COMITE VALMY

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La barbarie à visage mondain
par Thierry Laronde

dimanche 28 août 2011, par Comité Valmy


Notre époque est celle du mensonge, donc celle du discours : on raconte des histoires ("story telling"). On a substitué la finance, c’est-à-dire le vol, à l’industrie. On a substitué la monnaie électronique, c’est-à-dire le vent, à la production ou à la détention de richesse (l’or).

Et on tente de substituer la propagande à la réalité du combat. Ce qui ne fonctionne que si les combattants rendent les armes parce qu’"on" leur dit qu’ils ont perdu.

La réalité derrière une monnaie, c’est la richesse produite.

La réalité militaire, c’est le combat.

Et l’acceptation de la défaite sans combat, c’est l’esclavage, c’est-à-dire le vichysme.

La substitution de la propagande au combat permet toujours aux barbares, la barbarie, mais sans devoir en assumer les risques. La barbarie par les moyens mondains.

La manipulation à laquelle nous assistons concernant les opérations en Libye est d’une ampleur jamais vue. Que, compte tenu des moyens déployés, des États voyous puissent, finalement, détruire un pays, là n’est pas la question : oui ! ils ont les moyens de détruire la Libye comme ils ont détruit l’Irak. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Et guerre sans conscience, c’est quoi ?

Cette propagande ne visait pas uniquement les Libyens opposés à l’OTAN, dont certains ne l’écoutent de toute façon pas, mais visait aussi et avant tout les peuples occidentaux. Ce qui est bien dire que les peuples sont l’ennemi de l’internationale des salons.

Mais la leçon à tirer encore une fois de cette nouvelle tentative se soldant par un échec, c’est que l’on n’est sûr d’avoir perdu que lorsque l’on ne s’est pas battu.

Certes, compte tenu du sort qui attend les vaincus, seuls ceux qui sont loin des exactions pouvaient avoir envie de rendre les armes. Mais imaginez le résultat qui aurait pu être obtenu par cette opération de bluff, si les opposants avaient obéi aux discours et non à leurs viscères --- qu’ils soient conseillés par la peur au ventre ou la rage au coeur.

Ce résultat avait été obtenu en 1940, par le discours de Pétain qui avait fait rendre les armes à l’Armée française, laquelle avait certes perdu la bataille de France, mais n’avait pas encore perdu la guerre. Et la conséquence avait été non la sauvegarde de l’essentiel, mais l’esclavage et la mise au service de l’ennemi des moyens qui étaient destinés à assurer notre liberté --- Vichy ordonnant à l’Armée française de défendre le territoire contre les troupes Françaises Libres qui essayaient de le libérer.

L’Allemagne nazie n’avait rien perdu dans le combat contre la France ; elle ne perdait pas de troupes à nous occuper ; elle sortait renforcée, Vichy occupant la France pour son compte, libérant ainsi des troupes allemandes redevenues intégralement disponibles pour asservir le pays suivant.

"Vivre libre ou mourir !", ce n’est pour finir pas une devise extrême :

c’est une conduite de bon sens. Puisque ne pas combattre, c’est être moralement mort et être physiquement à la merci et au service de l’ennemi. Ce qui retient l’ennemi de vous attaquer, c’est le coût de son agression : il risque de perdre peut-être tout, au moins beaucoup. Se rendre sans combattre, c’est augmenter la rentabilité des agressions en en diminuant le coût pour l’agresseur, et en augmentant la probabilité du gain.

Et c’est augmenter la cruauté des psychopathes manipulateurs, qui méprisent d’autant plus ceux dont ils avaient peur, qu’ils sont persuadés que leur victoire obtenue par du vent l’a été de manière régulière, et que donc les opposants valaient encore moins que cela.

C’est une leçon dans l’ordre militaire, mais c’est aussi une leçon politique.

On nous dit que sortir de l’euro créerait le chaos ; sortir de ce qu’ils ont l’audace d’appeler "l’Europe", et qui en est la négation, créerait le chaos. Sortons-en, on verra ce qu’il en est !

On nous dit que nul pays ne peut aujourd’hui vivre sans laisser les rênes à la finance, que l’on a perdu d’avance. Eh bien ! plutôt morts qu’attelés pour tirer le carrosse. Et ils nous menacent de représailles ? Mais imaginent-ils les nôtres ?

En Occident, la quête était celle de la vérité. Le discours n’était pas tout, car le discours n’est rien en lui-même, il n’est quelque chose que s’il décrit correctement une réalité. Dans cette société qui n’est que signes et que mensonges, qui reconnaît un philosophe à sa chemise et un innocent à son compte en banque, il faut toujours comparer ce que l’on entend avec ce que l’on croit. Et pour ne pas se faire manipuler, se diriger non d’après des signaux externes, mais d’après cette boussole interne que l’on appelle la conscience.

On n’est sûr d’avoir perdu, que lorsque l’on ne s’est pas battu.

Et l’on peut aussi les combattre, en plus, sur leur terrain : celui duverbe.

Quand a-t-on vu un pays étranger envoyer son aviation soutenir une rébellion ? En 1936, l’Allemagne d’Adolf Hitler soutenant la rébelliondu général Franco.

Mais Hitler était fou, nos dirigeants ne sont que cons. Nouveaux Picasso, à vos pinceaux ! Proportionnez l’oeuvre à la dimension des donneurs d’ordres. Guernica est une fresque, Brega sera une miniature !

La destruction de la morale ; l’égorgement de l’Histoire, car les civilisations détruites, le passé n’a plus de sens, voilà ! la barbarie.

Bienvenue dans la barbarie à visage mondain !


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