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Point de vue

La crise syrienne près d’une transaction made in Russia ! Par Sami Kleib

mardi 3 janvier 2012, par Comité Valmy


L’"Armée syrienne libre" : une nébuleuse de bandes armées indisciplinées, qui tue des Syriens, sous commandement turc...


Selon un rapport sécuritaire précis reçu par une ambassade arabe à Damas : le nombre de manifestants du vendredi appelé « la ligue arabe nous tue », n’a pas dépassé 36000 manifestants.

Les responsables russes sont à l’aise vis-à-vis de l’action russe au Conseil de Sécurité de l’ONU. Il est presque certain que Moscou, qui a formé un solide rempart, jusqu’à maintenant, dans l’affrontement de toute résolution onusienne contre la Syrie, continuent la défense, au milieu de grands développements survenus, dernièrement, dans la région, présageant que les choses évoluent vers une transaction politique plus large dans la région, du moment que l’explosion n’est pas possible.

Pourquoi donc les russes ont-ils présenté un projet au conseil de sécurité ?

La réponse pousse les autorités syriennes à la rassurance et non à l’inquiétude, car la Russie qui a eu des contacts de haut niveau avec Damas, actuellement, détient la présidence tournante du Conseil de Sécurité, et aspire à un règlement historique, qui consiste d’une part, à sauver la face de l’occident et des arabes, puisque le dossier syrien sera déféré au conseil de sécurité, mais déchargé, d’autre part, de l’effort international de toute action contre le régime syrien, alors que les occidentaux avec certains Etats arabes ont voulu, depuis des mois, ouvrir les portes de la Syrie à l’intervention internationale.

A la lecture du texte de la résolution, on peut trouver qu’il est plus enclin à l’autorité syrienne qu’aux thèses de l’occident et de certains arabes, car « il appelle toutes les parties, en Syrie, à mettre fin à la violence, y compris l’usage disproportionné de la force par les autorités syriennes et condamne les activités des groupes extrémistes, y compris les attaques contre les institutions de l’Etat et les fonctionnaires du maintien de l’ordre ».

Le 2ème article du projet russe signifie au cas où le conseil de sécurité l’approuve, que la plus haute autorité internationale, au monde, reconnaît pour la première fois, l’existence de « groupes extrémistes » qui attaquent l’Etat. C’est une question que les états occidentaux et la ligue des pays arabes, aussi, refusent de reconnaître, au début de la crise, et font porter aux autorités syriennes la pleine responsabilité de ce qui se passe.

Le projet de résolution, dans son troisième article, appelle « les autorités syriennes » à demander de punir tous les responsables des actes de violence, et d’enquêter, rapidement, de façon indépendante et impartiale, sur tous les cas de violation des droits de l’homme », c’est-à-dire, qu’il restreint à l’état syrien , en vigueur, la décision de punir, comme il ajoute, dans son troisième alinéa, l’invitation à compléter les enquêtes menées par la commission judiciaire syrienne, dans tous les accidents dans lesquels ont été tués ou blessés des civils ou des éléments de la sécurité ».

Et, dans son quatrième article, le projet russe va encore plus loin puisqu’il exhorte tous les groupes de l’opposition syrienne de se distancer des extrémistes, et d’accepter l’initiative de la ligue des pays arabes et d’entrer, sans conditions préalables, dans un dialogue politique avec les autorités syriennes ». Et, cette invitation a été entendue par les membres du « conseil national » syrien, lors de leur visite à Moscou, et on dit, même, qu’ils ont entendu des propos encore plus durs, et surtout quand ils ont dit que le régime va tomber et qu’il n’y a pas de dialogue avec lui.

Et, dans une claire adhésion à la position officielle syrienne, le projet russe exprime « sa grande préoccupation au sujet de la fourniture d’armes illégales aux groupes armés, en Syrie, et appelle les pays voisins et autres, à prendre les dispositions nécessaires pour empêcher ces opérations de fourniture », ce qui indique, pratiquement, que Moscou soutient la position syrienne, disant que les armes entrent avec force à partir des pays voisins, et qu’il y’a des « groupes armés et violents », en Syrie.

Et, en appuyant l’initiative de la ligue arabe pour l’envoi d’observateurs, le projet russe assure, dans son premier alinéa, que la solution passe par la « solution passe par un processus politique global, sous direction syrienne », c’est-à-dire que c’est la direction actuelle, coiffée par Bachar Al Assad, qui va diriger ce processus, et cela est important, également, du côté arabe, de sorte que la ligue des pays arabes n’a pas mis le président Bachar Al Assad sur la liste des personnes visées par les sanctions, laissant la porte ouverte pour qu’il conduit, personnellement, le processus du compromis politique et du dialogue.

