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Jean-Luc Mélenchon devra bien finir par répondre sur l’Europe !
Pôle de Renaissance Communiste en France

dimanche 18 septembre 2011, par Comité Valmy


Interrogé non sans finesse ce dimanche 4 septembre par Mme Ullmann, journaliste de la Cinq, M. Mélenchon a eu ce cri du cœur : « ma seule crainte, a-t-il dit en substance, c’est que nous ne puissions intervenir avant qu’ils (= les financiers et la droite) n’aient détruit l’euro et l’Union européenne »…

On aurait pu penser que le candidat du Front de gauche aurait eu, comme nous, la crainte que la France, que son industrie et sa classe ouvrière, que son agriculture et sa paysannerie, que ses acquis sociaux, ses services publics, son école laïque, sa langue évincée par le tout-anglais de l’oligarchie mondiale, ne fussent détruits PAR l’euro et PAR l’Union européenne avant que le mouvement populaire n’ait eu le temps de SORTIR notre pays de ces broyeurs de peuple que sont l’UE et son maudit euro. Eh bien non, car Jean-Luc Mélenchon est avant tout soucieux de sauver… cette construction européenne qui n’a JAMAIS apporté que du mauvais à la nation et à la classe ouvrière ! A chacun ses « peurs », décidément !…

Et c’est dommage, car pour le reste, - et à condition de ne rien dire ici des questions internationales : le candidat du front de gauche a voté pour l’intervention impérialiste en Libye ! -, Mélenchon a eu le mérite de fustiger les marchés financiers, d’appeler à récuser la dette artificiellement créée par la politique européenne, de rappeler que la France est encore une grande puissance économique qui aurait les moyens d’affronter l’oligarchie européenne, de faire vibrer le patriotisme républicain si décrié par les trotskistes, euro « communistes » et autres euro-écologistes…

Mais « l’enfer est pavé de bonnes intentions »… A lors à quoi bon cette verve jauressienne si la seule solution pour Mélenchon, c’est de convaincre les gouvernements européens qu’il faut mettre la Banque européenne et l’euro au service des peuples ALORS MEME QUE CES INSTRUMENTS ONT ETE CONÇUS DE A A Z POUR ASSERVIR LES TRAVAILLEURS ET LES NATIONS et que manifestement, ni Cameron, ni Merkel, ni les « socialistes » Socrates, Papandréou ou Zapatero ne voudront bouger d’un pouce sur l’ « indépendance » de la Banque européenne, comme on le voit dans leurs pays respectifs malgré d’immenses manifestations populaires à Athènes, Madrid et Londres !

C’est pourquoi la journaliste Ullmann pouvait faire observer qu’en réalité, M. Mélenchon n’avait pas les moyens de sa politique (mais veut-il les avoir si pour lui le maintien de l’UE passe avant l’avenir du peuple et de la nation ?) et qu’au final, la seule position logique serait pour lui de sortir de l’euro et de l’UE… ce qu’il ne veut à aucun prix !

Quant à nous, nous reposons inlassablement à Mélenchon et aux militants du PCF et du P.G. la question suivante : si comme on peut aisément le prévoir, les autres pays européens refusent catégoriquement de bouger sur la question des finances européennes, le président Mélenchon (par hypothèse d’école) se couchera-t-il comme l’a fait le gouvernement Jospin (incluant Mélenchon et M.G. Buffet) en baissant la barre de ses objectifs sociaux et en acceptant l’effacement terminal de la France, ou fera-t-il ce que le PRCF, -qui s’efforce simplement d’être logique -, ne cesse d’exiger : que la France sorte de l’UE et de l’euro UNILATERALEMENT (contrairement à ce que demande Marine Le Pen qui, en demandant une « sortie concertée de l’euro », s’engage en fait à ne rien faire sans l’accord de Merkel !) pour reconstruire le pays sur des bases progressistes, indépendantistes, anti-impérialistes et internationalistes ?

A nous, militants franchement communistes et républicains de poser inlassablement cette question qui n’est rien d’autre qu’un choix de classe décisif. Encore un effort, il est vrai très très gros pour Mélenchon, cet ancien partisan de Maastricht qui appelait encore il y a peu à former une « république européenne », c’est-à-dire à mettre fin à l’indépendance, voire à l’existence de la nation !

