinan ?

« Le ministre Koné Katinan a été, par mandat écrit, désigné par le Président Gbagbo comme son Porte-parole officiel. (...) Tous ceux, quelle que soit la structure à laquelle ils appartiennent, qui veulent s’engager dans le combat du Président doivent, d’abord, accepter ses décisions et sa vision des choses.

Les observateurs ont l’impression que cette « feuille de route » vous a accordé une place plus importante au détriment de monsieur Alain Toussaint.

« La gravité de la situation actuelle rend vaine et dérisoire toute polémique. Les faits sont clairs. Le Président fait des choix, ceux qui se réclament de lui doivent les suivre ou sont libres d’agir selon leur propre entendement. Mais ils ne peuvent pas, dès lors, le faire au nom du Président. (...)

Depuis la capture du Président Laurent Gbagbo, il ne se passe pas un seul jour sans que ses partisans et ex-collaborateurs ne soient victimes d’exactions diverses de la part des hommes de monsieur Ouattara​.

« La politique menée par les autorités installées par le coup de force des dirigeants français démontre chaque jour sa vraie nature : un pouvoir faible et dissolu, incapable d’instaurer un climat d’apaisement pour rassurer l’ensemble des ivoiriens. Dans ce contexte la déclaration du 1er Ministre français à l’Assemblée Nationale, après le 11 avril, précisant « sa fierté que l’armée française ait contribué à restaurer la démocratie en Côte d’Ivoire » apparait encore plus cynique alors que nous entrons dans le 4ème mois de gestion de monsieur Ouattara. La France va entrer dans la phase active de la période pré-électorale pour la présidentielle de 2012. Ses dirigeants seraient bien inspirés de réviser leur vision des choses en Côte d’Ivoire au risque qu’elle soit, pour eux, un clou supplémentaire sur le cercueil de leurs illusions.

Malgré les interpellations faites par les organisations de droit de l’homme, dont Amnesty International et Human Right Watch, qui dénoncent des exactions, Alassane Ouattara avoue ne pas en être informé. Quelles réflexions cela vous inspire ?

« Dans un entretien accordé, pendant la campagne électorale, aux journalistes de France 24 et de RFI, le Président Gbagbo avait dit et répété : « Monsieur Ouattara est un menteur. » Soit monsieur Ouattara est informé de ces exactions et il donne encore une fois raison au Président, soit il ne l’est pas et il est disqualifié pour gouverner le pays.

Pour dénoncer ces exactions et demander la libération sans condition des détenus, les ivoiriens de la diaspora organisent des manifestations publiques, dont les marches. Il nous revient que vous déconseillez les marches, pourquoi ?

« Je dis et redis qu’il y a un temps pour tout. Après le 11 avril, dans l’émotion des événements, il fallait montrer que l’on ne se soumettrait pas au diktat de l’étranger. Aujourd’hui est venu le temps du combat « politique », moins ostentatoire mais indispensable. Dans ce contexte les manifestations (marches, rassemblements) doivent être des armes à utiliser à bon escient pour en conserver toute l’efficacité. (...) Nous devons montrer à l’opinion française et aux médias que nous représentons une « force tranquille » et ne pas risquer d’être entrainés dans des provocations de toutes sortes. Mais je dis à toutes celles et à tous ceux qui se battent avec nous qu’il leur faut rester mobilisés et entretenir autour d’eux la flamme de l’espérance. (....) Par contre toute « utilisation » de l’image personnelle du Président Gbagbo a été formellement et vigoureusement condamnée par le Porte-parole. Le Président n’est pas un produit de « merchandising » et ceux qui se prêtent à ces opérations se déshonorent. Ils démontrent aussi leur méconnaissance profonde de l’esprit du Président, totalement étranger à ces pratiques.

Avez-vous des nouvelles de la mère du Président Laurent Gbagbo ?

« La mère du Président va bien et vit auprès des siens à Accra. Lors de mon dernier séjour au Ghana sa fille m’a rassuré à ce sujet.

Avez-vous des nouvelles de Mamadou Ben Soumahoro ?

« Mon ami Ben va bien et nous échangeons régulièrement au téléphone. Que l’on ne se méprenne pas : « Waraba » peut encore bondir !

Quel message avez-vous à l’endroit de nos lecteurs ?

« Je rentre du Canada où j’ai représenté le Président aux cérémonies organisées par la diaspora ivoirienne à l’occasion du 51ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. J’ai rencontré des hommes et des femmes bien intégrés dans la société canadienne, mais qui se sentent totalement concernés par l’état du pays. C’est une prise de conscience que je retrouve partout où je vais. Cela démontre la justesse du combat du Président qui a toujours privilégié le respect du Droit et qui accepte les pires humiliations pour faire triompher, à la fin, sa vision d’une Côte d’Ivoire moderne et démocratique, qui soit un exemple pour l’Afrique et le monde. Son message du 7 aout doit être lu, relu et médité par chacun et chacune. Aussi permettez- moi, en conclusion, de donner la parole au Président : « Mes chers compatriotes, de mon lieu de détention, je continue de garder la foi en notre combat. Comme dans tous les combats il y a des batailles perdues.(…) Qu’une bataille perdue ne nous détourne pas de notre objectif final qui est l’affirmation de notre existence en tant que communauté de destins libre et souveraine (…)

Les grandes puissances qui nous en imposent aujourd’hui sont passées par ces épreuves. Leurs générations actuelles jouissent des dividendes de luttes menées par leurs ancêtres.(…)

Demeurons toujours mobilisés et confiants. Car, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n’a été vaincu. C’est aussi une vérité historique ».

Photo - dr Interview - réalisée par Jean Charles Kambiré pour infodabidjan.net

Source : 14 août 2011


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