Mais les russes sont conscients de la délicatesse de la position au conseil de sécurité, et ils savent que leur projet ne peut passer s’ils soutiennent, uniquement, les autorités syriennes, c’est pourquoi nous lisons, au paragraphe trois du projet, « l’invitation des autorités syriennes à mettre un terme à l’interdiction du droit à la liberté d’expression, par ceux qui veulent exercer leurs droits », comme il exhorte les autorités syriennes, dans son deuxième alinéa, pour alléger la situation humanitaire dans les zones de crise, et de permettre un accès rapide et sans entraves à l’aide humanitaire dans les zones de crise et de permettre un accès rapide et sans entraves à l’aide humanitaire et internationale, et aux médias internationaux, et la pleine coopération avec le bureau du haut commissariat aux droits de l’homme, et la libération de tous les détenus pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression ».

Quant aux termes du projet russe sur la nécessité « d’accélérer la progression vers le multipartisme politique par l’adoption d’une nouvelle loi électorale et des réformes constitutionnelles » et autres, autant de questions que les autorités syriennes, elles-mêmes, ont approuvées dans leur projet de réformes, c’est pourquoi, il est frappant que le projet russe n’a pas précisé de dates de la mise en œuvre de ces réformes et a, délibérément, omis d’exercer des pressions sur Damas, dans ce contexte.

Nous pouvons dire que les plus durs termes, dans le projet de résolution russe, sont en rapport avec le rejet de toute intervention internationale. Le quatrième paragraphe affirme, littéralement, « la nécessité de résoudre la crise actuelle, en Syrie, paisiblement, sans aucune intervention militaire de l’étranger, et décide que rien dans la présente résolution ne peut être interprété comme une autorisation à aucune sorte d’intervention militaire en Syrie, (de la part de qui que ce soit) ». Autrement dit, même si les affaires étrangères syriennes ont voulu présenter un projet de résolution équilibré, au conseil de sécurité, ils n’auraient pas fait mieux que ce qu’ont rédigé les russes, au milieu de pressions internationales, arabes et régionales énormes, actuellement, sur Damas.

Que veulent les russes ?

De ce qui précède, il est clair que l’action russe est préventive, le projet est ancien, et a fait l’objet de consultations avec la Chine, il est venu pour empêcher de présenter un projet de résolution occidental, surtout, qu’il coïncide avec un rapport humanitaire dur contre la Syrie, avant la réunion de la ligue des pays arabes. Les russes et les chinois et certains pays amis de Damas sont conscients que le chemin sera épineux, et qu’un vif débat va avoir lieu au conseil de sécurité avant d’atteindre une formule de compromis, qui va prendre du projet russe et lui en ajouter des amendements occidentaux et arabes. Ils sont conscients de cela, il y’a de grands pays et à leur tête Washington, Paris et Londres qui ont considéré que le régime d’Al Assad « est fini », et le président Barak Obama s’était mis à se comporter, sur cette base, et peut être qu’il ne croyait pas, alors, que la Russie allait le défier jusqu’à ce point.

La position russe soutient encore avec force le régime syrien, et pour preuve, la dure déclaration présentée par le délégué russe, en réponse au rapport du commissariat aux droits de l’homme des Nations-Unis. Dans cette déclaration, dont le journal « Assafir » a pu obtenir une copie originale de New York, le délégué russe s’est interrogé sur « la source des informations sur lesquelles s’est fondé le rapport, le commissariat ayant traité les plaintes comme étant des faits, alors qu’elles proviennent des militants eux-mêmes », et il s’est demandé « comment ce commissariat peut-il vérifier que le militant en ligne, se trouve effectivement à Homs et non pas en Nouvelle Zélande, par exemple », accusant le « rapport de partialité, parce qu’il ne fait pas référence aux actes de violence que commettent les groupes armés, en Syrie ». Le délégué est allé au point de dire « nous avons dans notre pays (Russie) des citoyens syriens qui affirment l’inexactitude des informations sur le ciblage des manifestants par les autorités syriennes », soulignant que Moscou était au courant de l’existence de manifestations armées depuis le début des évènements en Syrie », et rappelant l’histoire de la jeune syrienne Zaïneb Al Hosni, que le haut commissariat, lui-même, a cité comme étant violée et tuée, et il s’est avéré, deux mois plus tard, que ce n’était pas vrai, et il s’est demandé pourquoi la commission n’a pas corrigé ce faux rapport.

