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La peur dernier rempart de l’Euro ? par Laurent Pinsolle

lundi 19 décembre 2011, par Comité Valmy



L’institut néolibéral Montaigne a frappé les esprits en publiant une « étude » affirmant que la sortie de l’euro provoquerait une catastrophe économique, qui enverrait pas moins d’un million de Français au chômage. C’est sans doute le dernier moyen pour défendre la monnaie unique dans l’opinion.

L’euro ou le chaos

Il y a encore un an, les partisans de la monnaie unique affirmaient de manière péremptoire que la monnaie unique nous protégeait. Mais devant l’évidence que l’euro ne nous protège ni des récessions ni de la spéculation, ils ont du se retrancher au printemps dernier dans une autre rhétorique, moins facilement attaquable, en affirmant que la sortie de l’euro provoquerait une grave dépression économique, une envolée du chômage et un défaut sur les dettes.

L’institut Montaigne amène sa pierre à l’édifice, en parlant d’une perte d’un million d’emploi à moyen terme, du fait d’une envolée des taux d’intérêt. Pas moins de 6 à 19% de la valeur produite en France serait détruite, « l’agriculture française s’effondrerait sous les coups de butoir des concurrentes espagnole et italienne, aux coûts moins élevés ». Ils prévoient une augmentation de la dette publique de 25% et une augmentation du prix des produits importés.

L’économie pour les nuls

Le problème de ces prévisions catastrophistes est que la réalité de ce qui nous est imposé pour rester dans l’euro finit par rejoindre ce qu’ils prévoient en cas de sortie de l’euro. Un million d’emplois perdus ? C’est à peu près la hausse du chômage depuis 2008.Le continent européen est en train de basculer dans la récession et la Grèce a déjà restructuré sa dette deux fois en six mois pour rester dans l’euro. Bref, c’est le maintien dans l’euro qui provoque un cataclysme économique.

D’ailleurs, le PIB de la Grèce aura baissé d’environ 15% à fin 2012. Mais surtout, ces scénarios sont totalement absurdes car ils ne prennent pas en compte les mesures d’accompagnement qui pourraient être prises. Il n’y aurait pas de hausse des taux d’intérêt s’il est demandé à la Banque de France de monétiser. La dette restera stable car le nouveau franc restera à parité avec l’euro. Et l’agriculture française peut parfaitement être protégée des importations étrangères.

Les cas étrangers

Il faut noter que la fin de l’union monétaire entre la Slovaquie et la République Tchèque n’a pas provoqué de cataclysme. Mais surtout, le cas de l’Argentine démontre qu’avec un bon plan d’accompagnement, malgré le fait d’être seul et petit, un pays peut parfaitement s’en sortir. Et qu’on n’évoque pas les exportations de soja pour expliquer son succès, l’agriculture fait moins de 10% du PIB, un peu court pour expliquer une croissance de 6 à 9% par an depuis 2003 !

Si, bien sûr, une sortie de la monnaie unique augmenterait le prix d’une partie des produits importés, c’est justement l’effet recherché pour favoriser les productions locales et rééquilibrer notre commerce extérieur, un puissant facteur de croissance du PIB. En outre, tous les pays du Sud de l’Europe profiteraient d’un immense bonus touristique. Le simple maintien des dépenses en devises en Grèce provoquerait une croissance de 15% du PIB en cas d’une dévaluation de 50%...

La stratégie de la peur est bien une des dernières lignes de défense des partisans de la monnaie unique. Il est malheureux que les avocats de ces théories aient un tel accès aux médias alors que tant d’économistes tiennent un discours bien différent sur la monnaie unique.

Laurent Pinsolle

Source : le blog gaulliste libre

http://www.gaullistelibre.com/2011/12/la-peur-dernier-rempart-de-leuro.html


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