Question également posée aux dirigeants du PCF qui, inféodés au « parti de la gauche européenne » et reniant le combat de Marchais et de Krazucki en 1992, militent désormais pour « sauver l’euro »…

Mais si nous restons dans l’euro, c’est là que nous « y resterons »… alors que si nous osons claquer la porte de cette prison des peuples qu’est l’UE, nous nous donnerons les moyens de mettre en place, hors de toute « concurrence libre et non faussée ouverte sur le monde », une politique de reconstruction nationale, de transformation sociale et de coopération internationale non limitée à l’Europe.

Faut-il préciser que pour les communistes que nous sommes, sortir de l’UE n’implique aucun enfermement nationaliste et que l’exemple de l’ALBA latino-américaine démontre la possibilité d’une coopération continentale respectueuse des souverainetés nationales et porteuse de politiques progressistes.

Quant à ceux qui n’auront pas clarifié sur ce point et qui, jusqu’au bout, auront prétendu sauver à la fois l’UE et le monde du travail, nous leur prédisons qu’ils ne parviendront à nouveau qu’à jouer les forces d’appoints du PS… tout en ouvrant un boulevard à Marine Le Pen dans les milieux populaires comme dans les couches moyennes. Car « on ne peut servir deux maîtres », le monde du travail et l’Union européenne qui en est la négation de Lisbonne à Bucarest en passant par Paris !

7 septembre 2011

6 Messages de forum

    • Bonjour, je suis militant du parti de gauche.

      Vous trouverez sur le blog de mélenchon son point de vue à propos de ce vote au parlement européen sur l’intervention en Lybie. C’est un point de vue que je ne partage pas mais qui se défend. Je ne le partage pas car selon moi dès le départ il était certain que cela tournerait en guerre impérialiste, et qu’en tout cas notamment la résolution de l’ONU était suffisament floue pour le permettre. Mais jamais il n’a défendu une telle guerre contrairement à ce que vous affirmez. Son vote au parlement européen était une erreur, mais il s’est depuis largement rattrapé pour dénoncer la façon dont les objectifs votés dans la résolution de l’ONU ont été détournés, et a très clairement expliqué que ce sont aux peuples de faire la révolution, que la révolution ne s’exporte pas à coup de bombes et qu’il était totalement opposé à cette guerre en Lybie. Il n’y a donc aucune contradiction entre ses positions.

      On a pu voir ici les défauts du système représentatif : Face à une question imprévue, le représentant est obligé de voter en son âme et conscience, et cela ne correspond pas forcément à la position future qu’adoptera son groupe politique, cette position n’étant pas décidée en temps réel mais à des occasions régulières et espacées dans le temps. En revenant sur sa position personnelle et en défendant la position de son groupe politique à postériori, Mélenchon a fait exactement ce qu’on attendait de lui. Mélenchon est un homme comme un autre, il n’a pas toujours raison ;) Il avait tort de voter cette résolution de l’ONU. Il a tort sur plein d’autres sujets. Mais heureusement, c’est le collectif qui prime au final, ce n’est pas lui qui fait notre programme.

      Pour l’Euro, à mon avis c’est un problème de compréhension entre nous. Je suis certain qu’avec un vrai débat sur la question vous rejoindriez la même position que le parti de gauche et Mélenchon.

      Je pense que vous avez tort en refusant de dissocier la monnaie unique, l’euro, et le système monétaire européen actuel. A à Z, cela ne veut rien dire. Ce sont des articles dans les traités européens qui définissent les politiques monétaires européennes et l’organisation du système monétaire ou encore les statuts de la BCE. Les articles on peut les abroger, les amender et en écrire de nouveaux.

      Une monnaie unique c’est utile pour nous à gauche. Tant que nous restons dans le système monétaire mondial actuel, les taux de changes entre les monnaies sont fixés par la spéculation sur les marchés financiers. Avoir une monnaie unique nous protège de cette spéculation. Quand aux inconvénients théoriques souvent cités, comme les divergences entre les économies, l’impossibilité de dévaluer, etc ... ils ne sont fondés que dans le cadre d’une concurrence entre les pays. Hors c’est justement ça le problème. Nous ne voulons pas d’une concurrence entre les pays, cette concurrence mène les pays à avoir recours à différents dumpings, salariaux, fiscaux, environnementaux, et s’ils ont la possibilité de dévaluer leur monnaie, des dumpings monétaires aussi. Hors ces dumpings servent toujours les intérêts des multinationales, car ils consistent à tirer vers le bas les salaires, la fiscalité des entreprises etc ... et ce sont évidemment les travailleurs et les citoyens en général qui sont toujours perdants dans cette guerre économique.