Moscou a créé la confusion :

Ces positions russes, – qui succèdent à des déclarations de haut niveau, soutiennent Damas, et s’opposent à toute intervention internationale, et condamnent les armes et les gens armés,- sont arrivées à leur apogée politique par la présentation, par Moscou, du projet de résolution au Conseil de Sécurité.

Il est clair que cette action a créé une grande confusion, pas seulement au conseil, mais dans les couloirs de la ligue arabe, et dans les milieux de l’opposition.

La position américaine semble le plus encline à discuter le projet, le ministre de la défense américain, Leon Panetta, d’Ankara, a décrit le projet comme étant une « étape importante », alors que les déclarations françaises ont varié entre la suggestion de l’acceptation, en premier, du principe de la négociation autour du projet, et la tenue de propos comme « étant creux et déséquilibré ». La position française a contredit l’accueil favorable européen, puisque Michel Mann, porte parole du haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité dans l’union européenne, Catherine Ashton, a dit que « le projet de résolution russe sur la Syrie est un pas dans le bon sens et que le texte, dans sa forme actuelle, est bon pour la discussion ».

Le secret de la fermeté russe et du recul arabe ?

Il faut s’arrêter sur un ensemble de développements qu’a connu la région, dernièrement, et qui poussent à croire qu’un « règlement » ou une « transaction » commence à émerger derrière la crise, la manipulation, la violence, l’oppression, l’armement, et plus particulièrement les éléments suivants :

- Les critiques occidentales sévères des récentes élections en Russie ont été accueillies par un avertissement russe contre le fait de porter atteinte au régime, et le chef du gouvernement russe, Vladimir Poutine (future président russe en mars prochain, et qui soutient fermement Bachar Al Assad), est allé jusqu’au point d’adresser de sévères reproches aux Etats-Unis en disant que « les gens en ont assez des diktats d’un état unique, vous parlez de l’alliance avec les Etats-Unis, nous aussi nous voulons être des alliés avec eux, mais ce que je vois, et ce dont j’ai parlé à Munich, ce n’est pas une relation d’alliance, mais il me semble, parfois, que les Etats-Unis ne veulent pas d’alliés, mais des disciples et des serviteurs ».

- Les promesses européennes et internationales n’ont pas réussi, jusqu’à maintenant à rassurer la Russie sur le bouclier anti-missile. Le ministre russe de la défense Anatoli Serdioukov a averti, vendredi dernier, que le « déploiement du bouclier antimissile américain en Europe va bouleverser l’équilibre des forces stratégiques, et que la Russie va commencer à prendre des mesures pour répondre, après les premiers éléments de défense antimissiles, en Pologne ». Le premier responsable militaire russe a révélé « des informations qui renseignent sur le plan des Etats-Unis pour déployer des missiles anti-missiles standard 3 en Pologne ». Il a menacé que la Russie pourrait déployer des missiles « Escanar » sur le territoire de Kaliningrad. Propos importants après toutes les rencontres entre l’OTAN et la Russie. Ces propos militaires russes « sont répétés par la bouche de la plus haute autorité politique russe, également ». Le président Dimitri Medvedev a écrit dans une correspondance adressée, le 30 novembre dernier, à l’assemblée fédérale russe « nous devons faire face dans la prochaine décennie à l’option suivante : soit parvenir à un accord au sujet du bouclier anti-missile et former un mécanisme conjoint de coopération soit commencer un nouveau cycle de course aux armements et nous aurons à prendre des décisions de déployer de nouveaux moyens de frappe, dans le cas de notre incapacité à parvenir à un accord constructif ».

Mais, celui qui lit les détails du sommet euro-russe, va découvrir une volonté d’arriver à une large transaction qui inclut, aussi, la Syrie, le porte- parole de l’Union-Européenne a franchement indiqué « nous avons évoqué, au sommet, la nécessité d’adresser un message fort et unifié au régime syrien », et il veut dire, bien sûr, la discussion à ce sujet avec les russes ».

