COMITE VALMY

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Après celui du référendum de 2005, un nouvel appel internationaliste et anticapitaliste

Contre leur crise, libérons-nous du carcan de l’Union Européenne Communistes de Vénissieux -Pétition

2005, 2007, France, Pays-Bas, Irlande : les peuples disent NON, les dirigeants imposent

lundi 23 mars 2009, par Comité Valmy


Voir en ligne : Signer la pétition

Contre la dictature du capitalisme, les peuples doivent reprendre leur souveraineté !

Au fil des ans, l’Union européenne a montré son vrai visage, celui d’une machine de guerre créée par le capitalisme contre les peuples, broyant les droits sociaux et démocratiques nationaux et substituant à la nation une organisation supranationale sur laquelle les peuples n’auraient aucune prise. Aujourd’hui, sa logique de surexploitation des travailleurs et de liberté totale pour le capitalisme apparaît au grand jour. Rappelons que cette structure technocratique a d’abord été inventée pour servir les intérêts des patrons du charbon et de l’acier et pour lutter contre les pays socialistes, dans le cadre de la guerre froide. La « concurrence non faussée » était déjà inscrite dans le traité fondateur, le traité de Rome.

L’Union européenne est antisociale !

Contrairement aux promesses de prospérité, d’emploi et de croissance, le nombre de chômeurs n’a cessé d’augmenter, l’outil industriel d’être détruit, vendu ou délocalisé, la précarité de s’étendre. Les pays de l’Est, dont les économies et les états sont fragilisés et vassalisés, sont utilisés par le patronat pour délocaliser, intensifier la concurrence entre les peuples et le dumping social. Les services publics, les systèmes solidaires de protection sociale, les dépenses sociales ont été privatisés et démantelés. L’ensemble des acquis populaires et progressistes du Conseil National de la Résistance sont en passe d’être liquidés.

L’Union européenne a fortement contribué à la financiarisation de l’économie qui a abouti à la crise actuelle. L’Acte unique européen, l’euro, outil de contrainte monétaire au service du capital, et la Banque Centrale Européenne ont encore accru la pression sur les peuples. L’Euro ne nous protège pas de la finance, l’U.E. ne nous protège pas de la guerre économique !

L’Union européenne est impérialiste et militariste !

L’Union européenne devait garantir la paix. Elle a attisé la guerre des Balkans, s’est rendue complice du massacre de Gaza, de l’occupation de l’Irak et de l’invasion de l’Afghanistan. Le mini traité constitutionnel adopté en catimini impose aux états membres l’augmentation de leurs dépenses militaires tandis que l’entrée annoncée de la France dans l’Otan symbolise la mise au pas des états européens sous la tutelle de l’impérialisme américain.

L’Union européenne est antidémocratique

En 2005, les français par leur Non très majoritaire ont exprimé leur rejet de cette construction européenne, rejoints par les Pays-bas et l’Irlande. Les dirigeants européens paniqués ont alors renoncé à consulter les peuples et décidé d’imposer leur traité, ce qu’a fait Sarkozy en 2007 au forceps ! L’Union Européenne n’a pas été créée pour élargir les libertés des peuples, mais au contraire, pour nier définitivement leur souveraineté en cassant le cadre de leur expression, la nation. Elle est l’outil des gouvernements qui utilisent la Commission européenne et le directoire de la BCE pour imposer leurs décisions. Si nécessaire, la règle de la majorité qualifiée prive les Etats récalcitrants de leur droit de veto. C’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, leur liberté, que l’U.E. est chargée de détruire. La nation et aujourd’hui la commune sont attaquées : l’expression et le contrôle populaire sont insupportables aux capitalistes.

Pour changer de politique en France, il faut s’affranchir du carcan de l’Union européenne

En France comme en Europe, nous sommes des millions à chercher une issue face à la régression sociale et démocratique imposée par les capitalistes. Une majorité populaire aspire à une autre politique, centrée sur la satisfaction des besoins des plus pauvres et les moyens de vivre décemment pour tous, sur la défense du salaire, la réappropriation des principaux moyens économiques et financiers du pays. Elle ne pourra se conquérir que par les luttes et le respect de la souveraineté du peuple dans le cadre des institutions de la nation. Pour se concrétiser, cette volonté populaire affrontera inévitablement les diktats de Bruxelles et devra s’affranchir des contraintes - traités et autres directives - de l’Union européenne.

