COMITE VALMY

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Luttes syndicales MAINTENANT !
Déclaration du Front Syndical de Classe

jeudi 1er septembre 2011, par Comité Valmy


L’orientation dite du "syndicalisme rassemblé", la recherche du dialogue social entre "partenaires sociaux responsables", mises à l’honneur ces dernières années par la plupart des directions syndicales sous pilotage de la Confédération Européenne des Syndicats, a pu apparaître un temps comme la solution "raisonnable" aux problèmes rencontrés par les travailleurs : mieux vaudrait rechercher la "négociation" qu’engager la lutte frontale et compter sur le rapport de forces.

Le bilan de cette orientation est aisé à faire comme l’illustre par exemple, quelle que soit la manière dont on tourne la chose, la défaite récente subie sur les retraites.

Mais il y a plus pour mesurer le gouffre qui sépare cette orientation de ce qu’il convient de mettre en œuvre pour conserver des chances de remporter des victoires !

C’est que nous vivons une période particulière qui est celle de la crise du système capitaliste, entamée depuis le milieu des années 70 et qui ne cesse de s’aggraver à mesure de l’imposition des politiques antisociales censées officiellement y remédier ! La crise la plus grave et la plus profonde depuis celle de 1929.

Si à certaines périodes, dans d’autres conjonctures économiques, politiques, nationales et internationales, du "grain à moudre" a pu être concédé aux travailleurs et servir de faire valoir au mouvement syndical réformiste, l’heure n’est plus aux concessions consenties par le grand patronat : le fonctionnement et les contradictions contemporaines du système imposent la régression permanente (exploitation renforcée, paupérisation des masses, précarisation…) et les classes dominantes prétendent imposer la remise en cause de TOUS les acquis sociaux et démocratiques de l’après-guerre et des plans de rigueur drastiques !

Ni grain à moudre, ni miettes à distribuer, il n’y a dans ce contexte, aucune place pour des négociations issues du "dialogue social" ! La démarche de F. Fillon ces derniers jours, annonçant les mesures de son plan de rigueur AVANT MEME la rencontre avec les organisations syndicales en est l’illustration !

Et pourtant, le communiqué intersyndical publié 18 août multipliait les signaux apaisants et les concessions, reprenant l’essentiel de l’argumentation patronale : inquiétudes sur « la stabilité de la monnaie commune et l’avenir de l’Union Européenne » (un comble, quand on sait quel avenir cette Union, sa Banque centrale et son Euro, associées au FMI, réservent aux peuples grecs, espagnols, irlandais et portugais !), affirmation de la nécessité de « la maîtrise des déficits publics » (au nom de laquelle on sacrifie entre autres la Fonction Publique)...

Or, comment construire des mobilisations d’ampleur si on s’associe, même indirectement, aux mensonges des premiers responsables de la crise, à savoir ceux qui, au pouvoir, servent prioritairement les intérêts du capital financier ?

L’appel incantatoire au « dialogue constructif » avec les capitalistes et leurs représentants politiques, la volonté de « sauver le capitalisme de lui-même » (discours du secrétaire général de la CES en 2008), la recherche du « moindre mal » par l’accompagnement des politiques antisociales... tout ceci débouche sur le pire de la régression.

La construction des mouvements sociaux indispensables, leur ampleur et leur détermination passent donc nécessairement par la conscience ET de la nature de la crise que nous vivons ET de ce qu’il convient de faire pour une issue positive.

Cela suppose un débat de fond avec les travailleurs soumis à la propagande massive des médias de masse pour avaliser l’idée que la dette publique ne laisse pas d’autres choix que la réduction des dépenses de l’Etat et des sacrifices, c’est-à-dire en fait l’affaiblissement considérable des services publics, de nouvelles privatisations et la progression de la misère pour les plus démunis comme pour les couches moyennes.

De ce point de vue, aucune direction syndicale n’a entrepris ce travail ! Pire, lorsque le communiqué intersyndical national du 18 août dernier constate que « les échanges à cinq ont confirmé des différences d’appréciation quant aux causes de la crise et aux solutions à y apporter », les directions de la CGT ou de la FSU n’en tirent pas les conséquences et persistent dans la recherche d’une unité de sommet factice et donc préjudiciable au mouvement !

La clarté face à la crise est essentielle pour le mouvement syndical et pour refuser que les travailleurs en fassent les frais. C’est pourquoi le Front Syndical de Classe s’adresse à tous les militants fidèles au syndicalisme de lutte en les invitant à engager partout le débat avec les travailleurs sur la nature de la crise, à dénoncer l’entreprise de propagande médiatique et gouvernementale visant à faire accepter les sacrifices aux travailleurs et à préparer la nécessaire et incontournable confrontation avec le pouvoir et ses soutiens, sans aucune espèce d’illusion à propos des échéances électorales de 2012 !

Le Front Syndical de Classe, 31 août 2011


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