De son côté, Medvedev a déclaré que « son pays est prêt à aider l’Europe à faire face à la crise financière qu’elle affronte ». Lorsque le monde fait face à des tempêtes de crises et que les choses arrivent aux menaces et aux intimidations au sujet d’armement stratégique, c’est que, souvent, le monde cherche des transactions », et peut-être que la position russe qui défend l’Iran et refuse de discuter des armes nucléaires ou stratégiques graves, sur le territoire iranien, fait de Moscou qu’elle soit capable de gérer de grandes négociations internationales et on ne peut s’attendre, dans ce genre de négociations, à ce que la Russie renonce à des alliés stratégiques actuels, tels l’Iran et la Syrie, c’est-à-dire qu’elles peuvent être positives ou négatives pour tout régime, selon le prix qui lui sera offert. Il y’a un pays arabe qui a proposé cinq milliards de dollars à Moscou pour abandonner le régime syrien.

Quid de la ligue arabe et de la Syrie ?

Il est notable, dernièrement, la survenue d’un nombre d’initiatives diplomatiques, qui ont fait que les arabes reviennent sur leurs décisions et leurs diktats sur le régime syrien.

Il semble que le premier ministre qatari, Cheikh Hamad Bin Jaber Al Thani, ressent aujourd’hui, plus que quiconque, la position embarrassante. Il a été le premier à utiliser le langage des avertissements, vis-à-vis de Damas, qu’il a accusé d’atermoiements, et a avisé le monde que l’initiative doit être appliquée, telle quelle, sans changement, et tout de suite. Ce qui est apparu comme non susceptible d’être appliqué et que le régime syrien continue à gérer sa crise avec beaucoup de confiance en soi, sur la base d’une grande force sécuritaire et d’un grand soutien russe et iranien.

La région et la Syrie ont connu, dernièrement, les évènements suivants :
- Retrait américain, presque calme, de l’Irak, ce qui n’aurait pas pu se passer sans une coordination avec les autorités iraniennes, mais aussi, à travers un feu vert indirect de l’Iran et la Syrie.

- La visite du ministre de la sécurité iranienne, Heidar Moslehi, à l’Arabie Saoudite et sa rencontre avec le prince héritier et l’homme fort, actuellement, du royaume, le prince Naef ben Abdelaziz, qui a échangé avec Al Assad, des messages positifs, et l’on dit que l’Arabie Saoudite veut alléger le rôle de Qatar dans la région.

- La visite du premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, aux Etats-Unis, et ce qui s’en est suivi, puisque le président Al Assad a reçu le conseiller à la sécurité nationale irakienne Falah Al Fayad, en compagnie d’une délégation gouvernementale. Ali Al Moussaoui, le conseiller médiatique d’Al Maliki a déclaré que « l’initiative irakienne vise à instaurer un dialogue entre le gouvernement syrien et l’opposition ». Et, abstraction faite, de l’existence effective ou non d’une initiative irakienne, ce qui est certain c’est que la délégation irakienne a informé les syriens des résultats des discussions d’Al Maliki à Washington, et les a rassuré du soutien de l’Irak à la Syrie, ce qui est en soi une chose très intéressante, qui contredit, dans les faits, les thèses de la ligue arabe. Il faut signaler, dans ce contexte, que M. Moqtada Al Sadr a qualifié la visite d’Al Maliki à Washington comme une « trahison à l’autorité religieuse et aux sentiments des musulmans dans les pays de la réticence, de l’opposition et de résistance », et comme une « faiblesse politique et une soumission ». Ce qui peut être interprété comme un avertissement déguisé à Al Maliki pour l’empêcher d’être influencé par l’atmosphère américaine dans la région.

La visite d’Al Maliki aux Etats-Unis et la visite du Vice Président américain Joe Biden, avant, à Bagdad, ont révélé qu’il n’y a pas de changement dans la position irakienne vis-à-vis de la Syrie, et pas d’acceptation des demandes nuisibles à l’Iran et à la Syrie, y compris la présence militaire aérienne américaine dans le ciel irakien.

Le financement du TSL (tribunal spécial pour le Liban), chargé du jugement de l’affaire de l’attentat contre l’ancien premier ministre libanais, défunt, Rafiq Al Harir, avec un accord tacite du Hizbollah et une couverture syrienne et russe. L’échec de Jeffrey Filtman à remonter le moral des adversaires de la Syrie au Liban, pour passer à davantage d’escalade.