La France doit refuser de respecter les traités de Rome, Maastricht, d’Amsterdam et de Nice, les règles de la BCE et les diktats de la Commission européenne.

Nous voulons l’internationalisme la solidarité, le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines, européennes ou non, pour un monde de paix et de progrès.

Nous nous prononçons pour le respect de la souveraineté des peuples de chaque pays, condition d’un véritable internationalisme, d’une véritable coopération entre nations d’ici et d’ailleurs.

8 Messages de forum

  • Oui, c’est exactement ce qu’il faut faire . Vous avez appris comme moi, que la commission européenne va examiner le cas de l’entreprise française, dont j’ai oublié le nom, qui veut relocaliser sa production en France . Non mais, de quoi elle se mêle ? Allons il est urgent, si on veut remonter la pente, de s’éloigner de cette U.E. si délétère !
  • Non à l’internationalisme !

    22 mars 2009 23:43, par Christian Caminade
    Je serais entièrement d’accord avec ce texte s’il ne revendiquait l’internationaliste comme l’un de ses objectifs. Or, pour moi mais pas seulement pour moi, l’internationalisme consiste à privilégier les valeurs internationales au détriment des souverainetés nationales. En guise d’exemple, on peut se référer à la politique passée des organisations marxistes et surtout trotskistes, cherchant en permanence des idées ou des moyens pour soutenir la Révolution nicaraguayenne, ou se posant des questions sur des conflits échappant à son entendement. Citons aussi la Belgique, ce pays au bord de la rupture, dont la justice prétendait s’appliquer à la Terre entière il y a peu de temps encore. Mettons d’abord de la raison, de la justice, de la solidarité chez nous sans nous occuper de ce qui se passe chez nos voisins, sauf s’ils mettent des obstacles à nos décisions nationales. Je suis souverainiste, un point c’est tout !
    • Non à l’internationalisme ! 24 mars 2009 16:17, par MARAT EL MOKRANI
      L’internationalisme bien compris ne s’oppose pas au patriotsme et à la Nation,au contraire tout patriote consequent doit aider les patriotes des autres pays à défendre leur Nation. Ainsi quand Taiwan reviendra à la Chine en tant que patriote Français et Algérien je resentirais ce jour la une grande joie comme si j’étais Chinois. Pour Taiwan le fait de retourner à la mére patrie n’est pas incompatible avec une liberté culturelle sans bornes mais il n’y a qu’une seule CHINE ! Vive la REPUBLIQUE ET Vivent LA FRANCE ET L’ALGERIE
      • Non à l’internationalisme ! 25 mars 2009 11:34, par mael

        Bonjour,

        Je pense que l’exemple de Taiwan est particulièrement mal choisi. En effet l’histoire et la géographie ont fait que Taiwan s’est constitué petit a petit comme une vraie nation. La langue majoritaire à Taiwan n’est parlée que par moin de 3% des Chinois et de plus en plus les Taiwanais ne se sentent plus chinois mais simplement Taiwanais, et c’est leur droit. Certaines nations et peuples disparaissent en se noyant dans un autre peuple plus important (comme les Bretons par exemple- 80% des Bretons parlaient breton en 1900 , maintenant ils sont a peine 1%), et au contraire d’autres nations naissent, comme Taiwan. La démocratie est l’instrument de mesure de sentiment national. Le jour ou les Guadeloupéens voteront à 80% pour l’indépendance, et que les parti "nationaux français" feront 3% alors on pourra dire qu’il existe une nation guadeloupéenne.

        Si on prend l’exemple du Québec, les Québecquois sont des descendants de français, mais l’histoire et la géographie et le temps ont fait qu’ils sont devenus une nation. De même pour l’Australie, qui n’est plus anglaise.

        Les Nations ne sont pas éternelles, et c’est a nous de faire tout notre possible pour que le "vivre ensemble" (je sais ça fait très tendance) prennent le dessus sur l’ethnique, le religieux... bref faire que les gens se sentent français avant d’être corses, bretons, catholiques,musulmans...

