COMITE VALMY

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Point de vue

Le triple échec des Primaires socialistes par Imhotep

lundi 10 octobre 2011, par Comité Valmy



Vous pouvez sortir vos gourdins et me taper très fort sur la tête, j’ai mis mon casque. Permettez-moi avant tout d’être effaré du nombrilisme, de la mauvaise foi, de l’immense capacité à s’autocongratuler dans toutes les situations, à la déviation du sens des mots et des concepts, et au manque de mémoire des femmes et hommes politiques français tout comme l’incapacité des journalistes à se détacher de ce monde politique et à avoir une vue raisonnée des choses. Il est vrai que lorsqu’en France la moitié des politiques se met dans le lit des journalistes cela pose le problème déontologique de la promiscuité de ces deux mondes.

Le premier échec est celui de la participation.

Je sais, beaucoup crient au miracle, à la volonté du peuple français de participer à la démocratie. Mais voilà toux ceux-ci ont une mémoire bien courte alors je vais la leur rafraichir. Montebourg parlait de 4 millions de votants, chiffre à atteindre. Cadeau (le JDD) : Arnaud Montebourg n’est pas seulement le "trublion du PS", il est aussi un grand optimiste. Le secrétaire national à la rénovation, qui fut chargé de concevoir la primaire et qui désormais veut y concourir, a estimé dimanche dans Le Parisien que "l’objectif de 4 millions de votants" à la grande consultation socialiste "est réalisable". Selon lui, "il y aura une mobilisation massive s’il y a un débat de fond et d’orientation entre les candidats".

Ceci est évidemment à rapprocher de certains chiffres qui devraient rabattre le caquet de ces auto-satisfaits (observatoire des sondages) : « Un potentiel de participation très impressionnant : un quart des Français (25%) envisagerait de participer et 15%, soit 6,5 millions de personnes, se déclarent même absolument certains de voter » (402 personnes sûres d’aller voter) (Bva-PQR-Orange-RTL, 15 septembre 2011).

mais ceci est intéressant : A quelques mois de la primaire socialiste, 30% des Français en âge de voter déclarent avoir l’intention de participer à cette élection, dont 14% « certainement », un taux qui se rapproche du taux escompté par les organisateurs, notamment à l’aune des exemples étrangers (en Italie ou en Grèce par exemple) » (Lh2-Nouvel Observateur, 13 avril 2011)

Ensuite, donc c’est le chiffre de 3 millions qui était communément admis par le PS comme ce qui était réalisable et même plus car comme le dit le passage plus haut, le PS voulait faire comme en Italie et on va y revenir car eux ont la mémoire qui flanche. Evidemment la méthode classique qui relie le PS à l’UMP est de déclarer par la suite un chiffre bas (1 million) pour après le résultat qui va évidemment le dépasser crier à l’immense mobilisation générale. Evidemment 2 millions cela fait beaucoup en soi, mais … mais il faut comparer avec d’autres chiffes.

D’abord avec le corps électoral français. Celui-ci est de 44 280 000 environ. Donc 14 % cela donne 6 200 000. Mais ici 2 millions cela fait 4,5 %.

Ensuite avec les Primaires italiennes pour nos nombrilistes : près de 4,5 millions soit plus de deux fois celui de nos socialistes français pour un corps électoral sensiblement le même. Et que disait alors Prodi à l’époque ? Ceci (Libération) : la forte mobilisation témoigne « d’une passion politique, d’un esprit civique extraordinaire » Peut-on alors parler de forte mobilisation quand on ne fait que la moitié de l’Italie ? Vous comparerez ces paroles avec celles d’Harlem désir. Ils n’ont pas la même notion de la participation.

Encore, avec le score de Ségolène Royal qui a été de plus de 9 millions d’électeurs en 2007. Mais nous sommes aujourd’hui dans une situation bien différente. Aubry ou Hollande sont crédités de 30 à 35 % des voix au 1er tour soit 50 % de plus de voix que Royal. La base passe donc à plus de 13 millions et ceci n’est que la base socialiste. Or ces Primaires sont plus larges que la base PS. Mais restons à ces 13 millions dans ce contexte de grand rejet de Sarkozy. Cela ne fait que 15 % non de tous les électeurs comme pour la gauche italienne (ce qui est à comparer) mais des seuls sympathisants, ce qui relativise beaucoup ce score dit extraordinaire.