- L’explosion du convoi des forces internationales (FINUL) opérant dans le sud du Liban, qui a ciblé les militaires français, interprété comme une réponse syrienne au fait que la France est à la tête des pays qui veulent renverser le régime syrien, ou une tentative d’impliquer davantage la Syrie, pour que certains se précipitent de l’accuser avec Hizbollah, de l’explosion, et c’est ce qu’a démenti Hizbollah, arguments précis à l’appui, présentés aux français.

- Le guide suprême iranien s’est impliqué personnellement dans le dossier syrien, et a pris une décision centrale pour défendre la Syrie et son régime, à tout prix, pour couper court avec certaines hésitations, qui considèrent qu’il faut traiter le dossier comme ouvert sur toutes les éventualités, y compris la chute du régime.

L’organisation par la Syrie, d’exercices militaires de tirs par missiles, publiques, cette fois, sous appellation de « projet », qui est dans le langage militaire plus important et plus vaste que la « manœuvre ».
- L’organisation d’élections locales, sans incidents importants, et l’échec de la grève générale, à laquelle a appelé l’opposition.

- L’information par Hamas des dirigeants syriens, qu’elle n’a pas l’intention de quitter Damas, et que le départ de familles de certains responsables du Hamas est du, uniquement, à l’inquiétude quant à la situation sécuritaire et non à une raison politique. Et, on dit que c’est Khaled Mechaal, en personne, qui a adressé plus d’un message d’amitié, dernièrement, et certains dirigeants du Hamas ont révélé que de grandes tentations et pressions ont été exercées sur eux pour quitter la Syrie, et certains membres du Hamas ont transmis la volonté de certains frères musulmans pour négocier.

Le mouvement de la Jordanie orientale et des courants de l’opposition contre toute ingérence dans les affaires syriennes, soutenu par une position militaire et des services de renseignements Jordaniens, dans ce contexte, et un autre mouvement de certaines parties turques s’opposant à toute intervention et refusant les aventures d’Erdogan, dans le dossier syrien.

Qu’en est-il de la situation en Syrie ?

Les développements précités ont coïncidé avec des choses frappantes en relation avec la Syrie, régime et opposition, et en particulier : Les progrès enregistrés par des actions militaires importantes à Jabal Zaouia et autour de Homs, et la prédisposition effective pour entrer dans la troisième ville du pays, une fois la décision politique prise, et il est clair que ce qui empêche d’intervenir pour ramener la situation à Homs à la normale, ne relève pas uniquement de la forte présence de groupes armés, bien organisés, et non plus le manque de capacités, mais aussi et surtout la volonté des autorités syriennes de na pas offusquer les positions arabes et de na pas embarrasser la Russie aux nations unies et au conseil de sécurité. Des sources sécuritaires indiquent que la solution est possible, une fois que la décision politique sera prise, et on dit qu’un plan militaire, ficelé, a été élaboré pour empêcher les groupes et les terroristes de se déplacer à une autre zone ; la décision d’en découdre avec cette situation est de mise, et elle peut être prise à n’importe quel moment, mais les responsables veulent en premier laisser l’opportunité devant les efforts russes et faire réussir l’initiative arabe, malgré le peu de conviction de son utilité.

Le jour du vendredi de « la ligue arabe nous tue », le nombre de manifestants s’était limité à 36.000 personnes, dont 15.000 à Idleb, et 21.000 dans toutes les différentes régions syriennes, et aucun mort ne fut tombé, selon un rapport sécuritaire précis, parvenu à une ambassade arabe à Damas.

Il s’est avéré lors des rencontres des parties de l’opposition au Caire, que le CN se comporte avec l’instance de coordination, comme une institution de second rang, ce qui a conduit à l’échec de l’unification dans les rangs de l’opposition, malgré les pressions internationales et arabes, appelant à cette unification. Et on rapporte du militant des droits de l’homme et leader de l’opposition dans l’instance de coordination, Dr Haytham AL Manna, une grande déception, quant à ce qui s’est passé.

Tout cela fait que les autorités syriennes se comportent , à nouveau, sur une logique de force, mais il y’a une conviction apparente des autorités, actuellement de s’ouvrir davantage sur le dialogue avec certaines parties de l’opposition, et il n’est pas à écarter que le discours officiel syrien, ne soit dorénavant, sur ces deux piliers, c’est-à-dire, la discussion des points forts et la volonté d’ouverture et d’accélération du rythme des réformes et des élections.

Un règlement est-il possible ?

