COMITE VALMY

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La crise économique et sociale s’aggrave en Grèce
Alexia Kefalas

dimanche 4 septembre 2011, par Comité Valmy


Vendredi, les station de métro sont restées fermées à Athènes, en raison d’une grève de 24 heures. Les autorités craignent désormais d’avoir du mal à contenir la colère des Grecs

La récession sera de 5% en 2011, plus grave que prévu, ce qui entraînera une envolée du déficit public à 8,8% du PIB. Les experts du FMI, de la BCE et de la Commission ont précipitamment quitté Athènes vendredi.

La crise de la dette grecque tourne au psychodrame et à la tragédie. Mardi soir, une commission d’experts du Parlement révélait dans un rapport officiel que l’endettement du pays était « hors de contrôle ». Le lendemain, démentis et critiques fusaient, Evangelos Venizélos, le ministre des Finances, ne mâchant pas ses mots, affirmant que ces experts-comptables ne disposaient « ni des connaissances, ni de l’expérience, ni de la responsabilité nécessaire pour juger de la dette » ; quelques heures plus tard, la directrice de la commission parlementaire incriminée démissionnait. Effondrement de la Bourse

Vendredi, un degré supplémentaire a été franchi avec l’annonce surprise de la suspension, pendant dix jours, de la mission engagée en début de semaine à Athènes par les experts de la troïka (Union européenne, BCE et et Fonds monétaire international). Ce départ précipité a provoqué un tollé dans le pays et la Bourse s’est effondrée dès l’ouverture, entraînant les places financières européennes dans son sillage. Le ministre des Finances a tenté de minimiser l’événement : « Il n’y a pas eu de rupture des discussions entre le pays et la troïka », a-t-il assuré. Mais Evangelos Venizélos n’a pas réussi à convaincre, d’autant qu’il a admis, dans la foulée, que « la Grèce ne tiendra pas ses objectifs de réduction du déficit public en 2011 en raison de l’aggravation de la récession dans le pays ». Le PIB devrait reculer d’au moins 5% cette année, prévoit désormais le gouvernement, ce qui le conduit mécaniquement à prévoir un déficit de 8,8% du PIB fin 2011, contre une précédente estimation de 7,4%.

C’est un fait, près d’un an et demi après la mise en place du premier plan de rigueur, la Grèce est à nouveau au pied du mur. Les mesures d’austérité ont engendré une forte récession et plombé la croissance, la compétitivité et la production. Le taux de chômage a atteint les 16,6% le mois dernier. « La commission parlementaire avait raison. La dette est vraiment hors de contrôle parce qu’elle ne cesse d’augmenter et continuera sa croissance », analyse Stefanos Manos, ancien ministre des Finances. « Il est désolant de voir que le gouvernement n’a rien fait depuis plusieurs mois. Aucune réforme du système étatique, aucune privatisation, mais seulement l’imposition de taxes et des coupes sur les salaires ! Il y a plus de dépenses publiques qu’en 2009, soit avant la crise, souligne-t-il. Cette fois, il y a urgence, la faillite nous pend au nez. Les dirigeants internationaux doivent taper du pied. Ils devraient refuser d’accorder la sixième tranche du prêt des 110 milliards d’euros accordé à la Grèce si ces mesures ne sont pas appliquées. » C’est probablement le sens du départ de la troïka, qui veut par ce geste spectaculaire mettre la pression sur le gouvernement.

Mais ce jeu de poker menteur lasse les Grecs qui subissent de plein fouet l’austérité. Dernière mesure marquante, l’augmentation de la TVA dans la restauration de 13 à 23%. « Un pas de trop , selon Giorgos Delastik, analyste politique. Les Grecs sont épuisés. Ils pensent surtout que le plan de rigueur appliqué n’est pas la bonne solution pour sauver leur pays de la crise, tout comme pour l’Irlande et le Portugal ».

Les grèves et manifestations ne se sont pas fait attendre. Après le métro d’Athènes et le personnel enseignant, les indignés appellent à une grande mobilisation ce soir devant le Parlement. Pour Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat des fonctionnaires, les Grecs jouent leur va-tout. « On est au bord d’une explosion sociale », affirme-t-il. « En 2010, pour que le déficit soit réduit de cinq points, les Grecs ont dû faire d’énormes sacrifices. Aujourd’hui, ils ne peuvent plus accepter d’autres mesures ou de nouvelles coupes sur les salaires ». Pourtant, la troïka demande 2,5 milliards d’économies d’ici à la fin de l’année. Les autorités craignent désormais d’avoir du mal à contenir la colère des Grecs, qui s’est radicalisée après la pause estivale.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/09/02/04016-20110902ARTFIG00549-la-crise-economique-et-sociale-s-aggrave-en-grece.php

1 Message

  • Très peu de chiffres suffisent pour comprendre la politique menée par le Gouvernement Grec. Voici ce qui s’est passé pendant le premier semestre de 2011 :

    - Les dépenses de l’Etat pour salaires et retraites ont été de 10,7 milliards d’euros, en baisse de 5,3% par rapport à la même période de l’an dernier
    - Les salaires de la fonction publique ont « couté » 5,6 milliards d’euros, en baisse de 9% par rapport à 2010
    - Les dépenses de fonctionnement de l’Etat ont été de 2,7 milliards d’euros, en baisse de 19% ( !) par rapport à 2010

    Bien-sûr, quelqu’un a gagné dans cette histoire. Qui ? Simple : les Banquiers (Grecs et Etrangers) détenteurs de bons et obligations de l’Etat Grec. Pour satisfaire leur appétit (intérêts et remboursements de capital), 31,2 milliards d’euros ont été consacrés, en hausse de 51% ( !!) par rapport à l’an dernier.

    Conclusion 1 : le Gouvernement Grec mène sa politique de façon très réussie. Il s’agit (a) que les capitalistes perdent le moins possible dans le processus de destruction inévitable de capital imposée par la crise et (b) que le prix du travail soit comprimé le plus possible pour qu’à la reprise, les monopoles locaux soient plus compétitifs, se retrouvent donc dans une position plus favorable que celle qu’ils détenaient avant la crise. Tout ceci est orchestré en parfait accord avec la « troïka » et répond parfaitement aux objectifs de l’« accord pour l’euro » et autres « économie européenne la plus compétitive pour 2020 ».

    Conclusion 2 : le Peuple n’a pas à s’occuper –et encore moins à pleurer- de la chute de la bourse ou de toute autre « mésaventure » du capital qui, de toute façon se gave de profits, en période de crise comme en période de croissance. Son intérêt le plus clair est de se débarrasser au plus vite de ces vampires et de prendre son avenir en main en établissant un pouvoir populaire et en sortant de l’UE. De façon déterminée et politiquement organisée pour être efficace et non pas en réitérant les joyeux « happenings » (soupape ô combien confortable) des « indignés », dont l’« efficacité » a été démontrée aussi bien à Athènes qu’à Madrid.


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