        Si Taiwan vote démocratiquement son rattachement à la Chine, alors on pourra saluer la "ré-unification" de la Nation chinoise. Mais si Taiwan vote démocratiquement son indépendance alors on devra saluer la naissance de la nation taiwanaise

        • oui à l’internationalisme 25 mars 2009 18:38, par MARAT EL MOKRANI
          Je pense que l’on ne peut pas créer une nouvelle Nation simplement par un vote ,surtout que l’on voit que les régions riches ont tendance à vouloir leur "indépendance" pour ne pas étre solidaire des régions pauvres (l’Italie du nord veut bien son indépendance et laisser "tomber" le sud pauvre). concernant Taiwan si les taiwanais ne parlent pas chinois (mais de quel chinois s’agit il ?, le cantonais ou nimporte quel autre langue continentale ?)ils peuvent se sentir Taiwanais mais aussi Chinois !moi je me sens Kabyle mais ausi Algérien et Français. Vive la REPUBLIQUE VIVENT LA FRANCE ET L’ALGERIE ,ET Vive LA CHINE !
          • oui à l’internationalisme 30 mars 2009 18:01, par Brutus
            Je suis totalement d accord avec Marat El Mokrani.Ne confondons pas patriotisme et nationalisme !de Gaulle faisait parfaitement la difference entre les deux concepts lorsqu il definissait ainsi ces deux termes devant le grand romancier Romain Gary,lui-meme compagnon de la liberation et francais d origine immigree.Selon de Gaulle"le patriotisme,c est l amour des siens et le nationalisme,c est la haine des autres peuples".C est pourquoi les nationalistes du genre Maurras,Petain ou Le Pen sont generalement xenophobes tandis que les vrais patriotes humanistes comme de Gaulle,Jean Moulin,Victor Hugo ou les resistants communistes sont xenophiles et internationalistes.Ils ne se barricadent pas a triple tour dans l hexagone ,ils ne detestent pas les immigres mais ils s interessent au reste du monde et se montrent solidaires des autres peuples,surtout lorsque ces peuples sont opprimes.C est la toute la difference entre les "souverainistes" ,nationalistes etroits et bornes,adeptes du choc des civilisations et les patriotes republicains,gaulliste,socialistes et communistes que nous sommes au Comite Valmy,lesquels se reconnaissent dans l internationalisme ,dans l ouverture aux autres et dans le dialogue des cultures,en faveur d un monde pacifique et respectueux du droit des peuples a disposer d eux-memes.Pour nous ,l identite nationale de la France n est pas ethnique mais elle est contenue dans ces trois mots :Liberte,Egalite,Fraternite.
  • Oui, l’Union européenne est une prison des peuples. Cette construction supranationale vise à détruire les nations, d’abord leur souveraineté et leur indépendance, car les nations sont des obstacles, du fait de leur histoire, à l’idéologie dominante du capital. Celui-ci cherche les espaces où le marché libre et non faussé peut le mieux se réaliser. Il faut pour cela casser toutes les protections sociales, élevèes par la lutte de classe, qui perdurent encore du fait des lois nationales. A celles-ci, lUE oppose les "directives" de Bruxelles décidées au niveau européen et qui ont priorité sur les législations de chaque Etat. Il faut sortir de ce guépié !
  • CHACUN POUR TOUS Ah, qu’il est bel et bon de vouloir l’union. Cela a un sens, évident, populaire, culturel, politique. Etre contre le pouvoir actuel, être opposé à l’organisation du monde réduit à l’état de marchandise, bien sûr, c’est parfaitement justifié. Mais c’est aussi totalement insuffisant. Le pouvoir actuel est la conséquence directe et certaine de la division gauche droite qui inclut la division gauche de gauche. Il est ces différences. Il n’existerait pas sans elles. La gauche et la droite ce n’est pas la même chose, dont acte. Mais l’oppression perdure grâce à ce clivage.

    Le seul combat de libération qui vaille n’est pas de "battre" la droite mais d’ouvrir le monde à une autre démocratie, réelle et tangible, en mouvement perpétuel. La démocratie n’existe et ne peut vivre que dotée d’un élan gyroscopique dont la force initiale est totalement contenu dans la volonté des citoyens. Voila le moteur qu’il faut préserver : l’initiative des citoyens.