Echec de la démocratie

Tout comme l’UMP fut un hold-ulp politique se servant de Le Pen pour son usage personnel, Chirac, plutôt que de faire un gouvernement d’union national a phagocyté une partie du centre pour son intérêt personnel. Le PS fait la même chose avec le mot démocratie. La démocratie n’est absolument pas le choix du candidat socialiste dans une primaire ouverte, cela c’est de la cuisine marketing. Hors le fait que c’est un dévoiement du mot et du fait de la démocratie, c’est aussi sa négation par les moyens financiers employés non déduits de la campagne électorales, car ce fut pendant quatre mois un matraquage médiatique au profit du PS et au détriment absolu de tous les autres candidats futurs, mais ce fut pire lors des deux dernières semaines où ce fut le bombardement de Dresde. Cet avantage médiatique indécent donné au PS ne sera jamais rééquilibré pour les autres candidats. Le PS veut nous faire croire que c’est démocratique quand cela ne l’est pas. Par ailleurs aux USA non seulement les primaires ne sont pas généralisées ni identiques, mais surtout elles se font pour les deux grands partis et non pour un seul et enfin la Présidentielle américaine se fait à un tour et non deux comme en France. Pour moi ces Primaires sont un déni de démocratie.

C’est un échec pour l’idéologie, la politique et le PS.

Faire désigner un candidat par les militants masque sous la brume de la fausse démocratie la fuite de la responsabilité du PS pour le choix de son représentant. C’est tout simplement un abandon de son rôle. Mais c’est bien plus grave que cela. Voici un texte de qui le dit bien mieux que moi, Dominique Reynié (Le Figaro) : INTERVIEW - Pour le directeur de la Fondapol, Dominique Reynié, le candidat qui sera désigné mènera, s’il est élu, « une politique de centre droit ».

Professeur des universités à Sciences Po, Dominique Reynié est directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), proche de l’UMP.

LE FIGARO. -Comment jugez-vous la situation actuelle du PS ?

Dominique REYNIÉ. -Je vois quatre paradoxes : le Parti socialiste est devenu un parti d’élus dont les électeurs n’appartiennent plus aux classes populaires ; ennemi historique de l’élection présidentielle, le PS est devenu, avec la primaire, le plus présidentialiste des partis ; électoralement, le PS est dépendant des salariés de l’État, qui représentent pourtant, dans le monde du salariat, les catégories les moins exposées à la nouvelle économie ; enfin, aujourd’hui, la gauche étant minoritaire en intentions de vote (40%), le PS ne peut gagner en 2012 sans un apport massif du centre droit.

La primaire ne montre-t-elle pas la vitalité du PS ?

Elle forme une procédure d’arbitrage des ambitions personnelles dans des partis où l’autorité intellectuelle et politique a disparu. C’est une manière de trancher quand personne ne parvient à faire valoir un point de vue. Les commentaires ont exagéré leur valeur. La primaire traduit aussi bien la fragilité de nos organisations politiques que le désarroi intellectuel de leurs chefs. La primaire étant une procédure de sélection, il y aura nécessairement un candidat choisi, mais cela n’implique pas que ce candidat aura fait triompher son point de vue, ni même qu’il possédera un véritable point de vue. Le parti se ralliera au résultat de la procédure plus qu’aux idées du candidat. La primaire révèle la faiblesse idéologique du PS.

Le recours à la primaire est malgré tout une avancée démocratique.

Si vous me permettez un jeu de mots, les primaires marquent le ralliement du PS à la présidentialisation avec « âme et bagages ». Leur mise en place va propager en profondeur dans le parti une culture politique de la personnalisation. Pour compter au sein de ce parti, il faudra en passer par là. Les primaires traduisent le renoncement du PS à son grand projet institutionnel, qui a toujours reposé sur l’idée d’un pouvoir collectif et non personnel

Le PS n’a pas le triomphe modeste ( « Je veux remercier les Français pour leur participation, a-t-il poursuivi. C’est une véritable vague démocratique qui a eu lieu. De nombreux Français ont voulu montrer une démonstration de force » Harlem Désir) quand avec un tel matraquage médiatique durant six mois, un tel rejet de Sarkozy, un tel niveau dans les sondages d’Hollande et quand les Italiens ont fait plus du double, ce devrait être la modestie qui l’emporte et non des dithyrambes insultantes pour l’intelligence.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-triple-echec-des-primaires-102145


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