Les efforts russes actuels tendent dans ce sens, l’acceptation par la Syrie du plan arabe et la signature du protocole, ne découlent pas d’une conviction effective que la ligue arabe serait capable d’apporter une solution, mais pour renforcer la position russe, et celui qui visite Damas, ces jours, entendra des propos durs sur la ligue et son rôle, mais il entendra, aussi, des informations indiquant qu’au sein de la ligue, il y’a deux courants différents, et que la diplomatie qatarie, qui exerce des pressions fortes sur Damas, ressent que les choses vont lui échapper, et c’est ce qui pousse certains responsables syriens à croire que la précipitation de Hamad à la tenue d’une conférence de presse pour renouveler l’avertissement, avant les deux jours, de déférer le dossier syrien au Conseil de Sécurité, est non appropriée, parce que l’échange des correspondances entre le secrétaire général de la ligue arabe, Nabil Al Arabi, et le ministre des affaires étrangères syrien, Walid Al Moallem, était en cours, et que la ligue a accepté, après un refus antérieur, plus de 70% des amendements syriens sur le projet du protocole.

Elle a même accepté la coordination, au sujet des observateurs, avec le gouvernement syrien, et que la ligue arabe a pris en charge la somme d’un million de dollars, frais des observateurs, alors qu’antérieurement, elle a voulu que Damas assume ces frais de prise en charge, comme elle a accepté que le protocole soit le résultat d’un accord entre les deux parties, et non plus seulement un diktat de la ligue, l’intitulé du protocole étant « projet du protocole du centre juridique et des missions de la délégation des observateurs de la ligue arabe entre la République Syrienne et le Secrétaire Général de la ligue des pays arabes au sujet du suivi des développements de la situation en Syrie ».

Et si nous apprenons que le nombre des observateurs serait limité entre 50 et 70 observateurs, avec leurs gardes, et que le protocole est pour une durée d’un mois renouvelable, sur accord des deux parties, ligue arabe et gouvernement syrien, on peut dire que la ligue a lâché beaucoup de lest, et que cela a été une raison supplémentaire pour la signature du protocole au Caire, et non pas à Doha et nulle part ailleurs, et que les prochaines rencontres auront lieu en Syrie.

Le régime est-il sauvé ?

Il est prématuré d’avancer cette hypothèse, car beaucoup de pays occidentaux, régionaux et arabes continuent à travailler pour renverser le régime, et probablement, ils vont accentuer leur durcissement et leur action, dans la phase suivante. Mais ce qui est certain, c’est qu’il y’a dans l’horizon une préparation, sur feu doux, d’une recette qui peut changer l’équation, et tout particulièrement, si l’année se termine et que les choses restent en leur état actuel, la crise syrienne étant entrée dans son dixième mois, et l’on raconte une inquiétude américaine, israélienne et occidentale, quant à l’extension de l’intégrisme dans les pays qui ont connu des révolutions.

Devant tout cela, et à la lumière de l’entrée de la crise syrienne, dans son dixième mois, sans que l’une des deux parties ne soit en mesure de conclure, la Russie, les pays occidentaux et arabes se sont mis à envisager, sérieusement, que la solution unique réside dans un dialogue, sous direction de Bachar Al Assad, qui nécessitera l’élargissement de la base de participation au pouvoir, et qui aboutira à des élections qui feront participer l’opposition au pouvoir et à la prise de décision. Le retour en arrière n’est plus possible, ni le régime est capable de continuer dans sa forme actuelle, au milieu des tempêtes des grands changements qui secouent les pays arabes, ni l’opposition est capable de renverser le régime sans intervention internationale, et cette intervention est presque impossible, tant que les russes continuent à camper sur leur position, et le monde est préoccupé par l’extension de l’incendie dans le foin régional.

Les russes vont-ils réussir ?

Probablement, mais le chemin est encore long, et peut-être que la signature du protocole de la ligue arabe est le début effectif d’une discussion politique profonde, mais les hypothèses du succès concurrencent encore les hypothèses de l’échec, car certains pays ne sont concernés ni par les réformes, ni par la protection des civils, mais par la chute du pouvoir et le resserrement de l’étau sur l’Iran.

Article rédigé en arabe par Sami Kleib, publié sur les colonnes d’Assafir, en date du 19.12.2011, et traduit en français, pour Infosyrie, en date du 29.12.2011.

Lien de l’article en arabe :

http://www.champress.net/index.php ?q=ar/Article/view/108537

texte repris sur www.infosyrie.fr le 2 janvier 2012


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