    L’important n’est pas d’avoir atteint le but que l’on s’était fixé mais d’être en situation de le dépasser pour aller encore plus loin, dans le progrès. L’important c’est de mettre la capacité créatrice au service des humains et non à la survie des "entreprises" qui ne sont qu’un moyen. Leurs résultats observables sur la nature, le peu de considération qu’elles accordent aux personnes, leurs échecs économiques et financiers multiples montrent et démontrent que les logiques du monde de l’entreprise n’ouvrent aucune espérance sérieuse, y compris en terme d’emplois, et ne peuvent servir de modèle pour organiser valablement la Nation dont il est faux de dire qu’elle est la société civile : c’est le Peuple.

    L’important est de parvenir à ce que chacun dispose, même sans contrat de travail, de droits et d’éléments concrets, effectifs qui fondent la liberté et font de la dignité une réalité. Chacun doit disposer d’un revenu suffisant, d’une protection sociale complète, de la faculté de se soigner et de vivre dans un environnement aux équilibres respectés. Il doit être donné, oui, donné, à chacun de disposer d’un logement décent sans s’appauvrir. Tous, nous devons pouvoir accéder à la culture indépendamment de nos origines sociales. La fin du salariat approche. Elle était chère au cœur des syndicalistes du 19éme siècle, mais elle risque d’intervenir dans les pires conditions. Le « marché du travail » est toujours resté, toutes proportions gardées, un marché d’esclaves. La violence n’y est pas présente de la même façon, mais c’est toujours un système despotique qui prévaut, pyramidal. Les droits chèrement conquis sont le résultat de luttes éparses et partielles. Nous ne disposons toujours pas, après tant et tant de générations en luttes, d’une architecture sociale qui soit la conséquence d’une volonté globale initiale et volontaire. Il s’ensuit que le droit pour tous n’existe toujours pas. L’exclusion touche essentiellement ceux qui, pour une raison ou une autre, sont sans emploi donc sans les droits issus ou dérivés du contrat de travail (protection sociale étendue, retraite, invalidité). L’assistanat qui caractérise la part congrue qui leur est octroyée relève plus de la charité publique que du bénéfice d’une véritable protection sociale. Tous ceux qui n’ont pas « la chance » d’avoir un emploi le savent.

    Si l’on veut le progrès pour tous, il faut désormais financer la protection sociale autrement que par un prélèvement sur le travail et les salaires, surtout maintenant que l’emploi non qualifié se fait rare. C’est un immense chantier, risqué, vers lequel ne s’empressent pas de se diriger ceux qui sont pourtant en mesure d’apporter un début de réponse. Ils ne proposent rien afin de rester « crédibles », c’est-à-dire rééligibles. Il y a pourtant des gisements qui peuvent aisément être mis a contribution et procurer les recettes nécessaires, sans entamer la compétitivité internationale de notre appareil de production.

    Il est possible, par exemple, de taxer les profits exceptionnels, l’enrichissement sans cause, les frais généraux qui n’en sont pas. Le capital qui n’est pas réinvesti durablement dans l’entreprise, la spéculation financière, les rentes de situation, l’argent caché dans les paradis fiscaux, les accointances de toutes sortes doivent aussi contribuer à l’amélioration du mieux être collectif. Au besoin, la consommation peut abonder, pour une part modérée, les ressources nécessaires au financement de la solidarité, à condition de procéder avec discernement. Il est envisageable d’exonérer de taxes toutes les productions d’intérêt général, celles qui sont utiles à la bonne santé publique ou qui permettent un resserrement de la solidarité. En revanche il est souhaitable de taxer sévèrement toutes les productions inutiles ou sans intérêt réel pour la collectivité. Nous sommes entrés dans une période qui voit le machinisme et l’informatique tuer l’emploi déqualifié. Faut-il s’en plaindre ? Faut-il regretter les métiers qui aliénaient même s’ils donnaient aussi un sentiment d’inclusion ? Rappelons-nous que ces emplois reposaient sur des rémunérations insuffisantes. L’épuisement humain, les maladies et les accidents professionnels, les trajets imbécilement longs et les cadences infernales, n’étaient pas pris en compte dans le prix de revient de cette main d’oeuvre bon marché. La rentabilité des entreprises était, et dans bien des cas demeure, artificielle. Les souffrances cachées restent hors bilan… Maintenant encore, les profits des entreprises ne supportent pas les conséquences des dommages que provoquent à la santé publique des pans entiers de notre « activité économique ».

    Que voulons-nous ?