      Voilà pourquoi nous avons besoin d’établir d’autres formes d’accords et d’échanges avec les autres pays européens. Plus précisément nous voulons établir des accords de coopération et de co-développement basés sur l’équilibre des échanges entre nos pays, bref nous voudrions faire adopter une sorte de charte de la havane au niveau européen, en lieu et place du marché unique dans les traités européens. Pour la banque centrale européenne, nous voudrions permettre aux pays européens d’emprunter à la BCE, et remplacer le pacte de stabilité par un nouveau pacte qui encadre ce nouveau droit, par exemple qui limite son recours à des dépenses d’investissement ou alors qui le limite à un certain taux d’inflation.

      Voilà pourquoi, le retour au franc et la sortie de l’UE ne sont pas pour nous le premier choix, nous ne l’envisageons qu’en derniers recours si nous n’arrivons pas à réorienter l’UE. Avant d’en arriver là, il faut bien essayer au moins une fois.

      J’espère que mes explications vous aideront à y voir plus clair sur ce que nous voulons faire et à mieux comprendre la position de Mélenchon.

      Vous vous trompez de combat je pense.

      • Logan écrit : "(...) Voilà pourquoi, le retour au franc et la sortie de l’UE ne sont pas pour nous le premier choix, nous ne l’envisageons qu’en derniers recours si nous n’arrivons pas à réorienter l’UE. Avant d’en arriver là, il faut bien essayer au moins une fois. (...)" Eh bien un petit pas encore et vous allez réussir à vous réveiller - enfin ! Quand vous aurez compris que la réorientation de l’Europe est définitivement impossible dans le cadre de l’UE, vous pourrez avancer des propositions (de gauche, par exemple) rendues crédibles par l’annonce d’une sortie unilatérale du système, seul moyen d’en finir avec le néo-libéralisme autoritaire obligatoire pour tous. Et surtout (c’est ce qu’a compris en partie la Marine), seul moyen de se faire entendre des classes populaires et des classes moyennes, de tous ceux que l’Europe n’en finit pas d’assassiner et qui veulent ensortir pour s’en sortir !
  • A vous lire on peut comprendre - même si ce n’est pas votre intention initiale - qu’entre deux "Fronts", le Front de gauche est bien plus dangereux que le Front national... Ce dernier, auquel les européistes offrent donc "un boulevard", serait-il devenu la seule force pour laquelle les citoyens attachés à la souveraineté populaire et à l’indépendance nationale (jeunes, ouvriers, intellectuels, paysans, patriotes, fonctionnaires, retraités, etc.) peuvent imaginer voter ? Euro, Libye, dette, protectionnisme, service public, tout confirme le réalisme et la modernité apparents du DISCOURS de MLP, même si dans la réalité c’est bien plus ambigu que cela et que le FN, comme les autres, trompe son monde.
  • Je suis d’accord avec cet article reste la question : qui soutenir en 2Ol2 ? Rassemblons nous mais sur quoi et quel porte-drapeau (’puisque c’est la coutume). Mon courage militant s’impatiente. Et je ne suis rien seule et non plus un leader. éliane pessel
  • Il est peut être temps de proposer pour les éléctions un parti prônant, entre autres mesures économqies, la sortie unilatérale de la zone euro et des marchés obligataires internationaux ainsi qu’une politique étrangère non alignée sur les Etats-Unis et l’UE et axée sur le respect des Etats et de leurs systèmes politiques. Au lien d’applaudir stupidement comme le font Mélenchon, le PG et le PCF (annexe du PG) à la chute de la Libye antiimpérialiste de Gaddafi, il faudrait soutenir la prise de position des pays de l’ALBA, soutenir la position de l’Union africaine et mener campagne pour le respect de la souveraineté de la Syrie, de l’Iran, de Cuba et des autres pays riches en ressources naturelles et en politiques sociales que l’Occident veut attaquer. Les droits de l’homme c’est d’abord en France et en Europe qu’il faut les défendre.

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