    Que ces contraintes se poursuivent malgré tout, parce que nous ne savons pas trop comment faire autrement, parce que nous avons peur de l’inconnu ? Non, bien évidemment, non. Voila maintenant que s’ouvre la possibilité de réconciliation de l’ensemble du monde du labeur. La « force de travail », ancienne et primaire, disparaît car elle est de moins en moins nécessaire à l’accomplissement de beaucoup de métiers. Aujourd’hui on « vend » davantage son habilité, sa pratique, son savoir, son sens de la relation, sa réactivité. Chacun est légitimement en droit de préserver ses intérêts personnels. Ce n’est pas contradictoire avec la défense de l’intérêt collectif. La présence au travail et la force qui étaient jadis indispensables, quasiment les seules « monnaies d’échange » dont disposaient les travailleurs, sont de moins en moins nécessaires. Le lien d’humanité qui unissait de façon forte et tangible le monde du travail s’en trouve relâché. Les intérêts convergents, le regard commun, la capacité d’action réduite qu’offraient les contingences anciennes du travail se traduisaient par un intérêt de classe qui n’existe plus aujourd’hui avec autant de force et d’intensité. Il subsiste des intérêts communs sans liens directs évidents. Chacun semble avancer plus égoïstement.

    Prendre en compte, comprendre et dire clairement cela explique pourquoi une partie des travailleurs vote, de son plein gré, contre ses propres intérêts, pour ses oppresseurs, se met du coté du manche, croit habile de pactiser avec le diable. L’homme est un animal grégaire. C’est une de ses caractéristiques premières. Qu’il forme des groupes en fonction de ses intérêts immédiats est naturel. Qu’il choisisse de créer des partis politiques, de cliver ceux-ci en bons et mauvais est nécessaire et logique. Cela favorise les décisions réellement populaires. Pour autant, s’il s’agit là de divisions mineures.

    Bien qu’il faille permettre l’expression des différences en forçant le trait, il ne faut pas laisser de coté les préoccupations plus générales, réellement plus importantes mais moins populaires. La fin du règne du marketing électoral doit être annoncée et programmée. La confrontation des différences est un bon moteur pour la démocratie, un facteur de progrès. Mais il faut convenir que cela n’a jamais remis en cause la permanence ni l’accroissement de l’injustice ni réglé le désordre du Monde.

    Sommes nous réellement dans l’incapacité de dépasser nos différences secondaires pour nous unir, agir et l’emporter pour l’essentiel ? Posons comme postulat fondamental que cette incapacité n’existe pas. L’oppression est le fruit de la réflexion résolue de ceux à qui la division sociale, méthodique et savante, profite. Les maîtres utilisent l’économie, cachent ces causes fondamentales pour protéger leurs immenses intérêts. Bien des gens votent à droite, tout simplement par ce que la gauche n’apporte pas de réponse ou seulement des réponses théoriques qui ne changent pas leur vie. Le lien entre la démocratie et le disfonctionnement de la vie politique se trouve quelque part par là.

    On ne vote plus ou on vote « mal » par ce qu’on a le sentiment, souvent vrai, que cela ne changera pas grand chose. Voila sur quoi il faut agir.

    Cela conduit à poser la question de ce qu’il faut faire pour l’élection européenne de juin qui est une consultation nationale dotée d’un mode de scrutin, certes imparfait, assez peu démocratique mais qui présente toutefois quelques avantages.

    Au lieu de rejouer éternellement les scènes de désamour qui encombrent la vie politique et singulièrement la vie politique dans le camp du progrès, lequel dépasse largement le clivage gauche droite, il serait bien qu’au lieu de s’opposer ou de s’abstenir, les gens qui sont d’accord sur l’essentiel soient départagés non plus sur des arguments secondaires mais sur leur capacité à régler les enjeux véritables. Cette capacité dépend beaucoup moins des personnes et des institutions que de la liberté dont celles-là disposent réellement et du contrôle citoyen de celles-ci.

    Cela passe par une pratique démocratique plus neuve et plus transparente que l’élection d’une candidate ou d’un candidat en raison de sa seule appartenance politique.

    Si nous voulons vraiment échapper aux faux débats qui interdisent dramatiquement que nous agissions ensemble, chacun pour tous, il nous faut initier un nouveau mode de désignation de nos représentants qui échappe aux querelles subalternes. Il n’est guère possible, compte tenu des intérêts en jeu, de procéder par un tirage au sort direct de nos élus.

    Par contre sur la base d’un cahier d’exigences précises, explicites, il importe assez peu de savoir qui sera l’élu puisque c’est l’objet de la délégation que nous lui accorderons qui est essentiel Soyons encore plus clair.

    Mettre fin à l’oppression c’est décider de l’emporter aux européennes. Gagner une élection n’est pas en soi un objectif majeur. C’est seulement une étape, le signe paisible et nécessaire d’un premier changement de grande ampleur.

    Il ne devrait donc y avoir que deux listes.

    Cela est improbable tant "les appareils politiques" sont coriaces et préoccupés de leur propre survie. Mais l’improbable n’est pas l’impossible. Il s’agit de faire en sorte que les listes "en excédent" ne servent à rien.

    Pour cela, il apparaît indispensable de labelliser par les citoyens eux mêmes des listes d’union qui s’imposeront d’elles mêmes si elles sont l’expression directe et certaine du dépassement des habitudes et si elles prennent en compte quelques unes des préoccupations communes essentielles. Un fourre-tout argumentaire n’est pas utile pour indiquer le cap à suivre.

    Ces listes (sept, une par grande circonscription électorale) peuvent être créées à l’initiative civique de toutes celles et ceux qui veulent une transformation sociale, pratique concrète et véritable, à bref délais. Tout n’est pas réalisable d’un coup de baguette magique à l’instant ou on le décide.

    Faisons éclore ces cahiers d’exigences.

    En dix points précis (qui pourront toujours être approfondis) ils seront vite compris, appréciés et défendus par les citoyens eux-mêmes. Un comité de pilotage doit se créer circonscription par circonscription. Il sera conduit par des personnes qui ne seront pas candidates elles-mêmes et nécessairement sans responsabilité politiques hiérarchiques ce qui permet à des militants de base, quelques soient leurs appartenances d’être partie prenante effective de cette démarche dès lors qu’elles s’abstiennent de se livrer à tout prosélytisme. A chaque comité d’y veiller fermement. Il est temps que des femmes et des hommes de tous horizons, de tous les niveaux culturels et sociaux, de milieux et de métiers différents, suffisamment en retrait pour être en mesure d’arbitrer sans passion, s’unissent.

    Nous avons tous droit à la parole même et surtout ceux qui ne sont pas traditionnellement ceux que l’on entend le plus. Les médias ont la mauvaise habitude de privilégier les mêmes intervenants. Il convient de leur donner de multiples occasions de rendre compte des actions de la multitude qu’ils négligent.

    Prendront place dans ces comités et sur ces listes non seulement ceux qui refusent les combats retardataires entre forces du progrès mais également celles et ceux qui voudraient expérimenter une autre relation politique.

    L’état de guerre permanent qu’entretient le rapport de forces classique doit s’effacer au bénéfice d’une coopération généralisée des bonnes volontés. Non point parce que c’est moralement justifié ou idéal. Seulement pour être concret et pleinement efficace.

    Il faut désormais miser sur le partage équitable en tous domaines et faire confiance à une démocratie vivante, renouvelée dans ces pratiques et ses objectifs pour trancher les inévitables conflits d’intérêt. Il ne s’agit plus d’être majoritaire mais d’être juste. Il ne s’agit plus de « gagner » une élection, mais d’ouvrir de réelles possibilité de progrès, concrets, palpables, permanents, continus, pour tous et surtout pour les humiliés et offensés du système actuel. Le nombre des personnes qui cherchent un engagement neuf est impressionnant. Par chance, constituer de telles listes, lancer un tel réseau (pour toutes les élections, c’est faisable) organiser la diffusion de l’information, éditer les bulletins de vote ne coûte quasiment plus rien grâce à Internet. Par ce moyen nous pouvons dépasser le pouvoir de la grande presse aux ordres et prouver, une nouvelle fois, comme en 2005, que ce n’est pas elle qui fait l’opinion. Nous avons le moyen de nous débarrasser des lobbies qui sont aux services d’intérêts étroits, donc exactement contraires à la démocratie. Osons notre liberté. Régis ROQUETANIERE 25 mars 2009 regisroquetaniere@wanadoo.fr.


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